La voie qui éveille des voix
S'il est un long cheminement, c'est bien celui de professeur de chant.
C'est une vocation qui demande la maîtrise de soi, une grande patience, l'art de donner ce qui est répétitif et la joie de partager cette passion avec les élèves.
Patrice Mojonnet
Pour en savoir un peu plus, je me suis approché de M. Charles Ossola qui exerce au Conservatoire de musique de Neuchâtel.
Quelles écoles et formations avez-vous suivies ?
J'ai fait mes débuts à l'école primaire de St-Ursanne dans le Jura déjà organiste-remplaçant à 12 ans! Ensuite, j'ai suivie le gymnase classique à Porrentruy, puis j'ai fait mon doctorat en lettres à l'Université de Fribourg.
En parallèle, j'ai réussi mon diplôme de chant au Conservatoire de Lausanne, chez Juliette Bise.
En quoi a consisté votre carrière professionnelle ?
J'ai débuté comme chanteur d'Opéra en 1973 tout en menant mon travail au Conservatoire de Neuchâtel: directeur de choeurs et accompagnateur de chant au piano.
Cela depuis environ 30 ans.
Citez-moi une recontre qui vous a marqué.
Certainement, sur le plan vocal, celle que j'ai eue avec Gabriel Bacquier, un des très grands barytons français de ce siècle.
J'ai chanté avec lui au Grand Théâtre de Genève, et je suis devenu son assistant en Suisse.
Pouvez-vous me parler de quelques projets d'avenir ?
Au début du mois prochain, je dirigerai quatre choeurs, extraits d'opéras de Verdi. En préparation, il y a aussi différents
soupers-concerts avec des élèves et des amis professionnels.
Je vais également diriger l'Opéra <<L'Oiseau Vert>> d'après un conte de Gozzi, mis en musique par Louis Crelier.
En 2002 ou 2003, je prévois une tournée pour chanter l'Opéra de Rameau avec William Christie en Australie, au Japon et en France. Tous ces projets sont toujours liés avec mon activité de professeur de chant au Consevatoire de Neuchâtel.
Comment conciliez-vous vie privée et vie professionnelle ?
Je recherche un équilibre entre ma vie familiale et ce qui est mon métier d'artiste, sans perdre mes passions et mon idéalisme.
Comment évaluez-vous la formation actuelle des musiciens ?
Je préfère cent fois trouver chez un élève formé, qu'il joue <<avec ses tripes >>, quitte à faire quelques fausses notes; que ce soit le coeur qui parle plutôt que de voir un hyperperfectionné qui jouera certes sans une seule faute, mais sans âme, froidement, sans vie...
Un dernier mot ?
Plutôt une parole de Camus que j'affectionne beaucoup: <<Le seul devoir de l'homme, c'est d'aimer.>>