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Le vallonnier de la Chambre basse
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Conseiller national UDC depuis 2003, membre de l'exécutif de La Côte-aux-Fées, commune sise dans le Val-de-Travers et inspecteur de police de son état, Yvan Perrin mène de front et avec conviction ses fonctions politiques et professionnelles.
C'est au Palais fédéral, lors des sessions d'octobre, que nous l'avons rencontré.
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Quo vadis ?
Ne rentre pas qui veut au Palais fédéral ! La grande et vénérable bâtisse et ses occupants sont sous haute protection. Indubitablement, depuis le massacre de Zoug, la Suisse a pris conscience que «ça n'arrive pas qu'ailleurs». Chat échaudé, on le sait, craint l'eau froide et il faut impérativement «montrer patte blanche» pour oser pénétrer au «sein des saints» de notre Confédération. C'est donc après avoir satisfait à ces exigences sécuritaires, qu'autorisation nous a été donnée de patienter, intra-muros, dans l'attente de la venue d'Yvan Perrin.
Celle-ci fut de courte durée et quelque dix minutes plus tard, c'est sous sa conduite que nous avons emprunté le grand escalier jusqu'au premier étage, pour nous retrouver quelques instants plus tard, assis autour d'une petite table ronde, dans l'une des salles jouxtant celle du Conseil national.
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Répercussions professionnelles
Le 19 octobre 2003, les urnes neuchâteloises décidaient de l'élection d'Yvan Perrin au Conseil national. Mais cette élection a eu, au dire de l'intéressé, quelques conséquences sur sa vie professionnelle : « Par mes nouvelles fonctions politiques, il ne m'était plus possible d'assumer à temps complet mes activités professionnelles. J'ai donc dû me résigner à ne travailler qu'à 50 %. Or, cette situation n'est pas vraiment la panacée, ne serait-ce qu'au niveau des enquêtes nécessitant, pour la plupart d'entre elles, un suivi continu. De fait, aujourd'hui, il m'est particulièrement difficile de m'investir pleinement dans une affaire. De plus, il faut être conscient qu'il n'est jamais facile de se repasser des dossiers en cours. »
Cette accession au Conseil national aurait-elle eu quelque incidence au sein de la Sécurité neuchâteloise ? Yvan Perrin ne le dément pas : |
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« Si mon élection a été bien perçue par mes collègues et cela peut-être parce que l'un des leurs avait enfin la possibilité d'exprimer en haut lieu leurs doléances, la chose a été plus problématique à l'échelle de l'état-major. Qu'un de leurs subalternes occupe un siège à la chambre basse ne les embarrassait pas autrement, par contre là où le bât semblait les blesser, c'est au niveau du parti politique qu'il y représentait. »
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Les élections font foi
Créée en 2001, la section neuchâteloise de l'UDC fait aujourd'hui partie intégrante de l'échiquier politique de ce canton. Mais pour Yvan Perrin, tirer un bilan exhaustif après seulement trois ans d'existence serait quelque peu prématuré : |
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« S'il fallait faire un constat, il ne serait qu'intermédiaire.
Un premier et sérieux bilan ne pourra se faire qu'au lendemain des élections cantonales de mai 2005.
Actuellement nous estimons avoir un potentiel électoral d'environ 20 % dans le canton ; potentiel que nous espérons voir augmenter d'ici le printemps prochain. Se référer à des votations où le choix de l'électeur est souvent d'ordre émotionnel et en tirer des conclusions quant à la puissance de telle ou telle formation serait totalement erroné. Du reste, dans ce type de consultations les avis peuvent diverger à l'intérieur même des formations politiques. Il n'y a que lors des élections que l'on peut réellement objectiver la force d'un parti. »
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En accord avec soi-même
Présentement, Yvan Perrin et Oskar Freisinger sont incontestablement les deux figures de proue de l'UDC romande. Certains membres de la formation agrarienne disent du neuchâtelois qu'il est raisonnable et pragmatique, alors que son homologue valaisan est plutôt ressenti comme quelqu'un d'incontrôlable. Yvan Perrin affiche un léger sourire à l'énoncé de ces déclarations : « Vous faites sans doute allusion à des articles parus dans la presse dominicale ? Pour ma part, j'estime que ces considérations sont quelque peu réductrices. Si réfléchir avant d'agir c'est être raisonnable, alors je le suis. Quant à mon côté pragmatique, il est vrai que je ne m'investis que dans ce que je considère comme étant réalisable et surtout opportun. Une chose est sûre : je ne défendrai jamais quoi que ce soit qui irait à l'encontre de mes convictions. En ce qui concerne Oskar Freisinger et à sa soi-disant incontrôlabilité, je pense que sa manière de fonctionner n'est pas forcément négative. La provocation suscite le débat, ce qui, en démocratie, est quelque chose d'assez positif. »
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Pour une politique rationnelle
S'engager pour une politique raisonnable basée sur les moyens disponibles a toujours été le credo politique du citoyen de La Côte-aux-Fées. Mais qu'entend-il par politique raisonnable ?
« Une politique qui tiendrait compte des réalités économiques et sociales. Une politique qui s'engagerait à ne pas tromper la population sur les tenants et les aboutissants des projets que cette dernière est appelée à valider. Les autorités quelles qu'elles soient n'ont nullement le droit de risquer l'argent du contribuable dans des réalisations dont les coûts au final sont excessifs et sans plus aucune commune mesure avec le crédit initialement alloué.
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Le législateur doit également se pencher sur des phénomènes pas forcément nouveaux, mais qui ont malheureusement tendance à s'amplifier comme la violence conjugale ou les actes d'incivilité, et cela afin de pouvoir corriger ou adapter la législation de manière que police et justice puissent travailler de concert et avec efficience. Une politique dite raisonnable est une politique responsable qui se doit d'être et de rester crédible aux yeux de la population. Aujourd'hui, cette dernière est, peut-être à juste titre, de plus en plus méfiante face à ses autorités. A celles-ci de tout mettre en oeuvre pour rétablir une relation basée sur la confiance. » |
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Notre richesse : nos différences
Les résultats des dernières votations sont sans équivoque : le röstigraben est loin de n'être qu'une vue de l'esprit. Face à sa résurgence, le conseiller national neuchâtelois, quant à lui, reste prudent : « Je pense qu'il ne faut pas nous focaliser sur le röstigraben. Bien des votations ont démontré qu'entre Romands, Alémaniques et Tessinois, la différence d'opinion n'est pas systématique. Nos dissemblances sont surtout marquées lors de votes faisant appel à nos sensibilités propres. Ces votations où l'émotionnel prime sur le rationnel. Mais une des richesses de notre pays réside justement dans ces différences et dans la manière dont nous les gérons. »
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Du Palais au... Château ?
Madame Dusong et Messieurs Béguin et Hirschy ont depuis quelque temps déjà, fait savoir qu'ils ne se représenteraient pas pour une nouvelle législature au Conseil d'Etat. Ce sont donc trois sièges, dont deux occupés jusqu'ici par la droite, qui se retrouvent vacants. Yvan Perrin va-t-il profiter de cette opportunité pour briguer l'un d'entre eux ?
« La chose n'est pas impossible, surtout que ce 1er mai 2005, fait historique, le Conseil d'Etat neuchâtelois pourrait fort bien basculer à gauche. Tout dépend de ce que mon parti décidera. Mais si j'ai son aval, je serai certainement candidat à la candidature. »
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C'est sur cette déclaration et au son de la clochette qui, de session en session, rappelle le Conseil National à ses obligations, que nous prenons congé ; laissant notre hôte à ses charges d'élu et qui sait : peut-être à ses rêves de se voir d'ici peu prendre les rênes d'un des départements de l'Etat de Neuchâtel.
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Par Michel Coquoz |
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