«Galerie YD» : une brèche dans l'establishment
Inaugurée le 27 juin, la «Galerie YD» rue Fleury 6, est un plus dans le paysage culturel neuchâtelois. Son concept socioculturel et pluridisciplinaire offre à chaque artiste et prioritairement aux moins nantis, la possibilité d'exprimer leurs talents, en un lieu dont on a su et voulu garder l'authenticité.
Par
Michel Coquoz
A l'origine du concept : Denis Juvet et Ysabelle Fatter, deux artistes du chef-lieu.
Lui, jeune quinquagénaire, a depuis longtemps délaissé sa profession de libraire pour se compromettre dans d'autres activités certes financièrement moins rentables, mais ô combien plus gratifiantes, plus enrichissantes humainement parlant.
Actuellement coresponsable du bar «l'Univers» à Neuchâtel, Denis Juvet est un de ces «originaux» qui, en dépit de tout et même du bon sens, décida de se lancer dans l'aventure dite biodynamique. Ce concept nutritionnel marginal et révolutionnaire pour l'époque, se devait néanmoins d'avoir son lieu de prédilection. Ainsi naquit «l'Aubier» à Montézillon, avec sa ferme et son auberge.
De 1983 jusqu'au milieu des années 90, fort d'une patente, il aura charge de la partie restauration.
Denis, Ysabelle et son fils Naoum : concepteurs et premiers exposants de la « Galerie YD »
L'investissement personnel qu'implique cette fonction l'empêche de s'adonner à sa passion : la création artistique en général et la peinture - qu'il exerce en autodidacte - en particulier.
En 1995, il quitte Montézillon et entreprend quelques «petits boulots» lui laissant assez de temps et surtout d'énergie, pour se consacrer à sa passion.
Après quelques expositions, mais surtout avec l'«enfantement» de cette galerie, l'artiste est un homme heureux : «Je suis d'abord et avant tout un créatif. Ce qui me motive en premier lieu, c'est non seulement d'avoir une vue d'esprit sur un sujet précis, mais de tout mettre en oeuvre pour qu'elle se concrétise. Ce fut le cas pour l'Auberge de Montézillon et ça l'est aujourd'hui pour la Galerie YD.»
Pour Ysabelle Fatter, artiste peintre et sculptrice ayant fait l'objet d'un précédent article, cette inauguration est l'aboutissement d'un rêve.
Fatiguée par des semaines d'un harassant travail de nettoyage -plus d'une tonne et demie de poussière et de gravats- et de réfection des lieux, elle est toutefois rayonnante : «Je suis exténuée mais heureuse ! Cette soirée est d'autant plus magnifique qu'elle résulte de l'effort soutenu d'amis venus nous prêter main forte. Sans eux, nous n'aurions pu terminer dans les délais que nous nous étions fixés et encore, je n'ai pas eu le temps d'installer ma dernière toile» !

Une volonté de partage
Ouvert à tous, du mardi au samedi, cet endroit culturel et social, unique à Neuchâtel, met indubitablement l'accent sur la créativité, le dialogue, l'échange et le partage. Or, sa pérennité n'est concevable qu'avec le soutien des artistes et de la population.
Cet appui de tous permettra d'organiser différentes expositions de peinture, de sculpture, de photos, de travaux d'enfants...
Des lecteurs, des conteurs, des comédiens et des musiciens (acoustiques) y seront également les bienvenus.
Ce lieu permettra l'accueil de groupes dans le cadre de dégustations.
L'aménagement d'un «coin relax» avec livres invitera qui le souhaite, à se détendre.
Ce qui différencie «YD» (prononcez idé) des autres galeries -hormis l'importance de sa palette d'activités- c'est sans nul doute l'aspect social de son concept. En mettant ses locaux à disposition d'artistes sans renommée, en leur donnant une chance de mettre en valeur le résultat d'un travail personnel ou collectif, elle contribue à promouvoir le potentiel créatif, au demeurant non négligeable, de notre région.
Les initiateurs oeuvrent bénévolement ; de plus, chaque exposant voit son «jour de vernissage» offert.
Galerie YD
Rue Fleury 6
2000 Neuchâtel
Tél. 079 670 78 48