Suzanne Vega
Suzanne Vega est née à Santa Monica (CA) en 1959. Elle a grandi dans le milieu hispanique de la ville de New York et croyait être à demi portoricaine, jusqu'à ce que son père, romancier, lui avoue qu'il était en réalité son beau-père... Son père biologique est blanc et il ne l'a pas vue depuis sa plus tendre enfance. Cela a créé des étincelles, une sorte de crise d'identité qui s'est terminée par une réunion presque 20 années plus tard.
Elle a aussi découvert que sa grand-mère avait été musicienne, batteuse avec "the Merry Makers Ladies Orchestra" aux Etats-Unis dans les années 1920 et 30.
Adolescente, Suzanne a suivi des cours au lycée des Arts où elle a étudié la danse. Elle a appris à jouer de la guitare seule, puis a commencé à écrire des chansons, inspirée par la musique de Leonard Cohen et de Lou Reed. Ayant abandonné son projet de devenir danseuse, elle commença à jouer ses chansons dans les cafés d'étudiants et dans les clubs folkloriques de Greenwich Village. A l'âge de 19 ans, elle fait ses véritables débuts en effectuant des premières parties de concerts.
Après le lycée, elle a travaillé comme réceptionniste tout en s'imposant progressivement par ses performances acoustiques en solo sur le circuit folklorique. Après de nombreuses tentatives avortées pour intéresser des maisons de disques, les commentaires enthousiastes des critiques de musique ont convaincu A&M Records de lui offrir un contrat d'enregistrement. Son premier album "Suzanne Vega" est publié en avril 1985 et est produit par Lenny Kaye et Steve Addabo. La force des paroles de ses chansons ainsi que la musique ont enchanté les critiques neo-folklorique. Suzanne est devenue très vite malgré elle l'icône d'une nouvelle génération d'auteur-compositeur-interprète féminin. L'album a atteint la onzième place des meilleures ventes au Royaume-Uni.

Son second album, "Solitude Standing", a été focalisé par le succès énorme du seul "Luka", chanson innovatrice dans le sens qu'elle a été écrite du point de vue d'un enfant abusé. La chanson lui a rapporté des récompenses de nombreuses organisations militant pour les droit de l'enfant, pour la reconnaissance qu'elle a apporté sur le sujet. Elle a aussi eu une nomination aux Grammy, et un MTV award pour la meilleure vidéo féminine.
En 1990 sort "Days of Open Hand", co-produit par Suzanne Vega et Anton Sanko, mais la critique est assez mitigée car il s'agit d'un album plus expérimental musicalement que les deux albums antérieurs et à voir l'accueil du public... La mayonnaise n'ayant pas pris cette année là, la surprise allait venir d'un groupe de Dance britannique peu connu, DNA, qui a publié un enregistrement illégal de "Tom's Diner" une piste à cappella de Solitude Standing, avec un rythme Dance. Plutôt que d'intenter une action en justice, A&M a décidé de publier le remix avec l'accord de Suzanne. La chanson est restée quatre semaines dans les palmarès britanniques.
L'année suivante, Suzanne Vega a commencé à écrire son nouvel album "99.9°F". Produit par Mitchell Froom, il est techniquement plus innovateur que ses albums précédents, mélangeant des percutions, des rythmes pop et des arrangements Dance, New Beat...

En 1993, Suzanne Vega a apporté sa contribution pour aider les enfants atteints de leucémie en participant à un concert organisé par Luciano Pavarotti, puis elle a beaucoup voyagé à travers le monde pour le compte d'Amnesty International toujours au profit des enfants.
Quelques années et quelques albums plus tard, nous la retrouvons le 21 juin 2002 à Neuchâtel à l'occasion de sa tournée européenne. Faisant fi de la récente disparition de son frère, elle apparaît souriante et avide de partager des émotions avec de nouvelles personnes. Comme c'est le cas depuis une dizaine d'années, le nombreux public présent ne connaît majoritairement que les deux succès planétaires que sont "Luka" et le remix de "Tom's Diner", mais cette grande dame ne s'en laisse pas compter et annonce d'entrée la couleur : "Inutile de me réclamer les deux fameuses chansons, je les jouerai en fin de concert...". La voilà qui se lance dans des chansons à la fois intimistes et mélancoliques, incitant la foule à se laisser bercer et à se chalouper lascivement sur des accords limpides. Elle ne rate aucunes occasions de plaisanter avec le public et n'hésite pas non plus à le remettre à l'ordre si celui-ci s'autorise un comportement irrespectueux envers sa musique.
En définitive, l'important pour la pleine compréhension de cette artiste est de décortiquer ses textes qui, sous des allures de poésie puérile, cache en réalité des sujets d'une profondeur et même certaines fois d'une gravité effrayante. Le meilleur exemple est sans conteste le mythique "Luka" qui sous des airs de gentille chansonnette, met en exergue le problème de l'enfance maltraitée et du silence implacable sous-jacent qui ne permet pas de mettre fin à l'horreur du quotidien.
Texte et photos : Daniel Régis
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Suzanne Vega
PO Box 4221
Grand Central Station
New York, NY 10163
USA