M. Denis Fête : Rencontres

 

Bonjour Denis, comment vas-tu ?

Salut Michel.

 

Au cours de tes voyages grâce à ton ancienne activité, tu as eu l’occasion, la chance de rencontrer des personnes assez importantes.

Oui, bien sûr.

 

Notamment, je crois que tu as rencontré Fidel Castro.

J’ai rencontré ce plus grand personnage.

 

Dans quelles conditions l’as-tu rencontré ?

Un dimanche comme tous les dimanches, je vais vendre mon journal à Gruyères et je suis arrivé au restaurant en bas à Gruyères, à l’arrivée du train. Là, il y avait plein de policiers dans le restaurant et à l’extérieur. Je me suis renseigné auprès du tenancier pour savoir ce qui se passait et il m’a informé que Fidel Castro allait visiter le village de Gruyères dans l’après-midi. Alors, c’est là que je suis monté au village de Gruyères et que j’ai rencontré Fidel Castro. Je l’ai salué, je lui ai tapé sur l’épaule et je lui ai demandé si je pouvais dédicacer mon journal sur son épaule. Il me l’a autorisé et on a eu une petite discussion ensemble - j’étais en roller, je lui ai demandé si il en avait déjà fait. Il m’a dit oui, mais qu’il s’était cassé la figure. Il a rigolé. Après, il m’a pris dans ses bras, il m’a embrassé et s’en est allé.

 

Mais il était entouré de gardes du corps ?

Il était entouré de gardes du corps. Il avait au moins vingt gardes du corps autour de lui.

 

Tu n’as pas eu de problèmes pour arriver jusqu’à lui ?

Oui. Quand j’ai sorti mon sac pour sortir mon journal, quand j’ai enlevé mon sac de l’épaule, j’ai eu trois, quatre gardes du corps qui me sont tombés dessus.

 

Et là, il y avait des photographes professionnels ?

Il y avait un photographe professionnel qui a pris une trentaine de photos.

 

Et tu en as gardé quelques-unes, je pense ?

Oui. On en a quelques-unes au journal Objectif Réussir.

 

Et à part Fidel Castro, quel autre personnage ?

J’ai rencontré Ruth Dreifuss, Fernand Cuche. J’ai rencontré Pierrot Hirschi, Béguin, l’ancien procureur. J’ai rencontré pas mal de gens de la politique et beaucoup de gens du journalisme. J’ai rencontré beaucoup de personnes qui travaillent à la Télévision suisse romande, soit à Neuchâtel, soit à Genève. J’ai rencontré beaucoup de sportifs car j’allais vendre mon journal dans les stades, lors des matchs de football, des matchs de hockey. J’ai rencontré beaucoup de personnes des arts, des artistes peintres, des sculpteurs, etc. Tous les jours, je faisais ma « bouêlante » devant - je peux dire - 500 à 1000 personnes.

 

En parlant de « bouêlante », je me suis laissé dire que tu avais eu une petite altercation avec des hommes politiques à La Vue-des-Alpes.

Oui, cela veut dire que j’avais à l’époque mes papiers déposés à Fontaines car j’habitais à La Vue-des-Alpes. Comme j’avais quitté La Vue-des-Alpes, la commune de Fontaines a refusé de me payer mon chômage parce que j’étais sans domicile fixe. J’ai appris qu’il y avait une séance du Grand Conseil à La Vue parce qu’il y avait un chapiteau pour le 150ème anniversaire du canton de Neuchâtel. J’ai fait cinq cent photocopies et j’ai été balancé mes photocopies à la face du Grand Conseil neuchâtelois. Le Grand Conseil était devant le public, il y avait à peu près mille personnes et là, il y a quatre gendarmes qui m’ont viré de la tente.

 

Ces hommes politiques, tu les as revus ? Il n’y a pas eu de suite ?

Oui, j’en ai revus. Ils m’ont parlé de ce que j’avais fait et ils en rigolaient.

 

Il n’y a pas eu de suite ?

Non, pas de suite. Il y a eu des articles dans les journaux, c’est tout.

 

Quelque part, un peu de publicité pour toi ?

Quelque part un peu de publicité pour moi.

 

Pas très bonne pour le journal, mais de la publicité quand même…

Voilà. J’ai eu plusieurs articles dans les journaux. Entre autres, l’Illustré quatre pages. J’ai eu des articles dans le Journal de Payerne, Journal d’Yverdon, Journal du Jura, Bienne, Journal de Saignelégier, Delémont, La Liberté, 24 heures, le Matin, l’Express, l’Impartial. Tout cela, m’a fait de la publicité pour la vente d’Objectif.

 

Merci à toi, Denis, pour cela.

 

 

Interview réalisée par Michel Coquoz

Texte retranscrit par Françoise Berthod