Matchbox 002 : Le kayak
Par Fred Loewer et Daniel Fuchs
Chers téléspectateurs, nous voilà de retour cette semaine. Bonjour. Le retour du Duo du Bas avec mon collègue qui est de nouveau en retard. Alors ça, on ne sait pas pourquoi…
Écoute… Quand même, j’ai dû faire mes courses. Moi, je suis paysan. Moi, je vais faire mes courses une fois par semaine.
Je ne sais pas ci cela intéresse vraiment les téléspectateurs.
Mais moi, c’est particulier, parce que moi je viens de Boudevilliers. Les courses, moi je les fais en kayak.
En kayak ?
Ben oui depuis Boudevilliers. Je prends le Seyon à Valangin. Je descends avec mon kayak à pieds. Je descends quand il y a la crue.
Mais la crue…Avant la crue, il y a une chute dans le canal de Vauseyon ?
Ah oui. Il y a une grande chute. C’est pour cela que j’y vais quand il y a la crue… Avec mon kayak.
Tu ne peux pas aller en voiture comme tout le monde, non.
Non. Moi, je vais en kayak, c’est écologique.
Jusqu’où alors ?
Alors je prends mon kayak à Valangin. Quand il y a la crue, je me mets dans mon kayak. Je descends, je traverse les gorges. Il y a le trou noir, je me retrouve à l’Évole.
Ah. Tu arrives à faire l’Évole en bateau ?
Non, je suis en kayak.
Ah bon. Je croyais que ce qui flottait, c’est ce canoë ?
Non ce qu’a Noé, c’est l’arche. Moi, j’ai un kayak. C’est étroit. Alors comme je te disais. J’arrive dans la ville à l’Évole. Je parque mon kayak.
Ouais c’est passionnant.
Après, je prends le tram jusqu’à la place Pury.
C’est génial.
Après, je prends le bus neuf.
Ils ont mis un nouveau ?
Non, c’est le numéro 9. Je monte jusqu’à la gare. À la gare, il y a un magasin d’alimentation. Là, je fais des courses.
C’est bien, on est content et le kayak, il reste en bas ?
Je le reprends la prochaine fois quand je descends les porcs à l’abattoir, parce que mon kayak, je l’ai fait avec de la peau de cochon tendue sur des branches de noisetier.
C’est du bricolage.
Je me suis dit, avec la peau de cochon, je suis sûr d’arriver à bon port…
Ah ben, évidemment. Je suis désolé, mais il y a un truc qui manque.
Quoi ?
Pour la chute, il faut un certain nombre de sécurité.
Oui, là, j’ai un truc, tu vois. Parce que moi, j’ai aussi des poules. Mais moi, j’ai mis un coq avec les poules comme ça, cela me fait des poussins. Alors quand j’ai le petit poussin, c’est toujours comme ça… C’est comme le Rubik’s Cube, on joue comme ça et tout à coup c’est rouge…
C’est morbide, ça.
Ah non. J’en ai besoin, c’est pour… Après moi, je fais une incision dans le poussin. Je sors le boyau de poussin. Je le mets sécher au grenier… 382 pièces… Trois semaines avant qu’il soit complètement sec, qu’il soit al dente, je les prends… Un boyau après l’autre. Je fais…. je les gonfle.
Tu gonfles les boyaux de poussin.
Et après, je les couds, je les couds à la main. Tous ensemble pour faire des bandes comme ça… Cela me fait une ceinture de sécurité en boyaux de poussin…
Non. Il faut t’inscrire à des concours. Il faudrait y aller pour avoir des idées pareilles.
L’autre jour, je me promenais à Valangin vers la boulangerie. Je vois un photographe, il me dit : « Venez, venez ». J’y vais. C’était le journaliste du Sillon romand. Il me dit : « Il faut faire le concours. »
Quel concours ?
Il m’a dit : « Le concours du Sillon romand » pour être le plus beau Miss Terre. Moi, j’ai posé devant le Château. J’avais mon kayak J’avais ma ceinture en peau de poussin et ma pagaie.
Ah… Tu vas avoir du succès…
Eh ben devine. Au mois de janvier, c’est moi le Mister.
Dans la calendrier.
Oui.
Mais ça se vend ce calendrier ?
Oui… il y a beaucoup d’abonnés. Pierre Ponce, Mister janvier. L’avantage, c’est qu’il y a un mystère chaque mois.
Voilà. En parlant de paysan, il faudrait voir pour garder les pieds sur terre. Tu quittes le champ de la caméra et tu vas dans le champ tout court. Parce que maintenant, il faut que je finisse aux téléspectateurs de raconter mon gag.
Bof, bof…
Maintenant je n’ai plus de temps pour vous raconter un gag, évidemment. TOR, la seule télé qui a toujours raison.
Texte retranscrit par Françoise Berthod