Théâtre Matchbox 007 : Le Téléphone
Par Fred Loewer et Daniel Fuchs
Chers téléspectateurs, encore une fois bonjour, le Duo du Bas vous raconte un gag cette semaine.
Roger, tu ne sais pas ce qui m’est m’arrivé ?
Quoi encore ?
Ce n’est pas croyable, ce qui se passe… Attends. Prends ça ! Il m’est arrivé une histoire. Je te raconte. J’ai mon apprenti qui me pose des problèmes, ce n’est pas croyable. Je ne sais plus qu’en faire. Moi, je commence à déprimer. Je me suis dit : « Il faut que je téléphone. » Je me suis dit : « Je téléphone à qui en premier ? » La main tendue, voilà. Allo, la main tendue…
Allo la main tendue, j’écoute.
Je vous entends mal.
Cela va mieux comme ça ?
Ah oui. C’est mieux.
Je vous écoute Monsieur, que puis-je faire pour vous ?
Voilà. J’ai un petit problème. Mon apprenti là, il me désole complètement. Je commence à déprimer, qu’est-ce que je dois faire ?
Ah, écoutez Monsieur… La musique adoucit les mœurs. Hein, c’est bien connu. Faites-vous chanter une petite chanson, vous irez mieux après et vous me rappelez. Voilà, au revoir.
Au revoir, merci. Une chanson, qui est-ce qui va me chanter une chanson ? Oh, la police. Je vais téléphoner à la police. Allo la police.
Police Cantonale de Neuchâtel, j’écoute.
Je vous entends bien, là.
Police de proximité Monsieur.
Oui. Voilà. Moi, c’est Pierre Ponce de Boudevilliers.
Je comprends bien Monsieur. Qu’est-ce qu’on peut faire pour vous aider ?
J’ai besoin d’une chanson. J’ai besoin qu’on me chante…
Mais vous savez où vous êtes Monsieur ? À la Police Cantonale de Neuchâtel. On n’est pas à la foire ici.
Vous pouvez peut-être m’en siffler une.
Ce n’est pas croyable ça. C’est qui que je pourrais appeler ? Les pompiers… Les pompiers, ils n’ont rien à faire. Ils sont toujours en état d’alerte et ils ne bougent pas. Allo les pompiers.
Allo Service du Feu Neuchâtel, je vous écoute.
Écoutez justement, moi j’ai besoin d’un peu de musique parce que je suis un peu dépressif.
Cela tombe bien alors. On adore la musique ici aux pompiers. Quel genre vous voulez de musique ?
Musique de film.
Une musique de film. On peut vous jouer la grande ou la petite sirène.
Ben non, je préférerais la tour infernale !
Ah ça, on ne fait plus. C’est démodé, désolé.
Qu’est-ce que je pourrais faire ? Je n’ai toujours pas ma chanson. Je veux téléphoner au Touring Club. Il dépanne tout. Allo TCS ?
Bonjour. Ici le répondeur du Touring Club Suisse. Nous sommes ouverts tous les jours de 10h à 10h30…
Oh l’armée. Tiens, ce n’est pas loin Colombier… Allo, allo ?
Commandant du District de Colombier, j’écoute.
Oui, ici c’est Pierre Ponce, Boudevilliers.
Oui, bonjour Monsieur.
Je vous téléphone parce qu’en fait, je suis à la recherche d’un peu de musique.
Oui. Nous aimons beaucoup la musique aux Militaires. En effet Monsieur, vous avez peut-être sonné à la bonne porte. Le seul ennui, c’est que je suis avec trois de mes colonels, et je n’ai pas le temps de vous chanter quelque chose.
Si vous êtes quatre, vous pouvez me chanter un petit canon…
Les alcooliques anonymes. Allo, allo ?
Allo, allo.
À qui ai-je l’honneur ?
Ben, à un anonyme.
Écoutez, j’ai un petit problème. Vous ne pouvez pas aussi me chanter une petite chanson ?
Oh là, tu ne vas pas bien, toi. J’entends trop dans ta voix. Mon gars, il faut avaler la pilule, et surtout évite les bouchons. Un conseil, évite les bouchons.
Qu’est-ce qui me reste ? Oh, aide aux enfants… Dernière solution, l’aide aux enfants. Allo ?
Aide aux enfants, aide aux jeunes, j’écoute. Que puis-je faire pour toi mon petit ?
Moi, ce n’est pas moi. C’est justement mon apprenti qui pose problème.
Comment ça c’est l’adulte ? Nous on est là pour les enfants, Monsieur. Qu’est-ce qui se passe ? Dites-moi.
Il déprime. Il ne fait plus rien de ce qu’on lui dit. Il trait les vaches à l’envers. En fait, c’est n’importe quoi.
Écoutez Monsieur… Non écoutez. Il y a bien des enfants qui sont battus par des adultes. Il peut bien y avoir des adultes abattus par des enfants !
Et c’est vraiment comme ça que ça s’est passé ?
Ouais, j’en suis encore tout retourné, tiens.
T’as raison. C’est TOR, la seule télé qui a toujours raison.
Texte retranscrit par Françoise Berthod