Matchbox 014 : Les pierres

 

 

Par Fred Loewer et Daniel Fuchs

 

Chers téléspectateurs, encore une fois le Duo du Bas s’est arraché cet été pour faire le tour des festivaux. Ben oui, il y a un festival, des festivaux. Il y a Festi Vaud. Il y a Festi Neuch. Bref, tout ça pour dire que mon acolyte Pierre Ponce, s’est occupé lui, des opéras, des concerts classiques. Bref, moi j’ai fait le Paléo. Le Paléo, c’est 200 000 personnes en une semaine. Et devant les 200 000, c’est David Stricker qui est ici ce soir, qui va me rejoindre et qui va nous montrer ce que c’est que l’équilibre. Voilà David, si tu veux bien venir vers moi. En fait, David se résume en une phrase : « Simplement il parle avec des pierres. »

Oh là, oh là. Il y a beaucoup de cailloux ; on se croirait au bord du lac.

 

T’es gentil, mais tu es un peu en retard en même temps.

Je ne suis pas en retard, il fallait retrousser les manches. Là mes pieds…

 

Tu nous as trouvés comment ? Je ne t’ai pas dit où était l’atelier…

Oh, je l’ai trouvé.

 

Je te laisse attaquer David.

J’ai suivi la flèche.

 

David travaille avec des pierres, ce qui nous amène tout de suite à se demander où il les trouve.

Il les trouve là où elles sont. Hein, hein, c’est David qui les trouve là où elles sont. Il y en a plein des pierres dans le Jura. Moi, dans mes champs, le nombre de tracteurs que j’ai fracassés à cause de ces sacrés cailloux… Nom de « diou ».

 

T’es gentil.

Mais non. Continue là.

 

David, on se demande où il trouve ces pierres et surtout…

Il les trouve dans le Jura. Surtout… au bord du lac ; il y en a plein. C’est pour ça que moi, je vais pieds nus.

 

On a compris Pierre. J’aimerais parler de pierres…

Moi, c’est Pierre Ponce. Et… elles sont aussi poncées les pierres, là. C’est pour ça qu’elles...

 

La deuxième question, forcément qui vient… On va lui demander comment il les ramène, finalement, jusqu’à

Avec son camion. Il a un camion ; un gros camion pour mettre toutes ces pierres.

 

Il faudrait le laisser parler, un petit peu.

Mais là, il est dans la concentration. Même à Neuchâtel. Quand il travaille à Sion… À Sion, il a encore besoin de plus de concentration. Hein… et ça tient.

 

Alors bon. La troisième question… Ce n’est pas évident, la troisième question, en fait. C’est de savoir, finalement, depuis combien de temps est-ce qu’il fait cet art d’équilibre ?

Cela fait en tous cas deux minutes, là. J’ai compté, cela fait en tous cas deux minutes. Ouais, deux minutes.

 

On ne parle pas de « Timing », de temps. Je ne sais pas, on parle depuis combien d’années ? Il a du s’entraîner…

Il a fait ça depuis tout petit.

 

Ah bon. C’est une vocation. On se demande un petit peu

On se demande. Mais ça, j’y arrive aussi. Regarde ça. Moi, je te prends celui-là…

 

Voilà. Mais Pierre, on n’a peut-être pas le temps là. On est devant l’artiste.

Attend… Je les mets en équilibre horizontal, moi.

 

Mais tu massacres la culture, là. Je suis désolé.

Mais non. Cela représente quoi ça déjà ?

 

Mais on ne le sait pas…

Maintenant, c’est un haricot. Un haricot éventré.

 

Ouais, super. On arrive au moment fatidique où David va poser la dernière pierre de la sculpture. C’est la plus difficile, la plus grosse. Celle qui tient évidemment l’équilibre, on le répète. Alors, la question c’est que pense-t-il ? À quoi pense-t-il dans ces moments-là ?

Il se dit : « J’espère que je ne vais pas me la ramasser sur la tête, parce qu’alors là… C’est pour ça qu’il a mis du gel, parce qu’avec le gel, ça retient ; ça fait ressort. Les cheveux à ressort. Cela amortit, regarde ! C’est… Oh là, là, c’est l’aboutissement !

 

Non mais Pierre, il faut te calmer quand même.

Moi, la culture, moi ça…

 

Si ce n’est pas beau !

Regarde ça. Oh mais c’est… Mais c’es la tête.

 

Il faut savoir que David tourne dans toute la Suisse. Il fait des spectacles, il fait des présentations. C’est de l’art qui s’exporte en Suisse ou même ailleurs. Bref, c’est un artiste et on les adore.

Ouais. C’est vrai, mais il faudrait une chute.

 

Au sketch ?

Oui.

 

C’est facile ça.

Tu penses à quoi ? Comme moi…

 

Ah, ça c’est clair.

Non, on ne voulait pas…

 

Non écoute franchement, t’as raison. On est sur TOR, la seule télé qui a toujours raison.

 

 

Texte retranscrit par Françoise Berthod