Théâtre Matchbox 016 : Théâtre antique
Par Fred Loewer et Daniel Fuchs
Chers téléspectateurs, moi j’attends Roger. J’ai un grand projet pour Boudevilliers. On m’a demandé de faire du théâtre antique. Il joue bien le théâtre antique, alors j’ai choisi… Ben voilà Roger.
Chers téléspectateurs bonjour. Bienvenue sur TOR. Cette semaine, on va vous raconter un gag comme d’habitude.
Moi, j’ai un autre plan pour ce soir. Tiens, comment t’écris…
On est là pour raconter un gag !
Attend ce soir, c’est moi qui décide. Je suis le régisseur. On va jouer une pièce classique.
Classique.
Oui.
Ah bon.
J’ai choisi Racine.
Ah bon, pourquoi ?
Racine, on peut le jouer dedans.
Ah.
Parce que c’est des racines de dents. J’ai choisi Andromaque, parce que ça sonne bien. C’est un peu comme Goldorak. On va faire rire tout le collège.
On va essayer.
Alors, je vais distribuer les rôles. Toi, tu seras Oreste, fils d’Agamemnon.
Oh non.
Pourquoi ? Mais oui, oh, oh, reste. Oh reste.
Quoi, mais bon.
Moi, je serai Pylade. Je suis le copain d’Oreste.
Pourquoi Pylade ?
Parce que Pylade ça commence par P. Cela fait Pierre Ponce Pylade, tu vois.
Bon, c’est quoi l’histoire ? Je ne sais plus où j’en suis, moi.
On va suivre le texte. Il faut savoir que ça se passe à Buthrote, ville d’Épire. Enfin, je ne sais pas si c’est la pire, mais c’est une ville des pires.
Et des meilleurs.
Et ça se passe au palais Pyrrhus. Enfin, cela appartenait à un vieux bonhomme russe, c’est un Papy russe (papyrus).
Excuse-moi, mais vu que la scène est à Buthrote, je suis obligé de faire l’ivrogne ou je peux…
Ah non, non. Toi, tu joues Oreste, c’est un noble, le fils d’Agamemnon.
Agamemnon.
Oui. Tu suis le texte. Et moi, je vais te donner la réplique…
J’en reste là. Alors, je commence. Bon ok. « Oui, puisque je retrouve un ami si fidèle… »
Ben oui.
« Ma fortune va prendre une face nouvelle et déjà son courroux semble s’être adouci depuis qu’elle a pris soin de nous rejoindre ici. »
Où ça ?
Je ne sais pas, c’est le texte.
Ah oui, moi je suis déjà en plein dedans. Allez continue.
« Qui lui dit, virgule… » Ah non, il ne faut pas dire les virgules. « Qui lui dit, qu’arrivais-je à mes vœux si funestes, présente toi d’abord Pylade aux yeux d’Oreste. »
Ah oui, c’est là… les yeux.
« Qu’après plus de six mois que de t’avoir perdu à la cour de Pyrrhus, tu me serois rendu. »
« J’entends rendre grâce au ciel qui m’arrêtant sans cesse, semble m’avoir fermé le chemin de la Grèce. »
Ah ben non, ça ne va pas. Tu ne peux pas fermer le chemin de la graisse à un paysan, il n’a plus rien à vendre !
« Depuis le jour fatal que la fureur des eaux presque aux yeux de l’Épire écarta mon vaisseau… »
Quoi ton vaisseau ?
Mon kayak… « Combien dans cette égide, j’ai souffert d’alarmes, craignant toujours pour vous quelques nouveaux dangers, que ma triste amitié ne pouvait partager… »
Excuse-moi. Mais, tu es à fond, parce que ça ne fait pas très dramatique là.
« Surtout je redoutois cette mélancolie… »
C’est mieux, c’est mieux.
« Oh j’ai vu si longtemps votre âme ensevelie. »
Voilà, c’est le paysan. Il met tout sous la terre.
« Je craingnois que le ciel par un cruel secours ,ne vous offrit la mort que vous cherchiez toujours. »
Oh pas tant que cela.
« Mais je vous vois Seigneur et si j’ose le dire, un destin plus heureux vous conduit vers Épire. »
Et au meilleur.
« Le pompeux peu… le pompeux appareil qui suit ici vos pas… »
Attend, excuse-moi, tu entends quoi par pompeux appareil ?
Bon. Je n’ai pas fait d’analyse du texte. « Mais point d’un malheureux qui cherche le trépas. »
Alors, si il y a très pas, il n’y a pas du tout !
Ah bon, je continue. « Hélas, qui peut savoir le destin qui m’amène… »
Mme Soleil.
Ah peut-être. « L’amour me fait ici chercher une inhumaine. Mais qui sait ce qu’il doit ordonner de mon sort et si je viens chercher, ou la vie ou la mort ? »
« Quoi votre âme à l’amour en esclave asservi… » A servi qui ?
T’en fais peut-être quand même un peu beaucoup là maintenant.
« Se repose sur lui du soin de votre vie. »
Oui, c’est bien ça.
« Par quel charme oubliant tant de tourments soufferts, pouvez-vous consentir à rentrer dans vos fers. »
Ah ça, il fallait le faire. Soufferts et fers, Racine, il était dans un grand soir ! Il fallait le trouver celui-là aussi.
« Pensez-vous qu’Hermione à Sparte inexorable, prépare à Épire un sort plus favorable ? »
Ah ça qui sait ?
« Heureux d’avoir poussé tant de superflus, enfin vous ne m’en parliez plus. »
Mais non. T’es pas censé mourir là dans la pièce.
Attend, ça c’est Jules César. « Vous me trompiez Seigneur… »
Ah j’ai encore une phrase. « Je me trompois moi-même. »
Alors là, tu peux le dire. Tu te trompes toi-même, car il faut savoir : « C’est TOR, la seule télévision qui a toujours raison ! »
Texte retranscrit par Françoise Berthod