Théâtre Matchbox 030 : Le régisseur

 

 

Par Fred Loewer et Daniel Fuchs

 

Chers téléspectateurs, encore une fois bonjour sur TOR. Aujourd’hui, on voulait profiter… Quoi ?

Je vois que je suis remplacé, moi. C’est qui là ?

 

Mais non. C’est le régisseur. C’est le nouveau régisseur.

Ah… on a un régisseur !

 

Je voulais profiter pour notre nouveau spectacle « Revue à vue » qu’on est en train de jouer au théâtre, de vous présenter le nouveau régisseur.

Qu’est-ce qu’il va faire ce régisseur, parce que moi j’ai un régisseur à la ferme ? Il aurait aussi pu venir. Il régie toutes mes terres, il pourrait aussi régir le théâtre, si je lui demande.

 

Non, c’est bon. J’aimerais quand même pouvoir lui poser une question.

Pose-lui toutes les questions que tu veux.

 

Bon voilà. Je te laisse te présenter…

Parce que tu le tutoies déjà ?

 

Ben moi, je le tutoie. C’est normal, je le connais d’avant, moi !

D’avant.

 

J’ai été obligé de chercher un régisseur. Si on attend sur toi, on n’a personne avant l’été.

Bon. Ils se tutoient, alors tutoyez-vous.

 

Oh là, là. Maintenant, tu t’es présenté. Je pense que c’est important de dire aux téléspectateurs.

Moi ça ne vous fait rien, si je vous tutoie.

Non.

Toi, tu me vousoies. Non, on se tutoie tous.

On se tutoie tous.

On est tous en tutu. On est tous pour tu…

C’est plus facile.

 

C’est bon là. Je vous dérange.

Mais non. C’est bon.

 

Il faut le dire, si je vous dérange.

Non. On fait connaissance.

 

Il faut savoir quand même que le régisseur, ce n’est pas toi qui dira le contraire, va s’occuper des lumières, de la musique, de tout le back office comme on dit, enfin tout ce qui se passe derrière la scène. C’est un élément très important.

Ouais, ouais.

 

Quoi ? Tu as encore quelque chose. Mais tu le dis, tu veux parler à ma place…

Mais non. J’écoute, parce que je ne savais pas que tu savais tout ça, moi.

 

Je suis bien obligé de présenter aux gens, ils ne savent peut-être… Et puis zut…

 

Il se vexe. Ben, la prochaine fois que vous le voyez, vous lui dites qu’il se calme, parce que moi, je n’aime pas du tout ça !

 

Tu verras, c’est quelque chose. Tu verras, Pierre Ponce, c’est quelque chose ! À chaque fois, il est là… il croit tout savoir. Moi, je les ai là. J’en ai ma claque. À chaque fois, c’est comme ça. J’essaye d’expliquer…

 

Il ne faut pas se fier aux apparences, il se prend pour une lumière, ce n’est pas parce qu’il change de temps en temps les ampoules, que cela en est une ! Ça aussi, tu pourras lui dire !

 

Je te le dis tout de suite, tu verras, Pierre Ponce, il se prend pour une lumière. Ce n’est pas parce que de temps en temps, il est un peu mieux câblé que certains autres jours, que c’est une lumière. Il faudra aussi lui dire.

 

Et puis que cela soit clair depuis le début, ici le chef, c’est moi ! C’est moi qui mets la grange à disposition pour les répét’s… hein d’accord !

 

Il faut aussi que tu le saches, si jamais il vient vers toi pour quoi que ce soit, ici c’est moi qui est responsable. L’aspect financier, tout ça, c’est moi qui le donne. Que tu saches si jamais, c’est moi !

 

Non mais stop. Stop. Venez ici s’il vous plait. Moi, j’en ai marre de faire votre nounou. Je pense que vous pourriez faire un tout petit effort, parce que c’est pour la télévision TOR, la seule télé qui a toujours raison !

 

 

Texte retranscrit par Françoise Berthod