Théâtre Matchbox
305 : La choucroute
Par Daniel Fuchs, Fred
Loewer et Ismaël Frautschi
Bonjour Mesdames et Messieurs.
Aujourd’hui, j’ai revêtu mon plus beau tablier pour vous présenter une recette.
Eh oui pourquoi pas une recette ? Avec mon ami Pierre qui est comme très
souvent en retard. Mais bon, on va l’attendre deux minutes.
Hé
t’as vu mon tablier.
Oui on l’a vu. Je viens de le dire, tu
es un peu en retard. Non, il faut savoir que dans la cuisine, la patience est
d’or, c’est important.
Hein,
la patience est dehors.
Non, de l’or. Bref. Quelle recette on va
faire aujourd’hui ?
On
va faire la recette de la choucroute artisanale. Enfin, c’est ce que j’ai lu
sur le billet.
Oui, en effet. On va vous présenter…
c’est une casserole, ça.
Mais
oui.
Pour faire une choucroute artisanale
faite à Boudevilliers, il faut le dire. Faite à Boudevilliers, à la ferme, il nous faut… Pour la
choucroute, il nous faut du chou évidemment.
Cela
serait une bonne chose.
On va tout de suite demander du chou au…
Alors,
on aimerait un chou. Il est trop chou, merci. Vous pouvez le lâcher, c’est bon.
Et maintenant que fait-on avec ce
chou ?
Eh
ben, c’est la question que tout le monde se pose. Qu’est-ce qu’on fait avec le
chou ? Moi je le pose, en tout cas, il est lourd.
Le chou, évidemment il faudra le cuire.
Comme
ça direct.
Mais d’abord… Non, là ça ne va pas
aller. Ah moins d’avoir chez soi une casserole de trois mètres de diamètre…
Que
tout le monde n’a pas…
Forcément, on n’a pas… On peut donc
enlever au chou plusieurs couches.
Oui.
Comme va nous le montrer Pierre. Mais
pendant ce temps, il est temps pour moi de vous expliquer quel est le deuxième
ingrédient principal pour faire une bonne choucroute. Nous avons donc le chou
et il nous manque le deuxième ingrédient… Si on peut nous l’amener,
éventuellement.
Oui.
Cela serait bien.
Merci.
Tu peux lâcher.
C’est bon. C’est gentil. Il est chou,
mais… Le deuxième ingrédient… Pour une bonne choucroute, il faut du chou et de
la croûte évidemment. Le tout étant de bien doser les deux éléments.
Donc
pour avoir de la croûte, le meilleur moyen, c’est d’enlever
la mie.
Voilà. Il ne faut plus avoir
« d’amis », de mie du tout.
De
la bonne mie. Ce n’est pas un salami. De la bonne mie.
Ouais bien sûr. Évidemment, il faut
quand même dire qu’évidemment quand on est seul dans une ferme à faire de la
choucroute, c’est qu’on n’a plus beaucoup d’amis, ce qui va très, très bien
pour notre recette. On est seul au monde.
Ouais
parce que si on n’a pas d’amis, on a la croûte !
Exactement. Je pense que les gens ont
compris, à la maison. Le tout est de bien mélanger surtout ne pas trop épicer,
ça serait dommage. Ça serait dommage, donc n’épicez pas du tout. C’est moins
cher. C’est un peu la choucroute M-Budget. Voilà tout
à fait. Avant la cuisson… Merci Pierre. On voit déjà le résultat qui va être
très, très bien. Pierre, c’est l’occasion pour moi de te demander…
Attend,
parce qu’il y a encore un truc. En fait, c’est que si on n’a pas assez de
croûte, si on a beaucoup de choucroute, parce qu’un truc de sept kilos comme
ça, il faut beaucoup de croûte…
Il en faut, oui.
Alors,
si on n’a pas assez de mie, on reprend la mie que nous
donne la croûte et la mie, on la remet au four.
Bien sûr.
Parce
que cela fait de la croûte.
Et rien n’est perdu. C’est d’ailleurs comme
ça qu’on a inventé le Zwieback, il faut le savoir. C’était l’occasion de le
dire, je pense. Une seule chose Pierre, finalement, combien de chou et combien
de croûte pour quatre personnes ? Disons quatre personnes.
Pour
quatre personnes, si c’est des grands mangeurs adultes, on compte trois kilos
de chou et un kilo de pain.
Ah ouais quand même.
Si
on enlève la mie, cela ne fait plus que deux cents
grammes de croûte !
C’est juste, c’est juste. Donc, on met
le quart de croûte qu’on met de chou.
Oui.
Évidemment.
On
met tout ça comme ça. On présente même dans la casserole ou dans un tonneau.
Bien sûr.
Et
après on met dedans.
Et puis, on attend que ça cuise.
Oui,
ça cuit trois heures.
Ah ça cuit trois heures quand même la
choucroute. Juste, il faut expliquer aux gens parce qu’ils sont étonnés. On
n’utilise pas de vin, pas de bière, pas de tout ça.
Mais
ça, on peut…
C’est superflu tout ça, c’est…
Non
ça dépend.
On peut ? Ah du vin à côté, mais
j’entends pour la recette.
Si
on en a assez, on peut en mettre. C’est bon, c’est bon… Ça réhausse.
Ah ça réhausse.
Ça,
c’est local. Je sais qu’à Boudevilliers, on la fait
différemment qu’à Landeyeux.
Ah mais forcément. C’est très régional.
Ils
n’ont pas le même vin.
Ah c’est ça. Cela va de ferme en ferme.
Enfin pour les gens qui n’auraient pas retenu la recette.
Oui.
Eh ben, ils peuvent la revoir.
Ben
oui, ils peuvent la revoir.
Sur
TOR, la seule télé qui a toujours raison.
Texte retranscrit par Françoise Berthod