Théâtre Matchbox 316 : Les jeux télévisés

 

 

Par Daniel Fuchs et Frédéric Loewer

 

Ben, ça fait tout drôle de devoir présenter pour la première fois sur ce studio notre premier loto télévisuel. Je vais chercher un lot… et vous restez bien à l’écoute. Pas de pub entre deux.

Le premier lot est gagné par Roger Sassuit

Ouais. J’étais sûr que j’allais gagner une fois à la télé.

 

Roger gagne un fond de Tupperware. Cet objet ne sert à rien !

À rien ?

 

Non, ça ne sert à rien. Mais quand t’as rien à faire, il faut bien mettre le rien quelque part, alors tu le mets là-dedans. Cet objet ne sert à rien…

Ouais, mais attends, si tu ne mets jamais rien dedans, tu ne le salis jamais, alors.

 

Ben si, tu le salis, parce quand tu dois rien faire, tu le fais là-dedans, alors tu le salis…

Ouais, d’accord. Mais excusez-moi, mais je comprends bien… Mais le rien là, je ne le vois jamais alors…

 

C’est normal, ça n’a rien à voir. Circulez… C’est le premier lot. On passe au lot numéro deux. Le lot numéro deux est gagné par… coïncidence, Roger

Ouais, c’est encore moi. Cette fois, je vais me rattraper. Donne-moi ça.

 

Roger gagne un couteau de la Suva.

Un quoi ?

 

Un couteau de la Suva.

Non, non. C’est juste un morceau de plastique avec du métal dedans. Ce n’est pas…

 

Non, c’est un couteau sans lame pour ne pas se blesser !

Moi, je veux bien mais dans un couteau, pour moi, ce qui m’intéresse moi…

 

Oui.

C’est la lame.

 

Mais quelle mauvaise foi, si tu te blesses avec un couteau avec une lame ordinaire, tu ne pourras plus l’utiliser. Celui-là, tu pourras l’utiliser tout le temps.

Ah, ben dis donc. On le tient comment ?

 

Tu le tiens comme tu veux. De toute façon, tu auras toujours l’impression de tenir le couteau par le manche… Allez circulez… Et on passe au lot numéro trois. Oh, je vais le chercher. Le lot numéro trois est gagné par… Roger.

Ah, cette fois, c’est la bonne. Cette fois, j’ai gagné…

 

Roger gagne un carton vide.

Quoi, un carton vide ?

 

Oui.

Il n’y a que du vide ?

 

Il y a de l’air.

Attends, attends ! On ose m’offrir du vide, à moi.

 

Non de l’air.

Ouais, mais l’air est gratuit.

 

Ah aujourd’hui, mais demain… Quand on devra la payer, tu auras de la réserve.

Oh, tu ne manques pas d’air, toi…

 

Oh, ben maintenant si, je m’essouffle. Tu les prends tes cadeaux ?

Ben, je vais en faire quoi, moi de mes cadeaux ?

 

Tu prends ton carton vide, tu mets ton couteau sans lame et ton fond de Tupperware dedans.

Mais ça vaut la peine de jouer.

 

Ben ouais, moi j’ai raison. Et vous, vous avez raison de regarder les jeux télévisés sur TOR, la seule télévision qui a toujours raison.

 

 

Texte retranscrit par Françoise Berthod