Théâtre Matchbox 329 : L’examen

 

 

Par Daniel Fuchs et Fred Loewer

 

Chers téléspectateurs, encore une fois, bonjour sur TOR, la télé qui a toujours raison même dans la nature. En fait, je comble un petit peu, Pierre est de nouveau en retard. Ça faisait longtemps, enfin… Pierre, Pierre… Il arrive… Ben voilà, c’est l’heure d’arriver.

Il n’y a pas de trolley qui vient jusque-là.

 

Tu me demandes qu’on répète ton examen-là.

Ouais, mais je suis un peu stress là.

 

Tu dois répéter quoi comme examen ?

Ben, toute la nature.

 

Quoi toute la nature ?

Toute la nature…

 

Je ne sais pas. Tu n’as pas un truc vert à nous montrer ?

Attends, je vais chercher un truc vert.

 

Il faut quand même préciser que Pierre Ponce va nous présenter pour son examen d’agriculture… C’est bien ça ?

Ouais.

 

Qu’est-ce que tu nous présentes, alors ?

C’est un « menthier ».

 

Un « menthier » ?

Ouais, c’est pour faire le thé. Le « thé menthier ».

 

Ouais, mais excuse-moi…

On sent, on sent la menthe.

 

Oui, on sent bien la menthe, mais je veux dire, on ne peut pas faire du thé avec de la menthe, si on n’a pas séché préalablement la feuille.

Pour récolter les feuilles, il faut d’abord les planter, non ?

 

Tu dois savoir les planter, aussi ?

Ben ouais, c’est pour l’école d’agriculture. Je dois tout savoir.

 

Mais si tu as menti aux juges, comment ils vont te croire ?

Je ne sais pas…

 

Tu n’as pas autre chose ?

Oui, j’ai autre chose. Bon, stresse-moi pas !

 

Je ne veux pas le stresser moi. Mais enfin, un examen, c’est un examen. Les experts, ils seront là. Attends, tu ne vas quand même pas planter ça ?

Ce n’est pas pour planter, c’est pour faire les murs du pâturage.

 

Tu dois encore savoir faire les murs du pâturage ?

Au jour d’aujourd’hui, au prix où est l’acier, tu as meilleur temps de savoir faire avec les cailloux. Ça fait des beaux murs en plus.

 

Et ça te va bien, Pierre Ponce.

Je ne les ponce pas tous, seulement ceux du bas pour pouvoir entasser les autres.

 

Ce que je veux dire par là, c’est que c’est un domaine que tu dois maîtriser quand même ?

Ouais absolument.

 

On voit bien que c’est une pierre qui a roulé, qui n’a pas amassé de mousse.

De toute façon, il y en a un qui fait super bien ça, à l’école, les barrières.

 

Ah bon.

C’est mon copain Alain. Oh, il le fait bien…

 

Bon Pierre. On aimerait…

Regarde ça !

 

Je pense qu’on va devoir bientôt conclure.

C’est un noisetier, un noisetier des Indes.

 

Un noisetier des Indes ?

Ouais.

 

Attends, tu plaisantes ou bien. On se promène en forêt n’importe où sur Neuchâtel et on voit des comme ça ?

Des fois.

 

Et tu veux me dire que ça vient d’Inde ?

Oui, ça vient dinde…

 

Ce n’est pas possible. Tu as déjà vu un bois qui se transforme en poulet, comment tu veux que ça vienne dinde ?

C’est ce qui me semblait, ouais.

 

Ah mon avis, ce n’est pas gagné. Ce n’est vraiment pas gagné. Qu’est-ce que tu nous amènes ? Un bout de bois ? Il est tout sale, plein de mousse… Tu ne peux pas montrer ça à l’examen.

Mais si !

 

Pourquoi, tu dois présenter quoi ? Le bois ou autre chose ?

Je dois expliquer pourquoi il y a le nœud là ?

 

Quoi il y a le nœud ?

Parce que c’est le nœud de la branche qui n’est plus là. Ça fait un trou et il y a les fourmis et il y a la moisissure.

 

Attends, ce n’est pas des fourmis-là, c’est des larves…

Ouais, c’est des larves.

 

C’est bien ce que je dis, ce n’est pas des fourmis !

Oh ben….

 

Tu te rends compte ou bien ?

Non.

 

Tu te rends compte, les quatre objets que tu viens de me donner là. Si tu racontes ça aux examens, aux examens… En tout cas, si tu le réussis, on peut toucher du bois !

 

 

Texte retranscrit par Françoise Berthod