Théâtre Matchbox 332 : Les chorales

 

 

Par Daniel Fuchs et Frédéric Loewer

 

Eh alors, Roger ?

Ouais, quoi ?

 

Tu sais que je suis président d’une chorale ?

Être président et chanter dedans, il y a déjà une différence.

 

Ah ouais, mais je suis un membre actif de la chorale.

Comment un membre actif ?

 

Je suis président, membre actif. C’est moi qui dirige la chorale. C’est moi qui a la meilleure voix.

Là-haut là, dans ta campagne.

 

Ouais.

Attends, moi je suis à la chorale. Mais je fais au moins la chorale de l’Uni à Neuchâtel. C’est quelque chose de…

 

Vous chantez quoi là-bas ?

À la chorale de l’Uni, on chante des choses beaucoup plus classiques. Enfin, je veux dire…

 

Quoi par exemple ?

Je ne sais pas moi… « Il est venu le temps des cathédraaaaaaales… »

 

Ce n’est pas génial. Nous, on en a des meilleures. C’est : « Boire un petit coup c’est agréable… » Quand on est 12, ça le fait.

Vous êtes 12 quand même.

 

Ah ouais.

Ça fait beaucoup de bouteilles tout ça.

 

Ça dépend s’il y a les épouses…

S’il y a les épouses, vous êtes combien ?

 

24.

C’est logique !

 

Si, on est tous marié.

Ce n’est pas toujours sûr. La chorale de l’Uni, c’est l’avantage. C’est qu’il y a beaucoup moins de monde, parce que les jeunes, ils ne sont pas encore mariés, tu comprends.

 

Ouais.

Ça permet d’avoir des voix très claires comme…il y a de très belles voix à l’Uni.

 

Comme par exemple ? 

Par exemple : « J’aurais voulu être un artiiiiiiiste… »

 

Je crois que c’est râpé, là.

Eh je suis dans les basses.

 

Là, tu es un peu dans les hauts, ça déraille un peu. Tu devrais faire mécanicien de loco, plutôt.

On m’a dit que j’étais un très beau baryton.

 

Ouais bon.

On a dit ton.

 

Tu ne sais pas chanter quelque chose qu’on pourrait peut-être faire les deux. On fait une fusion « choralistique ».

C’est facile ça. On a des chants universels, nous…

 

Ah ouais.

Le Duo du Bas, ils sont universels.

 

Mais moi aussi. J’ai mes champs universels à Boudevilliers.

Mais non. Une musique qui correspond…

 

Ah ouais, ah ouais.

Viens, tu veux écouter ?

 

Ah ouais.

« Quand les tracas se rient de nous… on n’a plus de sous, mais on s’en fout. Quand les tracas se rient de nous, on garde le moral avant tout. Si un ami a choisi de faire la gueule, car pas d’accord sur votre discussion, soyez tranquilles s’il sera tout seul, à croire qu’il a raison et quand les tracas se rient de nous, on n’a plus de sous, mais on s’en fout. Quand les tracasseries de nous, on garde le moral avant tout… »

 

Eh ben voilà. Tu vois, ce n’est quand même pas compliqué, le Duo du Bas.

 

Il faut qu’on fusionne.

Il faut qu’on fusionne les deux chorales.

 

Ouais.

Mais dis donc. La seule différence, la seule difficulté, je veux dire, ça sera de trouver la bonne hauteur…

 

Ouais.

Parce que si on prend le Val-de-Ruz et Neuchâtel, il faudra trouver le milieu pour…

 

On ira chanter à Bevaix, chez TOR, la seule télé qui a toujours raison…

 

 

Texte retranscrit par Françoise Berthod