Théâtre Matchbox 335 : Le cervelas

 

 

Par Daniel Fuchs et Fred Loewer

 

Chers téléspectateurs, aujourd’hui Pierre Ponce nous a proposé le port de Saint-Blaise pour nous présenter la recette dont il est le fervent admirateur, le fameux cervelas de Boudevilliers.

En fait, je suis même dans le Go et Milou.

 

Dans le ?

Go et Milou

 

C’est Tintin et Milou, ce n’est pas…

Gault et Millau, c’est la revue du terroir. Et il y a des étoiles.

 

La revue du tiroir, ouais.

Pour toute chose, premier ingrédient, c’est le cervelas.

 

On s’en doutait.

Mais des fois, on pourrait penser autre chose, parce que je suis allé en France il n’y a pas longtemps. Je suis passé par Les Brenets, je voulais des pommes frites, il n’y en avait pas. C’était mis des pommes Pont-Neuf. Tu vois, ce n’est pas la même chose…

 

Si on pouvait revenir à notre recette.

À nos cervelas…

 

J’ai fait un effort de venir pour toi aujourd’hui.

Justement pour montrer la simplicité simpliste de cette recette, je t’ai aussi mis un couteau à disposition. Attention, parce qu’il coupe…

 

C’est un couteau français, ça s’appelle…

C’est un couteau suisse. Tu prends dans la main gauche le cervelas…

 

Dans la main gauche, le cervelas.

À moins que tu ne sois droitier.

 

Le mien, il est malade, là.

Il n’est pas malade. C’est un coup de soleil. Après, tu piques dans la pointe, tu fais une petite entaille.

 

Ah, c’est le pelage du cervelas.

Ben ouais. On ne va pas manger la pelure quand même. On voit, il y a un léger défaut. Après avec le coup de main, ça vient tout seul. C’est une peau comme ça sans perte. Il ne faut pas perdre un seul gramme de cervelas… Tu me montres un peu comment tu y arrives.

 

Parce que je voulais profiter, qu’on était au port de Saint-Blaise pour parler un peu de l’historique quand même.

Ouais, pendant qu’on pèle, tu… c’est justement un cervelas de porc, du reste.

 

Oui justement, c’est du porc.

C’est du porc.

 

On fait que du porc, le cervelas.

Non, on le fait à Saint-Blaise. C’est un clin d’œil au cervelas.

 

Ouais, un clin d’œil au cervelas.

Ce n’est pas de porc… Ça rappelle des bons souvenirs.

 

On n’aurait pas pu faire la présentation de Saint-Blaise, évidemment.

Tu y arrives ? Qu’est-ce qu’il a de particulier ce porc ?

 

Je ne sais pas. Mais on ne sait pas où il est produit ? Il est produit à Boudevilliers ?

Ah celui-ci ouais, ouais. Il est artisanalement, c’est-à-dire qu’il se nourrit lui-même sans la main de l’homme. Pas le cervelas, le porc. Après, on se nourrit par contre avec la main de l’homme quand on mange le porc cervelas.

 

Ah voilà.

Là, j’en ai déjà un.

 

Moi, j’ai remarqué une chose assez géniale finalement, c’est qu’il ne fond pas dans la main, étonnamment.

Non.

 

Ce n’est pas évident.

Il faut le sortir 30 minutes avant de le peler du frigo.

 

30 minutes pas 32, pas 28…

Non, non ça dépend surtout de la température du frigo.

 

Oui forcément. Il faut calculer.

Ouais mais 30 minutes, c’est par rapport à la température… Si tu as moins 30 dans le frigo, tu le sors 30 minutes avant.

 

Ouais bien sûr.

Si tu as moins 5, c’est 5 minutes avant.

 

Et si tu as 7 degrés, c’est 7 minutes après.

Mais là, j’ai dû me louper un peu dans la température, parce qu’il a de la peine…

 

Il a énormément de peine. Justement, moi j’ai beaucoup de peine d’être ici à parler du porc.

Alors parle de ton port.

 

Le port de… Le tien n’est pas comme…

Chaque porc est différent.

 

Ah oui, oui. On élève chaque porc.

J’en suis à deux.

 

Moi je fais de mon mieux, je dois quand même présenter le sketch…

Alors raconte-nous un peu l’histoire du port, parce que de toute façon, on doit attendre que le feu soit cuit pour continuer la recette.

 

Ah parce que ça se cuit sur le feu donc ?

De préférence. Tu peux aussi au soleil. Mais là, ça va assez long…

 

Ça va long au soleil ?

Surtout le soir.

 

C’est un cervelas solaire, un peu.

Ouais, voilà ouais.

 

D’accord. Je crois qu’on a fait le tour du port. On va pouvoir conclure…

On vous donne une bonne adresse pour acheter le cervelas du port, c’est à la Grand-Rue 2, à Boudevilliers.

 

Le port sur TOR.

 

 

Texte retranscrit par Françoise Berthod