Théâtre Matchbox 341 : L’écologie

 

 

Par Daniel Fuchs et Fred Loewer

 

Ben voilà, une clope de finie… ça fait du bien.

Roger ?

 

Quoi ?

Mais ça ne va pas ou bien ?

 

De quoi ?

Mais ta cigarette…

 

Oh c’est bon. Ce n’est pas une petite cigarette dans cette immense forêt qui va changer quelque chose…

Tu sais lire ?

 

C’est écrit : « Promeneurs, respectez la forêt. » Est-ce que je me promène ? Non. Ben alors.

Tu veux mettre le feu ou bien ?

 

Mais non, moi quand je fais un feu, c’est quand je vais pique-niquer, je vais faire une grillade en forêt. Ben ouais, une grillade…

Je les aime bien les gens comme toi.

 

Tu manges dans la vaisselle en plastique ! Tu n’as pas de vaisselle à faire ? Après tu laisses la vaisselle en plastique pour le suivant sur les tables. C’est plus vite fait…

Parce que tu crois que l’autre il va manger dans ta… dans ton chenit.

 

Ben quoi ?

Non.

 

Il faut arrêter. Des fois, ok je fais du VTT dans la forêt. Bon, bon…

Tu fais partie de ceux-là aussi ? Il y a des chemins, il y a des chemins…

 

C’est plus marrant quand tu écrases deux ou trois… De toute façon il y a des orties, qu’est-ce que tu veux ?

Moi, je me suis promené la semaine passée. J’en ai vu qu’un sur le chemin. C’était un vététéiste. Il m’a encore presque dit que je n’avais rien à faire sur son chemin… Alors, non. Un peu de respect ! Respectez la forêt !

 

Promeneurs, respectez la forêt ! La forêt, ce n’est pas écrit : les chemins.

C’est peut-être une faute ça.

 

De…

Promeneurs, respectez la forêt et les promeneurs ! Ça, je fais faire une motion au Grand conseil.

 

Non. C’est les vététéistes qui doivent respecter la forêt des promeneurs.

Ouais, mais les promeneurs, respectez les chemins des vététéistes aussi !

 

Des fois, ça m’arrive aussi. C’est assez marrant, je fais de la planche à voile en forêt.

Ah ouais.

 

Il n’y a pas de planche. Je prends une voile comme ça. C’est marrant parce que tu sais la voile comme ça, hop elle se croche dans un arbre. C’est embêtant. Ce n’est pas compliqué. Tu tires bien sur les ficelles.

Ouais.

 

Il y a une ou deux branches qui tombent comme ça et après tu récupères ton truc. La forêt, c’est génial.

Écoute tu vas me faire pleurer bientôt. Tu vois une petite branche comme ça, tu sais combien de temps est-ce qu’il faut pour qu’elle en arrive là ?

 

Elle est morte ta branche.

Elle est morte, elle est morte. Rien ne meurt, tout se transforme ! Tu devrais le savoir.

 

On ne peut rien faire dans ta…

On respecte, c’est tout !

 

Mais en ville, quand tu vas en ville, tu respectes tous les feux rouges, toi ?

Euh…

 

Ah tu vois. Toi, quand tu vas en ville, hein, quand tu rentres dans chaque restaurant, dans chaque bar…

Je n’en fais pas tant, parce qu’au bout du troisième, ça commence à venir difficile de changer… je reste plutôt statique après.

 

Le premier bar miteux, je pense que tu t’essuies les pieds avant d’entrer ? Ah, ah. Alors non ? Et la terre qui est sous le paillasson qui devrait… elle vient d’où ?

La terre, c’est naturel ça.

 

Elle vient de la forêt.

Mais c’est naturel la terre.

 

C’est facile. Il y en a plein des exemples comme ça.

J’amène un peu de campagne à la ville.

 

Eh ben moi je trouve que ce qu’il faudrait dire, c’est « Promeneurs respectez la forêt !» mais c’est aussi les gens de la forêt, « Respectez la ville ».

Ouais, t’as raison. Pour une fois, t’as raison.

 

Ben ouais, pour une fois j’ai raison.

T’es comme la télé TOR.

 

Ah ouais, la seule télé qui a toujours raison.

 

 

Texte retranscrit par Françoise Berthod