Pierrette Dubois et Denis Basset : artistes peintres
Bonjour. Télé Objectif Réussir a le plaisir aujourd’hui de vous présenter deux artistes du cru. En premier lieu, Denis Basset, qui est né aux Bayards et qui habite actuellement à Couvet au Val-de-Travers. Cet homme qui a exercé de nombreux métiers, qui a été gardien de bains, qui a été menuisier, est actuellement responsable de la surveillance dans un musée. Mais ce qui est le plus important, c’est sans doute qu’il s’est découvert une passion pour la peinture. Une passion pour la peinture qui correspond absolument à ses attentes, en tant que père de famille, puisque ça lui permet de temps en temps de sortir du milieu familial pour se régénérer et surtout exprimer son art.
Denis Basset aime particulièrement la nature qui l’entoure et il a une préférence, comme il nous l’a confié, pour l’hiver, comme ce tableau l’indique. Il a un bon sens des profondeurs. Il aime la peinture à l’huile et s’y adonne avec un réel plaisir. Il ne dédaigne absolument pas les autres saisons et comme vous aurez l’occasion de le voir, on a également dans les plans précédents, le Pont de Travers, qui a connu plusieurs inondations.
Je crois que la meilleure chose pour vous, c’est de venir admirer ce que cet autodidacte a fait et de vous faire une opinion de vive voix ou de vif œil.
Nous allons recevoir d’ici quelques minutes, Mme Pierrette Dubois, peintre dès son plus jeune âge et locloise d’origine et de naissance. Mme Dubois, dès l’âge de quatorze ans, a commencé à s’intéresser de plus près à la peinture et a suivi un cours de base, puis par la suite s’est enrichie par elle-même pour aller jusqu’à enseigner. Et c’est dans ce contexte-là d’ailleurs, qu’elle a connu Denis Basset. Elle affecte tous les paysages, en particulier, ceux de nos montagnes neuchâteloises et jurassiennes, mais elle ne dédaigne pas, comme vous pouvez le constater à ma gauche, les paysages du sud de la France, puisque, comme elle me l’a justement dit : « La mer c’est tellement beau, il faut au moins la voir une fois ».
Je vous invite cordialement à aller voir ses œuvres à la galerie Quint-Essences dès le 3 novembre et vous payer, on dira, un petit morceau de Méditerranée et de Jura en un laps de temps finalement très court.
Pierrette Dubois en matière de peinture, on peut dire que vous êtes tombée dans la marmite toute petite, puisque vos parents étaient eux aussi des artistes. Racontez-nous un petit peu cette découverte d’une passion finalement.
Bien sûr. Moi, je me souviens des tableaux que ma maman faisait. J’étais toute petite. Après elle a arrêté, vu qu’on était trois enfants dans la famille. Mon papa aussi, il nous a beaucoup aidé. Tous les mercredis quand on avait congé à l’école, le papa nous corrigeait nos dessins quand il rentrait de son travail et il nous a déjà pas mal habitués au dessin.
Et vous décidez finalement de vous lancer à plein et à fond dans cette activité.
Oui. C’était une passion qui est venue déjà toute petite. J’avais toujours le crayon à la main. A l’école, ça allait bien. Les autres branches m’intéressaient très peu quand même que je faisais attention de me donner de la peine, mais c’était le dessin avant tout.
Vous suivez donc un cours qui vous donne les bases du dessin.
Oui, j’ai suivi un cours par correspondance.
Par correspondance, et vous vous mettez, vous aussi, à enseigner et c’est là que vous allez rencontrer Denis Basset.
Oui. Il a fallu quand même assez de temps d’ici là, parce que j’ai dû faire certains examens pour pouvoir enseigner. On ne peut pas enseigner comme cela. Et comme j’ai passé, j’étais contente, bien sûr et j’ai rencontré après Denis quand j’ai donné des cours.
Denis, quelles premières impressions lorsqu’on voit Pierrette Dubois ?
On est impressionné quand même par rapport à ce qu’elle fait. Déjà aussi au niveau de sa personne, sa personnalité. Elle dégage quelque chose. Elle a beaucoup de cœur, de gentillesse et ça, ça m’a touché dès le départ. J’ai vu beaucoup, vraiment envie d’apprendre avec elle, parce que si l’on veut, le lien s’est formé. La mayonnaise a pris. C’est ça.
Quel a été le déclic, est-ce que c’est votre digne prédécesseur, Hainard, qui vous a inspiré, vu que vous venez des Bayards ?
Je viens d’un village fantastique, des Bayards. Un village du Jura neuchâtelois que j’aime beaucoup. J’y suis né et dans ce village, c’est vrai, il y avait des artistes comme Lhermitte, comme les frères Jacot et d’autres. Moi, j’ai toujours eu une grande envie d’apprendre et surtout la nature. Chez moi, la nature est très ancrée et je pense que je peins aussi, parce que j’aime beaucoup la nature.
Pierrette Dubois, on nous parle de nature. Vous, vos sujets de prédilection, quels sont-ils ?
C’est aussi les mêmes que Denis un peu. C’est pour cela qu’on est très rapproché les deux. Le portrait avant tout. J’ai beaucoup aimé les portraits, mais on ne peut pas vendre des portraits dans une exposition. Ca ne s’achète pas.
J’ai fait pas mal d’hommes politiques que j’ai pu vendre. Enfin toutes des choses comme cela. Les portraits de l’époque où il y avait Brigitte Bardot, Jean Gabin. C’était au crayon, à la sanguine. Ca, c’était bien. C’était un peu dans les débuts, mais sans cela, c’est le portrait avant tout qui m’intéresse. Mais je n’en fais plus.
Vous réalisez que Denis a du talent. Vous allez devenir petit à petit complices, comment vous définiriez son talent, quel est le… vraiment ce qui vous a frappé ?
Ce qui m’a frappé, c’est déjà sa personnalité aussi. Il est tolérant dans beaucoup de choses. Les compliments que tu m’as fait, je te les rends, parce qu’ils sont aussi valables pour toi et j’ai vu tout de suite le don qu’il avait pour peindre et il m’a déjà montré des dessins. Je voulais voir déjà ce qu’il faisait. J’ai vu ses dessins et c’est d’après-là que j’ai vu qu’il y avait un don certain qu’il fallait développer.
Denis, à ce moment-là, est-ce que vous avez connu des doutes ou vous, vous êtes dit : « Je fonce ».
Non, je me suis dit… maintenant, je savais, je n’étais pas sûr de moi, mais j’avais une telle envie d’apprendre avec Pierrette que je ne me suis pas posé la question. J’ai dit maintenant : « Je suis là, je fonce et on verra bien qui verra ».
On a derrière vous deux tableaux qui représentent deux saisons différentes, de paysages différents. Je vous demande à vous Denis, d’abord : Une saison de prédilection ?
Oui, la neige.
La neige et vous Pierrette ?
Moi, c’est l’automne.
C’est l’automne.
Oui, les couleurs.
Les couleurs d’automne. Peut-être pas attendre que les feuilles soient tombées.
Non. Je veux encore en faire avant l’hiver.
Et la suite, c’est des expositions communes ou vous avez exposé chacun de votre côté d’abord, puis groupés, Pierrette ?
On a fait chacun et après groupé. On a fait une exposition à Môtiers à l’Hôtel-de-ville, je crois et cette fois ici. C’est la deuxième fois…
À Cora aussi.
À Cora Fleurier. Oui, on était ensemble. Sinon, ici à la galerie, on va faire quelque chose.
Une exposition qui va se dérouler, histoire de le rappeler, du 3 novembre jusqu’au 30 décembre.
Exactement.
Dans le titre, je vois La Suisse. Moi, je vois Saint-Tropez, expliquez-nous cela ?
J’ai l’âme aventurière, j’aime bien les pays, les voyages et c’est tellement beau la mer. Alors, on est obligé de la peindre un jour ou l’autre, même plusieurs fois.
Et Denis vous, ce serait plutôt le contraire, c’est ancré dans ce Val-de-Travers ou alors quand même Les Pont-de-Martel, les hautes vallées jurassiennes.
J’ai fait beaucoup le Val-de-Travers, maintenant je fais aussi les autres vallées jurassiennes et d’autres endroits de Suisse. Aussi des tableaux de l’étranger comme le Canada, la Grèce ou La France.
Au niveau des techniques, moi je ne suis pas du tout connaisseur, comment est-ce que vous avez déterminé de faire des toiles à l’huile, puisque c’est la majorité.
C’est-à-dire, j’ai tout essayé, toutes les disciplines, sanguines, plume, fusain, tout, gouache, aquarelle, mais c’est quand même l’huile
Où vous vous sentez le plus à l’aise.
Ah oui. Oui. Avec l’huile, on peut mieux rendre le relief, les couleurs, tout.
Denis.
Oui. Je pars du même principe que Pierrette. J’adore l’huile. J’ai aussi appris avec Pierrette le travail avec le pastel. J’aime beaucoup, c’est très chaleureux. On arrive à faire des nuances. Je pense que plus tard, je vais revenir avec le pastel, mais l’huile restera toujours là, parce que c’est vraiment quelque chose qui me plaît bien à travailler.
Et au niveau des pinceaux, est-ce que vous avez des petits trucs. Je ne vous demande pas de nous les donner, mais par exemple, est-ce que vous travaillez avec la spatule ou la brosse ? Est-ce qu’il y a un outil de prédilection ?
Non, en général le pinceau. Et si cela fait un petit moment comique pour cette interview, je dirais même la brosse à dents.
Même la brosse à dents.
C’est un petit secret que je dévoile pour faire les vagues de la mer.
On nous l’a appris à l’école, à l’époque.
Moi, je ne l’ai pas appris.
Vous ne dévoilez rien. Et vous, Denis ?
Principalement des bons pinceaux, mais aussi parfois des pinceaux qui sont légèrement usagés, c’est-à-dire, cela dépend pour quels domaines. Des pinceaux plats… ou je m’en fabrique des fois aussi avec des petits morceaux de bois, ça m’arrive, taillés pour faire différentes applications sur la toile. Ca, je n’en dirai pas plus.
On dit que toutes personnes qui s’expriment quelle que soit la forme d’art a besoin de sortir quelque chose. Là, c’est une question un petit peu intime. Denis, qu’est-ce qu’il y avait à exprimer ?
Exprimer déjà ce que je voyais dans la nature, tous les jours. J’ai besoin de la peinture pour aussi psychiquement, psychologiquement, me détendre. Ca m’aide aussi quand on est papa, des enfants à la maison, ce n’est pas toujours… des ados. On aime bien aussi se retrouver dans un milieu tranquille et prendre du temps pour soi et surtout se détendre et c’est par la peinture que j’y suis arrivé et à apprécier ces moments-là.
Et Pierrette, il y a un arrière-fond aussi de solitude. Vous me disiez que vous aviez une méthode bien particulière quand vous étiez en train de peindre.
C’est surtout, je suis une grande romantique. À notre époque, cela n’existe peut-être plus, mais c’est tout le romantisme qui me fait peindre, parce que, quand je peins, il me faut ma musique classique. Je suis sur mon petit nuage. Je ne suis plus avec le monde, c’est terminé. Je suis décollée de la terre, je suis dans un rêve. C’est mon immense bonheur. C’est tout ce que je peux dire.
Finalement, il n’y a que les gargouillis de l’estomac qui arrivent à vous sortir de ça !
Ah oui, car il ne faut pas oublier les repas malgré tout.
Bien. On vous remercie beaucoup et l’on se réjouit de voir ce que vous avez fait. Merci.
Merci.
Interview réalisée par Alain Sunier
Texte retranscrit par Françoise Berthod