Madame Danielle Chasles : Échec et Mat

 

 

Mesdames, Messieurs, bonjour.

Nous avons le plaisir aujourd’hui d’accueillir dans nos locaux de Télé Objectif Réussir, une artiste peintre, Mme Danielle Chasles. Bonjour Madame.

Bonjour Madame.

 

À quel âge avez-vous commencé à peindre ?

Très tardivement, c’était un rêve d’enfant et j’ai fait quelques essais à l’adolescence qui ne m’ont pas tout à fait convenu. J’ai attendu l’âge de quarante-cinq ans pour m’y remettre.

 

Avant, vous étiez quand même dans les arts, un métier correspondant ?

Oui. J’étais dans la décoration d’intérieur, ce qui me permettait toujours d’avoir un côté artistique et de faire passablement de dessins.

 

Vous avez pris des cours ?

Non, pas spécialement. Je suis arrivée au Club des Amis de la Peinture, tirée par une amie d’ailleurs, et c’est à ce moment-là que j’ai choisi la technique qui me convenait le mieux. Parce que là, on apprend différentes techniques : l’aquarelle, le pastel, le dessin et l’huile. C’est à ce moment-là que j’ai fait un choix en faisant un chemin sur ces différentes techniques.

 

À propos de techniques, vous employez des collages aussi, pouvez-vous nous l’expliquer?

Oui, tout à fait. C’est assez nouveau dans mes tableaux. Je fais des collages comme vous le voyez-là, avec simplement un tissu que je colle sur la toile et que je travaille avec les mains qui donne un certain…

 

Relief.

Relief. Et après, je pars avec les couleurs. Celui-ci par exemple était prévu pour des maisons.

 

Et les maisons, elles sortent de…

Les maisons, elles sortent de terre. Si vous voulez, pour moi, c’est un peu une renaissance.

 

D’accord.

Une nouvelle vie, un nouveau chemin pour n’importe qui. Pas forcément pour moi. Pour donner un certain élan et avec cette façon de faire le collage, on arrive à donner des formes et on travaille dessus. Je travaille dessus avec des couleurs un peu différentes qui peuvent donner aussi…

 

Selon vos humeurs ?

Oui. C’est un peu selon mes humeurs. Donc, j’ai beaucoup dans les jaunes, ocre, rouges. C’est un petit peu mes couleurs de prédilection.

 

Il y a beaucoup d’arbres, mais par exemple, dépouillés. Pourquoi il n’y a pas de feuilles ou des choses comme cela ?

C’est vrai que je mets très très peu de feuilles dans mes arbres. Difficile à dire, mais c’est peut-être un petit peu mes personnages.

 

D’accord. Et pourquoi le thème des échecs. Vous jouez aux échecs ?

J’ai joué aux échecs. Oui, oui, bien sûr, quand j’étais jeune. Mais il y a très longtemps que je n’ai pas touché à un échiquier. Mais pour moi, c’est un petit peu l’amour du jeu. J’aime jouer, pas forcément l’échec, mais d’autres jeux et aussi… bien sûr maintenant il y a les ordinateurs, pas mal de jeux sur ordinateurs. Donc, c’est un petit peu un monde parallèle. Le jeu qui vit, imaginaire.

 

Et pourquoi ils ne sont pas plats vos échiquiers, c’est carrément…

Justement, ils sont vivants. J’essaie de leur donner un peu de la vie et ils suivent, si vous voulez, un petit peu la terre. Certains font un chemin, certains se dérouleront sur une plaine. C’est un petit peu un ensemble entre la vie et l’imaginaire.

 

D’où vient votre inspiration, est-ce que vous en rêvez la nuit, est-ce que vous pensez avant à votre tableau ?

Pas forcément, ça dépend sur quelles techniques je pars. Si je pars avec les collages, là ça vient devant le tableau et sur certaines compositions comme cela, je commence tout à coup à dessiner une pièce ou un arbre ou un objet, quelque chose et après, peu à peu, tout se met en place. Quand on peint, quand on met l’huile dessus, bien souvent on change des choses encore parce qu’on voit que le dessin n’a pas apporté forcément ce que l’on voulait représenter.

 

C’est votre première exposition.

Oui, c’est ma première exposition. Un peu le trac !

 

Quel est votre sentiment vis-à-vis de cela, contente, fière de vous ?

Moi, je pense qu’il faut toujours être un petit peu fière de soi.

 

Quels sentiments avez-vous par rapport à cela ?

C’est difficile à expliquer.

 

Quand même contente d’être arrivée jusque-là.

Oui, une certaine satisfaction quand même, oui. C’est un petit peu un rêve d’enfant.

 

Vous n’avez jamais exposé avant ?

Juste quelques expositions collectives avec les Amis de la Peinture et une à Bienne. Mais, c’est vrai qu’il y a tellement de monde, tellement de techniques différentes qu’on se sent un petit peu petit dans ce genre d’expositions. On n’arrive pas à présenter vraiment une grande panoplie de nos tableaux. C’est trois, quatre tableaux et c’est tout.

 

Vous avez à peu près combien de tableaux à présenter ?

Il y en aura une vingtaine.

 

Vous avez mis combien d’années pour faire ces tableaux ?

Ah, pas très long. Ces tableaux datent de ces dernières années. Deux ans à peu près.

 

C’est votre première exposition, quel message aimeriez-vous transmettre aux gens qui vont venir voir votre exposition ?

Ce que j’aimerais transmettre, c’est un peu de gaieté parce que la plupart de mes tableaux. On m’a déjà fait cette remarque : « Ils étaient plutôt gais. » Donc, c’est vrai que j’aime la gaieté, la joie de vivre et puis les belles couleurs. J’espère que cela soit bien pris.

 

Vous vous exposez aux critiques…

Oui.

 

Est-ce que vous avez peur des réactions ?

Oui, on a toujours peur des réactions, c’est un fait. Mais sitôt quelles sont positives, on est content. Donc, j’espère, j’attends que cela donne un petit peu de joie aux gens, parce que j’ai essayé justement de rester dans la gaieté et grâce à mes couleurs, grâce à ma manière de faire, transmettre un petit peu de joie.

 

Joie de vivre…

Alors, je fais des tableaux plutôt dans l’imaginaire et c’est plutôt un petit peu de la rêverie, un autre monde pour amener un petit peu de gaieté par des couleurs, par des scènes qui sont des fois assez marrantes. Si l’on y réfléchit, de voir ces pièces d’échec qui partent, qui se lèvent ou qui filent du côté d’une forêt et les échiquiers qui volent. Là, celui-ci est pratiquement dans une plaine. Il y en a d’autres qui sont dans des chemins qui se déroulent sur des pentes.

 

Vous peignez à l’intérieur ou à l’extérieur ?

À l’intérieur, dans un petit coin de mon salon.

 

D’accord. Est-ce que vos tableaux ont un nom, est-ce que les petites pièces ont été baptisées ?

Non, non. Les petites pièces elles-mêmes n’ont pas été baptisées. C’est le tableau en lui-même. Il y a Renaissance, les maisons sont Renaissance, certains c’est Les Visiteurs. Il y a des flammes aussi, c’est le Feu. C’était dans les techniques mixtes justement avec les tissus.

 

Vous consacrez beaucoup de temps à cette passion, toute la journée ?

Malheureusement, je ne peux pas…

 

 

Interview réalisée par Françoise Berthod

Texte retranscrit par Françoise Berthod