Quoi de 9 ? 024 : du 19 au 25 juin 2006
Quoi de neuf sur Télé Objectif Réussir ? Pour en parler, à mes côtés, notre collaborateur Patrick Perret. Salut Patrick.
Salut Jean-Pierre.
Alors, il y a quelque temps, nous avons été toute une équipe pour rencontrer Monsieur Jean Carol Godet. Tu étais derrière la caméra, j’étais devant la caméra. J’ai pensé que ce serait bien si c’est toi qui allais nous parler de ce Monsieur, parce que finalement on parle beaucoup de conflits de générations, etc.
Alors là, entre toi qui a une trentaine d’années et ce Monsieur, il n’y a pas seulement une génération, il y a deux, voire trois générations, parce que si je calcule bien, il pourrait être non seulement ton grand-père, mais il pourrait être ton arrière grand-père, puisqu’il nous avouait ce jour-là qu’il avait fêté déjà ses cent ans. C’est peut-être un homme exceptionnel, c’est clair. Mais quelle impression il t’a donnée, comment est-ce que tu as vu, ressenti cet homme qui nous a quand même dit beaucoup de choses ?
Ce qui m’a impressionné déjà, c’est la pêche qu’il avait par rapport à ses cent ans. Il nous disait qu’il faisait encore de la gym le matin, qu’il fait l’Université du troisième âge. C’est quelqu’un qui a vraiment toute sa tête et qui avait beaucoup d’histoires à raconter. Ce qui était marrant aussi, c’était son appartement même. De voir tous les souvenirs qu’il avait, de voir tous les bibelots et quand il parlait à sa copine, quand il disait : « Denise, je ne vous vois pas, je vous devine », c’est vraiment une autre époque ! Et quand il dit que cela fait soixante-cinq ans qu’il a arrêté de fumer, c’est impressionnant quoi ! Cela fait bizarre.
Cela c’est un des côtés en effet qui était … On sentait qu’il est … Déjà son prénom Carol, est en relation avec le roi de Pologne ou de Roumanie ?
De Roumanie.
Non, c’est vrai qu’il était assez drôle pour cela. Il nous a parlé de son enfance, bien sûr, un petit peu particulière. Il nous a parlé aussi de sa carrière professionnelle. Je crois qu’il prétendait ne pas avoir vraiment eu une bonne carrière.
Il prétendait que son seul titre en fait dans la vie, c’était d’être centenaire. C’était sa carrière à lui en quelque sorte.
Oui, c’est vrai qu’il jouait un peu modeste. En réalité, quand on regardait un peu autour de nous, il avait encore des sacrés bouquins chez lui, notamment je crois, un gros bouquin sur le cerveau qu’il étudiait. Il nous a aussi fait rire, si l’on veut, mais quand il nous a parlé religion.
Oui, ça c’était très drôle, parce qu’il a un avis très arrêté sur la religion, sur Jésus, Dieu et tout cela. C’est vrai que c’est très intéressant à écouter, parce qu’en plus, il s’énervait quand il parlait de la vierge Marie, de Jésus, des spermatozoïdes. Cela c’est un truc qui va rester marqué je crois, mais c’était vraiment marrant de voir comment il s’exprimait par rapport à cela et que la religion, Dieu, il n’y croit pas du tout.
C’est un petit peu un comble, parce que tout bon Neuchâtelois le sait, Monsieur de Marval qui est un célèbre Neuchâtelois était son grand-père je crois. Professeur de théologie à l’Université et c’est un petit peu un comble d’écouter Monsieur Godet dire : « Je n’aime pas tellement mon grand-père, parce qu’il a écrit un bouquin sur les anges » et il disait : « Les anges ça n’existent pas » etc.
C’est vrai que c’était impressionnant. Mais à part cela, il nous avait aussi, comment dire, impressionné. On avait presque envie de l’aider. Nous avons été, à un moment donné, prendre l’air sur son balcon. On avait presque envie de l’aider à marcher, puis finalement il a encore une fierté qui est assez impressionnante, tu ne crois pas ?
C’est quelqu’un qui aime se débrouiller tout seul. Il n’a pas envie d’être assisté. Je crois qu’il est resté très jeune dans sa tête quand même et ça se voit. Il a encore plein d’allant.
Extra, on se réjouit de revoir cet entretien. Il y en a eu au total trois avec Monsieur Jean Carol Godet. Voilà, très bien. A bientôt et merci pour ce témoignage.
Merci.
À mes côtés, Jéhan-Georges Muller. Salut Jéhan.
Salut Jean-Pierre.
Jéhan, cela fait déjà plusieurs mois que tu fais partie de notre équipe, mais cela fait seulement quelques jours que tu as commencé de travailler précisément au sein de Télé Objectif Réussir, notamment au montage. Cela m’intéressait de savoir comment tu as ressenti cette activité, ce n’est pas facile ? Tu es comme moi, tu n’es pas né avec un ordinateur sur ta table de nuit. Donc, comment s’est passé cet enseignement et ensuite comment s’est passé ce premier montage ?
Premier montage, premier enregistrement. Effectivement, ce n’est pas facile d’autant plus que je ne suis pas né dans le dernier disque dur comme tu l’as dit. Pour moi, je suis un béotien dans l’histoire. Je savais juste taper une lettre et encore avec des fautes. Je me suis amélioré.
C’est très intéressant et cela demande beaucoup de concentration par contre. On arrête un petit peu de rigoler à ce moment-là et on fait un travail bien. Je pense que c’est un joli travail à faire.
C’est un travail artistique parce que finalement quand c’est un sujet, on n’a pas encore parlé du sujet. Il s’agit d’un tournage qui a été réalisé au Creux du Van par Rita Hosang, donc des images du Creux du Van. Tu avais donc la liberté de pouvoir faire le montage que tu voulais, créer l’ambiance que tu voulais finalement.
Tout à fait. J’ai pensé faire comme un scénario des différentes façons d’accéder au Creux du Van et j’ai fait une espèce de petite histoire en repiquant à la fin, au début des images. J’avais assez de bonnes images qui étaient bien prises, des petites corrections à faire évidemment, mais disons que l’histoire de la vidéo si l’on veut bien, c’est une petite histoire de gens qui partent au Creux du Van, qui vont voir en haut ce qui s’y passe et qui redescendent. Donc, voilà un petit peu de quoi je suis parti pour faire le sujet.
Tu as également composé la musique, l’illustration sonore au sujet. Comment t’as fait pour t’inspirer, pour choisir le genre de thème que tu voulais ?
J’ai essayé de coller un rythme de promenade un petit peu. Donc, ce n’est pas du violent, ce n’est pas du hard-rock si l’on veut. Ce n’est pas non plus du mélo. Je n’ai pas voulu tomber non plus dans les deux et j’ai rajouté des petits bruits par ci par là pour souligner le sujet. Je pense que le sujet parle de lui-même. La musique, c’est juste un petit fond. Je n’ai pris qu’une seule mélodie que j’ai décomposée en cinq séquences. On a à chaque fois la mélodie, mais le rythme est différent, l’accompagnement est différent.
Très bien. On se réjouit de voir ce sujet, d’écouter ta musique. Tu vas t’attaquer, je pense, à d’autres montages. Je ne sais pas si tu as déjà quelque chose de prévu ?
Oui. Là, mon patron m’en a mis un paquet dans mon casier. Urgent pour hier. Donc, je vais faire prochainement une exposition qui a eu lieu sur la Thielle et je pense aussi, peut-être une descente en VTT, mais ça ce n’est pas encore sûr. Au niveau des pédales, je ne suis pas… ce n’est pas mon rayon.
C’est surtout au niveau des caméras que moi, j’aurais peur.
Oui. Il ne faut pas le dire.
Non, c’est ça. OK, on va regarder ce sujet et l’on attend avec plaisir d’autres montages que tu auras réalisés. Merci Jéhan et à tout bientôt.
Si vous le voulez bien, mon cher.
Pour parler du troisième sujet, de la troisième émission que nous allons vous présenter cette semaine, à mes côtés, Alain Sunier. Salut Alain.
Salut Jean-Pierre.
Alors tu as rencontré, nous avons rencontré, car c’est toi qui a eu le plaisir de l’interviewer, Monsieur Jean-Marc Lièvre. Un homme assez attachant avec un accent vaudois assez prononcé, c’est le moins que l’on puisse dire. Il nous a parlé dans la première émission que nous allons diffuser cette semaine, de son enfance, de son parcours. Cela t’a marqué particulièrement ce qu’il nous a raconté ?
Ce qui m’a marqué particulièrement, c’est qu’il a connu avec son fils ce que bien des parents connaissent actuellement, c’est-à-dire une dérive. Lui-même a été marqué parce qu’il a été placé en institution et son fils a dû être placé en institution également, à la suite d’un divorce. À ce niveau-là, c’est vrai que l’homme est attachant parce qu’il est authentique, il ne cache rien. C’est beau. Moi, je trouve que les parents se permettent de dire c’est peut-être ma faute plutôt que dire c’est la faute de la société ou c’est l’école qui n’a pas fait son travail ou c’est ci ou c’est ça qui arrive souvent aujourd’hui.
C’est vrai que le témoignage concernant son fils était assez prenant. Mais aussi concernant sa situation professionnelle, il était très franc, très direct.
Alors lui, il a un terme qui revient assez régulièrement, c’est galère. Et des galères, il en a vécu quelques-unes, peut-être pas au niveau professionnel mais au niveau sentimental, parce que cet homme aime les femmes en particulier. Il a vécu quatre divorces avec les répercussions que cela implique. Mais au-delà de sa vie sentimentale, c’est surtout quelqu’un qui tient à travailler et c’est peut-être le travail qui l’a sauvé. Quand il nous dit par exemple : « Je ne me vois pas tourner en rond chez moi sans rien faire », il illustre parfaitement ce que vivent les gens qui peuvent être au chômage ou aux services sociaux.
Il nous dit qu’il aurait pu plus d’une fois se retrouver au chômage ou à l’aide sociale et qu’il n’a pas eu peur d’exercer n’importe quelle activité qui lui passait sous la main.
C’est un homme qui est allé jusqu’à être disponible 24h sur 24h, qui a fait des petits boulots à gauche, des petits boulots à droite, du jardinage, de la peinture pour refaire des appartements, du nettoyage. Il n’a jamais jamais renoncé à avoir une activité professionnelle. D’après moi, et je pense que son témoignage le corrobore, c’est sans doute cela qui l’a sauvé d’une dérive plus profonde.
D’avoir toujours voulu être actif, d’avoir toujours voulu travailler ?
D’avoir toujours voulu travailler et ce qui est étonnant, c’est que les activités qu’il a choisies sont toujours dans la même direction, c’est rendre service aux autres. Il y a un rapport à autrui qui est important. Il va faire pas mal de camionnage, il fait du taxi, c’est une certaine manière rendre service aux autres. Chaque fois qu’il a fait quelque chose, c’est dans le but d’aider autrui avec rémunération, ça c’est bien clair. Mais il y a toujours cette relation à l’autre qui revient systématiquement.
C’est vrai. Il a l’air d’être l’homme vraiment gentil. Ce qui surprend, c’est qu’il a eu quand même quatre divorces. C’est quand même incroyable, ce n’est pas de chance.
Je ne vais pas me prononcer sur le problème du divorce. Celui qui l’a connu jugera par lui-même. J’en ai connu un. Je sais ce qui s’est passé. À chacun sa croix dira-t-on…
Enfin quoi qu’il en soit, tu as raison. C’est un homme vraiment très attachant qui a eu un immense plaisir de venir chez nous comme beaucoup de gens que l’on interroge. C’est un type pas très connu, mais dont le témoignage était vraiment très très fort et très prenant.
On va regarder son témoignage et dans une prochaine émission on parlera du projet qu’il est en train de mettre en route. On ne va pas en dire trop aujourd’hui, mais c’est aussi quelque chose qui se tourne vers les autres et qui est extrêmement sympathique. Merci Alain et à tout bientôt.
À tout bientôt Jean-Pierre.
Interviews réalisées par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod