Quoi de 9 ? 028 : du 17 au 23 juillet 2006

 

 

Mesdames, Messieurs, merci d’être fidèles à Télé Objectif Réussir. Nous avons été cette semaine promener nos caméras du côté du home de La Lorraine, autour des platines d’un DJ, dans le monde fantastique des insectes à la galerie Quint-Essences et du côté de la piscine du Val-de-Travers.

 

Pour parler du home de La Lorraine et de ce qui s’y passe, j’ai demandé à Patrick Perret, salut Patrick.

Salut Jean-Pierre.

 

Tu as participé au tournage de ce sujet. Un sujet assez particulier de nouveau. Ce n’est pas la première fois que nous montons à La Lorraine, mais cette fois, c’était pour assister à la rencontre entre des jeunes… je crois dix, onze, douze, treize ans de l’école primaire et des personnes âgées de La Lorraine. Alors que s’est-il passé ? Beaucoup de choses, je crois ?

Beaucoup de choses quand je suis allé tourner les images chez des enfants qui avaient créé des tableaux sur le thème de l’épouvantail et qui les exposaient. Donc, ils ont rencontré des personnes âgées, leur ont montré les tableaux et les ont accrochés après leur présentation, finis et après, il y a eu une petite collation où les enfants ont servi les personnes âgées, c’était sympathique.

 

Et ce n’était pas un événement comme cela unique. C’est déjà, je crois, depuis plusieurs années qu’il y a des relations particulières entre l’école primaire de Bevaix et le home de La Lorraine.

Cela fait quatre ans en fait qu’il y a ces rencontres. C’était à l’initiative de Madame Alexia Vincze au départ, qui n’est plus là aujourd’hui, et cela a été repris par Mme von Allmen et par Myriam, deux animatrices. En fait, le début c’est de faire une rencontre entre les personnes âgées et les enfants, qu’il y ait un partage. Alors, ils font des jeux, des dessins ensemble. Ils discutent, c’est vraiment une rencontre inter générations très intéressante. 

 

Comme dit, je crois, d’une façon très élégante l’institutrice, les enfants de l’école primaire qui montent là-haut ne sont pas vraiment, dit-elle, des premiers de classe ?

Voilà, elle dit : «  pas vraiment des têtes de classe ».

 

Mais, son objectif, et je crois que cela marche, c’est de redonner peut-être confiance à ces enfants.

Je pense que cela leur redonne confiance, cela les sensibilise aussi par rapport aux personnes âgées, parce que dans les homes, on les oublie un peu. Je trouve que La Lorraine fait un travail remarquable du fait de ses rencontres. Ca motive les plus jeunes, cela motive aussi les plus vieux et cela leur permet de rester en contact un petit peu avec le monde extérieur. Je trouve que c’est une démarche très sympathique.

 

En effet, en écoutant l’institutrice, en écoutant l’animatrice, cela m’a rappelé, ce n’est pas pour parler de ma vie à moi, mais moi non plus qui n’était pas une tête de classe en mes neuf ans d’école primaire, je me souviens qu’en effet, quand on n’est pas vraiment bon, on est plutôt critiqué par l’institutrice, critiqué par nos parents. On reçoit toutes les moqueries de la classe, quand on n’est pas le meilleur, alors que, quand les enfants arrivent là-haut, c’est tout le contraire.

Ils sont accueillis comme ils disent dans le reportage, comme des petits princes ou des petits rois. C’est vraiment important pour les personnes âgées et c’est vrai qu’ils sont très bien considérés là-haut. Cela leur donne un rôle, cela leur redonne confiance en eux.

 

C’est cela. Ils ne jouent pas le meilleur rôle à l’école, puisqu’ils ne sont vraiment pas doués. Par contre, là-haut, ils se sentent utiles, aimés, appréciés.

Oui et cela prouve aussi que dans la vie, il n’y a pas forcément besoin d’être super bon à l’école pour réussir sa vie et en faire quelque chose.

 

Cela, ça pourrait être une bonne conclusion au sujet. Mais, il y a encore autre chose que j’ai trouvé intéressant. Ils ont fait une exposition, les enfants ont réalisé des tableaux sur lequel le sujet était les épouvantails. Lorsque nous sommes montés la deuxième fois pour prendre des images, on les a vus jouer avec un ballon entre eux, certaines personnes âgées étaient très atteintes dans leur santé et le contact se passait très bien. Les enfants avaient tout compris. Ils étaient très tolérants, très gentils avec eux.

Tout à fait. Tout le monde s’entendait très bien, très détendu.

 

Nous avons même le deuxième jour du tournage tenté l’expérience, plutôt que d’interviewer les enfants, cela nous intéressait de savoir comment ils ressentaient tout cela. Alors, on leur a donné une table, des chaises, le micro, on les a laissés librement s’exprimer. Là aussi, c’était intéressant de constater que finalement, ils étaient très à l’aise.

Oui, tout à fait. En regardant le reportage, je me suis vraiment rendu compte qu’ils étaient à l’aise et qu’ils s’amusaient beaucoup.

 

Tout à fait. Et je crois que tous les adultes là-haut étaient surpris. On pensait que ces enfants – d’ailleurs on nous avait signalé, vous verrez cela sera difficile de faire parler ces enfants parce qu’ils ont de la peine à s’exprimer et finalement quand on leur a mis un micro dans les mains, et pourtant deux caméras en face d’eux, on sent qu’ils avaient déjà pas mal d’heures de télévision devant eux.

C’est un petit peu la génération télévision. Ils sont nés avec cela et bien sûr, ils sont très à l’aise avec les caméras, la télévision. Cela fait partie intégrante de leur vie.

 

La jeune fille, le jeune homme qui interrogeaient ses collègues parlaient…

Des petits journalistes en herbe.

 

Tout à fait. Ca c’était vraiment intéressant, de découvrir cet aspect que devant une caméra, cela pouvait changer quelqu’un. Tout d’un coup, ils étaient décomplexés et ils s’interviewaient comme s’ils avaient préparé cela, alors qu’on les avaient pris à l’improviste. C’était un petit peu les héros du jour.

Le sujet s’appelle inter générations. Il a été tourné une partie par toi, une partie par Julien Pisenti qui a également réalisé le montage et puis par Rita Hosang.

Très bien, alors on est parti pour La Lorraine. Merci Patrick.

Merci.

 

 

Qui a dit qu’à Télé Objectif Réussir, nous étions tous des préretraités. Alors, si c’est le cas, nous nous intéressons aussi à des phénomènes de sociétés et à des phénomènes de jeunes, comme par exemple, le mouvement hip-hop. Alors, à côté de moi, le plus rappeur des Valloniers, Alain Sunier. Bonjour Alain.

Yo Jean-Pierre.

 

Tu as étudié - peut-être que tu connaissais déjà le mouvement hip-hop - qui remonte qui est plus ancien qu’on pourrait le croire.

Le mouvement hip-hop remonte à 1970 à peu près. Il est principalement basé sur la côte Est des États-Unis, en particulier New-York. Il va par la suite se répandre, mais bon c’est très discret. La culture hip-hop, c’est basé essentiellement sur la danse et DJing. Ca, c’est une culture de rues. Par la suite, il y a des gens, notamment James Brown, qui va énormément influencer toute la rythmique du hip-hop par sa manière très saccadée de chanter, voire crier dans ses chansons.

On peut situer la première sortie disons à succès, en 1979, sous la forme d’un quarante-cinq tours. Par la suite, on peut dire que le mouvement, la tendance se politise énormément. Dénonciation au niveau social, dénonciation au niveau politique avec en arrière-plan, l’intention de sortir des jeunes des drogues et des gangs. Donc, de leur donner une possibilité de s’exprimer autrement que par la violence. On verra par la suite que la violence en question n’est pas exclue dans ce milieu-là. Alors, ça s’appuie essentiellement sur les « MC » Master of Ceremony et les DJ. Le maître de cérémonie, parce qu’on est francophone, le maître de cérémonie peut être assimilé à un griot. Un griot, c’est un poète ambulant garant ou dépositaire de la culture orale africaine. Lui, il est plus ou moins sacralisé. Par la suite, le mouvement va se développer notamment grâce à Public Enemy, qui alors est très, très ciblée, politique et sociale. Il va se développer sur la côte Ouest. On peut dire que les belles années du rap débutent en 1980 et le foyer, c’est New-York.

Par la suite, ils vont s’exporter sur la côte Ouest et à partir de 1993, c’est la Californie qui devient le berceau du rap et de la culture hip-hop. D’ailleurs, ce signe-là, est « West Cost » parce qu’il y a une rivalité absolument épouvantable entre l’Ouest des États-Unis et l’Est des États-Unis au niveau musical, à tel point que deux producteurs vont être assassinés.

 

C’est assez paradoxal de remarquer qu’ils militent contre la violence, qu’ils veulent une égalité sociale et ils ont recours à des moyens finalement à l’encontre de ce qu’ils déclarent et de ce qu’ils disent. On entend encore aujourd’hui, quand on lit la presse, il arrive assez souvent que des groupes de rappeurs d’obédiences différentes se retrouvent et se tapent dessus.

S’il ne faisait que de se taper dessus, cela serait beau. Mais on sait que l’Amérique a une culture de violence, une culture des armes à feu et dans le cas que je t’ai donné tout à l’heure, ils se sont tirés dessus. Donc, cela n’a pas été à coups de couteaux, à coup de matraque.

 

Oui, puisqu’il y a eu des morts.

Il y a eu des morts et cette rivalité maintenant existe toujours entre l’Est et l’Ouest. Ce que l’on peut dire, c’est que tout l’aspect social et politique a disparu dès le moment où c’est devenu une musique à succès, c’est-à-dire c’est le business économique qui a récupéré plus ou moins les messages qui étaient donnés. Ce qui fait qu’actuellement le rap, s’est un peu dénaturé. C’est devenu trop commercial.

 

Cela voudrait dire alors que les chanteurs de rap aujourd’hui ne sont plus autant sincères qu’ils étaient avant. Ils sont devenus des petits millionnaires qui veulent s’amuser à défendre la banlieue.

Exactement et d’après moi, ils ne sont plus du tout représentatifs de ce qui était la base du mouvement. Là, ce n’est qu’une histoire d’argent et de production.

 

Mais, est-ce qu’ils sont au moins représentatifs des milieux qu’ils prétendent soutenir ou défendre ?

Je pense qu’ils le restent quand même, ne serait-ce que par les textes qui sont choisis, qui sont créés. Par tout le côté danse et l’aspect verbal, l’aspect rythmique. Ils s’appuient essentiellement d’ailleurs sur des boîtes à rythme et beaucoup de basses. Il semblerait que les basses ne sont pas bonnes pour la tête ! Mais ça, c’est leur histoire…

Sinon, qu’est ce qu’on peut encore dire ? On peut dire que c’est essentiellement un mouvement Noir, banlieusard. On le retrouve en France, à partir des années 1990 avec MC Solar, par exemple. On retrouve le MC. Donc, ça part des États-Unis et cela s’est démocratisé un peu au niveau européen. Il y a incontestablement une baisse de popularité et d’écoute.

 

Ce qui est intéressant et nous l’avons vu, parce que le DJ Cort-$ est venu ici, beaucoup de jeunes sont venus l’écouter. Certains avaient quatorze, quinze, seize ans, mais il y avait également des hommes, des femmes qui avaient dépassé la quarantaine.

Personnellement, je n’accroche pas au rap. Il y a un gars qui m’a frappé par rapport à la qualité de ses paroles et de ses textes, c’est MC Solar, mais le reste je le trouve… ce n’est pas ma génération. C’est mon âge qui me joue des tours !

 

On associe aussi au rap, le tag, le graffiti ?

Le graffiti, c’est à partir du rap que les graffitis apparaissent. Ce mode d’expression sur les murs, jetés comme cela. On retrouve dans le graffiti, l’aspect spontané du rap, si l’on veut.

 

Cela, c’est un express qui passe spontanément… Écoute, je crois que c’est intéressant de reparler de tout cela. C’est vrai qu’aujourd’hui, on a tendance à voir que les mauvais côtés du rap et des rappeurs. C’est vrai que le peu de contact que nous avons eu avec eux ici, n’était que très positif et je pense et il est même certain que nous allons accueillir prochainement d’autres DJ dans la gare de Bevaix.

Parfait.

 

Extra. Je ne sais pas comment disent les…

Yo

 

J’allais le faire. Merci Alain et bonne continuation.

Pas de quoi. Merci.

 

 

Si vous n’êtes pas encore venus visiter l’exposition qui se trouve sous le toit de la Gare, ici à Bevaix. Exposition de photos, exposition de nos collaborateurs, Patrick Perret et Julien Pisenti, dépêchez-vous de venir, c’est jusqu’à la fin août. A mes côtés Julien, bonjour Julien.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Vous êtes l’un des deux exposants. Vous faites des photos d’insectes, c’est un peu votre spécialité mais aussi des photos de paysage.

Vu que cela sera ma première exposition, cela sera très varié dans le thème de mes photos. Il y aura autant des paysages que des insectes, surtout des insectes et tous les petits côtés éphémères de la vie que l’on pourrait voir comme cela en passant, en regardant le ciel ou le lac, que les couleurs sont magnifiques. Je photographie surtout le petit instant magique que l’on trouve comme cela dans une journée.

 

Dans le petit sujet que l’on va présenter, que vous avez tourné, que vous avez réalisé sur votre exposition, vous allez nous expliquer votre passion pour les insectes, votre passion pour, en effet, les paysages, du côté technique, le côté scientifique aussi, mais qu’attendez-vous de cette exposition ?

Ce que j’attends le plus de l’exposition, c’est de me faire connaître, de faire connaître que je connais un peu les insectes, que je m’intéresse aux insectes, surtout me faire reconnaître…

 

En tant que photographe.

En tant que photographe, oui voilà.

 

Cela, vous y tenez beaucoup. Vous êtes un perfectionniste, vous cherchez à faire des… Quand on fait de la macro, je pense que c’est particulièrement difficile d’avoir toujours un bon cliché, un bon éclairage, un bon cadrage.

Oui et c’est pour cela heureusement qu’il y a le numérique. On peut faire beaucoup de clichés, choisir après sur l’ordinateur lesquels nous plaisent le mieux. Surtout, comme je disais pendant ma petite interview, c’est beaucoup de la patience et cela m’exerce beaucoup, parce que la patience, ce n’est pas mon truc.

 

Par contre, vous aimez les balades en solitaire dans la forêt, dans la nature, à des heures peut-être pas possibles.

Des heures pas possibles oui. Surtout, quand il y a du soleil. Je vais poser mes pièges dans la forêt pour regarder ce que je peux trouver. Je pose des pièges, mais je ne tue pas les insectes et c’est surtout pour voir quand moi, je suis au lit, qu’est-ce qui se passe dehors ? En nocturne.

 

Comment vous expliquez cela ?

Par exemple, du côté des insectes, il y a beaucoup qui se passe la journée quand il y a du soleil et tout et il y en a beaucoup qui sont nocturnes. La nuit, on est vraiment pas adapté avec nos yeux, parce que la nuit, moi, je vais poser mes pièges le soir et je vais les récolter le lendemain, soit avec des bouts de viande, des bouts de fruits dedans. Il y a toujours des insectes qui sont attirés, qui tombent dedans et comme cela je peux voir ce qui sort la nuit et  ce qui sort le jour.

 

Est-ce qu’il vous arrive de faire des photos aussi la nuit dans la nature ?

Non, pas vraiment, parce que je n’ai pas l’équipement adéquat pour le faire. Mais cela me brancherait bien parce qu’avec la lumière, suivant la lumière qu’on utilise, on peut faire relever d’autres détails sur les insectes et les paysages de nuit, c’est aussi super beau, vraiment à la tombée de la nuit quand la lune commence à se lever, qu’il n’y a pas trop trop de lumière, c’est super joli.

 

Votre rêve, dans tous les cas, c’est refaire une exposition dès que cela serait possible ?

Voilà justement, je vais profiter de cette exposition pour montrer que j’ai des photos et que je pourrais exposer un peu plus à droite, à gauche dans des petits bars ou des autres galeries.

 

Et peut-être pourquoi pas faire un livre ou une brochure ?

J’aimerais bien faire mon livre surtout que là, ils viennent d’en sortir un sur toutes les sauterelles, les grillons, je fais un petit clin d’œil, sur tout ce que l’on pourrait trouver, la famille des Europtères par chez nous et qui vient de sortir.

 

Extra. De toute façon, on invite tous nos téléspectateurs, téléspectatrices à venir ici à la galerie Quint-Essences. Vu que vous travaillez ici, vous serez volontiers à leur disposition si ils ont besoin d’explications.

Tout à fait et ils pourront venir toujours à la galerie parce qu’on va s’occuper le week-end de la galerie avec mon collègue photographe, Patrick Perret.

 

Patrick Perret dont on parlera bientôt, qui, lui aussi a l’œil du photographe.

Voilà. Mais, ce n’est pas tout à fait la même chose. Lui, c’est un peu plus urbain.

 

D’accord. Merci Julien et bonne continuation à vous aussi.

De rien Jean-Pierre, au revoir.

 

 

On termine comme d’habitude avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Françoise qui va nous présenter, nous donner quelques nouvelles brèves sur notre journal, mais aussi sur notre télévision. Quant à moi, je vous dis à bientôt, portez-vous bien, prenez soin de vous et des autres aussi.

 

Mesdames, Messieurs, bonjour.

Nous vous rappelons qu’à la galerie Quint-Essences, qui se situe juste au-dessus de nos têtes à la gare de Bevaix, se tient cette semaine encore l’exposition de photos de nos deux collaborateurs, Julien Pisenti et Patrick Perret. Une visite s’impose.

 

Ne manquez pas les aventures de Georgette. Cette semaine, elle retrouve les joies de la baignade, mais pas comme tout le monde. À vos écrans.

 

Nous vous rappelons que « Quoi de 9 ? » est enregistré tous les lundi matin à 10 h. à la gare de Bevaix. Si vous êtes curieux de voir comment cela se passe et d’assister à l’enregistrement, nous vous invitons à venir sur le plateau.

Voilà et si vous ne nous avez pas encore assez entendu, vu ou lu, vous avez toujours la possibilité de nous retrouver sur notre site Internet www.objectifreussir.ch.

 

Passez une excellente semaine et à tout bienstôt.

 

Entretiens réalisés par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod