Quoi de 9 ? 031 : du 7 au 13 août 2006

 

On se retrouve avec Julien Pisenti. Bonjour.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va parler de la petite chapelle. Ce n’est pas la première fois qu’on est allé faire un sujet. La petite chapelle de l’Ermitage, qui se trouve sur les hauteurs de Neuchâtel, à la lisière de la forêt juste en dessous du jardin botanique pour situer un petit peu. Une chapelle assez originale,  j’ai envie de dire, qui a été construite en 1878 par Mme Latrobe, qui était née de Montmollin. Alors bon. Il y a toute une histoire et je ne vais pas la raconter. Le monsieur que nous avons interrogé,  l’un des plus anciens paroissiens, connaisseur de l’histoire de cette chapelle, était là. Il en parle bien d’ailleurs et cette chapelle, moi, je trouve qu’elle est assez intéressante, parce que c’est une histoire un peu de famille, c’est une histoire de quartier, c’est une histoire, je ne dirais pas qu’elle a appartenue à la famille de Montmollin, mais enfin la famille de Montmollin…

Ils y sont pour beaucoup.

 

Ils y sont pour beaucoup visiblement. C’est une famille modeste, mais ils ont toujours été là pour la soutenir, pour la faire vivre.

Pour l’organisation des travaux, de financements. Ils sont très présents pour cette chapelle.

 

Absolument. Pas seulement… déjà en 1878.

Mais toujours maintenant.

 

Toujours encore aujourd’hui. Le grand-père, les enfants et probablement les petits-enfants aussi vont s’en occuper. Et c’est vrai que cette chapelle, ils n’arrêtent pas de l’améliorer. Ils n’arrêtent pas de…

L’embellir.

 

L’embellir. Notamment les vitraux qui méritaient d’être changés. Enfin, ils étaient assez tristes, les vitraux précédents ?

Tout à fait. Comme il disait dans le petit tournage sur l’église qu’on a fait, tous les vitraux avant – on a vu des anciennes images – ils étaient tous blancs. Il y en avait quelques-uns en couleurs, mais ils se faisaient vraiment bouffer par les vitraux blancs qui étaient à côté.

 

Oui. C’est vrai, il y avait des vitraux sans couleurs, sans rien du tout, c’était assez froid. Oui, c’est vrai, on imagine que faire des vitraux ça coûte très très cher. On a été intéressé par l’idée que les paroissiens auraient pu récolter une certaine somme d’argent, donner cela à un maître verrier qui aurait fait les vitraux.

Qui aurait tout fait.

 

Eux se sont dits : non, on va impliquer tous les paroissiens.

Voilà ! Donc, on va les faire démonter les vitraux, découper les pièces. C’est vraiment tout eux qui ont quasiment fait de « a à z » avec un maître verrier, Monsieur Goetsch.

 

Et ça, je trouve vraiment assez fantastique, assez fabuleux. Déjà courageux du verrier – on sait comment fonctionne un artiste, il a son idée, il aime bien aller jusqu’au bout de son idée. A partir du moment où il s’entoure de dix, quinze, vingt personnes, il laisse à ces gens le soin de…

Comme il expliquait, la plus grande difficulté c’est que chacun a ses goûts et ses couleurs et chacun imagine son petit vitrail comme cela. Mais il fallait quand même suivre ce que l’artiste avait décidé de faire dans la chapelle.

 

Absolument. Cela, je pense que cela a dû être assez (là, on est vraiment dans les goûts et les couleurs.)  Si chacun a dû ramener un peu sa science, enfin, ils ont fait cela ensemble. Ils ont plus ou moins choisi les motifs, choisi les verres, les couleurs et ils ont même coupé les vitraux, je crois.

Oui, les pièces pas trop trop compliquées pour éviter de faire plus de dégâts.

 

Voilà. Donc, vraiment une expérience intéressante qui nous a fait plaisir de vivre - disons avec ce maître verrier et ce paroissien - que nous avons interrogés. Je crois que ces deux personnes racontent assez bien toute l’histoire.

Maintenant, pour parler technique, c’est vrai que c’est toujours un sujet intéressant aussi. Filmer dans une église, pas facile ?

Alors, c’est vraiment pas facile parce qu’on a toujours le problème de contre-jour vu que c’est beaucoup en verre. Il y a des effets de lumière, il y a toujours la lumière qui change. Il y a un effet de résonance quand les personnes parlent et tout. Tout cela, il faut faire bien attention justement. On a pris des phares pour éviter le contre-jour, pour éclairer les personnes pas qu’elles aient l’air – par exemple quand il y a le reflet rouge, qu’elles soient toutes rouges, le reflet jaune, qu’elles soient toutes jaunes. C’était quand même assez technique.

 

C’était un peu maso finalement de notre part. On sait que le problème des couleurs est un problème important et qu’il fallait forcément faire un sujet sur des vitraux et rester dans l’endroit même pour le faire. On a vu avec une caméra qui a tourné pendant dix minutes – quand on l’a fait passer en accéléré…

Il y a énormément de changement en si peu de temps. Après le soleil, les nuages qui passent devant, le soleil qui se lève. En plus, cela change de couleurs dans chaque période de la journée. Le soleil est au Sud, après il passe au Nord.

 

Oui avec les nuages qui font des filtres finalement. De temps en temps, on avait une prédominance de rouge, de jaune, d’orange, de bleu. C’est vrai que c’est un exercice intéressant que nous avons dû réaliser. Cela n’a pas trop mal été en fait.

Non, c’était très sympa. Les personnes sympas et le tournage on n’a pas eu vraiment de gros problèmes – on si attendait un petit peu qu’il y aurait ces deux ou trois petits trucs -. Je crois que l’on s’en est bien sorti.

 

Très bien. On va gentiment aller regarder ce sujet. Merci Julien, à bientôt.

À la prochaine.

 

 

On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 » avec Alain Sunier, salut Alain.

Salut Jean-Pierre.

 

On va parler à nouveau de sport les deux, de VTT, de course de vélos. En effet, on n’a pas pu rater l’événement. Il y a quelques semaines, une course de VTT a eu lieu à Bevaix. Les concurrents ont même dû passer devant nos studios, passer sous le sous-voies, ce qui nous a permis avec Rita Hosang de faire des images assez spectaculaires sur cette course qui a eu d’ailleurs beaucoup de succès. Des enfants aussi ont pu y participer et nous, on s’est dit que c’est peut-être une occasion de parler du VTT, ce sport. Tout le monde sait que le vélo a été créé en 1817 par le baron von Reist, tu vois que je me suis documenté aussi. Mais, par contre le VTT. Toi, qui sais tout. D’abord que veut dire VTT ?

Vélo tout terrain.

 

Vélo tout terrain. D’abord, les origines de ce vélo ?

Les origines nous viennent de Californie. C’est une équipe de déjantés, style hippies attardés, un petit peu, qui s’amusaient à descendre en jeans, bottes et gants de cuir les pentes californiennes. C’était le grand truc. Plus pour le fun, les sensations fortes et c’était des vélos. Cela m’a fait penser aux vélos militaires, l’air de rien. C’était des vélos qui n’avaient qu’une vitesse, des pneus boudins et pour freiner, c’était des freins à tambour ou alors, ce que l’on appelle le rétro pédalage.

 

Pédales en arrière.

Les vélos étaient lourds, parce que c’était que pour la descente.

 

Et solides.

Et solides aussi. On ne parlait pas d’amortisseurs. On ne parlait pas de quoi que ce soit et parmi eux, il y avait Jo Bries, qui peut-être crédité du premier VTT en 1977. Il a vraiment conçu un vélo pour pouvoir faire de la descente, parce qu’au départ, c’est la descente. Cela, c’est une locomotive.

 

Pas un VTT.

Ce n’est pas un VTT rapide. Son collègue Tom Witschy, quelques années plus tard, lui introduit la légèreté, c’est-à-dire qu’il va faire un cadre adapté aux exigences de la descente. Il va utiliser des matériaux beaucoup plus légers pour que ce soit plus maniable. Petit à petit, cela s’introduit dans l’Europe. On peut dire que cela arrive en 1980. Surtout, je dirais par l’irruption des Japonais dans la production de VTT et quand on dit Japon, on dit industrie. On part de quelque chose de très confidentiel pour arriver à quelque chose de grand. C’est vraiment grand public, le VTT. On a toujours l’impression que cela a existé depuis des décennies, puisque quasiment tout le monde maintenant a des VTT et pourtant c’est un phénomène qui est récent. Il a vingt-cinq ans, pas plus. J’ai le souvenir, à La Chaux-de-Fonds, d’avoir visité un petit atelier où c’était les frères Ferraroli qui faisaient – ils étaient les premiers en Suisse qui construisaient des VTT personnalisés. Donc, les gens arrivaient. Ils prenaient leur poids, leur grandeur et ils construisaient des VTT personnalisés. Ils avaient un petit atelier de rien du tout. Ils ont été, je crois, racheté par Condor qui a maintenant disparu.

Suite de cela, 1990, premier championnat du monde. Cela commence à avoir une certaine notoriété et en 1996, je dirais que là, c’est la grande porte, c’est les Jeux olympiques à Atlanta où le VTT est admis comme discipline olympique.

 

Une course classique, pas une descente ?

Il y a deux disciplines aux Jeux olympiques qui font foi à ce moment-là. Maintenant, je ne sais pas où on en est : c’est la descente et le cross country.

 

Et le cross.

Le cross country. On n’a pas encore le style de parcours qu’on a vu à Bevaix où il faut déambuler dans la forêt, pédaler dans la forêt.

 

C’était même très urbain ici à Bevaix.

Par la suite, sur le plan suisse, cela se développe énormément à tel point qu’il y a une association qui se créée et actuellement, il y a une course sur neuf étapes, qui s’appelle la Jura-Cup et qui fait le tour de la Romandie. C’est uniquement romand. C’est réservé à des gens de 9 à 66 ans et il y a neuf catégories. Il y a également des épreuves qui ont été disputées au Val-de-Travers, je suis un vallonier, je ne peux pas m’empêcher, à la Robella où il y a une manche du championnat d’Europe de descente. Et franchement, pour les avoir vus ces types, ils sont flingués, parce qu’ils passent à quelques centimètres d’arbres, ils sont sur la caillasse…

 

Un bon moyen de défoulement quand même pour les jeunes. Il vaut mieux qu’ils se défoulent en VTT dans la forêt qu’en voiture ou moto sur la route.

Disons que le défoulement est double, c’est-à-dire qu’il y a la sensation de vitesse, le fun comme on le dit et l’effort. On sait que quand on est bien vidé après un effort, on est nettement moins agressif que l’on pourrait l’être au volant d’une voiture sans avoir fait d’efforts.

 

Un sport, c’est vrai. Cela n’a pas été une mode. Finalement, cela tient et je pense que cela va rester.

Au niveau de la technologie, ce qui est drôle, c’est que d’abord, c’est quelque chose de grossier. On affine sur tous les plans, on affine au niveau des vitesses. J’avais un vélo, mon père avait un vélo. Il faisait de la course à vélos. Il avait cinq vitesses. Là, on en est à vingt-cinq, vingt-sept vitesses, trois plateaux voire quatre, pignons, roues allégées, cadre tubulaire alu ou titane. Donc, on cherche vraiment. Ce n’est pas un sport qui est fini. On voit vraiment qu’il y a une évolution qui se fait.

 

 

Les images que l’on va voir sur cette course de VTT, en effet on voit les coureurs descendre les escaliers sous le sous voie de la gare quasiment sans freiner, à de très grandes vitesses. On voit que les vélos sont solides et l’on n’a pas vu beaucoup de chutes finalement. Tout était…

Ce sont des acrobates.

 

Extra. Merci Alain pour toutes ces explications sur le VTT et je vous propose dans quelques minutes de regarder cette course filmée par Rita Hosang et moi-même. Un montage de Patrick Perret. A tout bientôt Alain, et merci.

À tout bientôt. À la prochaine pédale.

 

Cela… on peut dire cela comme cela.

 

 

On se retrouve avec Patrick Perret, salut Patrick.

Salut Jean-Pierre.

 

Pour parler d’une exposition qui a lieu sous le toit de la Gare ici, où se trouvent nos studios. Une exposition que tu as montée avec ton collègue, Julien Pisenti. On a déjà parlé de ce que présente Julien : des photos d’insectes, des photos de paysages. Et toi, tu t’es lancé un autre défi avec tes photos ?

Disons que c’était plutôt les paysages urbains qui me plaisaient et les photos du ciel, des immeubles et la perspective. J’ai essayé de jouer sur la perspective et le photo montage, parce que, vu que je fais du montage vidéo, j’ai trouvé sympa aussi de faire du montage photo.

 

C’est assez surprenant le terme que tu as choisi de « Paysages urbains ». Quand on entend le mot paysage, on pense à une forêt, à des champs, à des lacs. Cela voudrait dire presque qu’en utilisant ce mot de paysage urbain, que tu vois quelque chose de beau dans la ville, dans les maisons ?

Oui, dans leur perspective surtout. Je trouve que c’est un peu une forme d’art de regarder un immeuble sous des angles que l’on ne va pas forcément regarder. Pour moi, tout est un paysage. La ville, c’est autant un paysage que la nature. J’aime bien aussi rappeler dans certaines photos qu’il y a la ville, les constructions de l’homme, mais il y a toujours la nature qui lutte derrière pour survivre.

 

Oui. On voit cela sur certaines de tes photos où il y a un petit brin de nature qui vient se frotter à des grands immeubles. Je disais cela sans provoquer mais c’est vrai, qui dit paysage, ne voit forcément pas une ville. Il est vrai que tu as réussi à faire ressortir certaines beautés dans des immeubles qui, a priori,  pourraient être considérés comme moches. Il y a par exemple la tour des statistiques.

C’est surtout la tour de l’OFS que j’ai photographiée. On peut dire que j’en suis tombé amoureux parce que c’est une tour qui, suivant le temps, change beaucoup de couleurs. Elle a toujours des couleurs différentes par temps gris ou par nuages, elle change toujours en fait et suivant les angles où on la photographie, c’est vraiment flagrant. Il y a aussi comme si elle était transparente où on voit les chevrons de construction.

 

C’est vrai que c’est un beau travail. Les architectes, là, ont réalisé quelque chose d’assez fou.

Oui, je trouve que c’est une tour magnifique.

 

C’est vrai que si le ciel est bleu, elle paraît bleue. Le ciel est gris, elle paraît grise. Elle s’adapte.

Quand il y a des nuages aussi. On peut jouer avec les nuages. C’est une tour de toute beauté. Je pense que l’on peut trouver de la beauté partout même dans la laideur. On peut toujours trouver quelque chose de beau.

 

 

Oui, c’est ça. C’est cela qui est très fin dans ta recherche. C’est ça qui est important de souligner. C’est que ce n’est pas simplement une exposition de photos prises à gauche, à droite. Il y a une recherche, à la fois technique et philosophique.

Il y a un petit peu de philosophie, oui.

 

Un peu de philosophie avec ce que tu viens de dire. Finalement, laid, cela veut dire quoi ? Et souvent comment on voit les choses, peut-être comment on voit les gens, il y a peut-être toujours de la beauté à percevoir ?

J’espère que beaucoup de gens viendront. Il y avait beaucoup de personnes au vernissage de cette exposition.

Cela a bien marché effectivement.

 

J’espère que beaucoup de gens viendront encore regarder ces photos que tu as faites avec Julien. De toute façon, on va dans quelques instants présenter un petit sujet que nous avons tourné dans la galerie.

Oui.

 

Extra et à tout bientôt. Merci Patrick.

Bonne fin de journée à toi. Merci.

 

 

Voilà pour ne pas faillir à la tradition, on termine avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va parler de quelques brèves informations sur la vie de notre télévision, de notre journal. Alors, tout d’abord à la galerie Quint-Essences, il y a toujours une exposition.

Il y a toujours l’exposition de photos de Patrick Perret et Julien Pisenti jusqu’à fin août.

 

Jusqu’à fin août d’accord. On verra d’ailleurs tout à l’heure le sujet qui a été tourné sur Patrick. Ici, au rez-de-chaussée à côté de notre studio, il y a une exposition.

Une exposition de photos aussi, mais de paysages norvégiens. Photos de Joël Perrenoud.

 

Notre célèbre vendeur et l’on peut peut-être parler du nouveau journal qui est sorti ?

Oui. Il vient de sortir, avec un article de plusieurs personnes, d’Alain Sunier sur la « Mesa verda » dans le Colorado, des bateaux des Vikings de Joël Perrenoud qui a écrit

 

Il nous parle de son voyage en Norvège.

Un article sur l’homme à la rose, pour découvrir les roses. Et il ne faut pas oublier Georgette. Il y a un article justement…

 

Qui parle… et elle est en première page, je crois.

Elle est en première page justement. L’article décrit le tournage qui n’est pas commun.

 

Tout à fait. D’ailleurs, comme on pourra le voir sur l’image, on a pu saisir cette scène où Julien Pisenti lui balançait un seau d’eau dans la figure sur le quai no 2 de la gare de Bevaix. Il lui jette un seau d’eau pas parce que c’est l’été, mais pour le…

Pour le tournage

 

Pour les besoins du tournage.

Il y a aussi un article sur l’imprimerie. Vous apprendrez tout sur l’imprimerie.

 

Qui a été écrit par l’équipe de rédaction de Fribourg. Un journal très estival qu’on se réjouit de voir et on espère surtout que nos lectrices et lecteurs achèteront pour soutenir notre télévision. Extra. Ecoutez, il ne reste plus qu’à vous souhaiter une bonne semaine.

Merci, pareil et à bientôt.

 

Mesdames, Messieurs, je vous dis à bientôt aussi, bonne continuation, prenez soin de vous et des autres aussi.

 

 

Emission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod