Quoi de 9 ? 032 : du 14 au 20 août 2006
Un « Quoi de 9 ? » un petit peu particulier cette semaine, puisque nous allons parler spectacles, nous allons parler cirque, déjà dans un premier temps, avec Alain Sunier. Salut Alain.
Salut Jean-Pierre.
Alain nous a préparé un historique sur le cirque. On ne sait pas toujours d’où remontent certaines traditions. Alors, cirque, circus. Tu m’as dit tout à l’heure que cela venait du mot cercle. Donc, j’imagine : à quand remonte le premier ou les premiers cirques ?
Cela remonte à la nuit des temps. Je vous parle de… ou je te parle de ce qui est européen dans un premier temps. C’était les Grecs en sacrifiant aux dieux : Apollon, Zeus. Le monde de l’Olympe est à l’honneur et les Romains vont reprendre cette tendance. Mais il y a une chose à préciser qui paraît d’emblée importante, et comme je suppose que tous les téléspectateurs savent ce dont je parle, le cirque chez les Grecs et les Romains est particulièrement cruel, puisqu’on va faire affronter les gladiateurs à d’autres gladiateurs, à des animaux sauvages. Chez les Romains, le grand truc, leur préférence va vers les courses de chars. Qui n’a pas vu « Ben-Hur », par exemple ?
Et il va changer au début de la chrétienté, puisque là est introduite l’acrobatie. On ne parlait pas d’acrobatie avant. Je suppose, mais j’en prends la responsabilité, l’acrobatie par exemple en Asie était déjà de mise depuis très longtemps, lorsqu’on voit le cirque de Pékin, par exemple, les cirques de l’Est. Il y a une grande révolution en 1768 puisque Philipp Astek, qui est un cavalier émérite et militaire à la retraite créée pour la première fois un cirque en planches et rond. Avant, on avait les arènes mais pour tout ce qui était chevaux, c’était dans un ensemble rectangulaire et non pas un cercle. Il va définir la grandeur du cercle à treize mètres le diamètre. Là, c’est très très drôle. En fait, cela correspond à la longueur de la lanière de son fouet. Treize divisé par deux, six mètres cinquante. Donc, il va se mettre au milieu, il va regarder la longueur de sa lanière et décider que le cirque fait treize mètres donc.
Les Anglais sont décidément des spécialistes pour ce genre de trucs. Ils ont établi les règles du tennis, les règles du football, les règles du rugby et maintenant les règles du cirque. Enfin, les dimensions officielles du cirque.
Exactement. Lui, c’est lui qui créée les acrobaties sur cheval. C’est un acrobate sur cheval. Les Français, entre parenthèses, prennent leur revanche, puisque vers la fin du dix-neuvième, ils introduisent le trapèze. Et en Suisse, que se passe-t-il pendant ce temps-là ? On a des cirques comme « Knie », c’est cinq générations, c’est deux cents ans. On est en mille huit cent et des poussières, c’est aussi la grande émulation du cirque, notamment aux États-Unis avec Barnum, avec le cirque de Buffalo Bill. Mais là aussi, il y a un bémol dans le sens où l’on exhibe par exemple l’homme éléphant. Il y a un côté m’as-tu vu cruel qui perdure, alors qu’aujourd’hui des cirques comme le Cirque du Soleil auraient tendance à plus privilégier une histoire sous forme d’acrobatie, sous forme de divers spectacles, jonglage, etc.
Il y a quand même, cette histoire, c’est intéressant, les fauves qui sont quand même encore là et qui défient l’homme ou l’homme qui défie les fauves.
Mais il y a toujours ce côté grand spectacle. Il y a le côté « faire frissonner le public », le côté magique, je dirais du cirque et si il n’y a pas un peu d’adrénaline, on s’ennuie, c’est clair !
On est resté un peu comme les Romains.
Oui avec des limites un peu plus raisonnables. Et en Suisse, j’ai répertorié cinq cirques – mais je suis sûr que je me trompe -. J’ai déjà cité « Knie », Rapperswil, vous avez « Nock » qui est à Hochgen, « Helvetia » dont le centre est à Moudon, « Éloïse Nomade » dont j’en ignorais l’existence, qui se trouve à Lausanne avec deux troupes et enfin, on a le petit dernier, « Starlight », cirque aussi.
J’ai vu aussi un cirque l’autre jour qui était anciennement Gasser et qui s’appelle « Go Cirque Go », quelque chose comme cela.
Cela ne me dit rien du tout.
Et puis, il y a un autre cirque que nous avons découvert il y a très peu de temps et dont on va causer avec notre collaborateur, Philippe Rollier, dans quelques secondes. C’est un cirque qui est destiné à des enfants, voire des adolescents. Enfin, on laissera Philippe tout à l’heure nous en parler. Merci Alain pour toutes ces explications et à tout bientôt.
À très bientôt.
Comme promis, on se retrouve avec notre nouveau collaborateur, Philippe Rollier, bonjour Philippe.
Bonjour.
On va parler cirque. On va parler aussi, c’est un sujet qui vous tient à cœur, parce que c’est aussi le premier sujet que vous avez monté, je crois.
Tout à fait.
Dans le cadre de notre télévision, un cirque pas tout à fait comme les autres, je ne sais pas si vous pouvez déjà nous en dire quelques mots ?
À l’origine, il y a une dame qui est la directrice artistique, on va voir dans le sujet, qui a commencé en 1977 et il s’agit en fait d’une école de cirque avec un groupe spectacles qui font une tournée régulièrement en Suisse romande.
Très bien. Avant d’en parler un petit peu plus, on va se glisser sous le chapiteau de ce cirque, qui s’appelle « Une fois, un cirque… » que nous avons été voir il y a quelques jours. Il était à Colombier, tout près de la caserne. On se retrouve tout de suite après.
Voilà, on se retrouve avec Philippe Rollier après avoir vu ces quelques images et surtout après avoir entendu Madame Renée Pahud, nous parler de son cirque. Pour quelques chiffres peut-être qui peut nous intéresser.
Voilà, elle a commencé en 1977 par des cours de gymnastique acrobatique et peu à peu, cela s’est ouvert aux disciplines du cirque, comme le jonglage, l’équilibrisme et l’acrobatie diverse, etc. Le premier spectacle, en fait, a été créé en 1984 à Confignon, parce que c’est de là qu’il est originaire, canton de Genève.
Elle-même, il semblerait qu’elle ait été une ancienne danseuse, danseuse classique avant de se lancer dans le cirque, avant de s’occuper de ces jeunes ? Mais vous, qui avez monté le sujet, qui avez eu le temps de voir, de revoir ces images, votre sentiment comme cela, un peu personnel sur ce que font ces jeunes ou sur cette initiative tout simplement?
On sent qu’elle a vraiment… elle en parle, elle en parle. C’est vraiment sa passion. Elle a commencé en 1977, donc il y a une durée dans le temps et les choses se sont mises en place progressivement. Il y a eu déjà le premier spectacle en 1984. À partir de 1986, ils font des tournées tous les deux ans dans toute la Suisse romande. Bon, je dirais que c’est quand même une grosse organisation. Il y a quand même à peu près deux cents à trois cents personnes entre les élèves et les moniteurs, essentiellement des jeunes de quatre à quatorze ans. J’ai l’impression que la chose s’est mise en place progressivement, mais que c’est devenu finalement quelque chose d’assez conséquent.
Mais, vous, qui êtes un homme très raisonnable, très réfléchi, comment vous voyez quand même cette initiative. A priori, comme cela, c’est un peu fou.
Disons que moi je pense qu’elle a commencé par des cours de gymnastique acrobatique et c’est bien qu’elle ait étendu le truc, car si elle était restée aux cours de gymnastique acrobatique, cela serait resté local, canton de Genève. Là, cela s’est étendu. Ils font des tournées, ils participent à des festivals. C’est intéressant de voir l’évolution aussi.
C’est vrai qu’elle n’est pas restée inactive. Elle n’a pas peur des risques finalement. Moi, qui ai eu le plaisir de tourner ces images, j’ai eu le sentiment d’une grande famille c’est clair. C’est-à-dire que tout tourne autour de Madame Pahud, cela est évident. On sent qu’elle est la grande patronne dans tout cela. Mais quand même, créer une entreprise, c’est quand même une entreprise, elle ne nous a pas donné des chiffres sur le prix d’un chapiteau, mais c’est quand même des sacrés risques qu’elle a dû prendre ?
Alors en fait, c’est une association depuis 1991 je crois. Ils se sont constitués en association avec des parents qui participent pas mal derrière et puis aussi le chapiteau, par exemple, qu’ils ont loué dans un premier temps en 1994. Avant cela se faisait en salle, par la suite grâce à un sponsor, ils ont pu acheter carrément un chapiteau, celui qu’on voit d’ailleurs dans le sujet.
Très bien. On reviendra de toute façon sur ce sujet, puisque nous en avons également filmé le spectacle. Les images que vous nous montrez là, autour de l’interview de Madame Pahud, c’est des images de la répétition qui avait eu lieu l’après-midi. Nous sommes retournés le soir aussi pour filmer les numéros en public. Là, on en verra un petit peu plus sur les performances de ces jeunes.
On va peut-être juste préciser qu’ils n’ont pas terminé leur tournée et qu’ils vont participer à un festival, à l’automne, à Confignon et que sur leur site Internet dont on voit l’adresse dans le film, on peut également avoir plus d’informations par rapport à ça.
Très bien. J’espère qu’on aura l’occasion de reparler de ce cirque et d’aller les revoir. Merci Philippe pour votre excellent travail. À bientôt.
Merci. À bientôt.
On va continuer de parler cirque, si je puis dire, en compagnie de Jéhan-Georges Muller. Salut Jéhan.
Salut Jean-Pierre.
Quand je dis parler cirque, oui on peut le dire. Tu as monté un véritable petit spectacle en mettant en scène des fourmis. Donc, on est vraiment dans le cirque, dompteur de fourmis…
Dompteur de fourmis. Non, mais là, je n’arrive pas à les dompter, elles sont trop spéciales, quoi. Mais j’ai essayé de faire quand même quelque chose avec.
Pour avoir regardé le sujet, sans vouloir trop en dire, tu parles un peu de scènes de ménage finalement entre un papa fourmi et maman fourmi.
Papa fourmi et maman fourmi. J’ai pris toutes les histoires qui nous arrivent à nous, pauvres êtres humains, et plutôt que de les raconter comme cela… il était une fois c’était un mec. Non, j’ai pris deux petits personnages que j’ai inventés. C’est mi-homme, mi-fourmi. C’est des hommes avec des antennes, mais ils sont aussi cons que les vrais.
Ce n’est pas autobiographique ?
Non, pas vraiment, non, non. C’est le bestiaire de la connerie en général.
D’accord. Je dis que ce n’est pas autobiographique, car c’est vrai que monsieur fourmi n’est pas très sympa. Il est un peu macho.
Il est un peu beaucoup macho et elle, elle est un peu « nunuche ». Mais, ça je pense que cela doit être le quatre-vingts pour cent des ménages.
Quatre-vingts pour cent des ménages.
Oui, à peu près.
Bon. Moi, je l’ai trouvé rigolo, sympathique. Je ne sais pas si la ligue féminine, libération de la femme, MLF, vont apprécier ?
J’espère que Brigitte Bardot ne m’en voudra pas trop.
Tu ne martyrises pas trop les fourmis, mais plutôt les femmes.
Oui. Mais, non, les hommes ils en prennent aussi pour leur grade, car c’est à peu près moitié-moitié. Autant lui, il s’en prend plein la figure, autant elle. Enfin c’est chacun son tour. C’est un peu comme dans la vie.
C’est vrai que Madame fourmi se défend bien.
Oui, elle se défend bien. Elle a de la mordache.
Elle se défend bien. On sent que lui veut jouer au macho et finalement elle a des répliques qui sont…
C’est ce qu’on dit. Les femmes ne commencent jamais les disputes, mais elles savent les finir par contre! C’est ce que j’ai voulu un peu montrer avec mes petits dessins.
Mais, c’est vraiment un beau sujet, plaisanterie mise à part, parce qu’en effet, tu racontes une histoire autrement qu’avec des personnages réels. Ce n’est pas vraiment une bande dessinée, ce n’est pas vraiment un dessin animé non plus. Il y a plein de choses, il y a aussi les voix qui sont intéressantes.
C’est très difficilement faisable ce genre de truc, parce qu’animer, faire un film avec des images qui sont faites immobiles, statiques, c’était assez compliqué.
Assez compliqué. Mais cela, on en parlera peut-être après avoir regardé le sujet.
Si l’on arrive au bout !
Si l’on arrive au bout du sujet et si nos téléspectateurs tiennent le coup !
Oui, oui. Il y a de la place encore à l’hôpital à côté, là-bas !
D’accord. Alors, on se retrouve dans une dizaine de minutes. Place aux Fourmi Fourmi Fourmi’Dables…
Bon et ben voilà. Tu trouves cela drôle !
Des fois oui. En tous cas, quand je me suis amusé à commencer ce travail, je dois dire qu’à chaque fois, oui. Moi, je rigolais tout seul. Maintenant, évidemment ce n’est peut-être pas à la portée de certains, mais bon. Il faut faire avec…
De rigoler tout seul.
De rigoler tout seul.
Encore une fois, toute plaisanterie mise à part, ça été un joli travail. Je t’ai vu le faire, je t’ai vu y travailler. Là, mine de rien il y a des heures et des heures, et des heures de boulot. Est-ce que l’on peut parler de cela un petit peu ?
Des heures, des heures oui effectivement. Parce que pour mettre chaque image à la bonne place, c’est une chose et après, j’avais des différences de couleurs avec mes images, parce que j’ai employé deux caméras différentes et une n’était pas tellement en forme. Donc, j’ai dû reprendre chaque image séparément pour lui donner la même couleur. Je passerai sur les détails techniques de l’ordinateur, parce qu’il m’a fait un petit peu des farces. Il était un petit peu capricieux, ce qui fait que j’ai grosso modo recommencé sept fois le travail avant d’arriver au stade final…
Tu n’as pas compté exactement le nombre d’heures ?
Non.
Enfin, tout sujet un petit peu compliqué qu’on monte prend des heures et des heures, même si à la fin, il reste dix minutes ou quinze minutes. C’était quand même courageux je trouve, de ta part, cela fait quelques semaines, quelques mois que tu fais du montage et des tournages. C’était courageux de ta part de partir sur un sujet que personne n’avait encore expérimenté ici, au sein de Télé Objectif Réussir. Un sujet que tu as bien maîtrisé. Je suis sûr que les gens vont trouver du plaisir, j’espère qu’ils auront aussi apprécié le côté technique qui n’était pas très facile à maîtriser.
Non. Mais disons que chaque fois que l’on fait une chose nouvelle, en principe, elle est toujours difficile. Après, cela devient un peu de la routine et on a l’habitude. Il faut bien essayer. Moi, j’aime bien essayer des trucs nouveaux.
Extra. J’espère que tu auras d’autres idées de ce genre.
Je vais prendre les éléphants la prochaine fois.
La prochaine fois. Très bientôt et à tout bientôt pour des aventures éléphantesques de Jéhan-Georges Muller. À bientôt.
À bientôt Jean-Pierre.
Voilà. On termine nos émissions avec Françoise, bonjour Françoise.
Bonjour Jean-Pierre.
Pour quelques brèves informations, mais je dis vraiment bref…
Vraiment bref. Il y a vraiment peu de choses, c’est l’été pour tout le monde…
C’est l’été, les canicules.
Exactement, les vacances, la plage. Tout le monde profite.
Mais enfin, il y a quand même toujours deux expositions qui se déroulent ici à la Gare.
Exact. Il y a l’exposition de Julien Pisenti et Patrick Perret, exposition de photos.
À la galerie Quint-Essences.
Oui. Il y a aussi ici dans le hall d’entrée de la gare, une exposition de photos de Joël Perrenoud, notre vendeur.
Des photos de la Norvège.
Exactement.
C’est vrai. Profitez de venir voir ces deux expositions. Et, il y a toujours notre journal qui est en vente.
Oui. Il faut l’acheter. Il y a un sujet sur l’eau ce qui correspond à la canicule. On voit que l’on n’a pas encore de problème d’eau en Suisse pour le moment. L’eau potable. On utilise beaucoup d’eau par contre. Environ 400 litres par habitant.
C’est ce que nous apprend cet article.
Oui.
C’est un article qui tombe bien finalement avec l’été qu’on a connu et que l’on a subi. C’est un article qui a été réalisé par nos collaborateurs de Fribourg.
Oui.
Très bien. Si l’on a fait le tour, on se revoit la semaine prochaine pour d’autres brèves informations.
Il y en aura un peu plus peut-être.
Avec un peu plus d’informations. Très bien et merci Françoise et bonne semaine.
Bonne semaine à vous aussi.
Bonne semaine à vous aussi Mesdames et Messieurs. Portez-vous bien, prenez soin de vous et des autres aussi.
Présentation par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod