Quoi de 9 ? 034 : du 28 août au 3 septembre 2006
On se retrouve aujourd’hui dans le cadre de l’émission « Quoi de 9 ? » pour parler des émissions de la semaine en compagnie de Daniel Zumbrunn, salut Daniel.
Salut Jean-Pierre.
Alors Télé Objectif Réussir aujourd’hui va prendre de la hauteur.
Oui. Il se trouve que tu es allé nous tourner un magnifique petit sujet à la Fruitière de Bevaix qui se situe à 1232 mètres d’altitude et, en fait, c’est devenu une métairie, une ferme auberge on va dire et il t’arrive assez régulièrement d’aller prendre le repas de midi là-haut pour te rafraîchir les idées.
Et comment que j’en ai besoin. C’est vrai que là-haut aussi, la personne qui s’en occupe, Mme Brigitte Burgat, est vraiment une femme extraordinaire qu’on a rencontrée, qu’on a interrogée et qui fait vraiment plaisir à entendre. Alors, on monte vite à la Fruitière et l’on se retrouve dans quelques minutes pour parler de la Fruitière et des métairies en général.
Ok, ça marche.
Alors à toute.
On redescend la colline pour se retrouver ici à la gare de Bevaix dans notre studio. Alors, Daniel c’est donc toi qui as fait ce montage, pas trop difficile, pas trop compliqué ?
Étonnamment non, ce n’était pas trop difficile. Suite à un petit problème technique avec une caméra, on n’avait que trois minutes d’interview finalement. Là, on n’avait pas le choix, on a tout gardé, mais tout était intéressant comme on a pu le voir. On a trouvé l’idée, pour compléter un peu le sujet avec toute la partie de l’interview qui n’a malheureusement pas été enregistrée en bonne qualité, on a décidé de la faire passer en voix off sur les images qu’on avait en abondance… on a pu faire un sujet qui tient la route et pas juste une petite information de deux minutes.
Tout à fait. On a le principal que nous a dit Mme Burgat. Ce qui était intéressant, c’est cette façon qu’elle a encore d’accueillir les gens, cette façon sympathique. Pour elle, c’est important que les gens se sentent bien, soient bien chez elle, soient bien reçus et tout cela. Cela m’a beaucoup impressionné et il y a tout ce côté de la paysannerie d’aujourd’hui… Elle me disait, hors caméra je crois, que si ils n’avaient pas cette métairie, elle et son mari, ils n’auraient pas pu garder cette ferme.
Je crois que c’est le cas de beaucoup d’autres aussi. Il y a beaucoup de ces métairies maintenant qui ont fleuri depuis les années nonante. C’est en fait un peu depuis la période du « GATT », les accords de l’OMC, la suppression des paiements directs. Les paysans ont perdu une grande source de revenus. La Confédération par les accords internationaux ne peut plus trop protéger son agriculture et ils ont bien dû remplacer cette manne qui tombait du ciel ou de Berne, comme on veut, par une autre source de revenus. Donc, c’est vrai qu’il y en a pas mal qui ont fait transformer leur ferme en métairie ou en ferme auberge pour recevoir des gens. Il y a en a d’autres qui les accueille pour dormir sur la paille, par exemple, ou ils vendent leurs produits tout simplement. Ils descendent dans les marchés pour vendre leurs produits pour avoir un revenu supplémentaire qui avait disparu.
C’est vrai. Comme quoi des fois, l’évolution économique peut avoir des répercussions mais des fois finalement positives. Cela a obligé les paysans, qui sont des indépendants, à réagir. C’était réagir ou mourir !
C’était cela, oui. D’ailleurs, le nombre de paysans a nettement diminué en Suisse depuis qu’il y a eu ces nouvelles mesures. Oui, ceux qui ont eu l’idée ou la chance de pouvoir le faire, de créer justement ces fermes auberges, eux, ils arrivent à s’en sortir par ce biais-là.
Cela, c’est l’un des beaux aspects et cela permet aussi de faire connaître la campagne aux citadins et…
Tout à fait. D’autant plus qu’une bonne partie de ces métairies est accessible assez aisément en voiture. Donc, pour les gens de la ville, c’est un moyen formidable de se retrouver déjà en altitude, à la campagne et d’avoir un contact avec des animaux, ce dont les jeunes des villes n’ont plus du tout l’habitude maintenant. Pour eux, le lait vient d’une brique à la Migros, mais que cela vient de la vache, ça ,cela les surprend toujours.
Et on entend beaucoup de choses. C’est vrai, tu dis que j’étais d’ailleurs souvent à la Fruitière pour manger. C’est vrai que c’est assez troublant d’entendre les commentaires des personnes qui viennent. Pourtant, elle fait des plats tout simples, des röstis… C’est assez conventionnel, mais ces röstis, c’est vraiment des röstis faits le même jour. Elle cuit ses pommes de terre, elle pèle ses pommes de terre, elle les cuisine. Cela n’a rien avoir avec des…
C’est surtout fait maison. C’est cela qu’on a perdu parce que je ne connais plus beaucoup de monde qui fait ses röstis lui-même à la maison. Même en ville, maintenant, tout est préfabriqué, prémâché, préconditionné et là, elle a à cœur de tout faire elle-même… jusqu’à faire le pain elle-même, elle fait des confitures, elle fait vraiment tout de A à Z et là, on retrouve un peu un goût qu’on avait tendance à perdre à force de manger toute cette nourriture préfabriquée.
Absolument et cela je trouve aussi que c’est un rôle important que jouent ces métairies.
C’est presque un rôle d’historien finalement. Historiens du goût qui font perdurer des traditions qui pourraient disparaître à terme.
Tout à fait et il y a l’ambiance. Cette femme est une paysanne. À midi, son mari qui est paysan est là aussi et c’est vrai qu’ils aiment parler, ils aiment discuter. Si on veut parler des problèmes d’agriculture, là on peut recommander son mari, qui est un paysan vraiment très pointu, qui ronchonne tout le temps pour de bonnes raisons, remarque, parce que…
C’est un vrai paysan.
Un vrai paysan. Oui, il rouspète tout en étant malgré tout très sympathique, très souriant. Et la Fruitière, c’était magnifique aussi au mois de juillet parce qu’avec les canicules, on gagnait cinq ou six degrés en montant à la Fruitière.
C’est d’ailleurs une raison qui t’a fait monter plus souvent qu’à l’accoutumée.
Écoute, avec mon grand âge, de toute façon, je supporte mal les grandes chaleurs. Je crois que l’on a fait plus ou moins le tour. On peut que recommander aux gens de monter à la Fruitière, d’aller dire bonjour à Mme Brigitte Burgat et à son époux et je peux vous garantir que vous allez passer un très bon moment. Merci Daniel pour toutes ces explications.
De rien, c’est un plaisir.
À tout bientôt. Au revoir.
Après la métairie de la Fruitière, on redescend en plaine pour nous glisser sous le chapiteau d’un magnifique cirque qui s’appelle d’ailleurs « Une fois, un cirque… » et l’on va faire cela en compagnie de Jéhan-Georges Muller, salut Jéhan.
Salut ta sérénité.
Un sujet dont nous avons déjà parlé il y a quelque temps. Nous avons interrogé Mme Renée Pahud, la directrice du cirque, mais aujourd’hui on va parler du spectacle et en particulier du montage puisque c’est toi qui as eu le plaisir et l’honneur de monter les magnifiques images que j’ai tournées en compagnie de Mme Rita Hosang.
Je fais peut-être un petit récapitulatif, si l’on veut, de ce cirque avant de parler de cela. Mme Renée Pahud est une ancienne danseuse mais qui avait toujours rêvé de faire du cirque et un jour, elle a eu l’idée de créer un cirque parce qu’elle s’est rendue compte que tous les élèves qui faisaient de la danse artistique ne pouvaient malheureusement pas ensuite partir dans une carrière, les critères étant extrêmement sévères. Elle s’est rendue compte que ces jeunes, après avoir beaucoup travaillé pour être danseurs ou danseuses, se retrouvaient à vingt ans, vingt-et-un ans mis de côté et ils ne pouvaient plus exercer leur sport. Alors, elle a commencé de se dire : « Ah, si je faisais une école de cirque ». Ce sont des gens qui ont quand même déjà du talent et c’est comme cela qu’elle a monté gentiment cette école.
Alors, actuellement cette école compte cent nonante élèves de quatre à quatorze ans et elle enseigne à Confignon près de Genève le cirque. Ils ont un chapiteau, ils font deux tournées. Ils font une tournée tous les deux ans et ils étaient donc à Colombier, il n’y a pas longtemps. C’est là que nous avons été les rencontrer. On a été impressionné, c’est vrai, par le spectacle qu’ils nous ont fourni. On connaît le cirque Knie, mais ce qu’ont présenté ces jeunes n’est absolument pas ridicule du tout. Tu as pu t’en rendre compte, puisque tu as vu les images de près.
Absolument. Moi, j’ai eu accès à la totalité des images récoltées. C’est clair ce que j’ai remarqué, qui m’a frappé énormément, c’est que pour une école de cirque, les enfants de tous ces âges-là, même quand ils ne sont pas dans leur numéro, ils sont quelque part quand même dans leur numéro. Ils s’entraînent dans un petit coin avec leur « Houla-up », son bout de corde pour être sûr d’être au top le soir. Ils ne sont pas obligés de le faire. On voit bien qu’ils sont passionnés. Et c’est ce que j’ai voulu montrer par ce montage, un petit peu les à-côtés des numéros. Pas toujours ce numéro terminé, magnifique, parfait, mais voir tout ce qui est derrière.
Cela c’est sûr que du travail, il y en a.
Oui. Il a fallu sélectionner surtout. Trois heures d’images ce qui donne une quantité astronomique d’images. Elles sont doublées, c’est clair. J’ai des prises de vue différentes. Il faut faire coïncider quand ça joue avec la musique. C’est assez compliqué à faire et il faut choisir. C’est toujours bien sûr aléatoire. On essaie d’enlever ce qui est le moins intéressant possible, bien que ce qui est le moins intéressant possible pour moi, peut-être que c’est intéressant pour quelqu’un d’autre. Je suis obligé de faire un choix à un moment donné pour sortir la meilleure séquence et la meilleure image.
Cela c’est le travail du monteur. C’est aussi le grand dilemme devant lequel il se trouve sans arrêt, de devoir sélectionner, de devoir couper.
C’est l’une des principales difficultés.
Nous avons une chance au sein de Télé Objectif Réussir, c’est cette liberté de pouvoir faire que des sujets, malgré tout, qui font dix, quinze minutes. Ce qui n’est pas le cas de beaucoup de télévision qui eux, le même spectacle devrait le résumer en une minute, une minute trente.
Je pense que pour leur monteur à eux, à ces télévisions-là, cela doit être encore plus compliqué parce qu’en quelques minutes, nous on en a plus, comme tu le dis, ils doivent dire ce que moi, je dis en vingt minutes. La première version que j’avais faite qui durait une heure vingt et qui était beaucoup trop longue pour un format télévision, cela a déjà été cornélien de tracer dedans, de couper dedans et d’arriver à une vingtaine de minutes. J’imagine qu’à une grande télé conventionnelle pour faire un sujet de trois minutes, cela doit être épouvantable au niveau du choix parce que des belles images, il y en a.
Non seulement c’est frustrant pour le monteur, mais c’est aussi frustrant pour les personnes chez qui on va. Je trouve que c’est… On a bien de la chance nous de pouvoir faire des sujets de dix minutes, quinze minutes, vingt minutes parce qu’on est tellement bien reçu. Partout, où nous nous sommes rendus jusqu’à présent. Mais là dans le cirque de Mme Pahud notamment où il nous consacre des heures, des heures. On a pu aller partout dans les coulisses. Nous avons même pu aller manger avec eux. Ca serait vraiment gênant d’être obligé de sortir un sujet de deux minutes après tout le temps que ces gens nous consacrent.
Comme tu l’as dit tout à l’heure, il y a cent nonante gamins, c’est-à-dire cent quatre vingt dix pour les puristes et là dans le film, je les ai tous mis. Ils sont tous à un moment donné dans le film. Ils vont pouvoir se reconnaître. Je n’ai laissé personne sur le côté du trottoir, mais c’était difficile.
En effet. Je pense que comme cela il n’y aura pas de frustration. Extra. On va regarder ce petit film.
Mais avec plaisir.
Et l’on se retrouve juste après.
On retombe en enfance, tu as préparé les lolettes pour…
D’accord. On se retrouve dans vingt-deux minutes.
On se retrouve dans notre studio après cette magnifique chanson « Santiano » d’Hugues Aufray. Que l’on retrouve au début et à la fin de ce film pour parler de ce rythme que tu as donné, c’est intéressant.
Tu as pu t’en rendre compte, il était assez rapide. Maximum, j’ai fait des séances de trois secondes. Cela n’a l’air de rien trois secondes, mais quand on voit l’image pendant trois secondes, souvent cette image est déjà trop longue. Il ne faut juste pas tomber dans l’effet contraire où l’on ne distinguerait plus l’image, tellement elle serait courte. Une seconde, c’est trop court et quatre, c’est beaucoup trop. Alors, j’ai fait un rythme de trois secondes et toutes les images de trois secondes, il y a un rythme de six secondes. Ce qui permet de faire jouer la musique dessus. En principe, les plans de coupe qui vont arriver, vont tomber pile avec la musique. J’ai très peu de choses à changer.
C’était un vrai plaisir de regarder cela. Ca m’a fait plaisir aussi de revoir ce cirque et c’est bien possible que l’année prochaine, nous ayons ou dans deux ans, un projet en collaboration Télé Objectif Réussir et ce cirque, mais on aura l’occasion d’en reparler. C’est assez certain qu’on les reverra sur Télé Objectif Réussir.
C’est des images qui font retomber en enfance n’importe qui. Je pense que tout le monde a aimé le cirque un jour ou l’autre. Bien qu’il n’y ait pas d’animaux là-dedans, justement avec rien du tout, on peut quand même faire un spectacle.
Comme tu l’as dit tout à l’heure, ces enfants avaient une vraie joie.
Ce n’est pas parfait, mais cela ne fait rien. Ils y mettent tout leur cœur. C’est joli.
Non, non. C’était une belle histoire et un beau montage.
À ton service pour la suite.
Ok, merci et à tout bientôt.
À bientôt.
On se retrouve avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.
Bonjour Jean-Pierre.
On va parler avec vous de l’actualité ici à la gare de Bevaix chez Télé Objectif Réussir avec la nouvelle exposition dont le vernissage aura lieu ce vendredi à 18 heures et le thème est Echec et Mat. Alors, que pouvez-vous nous dire et d’abord qui est l’artiste ?
L’artiste est Mme Danielle Chasles qui est une dame qui fait partie des Amis de la nature… de la peinture de Neuchâtel et c’était une passion pour elle la peinture. Mais elle a pu commencer qu’après avoir élevé ses enfants. Elle fait des tableaux à l’huile, peinture à l’huile et des travaux mixtes, peinture et collage de tissus.
Collage de tissus, ce qui donne du relief un petit peu à ses œuvres.
Imaginaires, un peu irréelles. Elle fait justement des formes d’arbres, de personnages très irréels.
Cela sera intéressant de la rencontrer, le vendredi 8 à partir de 18h ici à la galerie Quintessences.
Oui. Tout le monde est invité.
Tout à fait. Et nous aurons l’occasion bien sûr de nous entretenir avec cet artiste qui habite Neuchâtel, je crois.
Oui, je crois.
Et nous ferons un reportage sur elle, sur ses œuvres lorsque nous l’aurons rencontrée le vendredi 8. Et, il y a encore une autre exposition ?
Dans le hall d’entrée de la gare, toujours l’exposition de Joël Perrenoud sur la Norvège, toujours.
D’accord, sur la Norvège, sur ses photos qu’il a faites durant ses voyages. Très bien. On a un petit peu fait le tour de l’actualité au sein de la gare et j’aimerais juste profiter de remercier toutes les personnes qui suivent nos émissions, notamment sur notre site Internet parce qu’on a pas les moyens de savoir combien de personnes viennent regarder nos émissions chaque jour sur Télé Objectif Réussir, mais sur Internet oui, et vous êtes en effet toujours plus nombreux à venir nous suivre. L’adresse inscrite en bas de votre écran est : « www.objectifreussir.ch » où vous avez toutes nos émissions actuelles et aussi toutes nos archives qui sont présentes.
Voilà, écoutez, à tout bientôt Françoise.
À tout bientôt et bonne journée.
Bonne semaine, portez-vous bien Mesdames et Messieurs, prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod