Quoi de 9 ? 035 : du 4 au 10 septembre 2006

 

 

On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » pour vous parler des émissions de la semaine. Je suis en compagnie de votre collaborateur, Alain Sunier. Salut Alain.

Salut Jean-Pierre.

 

Il y a quelques jours, nous nous sommes rendus à Château-d’Oex pour assister au Championnat d’Europe des caisses à savon. Nous ne savions pas trop ce que nous allions pouvoir faire de ce reportage, parce que les conditions de sécurité étaient assez particulières, vu la rapidité à laquelle se déplacent ces bolides. Mais enfin, on a filmé en tout cas une partie de la course et soudain, l’œil de notre caméra a été attiré par un commissaire de course pas tout à fait comme les autres. On ne vous en dira pas plus, on regarde peut-être ce sujet et l’on en reparle ensuite juste après.

 

 

Voilà, on se retrouve sur le plateau avec Alain.

Eh oui.

 

Alors, comme vous avez pu vous en rendre compte, les caisses à savon d’aujourd’hui ne sont plus tout à fait les caisses à savon d’antan. Plus de soixante kilomètres à l’heure, même septante kilomètres à l’heure. Deux freins. Cela a l’air de véritables karts, même si c’est conduit par des enfants. Ils sont quand même terriblement impressionnants. On est loin des caisses à savon d’antan.

Absolument.

 

Que nous avons construites. C’était un championnat d’Europe, ça venait de tous les pays. C’était assez intéressant. Mais c’est vrai, vous avez pu vous en rendre compte, tout d’un coup, ce n’était absolument pas prévu, on est tombé sur ce commissaire de course pas tout à fait comme les autres, parce qu’il était en chaise roulante, et nous n’avons pas pu nous retenir de nous approcher de lui. C’était notre fibre sociale, on est une télé sociale, et là, on l’a démontré. On n’a pas pu faire autrement. Moi, ce qui m’a impressionné (ça c’est un train) chez ce Monsieur, c’est qu’il est assez lucide. Il donne l’impression, plus que l’impression, il dit qu’il prend plus de dix-neuf médicaments par jour, notamment de la morphine. Il pense que son estomac ne va pas tenir. Bref, il ne se voit pas venir très vieux. Pourtant, il est marié. Il a un enfant. Alors, je pense que des gens déprimeraient bien plus vite que cela.

C’est bien clair.

 

Il a les jambes qui sont fichues, un bras qui est mort, comme il le dit. Il a l’impression, il est même convaincu qu’il ne pourra plus jamais travailler, plus jamais être utile et il est venu là pour travailler bénévolement. Et c’est vrai que dans son regard, dans son attitude, c’était beau à voir le fait qu’il souhaitait absolument encore être utile.

Je pense qu’on en est tous là de toute façon.

 

Il a été très loin, puisqu’il a pensé à se suicider plusieurs fois. Et puis, maintenant il se dit si je peux être utile, à rester maintenant malgré tout dans des sports mécaniques, c’est un fou de vitesse, il est là, il se sent utile, il veut être utile et nous, on s’est senti obligé de parler avec lui. C’est vrai, de souligner ce courage, cette envie de vivre qu’il a et de pouvoir encore se montrer utile. On s’est dit aussi, on ne va pas, on peut le plaindre, on peut avoir pitié de lui, mais c’est vrai qu’il a fait quand même une belle bêtise.

Absolument, ce n’est pas le seul.

 

Il disait être à cent ou cent vingt kilomètres à l’heure dans un village quand c’est arrivé cet accident. Il a coupé une voiture en deux et s’est trouvé à septante mètres. Il a fait plus d’une année d’hôpital. Donc, il a vraiment fait la grosse connerie comme on peut le faire, peut-être quand on est jeune…

Fou de vitesse.

 

Tu as un peu étudié pour nous Alain, les accidents. Y a-t-il beaucoup d’accidents en Suisse, particulièrement chez les jeunes enfin ?

Au niveau des tranches d’âge, je n’ai pas vraiment trouvé ce qu’il fallait. En revanche, étant donné que le monsieur que vous avez interviewé est un motard, ou était un motard, je me suis attaché à regarder la situation des dégâts envers les motards en Suisse. Il y a des chiffres qui sont assez impressionnants. D’abord, il y a une augmentation entre 2000 et 2005 de 20% du parc de motos en Suisse. D’après moi, et cela me paraît logique, c’est notamment l’irruption des scooters. On voit de plus en plus de gens qui se déplacent en scooter, donc en 125 et c’est une augmentation qui est énorme.

Dans le même temps, 2005 a été l’année où il y a eu le moins d’accidents, c’est-à-dire que l’on constate une amélioration au niveau de la sécurité sur les routes helvétiques.

 

Quelques chiffres, je n’aimerais pas vous inonder – ça ce n’est pas le but – on a eu 76 tués en motos en 2005, on a eu 1244 cas graves, donc de lésions corporelles graves toujours en 2005 et si on englobe les blessés légers, on arrive à plus de 4000 personnes qui ont connu la malchance sur les routes. Ca, c’est un premier élément. Le deuxième élément qui m’a frappé, c’est que malgré une campagne, je dirais solide concernant la vitesse dans les localités et c’est d’actualité, puisqu’il y a eu la rentrée des classes dernièrement, il y a énormément de morts à l’intérieur des localités. Il y en a 134 pour l’année qui a précédé. On constate – mais cela, on le savait déjà – les autoroutes par exemple ne sont pas aussi meurtrières qu’on voudrait bien le dire, puisqu’il n’y a eu que 22 victimes toujours pour 2005, alors qu’à l’extérieur des localités, 217 personnes ont succombé à un accident. Ce qui paraît grave et je crois ce qu’il faut souligner, c’est que dans les localités, il s’agit d’être très prudent, surtout si on a un deux roues, car on sait que deux roues ne sont pas égales à un quatre roues. C’est de la palissade, je m’en rends compte, mais on a des dangers différents sur deux roues que sur quatre roues. Vous passez sur un passage pour piétons par exemple qui est mouillé, vous risquez de glisser. En voiture, on ne sent quasiment rien. Une plaque de graviers et hop… On part en l’air. Donc les dangers vraiment sont nombreux. Ce, d’autant maintenant qu’on constate que les nouvelles motos ont une puissance phénoménale.

Je regardais encore dernièrement un Grand prix, ils me foutent des frissons ! Je m’excuse pour le terme.

Maintenant au niveau des blessures, cela peut aller de la fracture de l’omoplate, c’est en général des fractures dans le meilleur des cas. Cela peut être tout ce qui dépasse, je dirais. Les coudes, le poignet, genou, bassin. Tout ce qui est à fleur. Ca, c’est les gros trucs, les grosses blessures chez les motards, si la tête n’est pas touchée, parce que si la tête est touchée, on tombe dans le cas d’une hémiplégie, c’est-à-dire qu’il y a une paralysie de tout le corps. La paraplégie signifie qu’on a une paralysie des deux membres inférieurs. On a la monoplégie, un membre et on a la tétraplégie ou quadriplégie et là, c’est les quatre membres qui sont touchés et qui sont paralysés. Il n’est pas rare qu’un motard se retrouve dans une chaise justement en fonction du manque de protections qu’on a sur une moto quand même.

 

Oui. Un peu comme notre ami de Château-d’Oex. Est-ce qu’on connaît les raisons de ces accidents ? Bien sûr que deux roues, c’est moins sûr que quatre roues mais dans les villages, quelles sont les causes ? Excès de vitesse ou c’est les piétons qui sont imprudents ?

Je dirais que l’excès de vitesse tue le plus. Ca, c’est clair et net. Les têtes brûlées paient souvent chers leur amour de la vitesse. Il y a évidemment, ça c’est de nouveau de lapalissade, la consommation d’alcool. Il y a la consommation de stupéfiants et malgré ce que peuvent dire certains spécialistes, je reste persuadé que l’usage de stupéfiants diminue la concentration. Et puis, il y a peut-être un bêtement manque de respect finalement des consignes routières, parce qu’on est grisé par la vitesse et qu’on oublie les règles les plus élémentaires à respecter.

 

Et les conséquences, on l’a vu dans ce petit reportage, sont absolument terribles. Cet homme-là a vu sa vie, on peut le dire, brisée et sa famille presque brisée après cet accident.

Cela, c’est clair. Moi, je mets en cause, pour l’avoir observé, là je parle de voitures et motos, je mets en cause le système actuel où des jeunes de dix-huit ans peuvent se payer des voitures de deux litres, deux litres et demi et qui n’ont aucune expérience de la conduite. Là, je mets en cause le système économique qui permet ce genre de choses. Cela, c’est mon point de vue personnel.

 

Donc, tu verrais quoi comme modifications possibles ?

Limiter la cylindrée dans les trois premières années de conduite. Cela a été évoqué, si je ne fais erreur, comme a été évoqué le 0 pour mille pour les jeunes conducteurs de 18 à 21 ans, les trois premières années de conduite. Je pense que cela ne serait pas ridicule de limiter, vraiment dire : « Ok, vous pouvez acheter une voiture, mais jusqu’à tant de cylindrée, de puissance. »

 

Bien. Merci Alain de toutes ces explications et j’espère que ce reportage va peut-être faire réfléchir certains motards. Attention à la vitesse, attention à l’alcool, attention aussi aux drogues douces, parce que le cannabis n’est pas aussi innocent que cela.

Très bien, merci Alain et à très bientôt pour d’autres sujets à développer.

 

 

« Quoi de 9 ? » continue avec Jéhan-Georges Muller, salut Jéhan.

Salut Jean-Pierre.

 

Jéhan, tu as été promener ta caméra à travers le village de Colombier avec un œil un petit peu particulier.

Un œil un peu particulier, oui. J’ai voulu en tant qu’habitant de Colombier depuis pas mal d’années quand même, j’ai voulu essayer de montrer un village intemporel qu’on ne reconnaîtrait pas forcément du premier coup d’œil. Les habitants de Colombier, les Colombophiles vont se reconnaître très bien, mais même eux ne verront que des séquences que j’ai trouvées. Ils ne peuvent pas s’attendre à trouver cela dans leur village en fait. J’ai voulu faire une chose un peu différente.

 

Donc le but, c’est que les gens même de Colombier découvrent leur village même autrement.

Oui et pour le grand public qui ne connaîtrait pas du tout le village, ni son positionnement, cela pourrait peut-être inciter à venir découvrir ce village et cette rive. Je trouve que c’est une jolie réussite au niveau nature, on va dire.

 

Très bien, on regarde ce film ensemble et ensuite on parlera de l’histoire de ce village.

 

 

Voilà ! On se retrouve après cette belle balade à travers Colombier avec Jéhan. Alors, Jéhan, il faudrait peut-être dire que la musique qui nous accompagne est de Patrice Muffang, un de tes amis qui est musicien.

Oui et qui est en même temps webmaster dans l’informatique et qui nous fait le grand honneur de nous offrir ces musiques originales pour alimenter nos images en fond sonore.

 

Tout à fait. Très bien et on le remercie et parlons un petit peu de Colombier. C’est un vieux village.

C’est un ancien village qui remonte au temps des lacustres, aux archives les plus anciennes, donc habité avec des maisons sur pilotis. D’ailleurs, il reste énormément de pilotis, de traces entre Auvernier et Colombier.

 

Les navigateurs le savent s’ils vont trop près avec leur moteur…

Oui, ils peuvent quitter, aller chercher les filets au port et cela est une anecdote véridique, parce qu’ils connaissaient l’emplacement des piquets, donc sans déplacer leur bateau et ils avaient l’impression qu’ils marchaient sur l’eau en fait. Ils marchaient sur les piquets et ils allaient vite chercher le filet qu’ils avaient oublié et ils repartaient. Ce qui fait dire qu’entre Auvernier et Colombier, c’est un lieu miraculeux.

 

Où il y avait un grand nombre de personnes qui marchait sur l’eau.

Ensuite, il y a eu les Romains qui sont venus s’installer. Ils ont fait une ville de villégiature, Colombarum.

 

Là aussi, il y a des traces.

Il reste des vestiges. Je ne suis pas trop entré, on voit quelques vestiges de cette époque-là. Ensuite, les Burgondes sont arrivés. C’est une horde, ils ont tout détruit, tout cassé… Puis, après plus rien jusqu’au dix-neuvième siècle où là, l’aristocratie de l’époque est venue s’installer. Ce qui fait que comme c’était des gens voyageurs et assez altruistes, ils ramenaient des semences de leurs voyages et c’est un fait unique en Europe. Ces grands voyageurs-là, en revenant de leurs périples, ramenaient et plantaient des graines. Alors, il y a toutes les essences connues scientifiquement, connues au monde sont à Colombier.

Dans le film, on en a vu quelques-unes, notamment ce séquoia. Il fait quatre vingt-cinq mètres de haut et le tronc fait 6,80 m de diamètre à la base.

 

Qui se trouve au cœur du village ?

Non. Il est en bordure de la gare CFF dans le giratoire. Mais je pense voilà, j’ai essayé d’être le plus objectif possible avec un regard, on va dire, de touriste.

 

Et concernant les Romains, c’est surtout autour du château, autour de la caserne qu’on retrouve…

Exactement, ils ont laissé les murs. On les a vus sur le film, l’enceinte. Une partie a été démolie, ensuite la famille Wattvil, qui était une famille suisse allemande alliée à une famille française, les Dechevret, se sont alliées. C’est eux qui ont créé Colombier, le château lui-même et le village fortifié qui était autour. Après, le château est devenu orphelinat, caserne. Il est actuellement caserne et musée. Mais il a servi comme hôpital militaire aussi, dans un premier temps.

 

Et maintenant, il abrite l’Ecole suisse de police ?

Non, pas du tout. Ils ont quelques cours là simplement, mais c’est un musée militaire et quelques semaines par année, il y a quand même des recrues qui sont en annexe du château. Ils ont construit en dehors, on l’a vu brièvement dans le film. Je n’ai pas pu aller trop près, mais j’ai pris où il y avait l’enseigne de Neuchâtel. C’est les nouvelles casernes qui sont légèrement décalées par rapport au château. Mais le château est inhabité, on va dire.

 

D’accord. Toi qui y habites, dans le village, sympathique ? Pas une cité dortoir ?

C’est un village où tout le monde se dit bonjour, ce qui est très important. C’est un petit village tranquille.

 

C’est un vrai village, ce n’est pas une cité dortoir.

Non, pas du tout. Mais dès que l’on sort de Colombier, du centre du village même qui anciennement était entouré par l’enceinte du château, ce qui représente une quinzaine de maisons grosso modo, la rue principale on va dire. Après tout le reste, c’est le nouveau Colombier qui a été bâti depuis le 19ème siècle, à partir du 19ème siècle.

 

Extra et merci pour ces belles images que tu nous as apportées et espérons que les habitants de Colombier vont découvrir leur village autrement et ceux qui ne connaîtraient pas s’y rendre pour le visiter.

Extra. Merci Jéhan à tout bientôt.

Mais de rien. Merci Jean-Pierre. Au revoir tout le monde.

 

 

On se retrouve dans le cadre de Quoi de 9 ? pour parler avec Françoise Berthod que je salue, bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Quelques nouvelles brèves, dont notamment ce qui va se passer à la galerie Quint-Essences à la fin de la semaine, vendredi avec une nouvelle exposition.

Exact. Une exposition de Mme Danielle Chasles sur le thème « Échec et Mat ».

 

C’est ça. Vous avez eu le plaisir de la rencontrer en avant-première. Est-ce que vous pouvez déjà nous parler de ses tableaux, qu’est-ce qu’elle aime peindre cette dame ?

Justement, des échiquiers, des arbres. C’est très très imaginaire, irréel un peu.

 

Assez gai, assez triste ?

Très très triste, non très gai (coupez)…

 

Non, j’ai pu guigné un tableau, c’est vrai, beaucoup de couleurs ?

Beaucoup de couleurs, jaune, orange. Elle veut exprimer sa joie de vivre.

 

Avec, à chaque fois un jeu d’échec dans le tableau.

Presque à chaque fois, oui.

 

Elle vous a expliqué pourquoi ?

Non, elle a dit qu’elle aimait beaucoup cela. Elle n’a pas su vraiment expliquer pourquoi. Le jeu, un peu. Elle a dit qu’elle était une joueuse, qu’elle aimait tout ce qui était jeu. Une tendance de ce côté-là.

 

Voilà, ce qui l’a poussée à faire cela. C’est des peintures à l’huile.

Et un système de collages mixtes.

 

D’accord. Elle colle du tissu sur ses toiles, ensuite elle peint par-dessus.

Oui.

 

On verra de toute façon bientôt l’interview que vous avez réussi à avoir avec elle, que vous avez réalisée et l’on verra un peu plus en détails ses tableaux. Mais de toute façon, on invite les gens à venir ce vendredi en fin d’après-midi pour assister à ce vernissage.

Dès 18 h.

 

Voilà et autrement dans le hall de l’entrée de notre télévision, ici à la gare de Bevaix, il y a toujours…

L’exposition de peintures de Joël Perrenoud, Norvège.

 

Sur la Norvège, sur un pays qu’il affectionne tout particulièrement puisque sa femme est norvégienne. Donc des paysages photographiques qu’il a réalisés. Voilà, je ne sais pas si l’on a plus ou moins fait le tour.

Oui, je crois.

 

Je crois… de tout ce qu’il y a de plus important. On peut peut-être rappeler à nos téléspectateurs que nous enregistrons « Quoi de 9 ? » tous les lundis à 10 h.

Et qu’ils sont cordialement invités sur notre plateau.

 

S’ils veulent venir assister à l’émission, voir comment cela se fait. Ils sont, bien sûr, cordialement invités. Ils pourront rester dans le studio pendant que l’on tourne cette émission. Très bien et si l’on a fait le tour, je vous remercie Françoise pour ces explications.

Merci à vous et bonne semaine.

 

Je vous souhaite une bonne semaine à vous aussi, Mesdames et Messieurs. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Emissions présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod