Quoi de 9 ? 039 : du 2 au 8 octobre 2006

 

 

On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » avec Daniel Zumbrunn, salut Daniel.

Salut Jean-Pierre.

 

Alors comme tu es le grand spécialiste pour Télé Objectif Réussir des festivals, on t’a demandé de venir parler du Buskers Festival qui se déroule à Neuchâtel et que tu connais bien, je crois.

Oui. Étant donné que j’ai habité pendant dix ans au centre ville de Neuchâtel, j’ai eu l’occasion de pas mal le fréquenter et j’ai même eu l’occasion de travailler en tant que bénévole pour ce festival. Donc effectivement, je le connais à la fois de l’extérieur et de l’intérieur.

 

D’accord. Alors on regarde peut-être ce sujet qui a été tourné par Rita Hosang et on en reparle après.

D’accord.

 

Alors à tout à l’heure.

 

 

Voilà. Alors, vraiment surprenant ce festival, mais qui a un immense succès. Monsieur Grillon le dit, mais cela se voit sur les images. Il y a vraiment un très nombreux public.

Oui effectivement. Chaque année, il y a des gens, je dois dire, je les croise à la Fête des Vendanges et au Buskers. Le reste de l’année, on ne les voit pas. Cela fait vraiment ressortir les gens qui sortent beaucoup moins parce qu’ils ont des enfants. Ils ont créé une famille et tout. Ils sortent un peu moins, mais pour le Buskers, les gens se déplacent chaque année.

 

Tout à fait. Je faisais d’ailleurs remarquer à Monsieur Grillon, lorsque nous avons discuté avec lui, que ça faisait un peu penser, le Buskers Festival, à la Fête des Vendanges il y a trente ou quarante ans. Quand il n’y avait pas vraiment la grosse foule. Quand on pouvait dire que l’on connaissait presque tous les gens que l’on croisait dans la rue. Cette ambiance assez calme.

Donc, la Fête des Vendanges quand il n’y avait que les Neuchâtelois qui venaient finalement.

 

Exactement. Le vendredi soir à l’époque.

C’est un peu ça. C’est vraiment une animation dans toute la ville qui reste à taille humaine, même si il y a du monde, on peut quand même se déplacer, aller voir les groupes à gauche, à droite, aller boire un verre, il n’y a pas de problèmes. On a accès partout, on n’est pas coincé comme ça bouchonne maintenant à la Fête des Vendanges.

 

Comme le dit M. Grillon, ce n’est pas lui qui a inventé ce genre de festival, mais c’était par contre courageux de sa part d’essayer de le mettre en place à Neuchâtel. Mais le Buskers Festival, ce n’est pas seulement un organisateur, c’est beaucoup de bénévoles aussi autour ?

C’est clair qu’il ne pourrait pas faire cela tout seul, parce que bien sûr, il ne paie pas les groupes, mais il doit quand même payer les déplacements, les loger et tout. Il faut quand même avoir une rentrée financière, comme il n’y a pas d’entrées payantes. C’est dans la ville, n’importe qui peut se balader. Mais, il y a quand même des enfants qui vendent des badges de soutien qui rapportent déjà un petit peu d’argent et il y a également des bars qui sont montés dans la rue spécialement pour le festival où là les bénéfices vont, je ne veux pas dire, dans la poche…

 

Dans l’organisation.

Voilà dans l’organisation qui couvre les frais du festival.

 

Ce qui est intéressant aussi, semble-t-il, d’abord c’est un gagne-pain pour les musiciens. Ils n’ont visiblement pas l’air de s’en plaindre. Certains sont quasiment professionnels pour ce genre de festival. Ils font la tournée des…

Oui, maintenant il y en a beaucoup qui se sont développés en Europe. Il y en a dans presque tous les pays. Ils organisent une tournée comme d’autres musiciens font des tournées sur scène, dans des salles. Là, ils font la tournée de ces festivals pendant tout l’été. C’est vrai que c’est une période où les salles de spectacles sont généralement fermées. Cela leur permet quand même de continuer de vivre de leur musique et de leur passion.

 

Et c’est courageux, encore une fois. On parlait il y a quelque temps des festivals qui étaient peut-être en difficulté, parce qu’ils n’ont pas les moyens d’assumer notamment les cachets versés aux artistes. Là, on n’a pas ce problème avec le Buskers Festival.

Effectivement, il n’y a pas le problème des cachets, donc le budget est somme toute assez restreint. Ce n’est pas trop difficile de le couvrir, parce que de toute façon, on sait que les gens vont venir. C’est clair que si la météo n’est pas bonne, pour que toute la semaine la météo ne soit pas bonne, il faut vraiment avoir pas de chance au mois d’août, donc normalement, sur le week-end, on arrive à générer les bénéfices pour couvrir les frais de déplacements des groupes.

 

Ce qui est drôlement intéressant, c’est cette diversité. Ce n’est pas que des Suisses ou des Français, ça vient vraiment de partout.

Cela vient surtout beaucoup de petits pays dont on ignore presque l’existence. Il y a vraiment toujours des groupes folkloriques qui peuvent débarquer d’Ouzbékistan ou même du Brésil des fois. C’est vraiment mondial. Cela nous fait découvrir différentes cultures, différents types de musique et ça c’est aussi un apport culturel non négligeable.

 

Qui descend en plus dans la rue, qui s’ouvre aux jeunes, au moins jeunes et qui permet vraiment de toucher le maximum de personnes.

Voilà. Même quand on se déplace en ville, on peut croiser des groupes en costumes. On peut se poser la question d’où ils sortent, qu’est-ce qui se passe ? Tout le monde est touché, même si l’on ne vient pas spécialement pour ça. Si on ne sait pas qu’il y a ce festival, on peut être mêlé à cela et se piquer au jeu et aller écouter les groupes.

 

Non, je pense que c’était vraiment un événement intéressant. Je ne sais pas si tu as d’autres choses passionnantes à nous dire sur le Buskers Festival.

On peut juste signaler, mais je crois que M. Grillon l’a fait, qu’il y a des « afte », entre guillemets, que le soir à partir de 23 h. les groupes se produisent à la « Maison du Concert », l’ancien théâtre de Neuchâtel. Avant, à l’époque, cela se faisait au Théâtre du Pommier, mais c’était vraiment petit. On devait refuser du monde et là, maintenant, à la « Maison du Concert », il y a bien de la place. Tout le monde peut aller écouter les groupes avec, on dira, une qualité encore meilleure, parce que là, il y a l’acoustique qui est bonne. Il n’y a pas le bruit de la rue et on peut peut-être découvrir encore mieux l’aspect musical et la qualité de ces musiciens.

 

Extra. Espérons que l’année prochaine, nous aurons le beau temps comme vous avez eu le beau temps cette année.

Il faut espérer pour eux que ça continue de durer. Ce sera la dix-huitième l’année prochaine. On leur souhaite encore de longues années devant eux.

 

Absolument. Très bien et merci Daniel pour toutes ces explications. À bientôt.

À bientôt.

 

 

On se retrouve pour la deuxième partie de « Quoi de 9 ? » avec Alain Sunier, salut Alain.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Pour parler d’un homme qui est venu ici faire un témoignage très intéressant. Un homme que tu as rencontré dans des circonstances un peu particulières. Est-ce que tu peux nous en dire deux mots ?

J’ai eu le malheur d’avoir eu un accident il y a une quinzaine d’années avec des conséquences assez graves et je l’ai rencontré à l’hôpital de Pourtalès à Neuchâtel, au fumoir vu qu’il fumait à l’époque.

 

D’accord. C’est Daniel Pfaff. Je crois que l’on n’a pas dit son nom.

C’est bien Daniel Pfaff.

 

On regarde peut-être le sujet. Comme cela on laisse un peu planer le suspense sur le sujet, puis on en discute avec plus de profondeur après.

C’est une affaire qui marche.

 

À tout à l’heure.

 

 

On se retrouve après ce témoignage très poignant de Daniel Pfaff que je voudrais peut-être remercier pour commencer, car c’est vraiment courageux de sa part de venir nous parler de ce problème qu’il a connu, parce qu’il a une famille, il a un travail, il est connu et quand on le voit là vraiment, on ne peut pas s’imaginer qu’un jour il a eu des problèmes. Malgré cela, il ose venir encore devant des caméras nous parler de cela, c’est quand même un geste qu’il faut souligner.

Je pense que ce témoignage est lié aussi au fait qu’il a la foi, qu’il a eu le désir, automatiquement, de voir des gens mieux vivre que ce qu’ils peuvent connaître. Je sais d’après ce qu’il m’a dit qu’il va témoigner dans des églises. Il parle même de 150% d’activité dans ce domaine-là.

Et moi, ce que j’aimerais surtout souligner, c’est… je trouve qu’il a eu effectivement du courage et surtout une transparence absolument incroyable. Il a décortiqué le processus vraiment de manière très très intelligente et son témoignage en est deux fois plus fort. Sa manière, on sent qu’il est passionné et qu’il a envie de transmettre finalement une espèce de rédemption.

 

Il a envie d’expliquer ce que l’on ressent quand on est prisonnier de l’alcool. Comment on peut éventuellement s’en sortir ?

Absolument. Là, cela a été chez lui assez radical dans le sens où du jour au lendemain, il a dit stop, je ne peux plus vivre comme cela. Mais il faut aussi, comme on a pu le voir dans le reportage, dire qu’il avait une consommation d’alcool assez conséquente. Ce qui tourne en gros à cinq litres de bière par jour. Mais d’après moi, le plus dangereux, c’est qu’il commençait à la bière et non pas au café comme tout à chacun, ou au thé.

 

Je ne sais pas si la quantité est vraiment très importante. Ce qui est surtout important ou grave, c’est les conséquences de ce qui se passe.

Je les connais, les conséquences, puisque j’ai perdu mon travail en fonction d’une consommation d’alcool un petit peu exagérée, je dis un petit peu… bon restons modestes.

 

Parce que tu es modeste en effet.

Dès le moment où l’on est enfermé dans cette espèce de monde, de cercle infernal, c’est vrai qu’il y a une cascade de conséquences auxquelles on ne penserait jamais. On n’imaginerait pas que l’on puisse aller jusqu’au si profond que l’on se connaît.

 

Ce qui est intéressant, tu le disais toi-même connaître ce problème, mais la question que tout personne dépendante de l’alcool doit se poser : « Pourquoi certains arrivent finalement facilement à s’en sortir ? » Daniel nous disait qu’il a fait qu’un seul séjour à l’hôpital de La Béroche, trois semaines. Cela a été délicat ces trois semaines. Il est rentré. Il a eu peur de faire une rechute et il est retourné à l’hôpital. Après visiblement, c’est la totale. Il s’en sort complètement, pleinement, et même encore pour se compliquer la tâche, il arrête même de fumer.

Exact.

 

Donc, ce déclic que peut-être toute personne dépendante de l’alcool attend, comment il l’a senti ou alors toi-même comment tu le sens ?

J’ai l’impression qu’il faut d’abord faire un bilan ou un constat des conséquences de la consommation d’alcool. Et à partir de là, décider par soi-même : Ok,  je m’en sors, ou alors continuer à chuter ! Je crois qu’effectivement le bilan, le fait de faire un bilan peut ouvrir les yeux. Cela, c’est une chose. Il y a aussi le regard des autres, mais là je suis persuadé que c’est la personne elle-même qui doit prendre la décision. On peut lui dire cinquante, cent fois : «  tu pourrais arrêter de boire ». Si il ou elle n’a pas pris la décision, elle reste dans le même piège.

 

Est-ce qu’il est quand même possible d’aider la personne à prendre la décision, à créer autour d’elle un environnement plus ou moins propice pour l’aider à prendre la décision ?

Encore faut-il qu’elle le veuille. En fait, c’est toujours une volonté personnelle. Si elle met les pieds contre le mur, on peut tout essayer, cela ne sert à rien.

 

Là, même les meilleurs psychologues, psychothérapeutes ne peuvent rien y faire.

Ils peuvent se casser les dents sans problèmes.

 

Enfin quoi qu’il en soit, c’était intéressant d’écouter Daniel Pfaff. Il nous a proposé que les personnes qui aimeraient le contacter peuvent le faire à l’adresse qui est mentionnée en bas de l’écran, objectifreussir@hotmail.com et l’on transmettra ces coordonnées à Daniel qui se mettra ensuite en contact pour en parler.

Exactement. Il leur tend la main.

 

Donc aujourd’hui, c’était la première partie. Daniel nous a fait un témoignage. Tu n’as pas eu beaucoup besoin d’intervenir et il y aura prochainement une deuxième partie où s’était beaucoup plus interactif, où tu lui as posé plein de questions. Mais on restera dans cette problématique-là.

Exact.

 

D’accord. Merci de nous avoir parlé de ce sujet. Merci d’avoir parlé de ton propre problème. Moi, tout ce que je peux te souhaiter, c’est essayer…

De s’en sortir.

 

De t’en sortir et de devenir comme M. Pfaff.

Ok.

 

Pourquoi pas ?

Qui sait ?

 

Àbientôt.

Bye

 

 

On se retrouve pour la dernière partie de « Quoi de 9 ? » la plus intéressante, la plus difficile et la plus intellectuelle aussi avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Quelques brèves informations. L’exposition…

Dans le hall de la gare de Bevaix toujours l’exposition de Joël Perrenoud sur la Norvège.

 

Toujours sur la Norvège et l’on va parler des émissions à venir parce que les téléspectateurs sont toujours intéressés de savoir ce qui se prépare chez nous.

Exact.

 

Dans une semaine, l’Agoramobile.

Oui.

 

Peut-être que les gens ne savent pas trop ce que sait l’Agoramobile, parce que cela a changé de nom.

L’Agoramobile, c’était l’ancienne « Bulle » que les gens connaissaient sous ce nom-là. Et c’est M. de Montmollin qui a fondé cela en 1982.

 

En effet, ils ont gardé le même concept que la Bulle. Ils vont dans différentes régions, invités souvent par les communes. C’est assez intéressant comme concept d’après ce que l’on a pu voir un petit peu avec M. de Montmollin, ça vient un petit peu du Canada, ça vient d’Amérique du Sud.

Oui d’un peu partout.

 

C’est un peu le système qu’ils avaient trouvé pour aller faire des forums finalement sur place, chez les gens dans ces pays-là en tout cas pour leur apprendre ce que c’est que la politique.

La politique et surtout le dialogue. Les gens ne parlent plus entre eux.

 

Tout à fait. Dans ces pays lointains, c’est un petit peu avant que la télévision n’existe. Les gens ne recevant pas la télévision, c’est les politiques qui allaient créer des débats chez les gens. C’est vrai qu’ici on se dit : « Il y a la télévision pour ça. » Il faudrait plus de télévisions locales pour vraiment parler des phénomènes régionaux.  Mais c’est toujours ce même objectif.

Alors, vous n’étiez pas présente sous l’Agoramobile lorsque nous avons fait ce tournage, mais le sujet lorsqu’ils étaient à Boudry parlait de la réunification, éventuellement de la fusion des communes de Bevaix, Boudry et Cortaillod. C’était un peu un débat entre politiciens. Il n’y avait pas tellement, ceux qui ont pris la parole, c’était finalement des députés pour dire qu’ils étaient plus ou moins d’accord, plus ou moins contre.

C’est le danger un peu de ces débats. Les gens ne se déplacent pas pour des choses comme ça.

 

C’est ce que nous faisions remarquer, nous, à M. de Montmollin. Les gens s’en fichent un peu et pourtant on parle de problèmes de la région. C’est important de savoir si les communes tout d’un coup fusionnent ou ne fusionnent pas. Et vous-même, vous n’êtes jamais aller assister ?

Non, jamais.

 

Jamais. C’est vrai que ce n’est pas forcément passionnant.

Pourtant, il y a eu d’autres débats. Il y a eu Mgr Chaillot qui a été reçu une fois.

 

Oui, c’est ça. À l’époque où il était un peu une vedette médiatique. Mais c’est vrai, tant que c’est de la politique, ça risque d’être difficile de passionner les gens.

Oui. Ils ne font pas assez de publicité pour que les gens soient informés.

 

C’est aussi possible. Enfin, avec le petit sujet que l’on a fait, on a donc un entretien avec M. Jacques de Montmollin et ensuite on a fait un pot pourri de ce qui s’est passé pendant la soirée. On pourra y entendre les interventions de M. Jean Studer, de plusieurs municipaux de Bevaix, Boudry et Cortaillod.

Voilà et il y a un deuxième sujet.

Oui sur la MIAOU, plutôt côté enfants.

 

Voilà, côté enfants. Parce que l’on a déjà diffusé le sujet où l’on parle de la MIAOU en général et c’est vrai que nous avions tellement d’images, notamment d’enfants déguisés en cow-boys. On a axé ce deuxième MIAOU sur les enfants et l’on y voit aussi l’une des activités de la Maison des Jeunes…

De Bevaix qui font de la breakdance.

 

De la breakdance qui était assez spectaculaire. Beaucoup de jeunes là autour. Cela, c’était donc pour la deuxième partie de la MIAOU.

Voilà. On va peut-être de nouveau inviter les gens…

À venir sur le plateau, le lundi matin à 10 h.

 

À 10 h. pour assister au tournage de « Quoi de 9 ? » Extra. On se retrouve dans une semaine pour présenter d’autres émissions.

Oui. Bonne semaine aussi.

 

Bonne semaine, Françoise. Portez-vous bien, Mesdames et Messieurs. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission animée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod