« Quoi de 9 ? » 047 : du 27 novembre au 3 décembre 2006
Mesdames et Messieurs bonjour et bienvenue sur Télé Objectif Réussir. Merci d’être toujours plus nombreux à suivre nos émissions. Cette semaine, nous avons deux sujets très intéressants à vous proposer et pour m’aider, Alain Sunier, salut Alain.
Bonjour Jean-Pierre.
Et Patrick Perret, salut Patrick.
Salut Jean-Pierre.
Comme tout le monde le sait, parce que tous les médias en ont beaucoup causé, il y a eu le phénomène des Miss Chine qui a traversé toute la Suisse romande et tous les médias romands.
Alain. : Le tsunami local.
Le tsunami local. On peut appeler ça comme cela. Nous n’avons pas pu nous retenir d’aller à la rencontre de ces charmantes jeunes filles et nous l’avons fait à Colombier, puisqu’elles sont venues visiter la caserne de Colombier avec des recrues ou des garçons en cours de répétition, je ne sais plus.
Alain : J’ai l’impression que c’est un cours de répétition plutôt que des recrues. Oui, à l’odeur de l’uniforme.
À l’odeur de l’uniforme. Il sentait la naphtaline encore ! On va peut-être regarder le sujet et en causer avec deux éclairages différents. Patrick nous parlera peut-être de l’aspect artistique du sujet et Alain nous parlera de l’aspect économique ou médiatique.
Alain : Médiatique plus qu’économique.
Médiatique, ce qu’a fait M. Kohler.
Très bien. On part à Colombier à la rencontre de ces plus belles filles de Chine.
On se retrouve sur le plateau de Quoi de 9 ? Si vous n’avez pas tout à fait tout compris ce qu’a dit Mme Xing Shen, Alain va nous faire un petit résumé de ce qu’elle a dit.
Alain : Simplement, je pense qu’elle a été aussi brève que tu peux l’être. C’est-à-dire qu’elle a souhaité aux téléspectateurs de Télé Objectif Réussir la bienvenue, etc. etc.
On est obligé de te croire de toute façon. D’accord. Il y avait ces Miss, mais c’était quand même intéressant, je trouve, la démarche qui a été faite par Pierre Kohler. C’est aussi intéressant, je pense pour toi, Patrick, le montage. Alain était sur place, il a fait les interviews comme on l’a vu et toi, tu as découvert le sujet en faisant le montage. Toi qui aimes la photographie, je pense que le contraste entre ces Miss et les militaires…
Patrick : Visuellement, c’était très intéressant au niveau de l’armée suisse, de l’armée chinoise. Ce qui m’a beaucoup amusé en fait, en montant le sujet, c’est de voir que les Chinoises étaient beaucoup plus disciplinées que l’armée suisse.
Cela on peut le dire, oui.
Patrick : Remarque qu’elles sont un peu mises au pas. Ce qui m’a un petit peu choqué, c’est pendant les démonstrations. Je me suis posé la question : « Mais pourquoi, on leur montre l’armée en fait », parce qu’elles regardaient ces démonstrations. On voyait qu’elles n’étaient pas vraiment heureuses de voir tout cela.
Alain : Patrick, pour avoir assisté à leur réaction, je crois qu’elles étaient enthousiasmées ne serait-ce que par une chose qui a été dite dans une interview du Matin, pour changer. L’accès aux casernes en Chine, ça signifie l’emprisonnement. Donc, c’est clair que pour elles, c’était dans un premier temps, un sentiment de crainte d’arriver dans un milieu comme celui-là, parce qu’il est clair qu’en Chine avec le régime qu’ils ont, il n’y a pas d’accès aux casernes. C’est vraiment un univers fermé. Celui qui y est n’est pas forcément dans un cinq étoiles.
Patrick : Ce qui m’a frappé dans la chose justement, c’est que pendant les démonstrations, on voyait vraiment qu’elles avaient un visage sérieux, fermé. Alors que dans la plupart des autres étapes, comme à la vigne par exemple ou au musée, elles étaient toutes souriantes. Elles étaient toutes ouvertes, c’est là que je me disais que… le regard de l’armée et dans leur pays en fait quand elles entendent les mitraillettes tirer, ce n’est pas comme ici.
Alain : Non, pas vraiment.
Patrick : C’est qu’il y a un mort. Alors, ça m’a un peu choqué.
Cela c’est aussi ce qui m’a choqué quand on a fait le tournage, de voir des militaires, c’est clair que pour elles, ça leur fait penser, ça leur rappelle des mauvais souvenirs.
Alain: Ce, d’autant que les militaires en question l’avaient joué à « coin » avec maquillage…
Patrick : Tout à fait. Pourquoi, ils les ont amenées à la caserne ? Si c’est pour leur montrer que l’armée suisse n’est pas l’armée chinoise, peut-être, je ne sais pas.
Alain : Cela, c’est une décision de Pierre Kohler.
Une décision de Pierre Kohler. Heureusement qu’il n’y avait pas que ça, et qu’ils ont aussi été au château de Boudry pour déguster un petit peu les spécialités neuchâteloises. Ce qui était quand même le but, parce que l’armée n’est pas vraiment une spécialité neuchâteloise.
Pour revenir à ce côté photographique, en tout cas l’ami Marchon, photographe à l’Express, plusieurs fois dans la journée m’a dit : « Ce qui est génial, c’est le décalage ».
Patrick : C’est vrai qu’il y avait un énorme décalage de voir ces petites Miss toutes menues et les militaires maquillés camouflage, c’est vrai qu’il y a un gros contraste. C’est aussi très amusant de voir la présentatrice et le présentateur de Télé Phoenix qui se la jouaient un peu stars. Enfin surtout la présentatrice. C’était un côté intéressant de voir tout ce show, de voir tous ces photographes, tous ces caméramen, tous ces médias réunis ensemble pour ces petites Chinoises qui venaient découvrir le pays avec Miss Beauté Suisse romande en prime. C’était un peu le grand show médiatique du moment.
Il y avait quinze journalistes de la Télé Phoenix chinoise qui étaient là. Je pense que c’est vrai qu’aussi bien toi qu’Alain, vous n’avez pas trop aimé la présentatrice de Télé Phoenix.
Alain : Il est clair que la présentatrice chinoise se la joue à « coin ». Mais moi ce qui m’a frappé. J’ai voulu l’interroger, mais elle ne parle pas un traître mot d’anglais. En tout cas, c’est chinois, « punkt schluss ».
Patrick : Ce qui est marrant, c’est qu’effectivement elle ne parle pas du tout anglais, mais dans sa gestuelle, on remarque une grosse influence américaine, une grosse influence d’Hollywood. D’ailleurs sur le montage, je me suis amusé à faire certains ralentis pour un peu exagérer les mouvements, parce qu’on voit comme tu le dis, elle se la joue un tantinet…
Alain : Un tantinet…
En tout cas, elle est à l’aise devant une caméra. Quand on lui a tendu le micro, qu’on lui a dit de dire n’importe quoi. Elle a peut-être dit n’importe quoi d’ailleurs, mais elle était tout de suite à l’aise, le sourire et elle a parlé sans…
Patrick : Le présentateur était aussi très très à l’aise. Quand il s’amuse à faire semblant de se faire descendre par un militaire, il se la joue aussi très théâtral.
Oui, il se la joue aussi.
Patrick. C’était très drôle à voir.
Enfin, ça c’était pour l’aspect images, l’aspect un petit peu folklorique, mais derrière il y avait quand même une autre démarche de la part de Pierre Kohler, l’organisateur.
Alain : La démarche de Pierre Kohler dans un premier temps, c’est d’essayer de promouvoir l’économie suisse en Chine, ce qui est fort louable de sa part. Ce d’autant, si je ne fais erreur, qu’il est déjà lui implanté en Chine au niveau industriel. La deuxième démarche, je ne sais pas comment situer l’affaire d’ailleurs, première ou deuxième, c’est aussi de faire découvrir la Suisse romande à ces demoiselles selon des critères qui sont un peu en marge de ce qui se fait habituellement. C’est-à-dire le Cervin, le jet d’eau de Genève et compagnie. Coup qu’il a parfaitement réussi, parce qu’il a su marquer un petit peu les médias et les consciences de ces demoiselles.
Tu as bien écouté Miss Beauté Suisse romande, c’est elle qui dit que ça change du Cervin.
Alain : C’est aussi par expérience. Lorsqu’on dit qu’on est Suisse et qu’on est à l’étranger, il y a toujours deux ou trois critères qui reviennent, dont banques et Cervin.
C’est vrai que ce qu’il a fait, notamment dans le Jura, c’est génial. C’est un petit peu une vengeance sur ce qui se fait toujours. C’est vrai que c’est toujours Genève et le Cervin et Lucerne et là, M. Kohler a pu…
Alain : Il a aussi joué sur un plan qu’on a peut-être tendance à oublier, c’est qu’il est quand même président du terroir romand. Donc, c’était aussi la promotion des produits locaux qui a été mise en avant, ça c’est bien clair.
Il y a eu ce petit côté… Il avait écrit à un certain nombre d’entreprises pour voir s’il voulait participer aux frais. Et puis, il n’a eu aucune réponse.
Alain : C’est clair qu’il a sollicité des entreprises qui sont susceptibles de s’implanter en Chine. Il n’a pas eu la réponse attendue. Lui, il a investi cent mille francs de sa poche semblerait-il. Je dirais, la réponse il l’a eue de manière indirecte dans le sens que les médias ont joué à fond derrière lui. C’est un homme médiatique, ça c’est clair. Il a une aisance absolument folle à s’exprimer. Je pense que là, les téléspectateurs vont s’en rendre compte et j’ai vraiment le sentiment que l’impact qu’il a connu au travers des médias a été bien au-dessus de ce qu’il espérait.
Je crois aussi.
Alain : Comme disait une amie : « Lui, ne s’en mord pas les doigts mais en revanche, les gens qui n’ont pas marché dans la combine, attention au mot combine, eux doivent s’en mordre les doigts ».
Moi, je trouve ça intéressant. Il y a eu une petite anecdote parce que je pense que ce n’était pas tout à fait vrai ou tout à fait sérieux. Le directeur de M. Kohler quand il dit à un moment donné : « Nous avons découvert que les Chinois adorent le fromage », ce qui était un peu un scoop et ensuite il a dit un peu avec ironie : « Moi, je prendrais bien l’exclusivité de la Tête de Moine en Chine ». Celui qui peut se payer l’exclusivité d’un fromage suisse en Chine, il ne sait plus comment il s’appelle avec un milliard et demi de consommateurs possibles.
C’est vrai que c’est assez… Il y avait un coup à jouer. Il y a toujours un coup à jouer avec la Chine, je pense.
Alain : C’est un pays en devenir économiquement, regarde, ne serait-ce que les Français, ce qu’ils essaient d’investir là-bas. Moi, je suis inquiet au niveau de la Tête de Moine par rapport au bouddhisme. Il y a déjà le problème du Tibet, alors si l’on met encore les moines chinois dans l’histoire, on est mal barré… Bon, ça c’est anecdotique !
Celle-là, elle me surprend un peu. Enfin voilà, c’était un beau sujet. On a quand même eu du plaisir à le faire et je crois que c’est bien puisque on a pu porter une analyse aussi bien sur le côté artistique de la chose avec un peu cette présentatrice qui se la joue un peu fort et le petit côté aussi économique, promotion de Pierre Kohler. Voilà pour ce sujet. Extra. Je crois d’ailleurs que la Miss Chine finalement, cela a été la numéro 9. Je ne sais pas si tu vois qui était la numéro 9 ?
Alain : Je connais « Quoi de 9 ? » c’est déjà pas mal !
Tu connais « Quoi de 9 ? » tu connais tout.
Merci Patrick, merci Alain, à tout bientôt.
Merci.
Après les Miss et les militaires de la caserne de Colombier, militaires qui étaient prêts à aller faire la guerre, vous avez pu vous en rendre compte. On va continuer sur le même sujet en allant nous à la rencontre de Lagger, mais pas celui ou pas celle que vous croyez, mais le chanteur suisse romand, Jacky Lagger qui lui est probablement le plus pacifiste de tous les Suisses romands. En tout cas, son look nous le fait croire. Pour parler de Jacky Lagger, Françoise Berthod, bonjour Françoise.
Bonjour Jean-Pierre.
Et Julien Pisenti, bonjour Julien.
Bonjour Jean-Pierre.
Alors Jacky Lagger, tout le monde, j’ai envie de dire, le connaît, parce qu’il a cinquante-six ans et cela fait déjà une éternité qu’il chante.
Des siècles.
Jacky Lagger qui était donc à Belmont dans la maison où il y a les jeunes de Boudry justement pour chanter quelques chansons. Alors, ce n’est peut-être pas tout à fait le style des chansons que vous aimez, Julien.
Julien : Non. Mais moi ce que j’ai bien aimé, c’est que Jacky Lagger, je l’écoutais quand j’étais petit.
Ah quand même.
Julien : Mais oui. Je le connaissais à peu près comme ça. Je ne connais pas ses chansons par cœur, mais j’ai trouvé cela excellent la rencontre comme ça que j’écoutais… Mes parents me disaient que j’écoutais cela quand j’étais petit et j’ai été le filmer et tout… J’ai trouvé cela excellent.
Mais c’est clair que Jacky, tout le monde l’aime bien. Beaucoup, presque deux ou trois générations le connaissent.
Julien : Beaucoup de générations et il a toujours des paroles qui disent bien ce qu’il pense. Il doit titiller bien des personnes et tout. Moi, je le trouve assez sympa comme personnage.
C’est vrai qu’il est un petit peu hors du commun. Il sort un peu des sentiers battus.
Julien : Si l’on regarde le fond de ses chansons, ce n’est pas que pour les enfants parce qu’il y a des paroles que les enfants ne comprennent pas très bien. Autant des adultes peuvent l’écouter que des enfants.
Oui, ça je pense. Et vous Françoise, qu’est-ce que vous en pensez ?
Françoise : Moi, j’aime bien son style. C’est quelqu’un de très chaleureux malgré tout. Il a un bon contact avec les enfants. Il arrive à faire chanter un groupe d’enfants comme on le voit dans le reportage à Belmont. Les enfants le suivent sans problèmes.
Et un look…
Julien : Il pourrait faire peur aux enfants.
Françoise : Oui presque.
Julien. : Avec sa petite barbe de couleur, ses cheveux, sa moustache, ses grandes lunettes, ses instruments de fou. Il pourrait faire peur aux enfants.
Et se la jouer encore comme ça. C’est clair quand on connaît un petit peu ce milieu, on sait que c’est dur d’être chanteur en Suisse romande et c’est dur de pouvoir gagner sa vie.
Françoise : Il ne veut pas grandir, il n’accepte pas de grandir.
Il n’accepte pas de grandir. On regarde vite le sujet avant d’avoir tout raconté et l’on se retrouve juste pour conclure sur Jacky Lagger.
Voilà après ces belles chansons de Jacky Lagger, on se retrouve avec Françoise et Julien. En effet, cela faisait plaisir de voir ces petits enfants répéter les refrains, jouer le jeu, danser.
Françoise : Il arrive à mettre une ambiance extraordinaire.
C’est un vrai plaisir. Et tout ce qu’a dit Jacky est intéressant. Enfin, on peut lui souhaiter de pouvoir chanter encore longtemps.
Fran4oise. : Il dit qu’il a encore à peu près cinq cents chansons en retard.
En retard. Ok. Il va encore pouvoir bercer nos petits-enfants.
Françoise : Exact oui.
Voilà. On passe peut-être aux brèves. Les expositions de la gare, Joël Perrenoud.
Julien : Voilà, il y a toujours et encore l’exposition de Joël Perrenoud à la gare dans le couloir. Il faut venir voir parce que c’est des photos qu’on n’a pas l’habitude de voir parce qu’elles ne sont pas sur la même hauteur qu’un photographe normal, parce que Joël Perrenoud est handicapé et prend toutes ses photos assis. Cela fait un point de vue différent qu’un photographe normal. Donc, il faut venir voir !
Très bien. L’appel est lancé et sous le toit…
Françoise : Sous le toit, toujours l’exposition de Denis Basset et Pierrette Dubois. Des paysages du Doubs.
Peintures à l’huile, je crois.
Françoise : Oui, exactement.
Très bien. Aussi une exposition qu’il faut absolument voir. On passe aux émissions de la semaine prochaine.
Françoise : La semaine prochaine, il y a un reportage sur la galerie de l’Enclume sur Mme Breguet.
Exactement, Isabelle Breguet, ça c’est Julien qui a fait le montage et le tournage.
Julien : Une artiste qui fait des petits points.
Très surprenante. Très jolie femme aussi. Et…
Françoise : L’interview de M. Rolf Bloch.
L’interview de M. Rolf Bloch.
Françoise : Tout à fait autre chose.
Ancien patron de la fabrique de chocolat Camille Bloch. Il s’est occupé aussi des fonds en déshérence. Peut-être le Juif le plus célèbre en Suisse.
Françoise : Et des images de la Fête des vendanges.
On finira avec le cortège de la Fête des vendanges. Des images un petit peu originales, prises depuis la tribune VIP, où l’on y verra Mme Perrinjaquet et M. le conseiller fédéral, Samuel Schmid.
Voilà, est-ce que l’on a tout dit, est-ce que l’on a oublié quelque chose ?
Julien : Non et si l’on a oublié quelque chose, il aura qu’à venir le dire sur le plateau la semaine prochaine.
Françoise : Voilà.
Exactement. Très bien, merci à vous et bonne fin de journée. Bonne semaine.
Françoise : Bonne semaine aussi.
Julien : Pareil.
Merci. Bonne semaine Mesdames, prenez bien soin de vous et Messieurs aussi et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod