« Quoi de 9 ? » 108 : du 19 au 25 février 2007
Madame, Mademoiselle, Monsieur, soyez les bienvenus sur Télé Objectif Réussir. Dans le cadre de notre émission « Quoi de 9 ? » de cette semaine, nous allons parler musique, mais aussi d’un château, celui de Valangin. Pour m’aider dans cette tâche, Alain Sunier.
Bonjour, bonjour.
Bonjour Alain. Tout d’abord, on va parler de ces trois jeunes que tu as reçus il n’y a pas longtemps, Kaella, DJ Cort-$ et R-Nestinho. Des passionnés, pas seulement de hip-hop, mais qui ont derrière toute une philosophie aussi.
Chaque année, ils ont pris la décision de faire un disque à thème. Le thème de cette année, c’était le respect parce qu’ils ont constaté quand même qu’au sein du mouvement hip-hop, il y avait pas mal de rivalités. Il y avait souvent des bagarres. Il y a eu quelque chose dernièrement à Fribourg pour ceux qui consultent la presse. Ils voulaient donc donner peut-être une autre image de leur mouvement.
Je pense en effet qu’ils ont raison. Kaella disait, dit pendant l’interview que c’était la presse qui avait donné une mauvaise image de leur mouvement, mais c’est vrai qu’ils ont des dérapages de temps en temps.
Il y a eu mort d’homme aux États-Unis. Deux bandes rivales se sont affrontées et il y a eu mort d’homme.
Mais quoi qu’il en soit, c’est certain que pour nos trois jeunes qui sont venus, on peut être sûr qu’eux, ils ont plein de bonnes intentions et…
De bonne volonté. Et en plus de cela, ils ont contacté des Dj’s ailleurs pour essayer de donner une image du respect pour la Suisse romande. C’était cela l’idée.
Très bien. On peut peut-être regarder ce sujet. Il dure presque une trentaine de minutes. C’est un long sujet et l’on y verra même des extraits de leur CD.
Voilà.
Très bien, vissez bien vos casquettes, c’est parti pour trente minutes !
Voilà. On est de retour sur le plateau de « Quoi de 9 ? » Intéressants, ces trois jeunes. La discussion, en tout cas moi, m’a beaucoup passionné, ces deux garçons, cette fille.
Il y a évidemment le leader, DJ Cort-$ qui s’est beaucoup plus exprimé que les autres. Mais moi, j’ai découvert un style que je ne connais pas, parce que je suis, comme je le dis souvent, un soixante-huitard attardé, donc je ne suis pas forcément les mouvements hip-hop, reggae et Cie qui existent maintenant.
Toi, tu en es resté à Sheila et Claude François.
Je suis resté scotché à Salvatore Adamo, Sheila et compagnie. Voilà.
Plein de styles de musique ont vu le jour depuis… C’est vrai, cela nous a fait plaisir de les recevoir. C’est vrai qu’on n’en parle pas assez de ces jeunes qui se bougent. On ne voit malheureusement que le côté négatif de notre jeunesse aujourd’hui, mais il y a quand même énormément de jeunes qui essaient de faire quelque chose. On l’a vu. DJ Cort-$ était venu une fois déjà ici jouer. Beaucoup de ses fans étaient venus aussi. Partout où il se déplace à Genève, à Lausanne, ils ont des admirateurs, ils font leur chemin quand même avec cette musique.
Ils font leur chemin. La concurrence est rude, c’est clair et net. Mais en prenant des initiatives comme celles qu’ils ont prises, cela leur permet de se faire connaître dans d’autres cantons. Il est dit dans l’interview que c’est difficile de sortir de Neuchâtel. Donc, ils ont de la peine à s’exporter. Là, en ayant pris notamment Chakal, Solo Dos, Erikson.
Des Fribourgeois, des Genevois…
Ils élargissent leur champ finalement.
DJ Cort-$ a dit quelque chose d’intéressant quand il a dit qu’il voulait faire quelque chose pour que sa mère ait du plaisir aussi à l’écouter. Sous-entendu les gens de notre génération.
Ils essaient de viser plus large. Ca c’est clair, parce que c’est très longtemps resté un mouvement confiné dans l’anonymat quasiment.
Dans l’anonymat. Il n’y a pas longtemps, lorsque nous avons tourné un sujet à Belmont tout près d’ici, des jeunes étaient venus faire de l’enseignement du hip-hop. On sentait qu’il y avait quand même une certaine règle, une discipline chez eux. Ca ressemble à un club de gymnastique avec un prof qui lui apprenait. Ce n’est pas si simple que cela non plus.
Non. Ce n’est pas du n’importe quoi, n’importe comment. Il y a eu une philosophie.
De 1968 à aujourd’hui, il y a eu des mouvements qui étaient bien plus simplistes.
Oui. C’est clair et net. Moi, je ne les ai pas en mémoire, mais… Ce que j’ai en mémoire, c’est Woodstock, les Hippies, mais il y a eu toute une évolution, reggae par exemple dans les années septante. Il y a plusieurs styles de musique qui ont cohabité dans ces années-là, ce qui est le cas aussi aujourd’hui. Je voyais ce matin une émission concernant une jeune fille de vingt-sept ans qui fait de la chanson française comme se faisait la chanson française à l’époque d’un Brel ou d’un Brassens. Il y a donc vraiment toutes les tendances qui se dégagent gentiment.
Quand on écoute un petit peu les textes aussi de ces rappeurs, il y a de la revendication.
Cela c’est clair.
Mais rien de nouveau, rien de d’extraordinaire. Si l’on prend, les chansons de Georges Brassens, c’était tout aussi fort, tout aussi violent. Des chansons de Brassens avaient été dans les années septante censurées sur Europe 1, pas forcément plus que les musiques d’aujourd’hui.
Non, c’est clair. Ce qui change, moi, je marque une différence fondamentale, dans le sens où un Brassens ou un Brel ont fait de la poésie. En revanche, je ne trouve pas que ce soit très poétique, que le hip-hop soit très poétique. Ca, c’est ma culture.
C’est l’instituteur qui parle.
C’est l’instit qui fait son épais.
C’est vrai qu’ils ont des textes qui ne sont pas…
C’est un peu simple.
C’est un peu simple, ce n’est pas un exemple. Enfin, cela vient de quoi ? Cela vient de ces mélanges de population aussi.
Absolument. Là, il y a plusieurs cultures qui cohabitent, puisque R-Nestinho est Brésilien, Kaella est Portugaise.
Et DJ Cort-$ est de Cortaillod.
Et Cort-$ est de Cortaillod.
C’est vrai que toutes les nationalités se mélangent. Quoi qu’il en soit, on aura l’occasion de les retrouver, déjà parce qu’ils sont de la région et c’est notre devoir en tant que télévision sociale et culturelle de leur donner la parole.
Exactement.
Alors, on en reste peut-être là pour aujourd’hui en espérant, à la fois les retrouver bientôt, pour un autre CD sur un autre thème.
Peut-être un petit coup de pub pour eux. Voilà le CD.
Qu’on peut trouver dans tous les grands magasins de musique. Très bien. Merci Alain pour toutes ces explications. On se retrouve dans quelques secondes pour parler de tout autre chose.
Tout autre chose. On change de siècle.
On change de siècle.
« Quoi de 9 ? » continue, toujours avec Alain Sunier. On connaissait tes dons et tes talents pour parler de sport, de football, de hockey sur glace, de musique hip-hop tout à l’heure, mais tu es aussi un grand historien.
C’était l’une de mes branches préférées à l’école, effectivement.
C’est un vrai bonheur de venir sur le sujet du Château de Valangin avec toi. Ce magnifique château. C’est vrai finalement, je parle peut-être pour moi, je ne l’avais plus visité depuis une trentaine d’années et je pense que beaucoup de Neuchâtelois et beaucoup de Chaux-de-Fonniers passent peut-être même tous les jours sur le pont de Valangin sans forcément s’y arrêter.
Oui.
Et c’est un château qui en vaut vraiment la peine.
Moi, j’ai eu l’occasion, à l’École Normale, de faire une semaine à l’intérieur des murs de Valangin et du château. C’est digne d’une visite. Vraiment, j’ai beaucoup apprécié cette semaine-là à parcourir ces salles très très bien meublées par les soins de la Société d’histoire et d’archéologie neuchâteloise, qui a repris en 1894 le musée du château.
Un beau château, c’est vrai. Il est resté presque comme à l’origine à l’intérieur. Ce n’est pas vraiment devenu un musée comme on pourrait l’entendre.
Il faut tenir compte de quelques éléments qui sont importants, notamment l’incendie qui a détruit l’ancien château en 1747. Il a été reconstruit. Il a été transformé en prison par la suite, puis il y a Marie de Bourbon qui a décidé de racheter la Seigneurie, donc la fonction prison a cessé. Il y a eu quelques personnages célèbres qui ont habité là. Un Jean III d’Aarberg qui était connu dans toute l’Europe pour sa vaillance dans les tournois et un homme qui a laissé un splendide édifice, c’est Claude d’Aarberg qui en 1505 a fait construire la Collégiale. D’ailleurs, on retrouve encore son tombeau à l’intérieur de la Collégiale.
Et actuellement… Il est toujours visité, on l’a vu. Il s’y passe aussi des expositions temporaires. On en a vu de très très belles l’année passée, notamment pendant cette période sur le thème neuchâtelois. Il y a eu cette petite fête justement dont on va voir maintenant le sujet qui avait été organisée par la conservatrice du musée, Mme Françoise Bonnet Borel qui a cette idée, je trouve assez intéressante, de faire « Portes ouvertes », le dernier jour avant la fermeture jusqu’au 1er mars, date de la réouverture. Cette année, c’était sur le thème de la courge. C’était assez intéressant et des petits enfants pouvaient apprendre à couper des courges à l’intérieur. On verra tout cela. Des dentellières sont aussi venues, c’est une spécialité aussi du Château de Valangin.
C’est une tradition.
Les dentellières de Valangin.
J’ai une petite anecdote d’ailleurs. Il y avait non seulement des dentellières, mais ils faisaient des indiennes à Valangin et j’ai une petite anecdote. J’ai lu un texte à l’époque où c’est un règlement. Ils lavaient le chanvre en amont du château. Donc, ils préparaient le chanvre en amont du château et il y avait une loi qui disait qu’il était interdit de boire l’eau qui coulait en aval de l’endroit où l’on nettoyait le chanvre à cause d’effets pernicieux. Alors, cherchez les effets pernicieux. Moi, je ne les connais pas !
C’était interdit de boire…
De boire l’eau du Seyon, parce qu’ils lavaient le chanvre et les gens se retrouvaient évidemment dans un drôle d’état lorsqu’ils avaient consommé l’eau en aval de l’endroit où il lavait ce chanvre.
Le problème n’est pas d’aujourd’hui.
Ce n’est pas du nouveau.
Enfin. On va peut-être regarder ce sujet et ensuite on revient ici pour en parler un petit coup.
Cela joue.
Alors à tout de suite.
Voilà. On redescend de Valangin ici à la gare de Bevaix. Alors, encore quelques petits points historiques importants ?
Il y a deux ou trois choses encore importantes. Il y a notamment à savoir que le premier château – on parle de ce château au XIIème siècle, c’est la première fois qu’il apparaît quelque part. Il faut peut-être aussi dire que Valangin, la Seigneurie de Valangin régnait sur le Val-de-Ruz et les Montagnes neuchâteloises. Elle se posait en rivale du Château de Neuchâtel.
Du Château de Neuchâtel.
Ce que l’on peut encore souligner, je trouve assez impressionnant, l’ancien château avait deux murs d’enceinte, onze tours, un cellier et une chapelle. Chapelle qui a été détruite d’ailleurs que l’on ne retrouve plus et cela donne une idée de l’ampleur de la bâtisse de l’époque. Deux murs d’enceinte de plusieurs mètres.
Il se trouvait à un endroit clé aussi.
Absolument. C’est un endroit stratégique dans le sens où c’est l’ouverture vers le Val-de-Ruz.
Pas tellement le choix pour y aller autrement et depuis le Château, je pense…
Il domine toute la région, ça c’est clair.
Pour canarder les Neuchâtelois qui voulaient monter, c’était assez facile.
C’était unique.
D’accord. Merci Alain pour toutes ces explications.
Pas de quoi.
On se réjouit de t’entendre sur un autre sujet historique ou musical, pourquoi pas ?
Ou autres…
Très bien. Merci. À tout bientôt.
Merci à toi.
On termine ce « Quoi de 9 ? » avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.
Bonjour Jean-Pierre.
Pour une petite rubrique culturelle interne avec nos deux nouvelles expositions, non…
Non, pas vraiment nouvelles. Toujours la même chose.
Au rez-de-chaussée.
Joël Perrenoud avec des photos magnifiques de la Norvège et Julien Pisenti avec ses insectes.
Avec des photos d’insectes. D’accord. Une exposition à visiter encore pendant quelques semaines.
Oui.
Bousculez-vous, cela va bientôt partir. Julien dit qu’il va bientôt exposer au Bar King à Neuchâtel. Et à la galerie Quint-Essences chez notre amie Anaïs Laurent.
Là, c’est bientôt la fin. Il faut aussi vous dépêcher. Exposition de Dennis Esteves, peintre brésilien.
Peintre brésilien.
Plutôt tendance Picasso, vraiment tendance Picasso, cubisme.
Et il est accompagné par un autre artiste.
Oui. Un artiste bevaisan, Michel Buhler, qui fait de la gouache et des statuettes en terre cuite.
Des statuettes qui ont eu beaucoup beaucoup de succès et qui ont été vendues. Alors, si vous voulez venir les admirer, c’est le tout dernier moment.
Oui, parce qu’à la fin du mois, c’est fini.
Comme nous avons encore quelques minutes, peut-être rappeler à nos téléspectatrices et téléspectateurs que toutes nos émissions peuvent être vues sur Internet. Il vous suffit de taper : www.objectifreussir.ch, parce que, selon une petite statistique interne que nous avons faite, nous avons déjà quand même réalisé en une année plus de deux cent cinquante émissions. On peut donc imaginer qu’une ou deux vous aurait donc échappé.
Voilà, c’est fini pour ce « Quoi de 9 ? ». Merci Françoise de m’avoir aidé.
Merci à vous. Bonne semaine.
À tout bientôt. Prenez soin de vous. Prenez soin de vous Mesdames et Messieurs et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod