« Quoi de 9 ? » 111 : du 12 au 18 mars 2007
Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour et bienvenue sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Cette semaine comme toutes les semaines, notre équipe a préparé pour vous soixante minutes d’émission, dont une émission très sociale que j’aurai le plaisir de présenter avec Alain Sunier, salut Alain.
Salut Jean-Pierre.
Et ensuite, nous irons faire une petite balade dans un village de la région avec Julien Pisenti. Donc, une émission très sociale pour commencer. En effet, tu as souhaité nous présenter une association qui n’est pas connue. En tout cas nous, nous ignorions complètement son existence.
Exact.
Et pourtant, elle existe depuis 1974, c’est quand même…
C’est trente ans d’existence.
Cela fait trente ans d’existence et nous, on a décidé d’en parler. Enfin, tu as décidé d’en parler. Pour cela, tu as rencontré une des membres du comité, Mme Catherine Rousson.
Exactement. Elle a accepté de se déplacer ici pour nous parler effectivement d’une association qui est méconnue. Moi, en vingt ans d’enseignement, je n’en ai jamais entendu parler alors que les écoles et les instits sont peut-être les premiers concernés. Une association dont le but est de décharger les parents par rapport aux problèmes qu’ils pourraient rencontrer et dans la prime enfance avec leurs enfants et plus tard. C’est basé sur le principe de l’anonymat, c’est par téléphone. Il n’y a pas de rencontres directes et cela permet aux parents qui connaissent des problèmes, 90% de femmes d’ailleurs téléphonent, très très peu d’hommes. Cela leur permet de se vider, peut-être de se recentrer par rapport à un problème qui les dépasse au niveau familial.
Cela fonctionne en effet, comme tu l’as dit, un peu comme la « Main Tendue », qui elle, est beaucoup plus connue. Les gens peuvent téléphoner, rester anonymes et à l’autre bout du fil, des gens vont les écouter.
Attention, des gens… pas n’importe quelle personne aussi dans le sens où l’une des obligations, la première, c’est d’être parents eux-mêmes. Partant de l’idée que s’ils ont connu des problèmes familiaux avec leurs enfants, ils seront plus en mesure de les comprendre que quelqu’un qui n’a pas eu d’enfant.
Rien ne vaut l’expérience pour aider les autres sur un problème ou sur des problèmes connus. On pourrait peut-être regarder ce sujet. Cette longue discussion que tu as eue avec cette très charmante personne.
Absolument.
Et l’on pourra développer un petit peu plus après cette problématique que rencontrent les parents avec leurs enfants aujourd’hui. Alors, on se retrouve tout à l’heure avec Alain Sunier.
Voilà, on se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » toujours avec Alain. Alors, on a entendu Catherine Rousson parler, on voit que c’est une femme qui a beaucoup d’expérience aussi.
Elle est mère de famille, il ne faut pas l’oublier et je crois qu’elle est très très proche de ses enfants, même si elle a maintenant des enfants qui sont grands. Lors de la préparation de l’interview, elle me confiait que son instinct maternel joue quand même un rôle dans son engagement actuel.
Voilà. Moi, je reste complètement choqué que l’on ne connaisse pas plus cette association. Cela me perturbe énormément quand on sait les problèmes que rencontrent aujourd’hui les parents.
C’est bien clair que… je pense que c’est une question d’évolution. On constate dans l’interview que par exemple, il n’y a pas eu recrudescence d’appels, alors qu’on a l’impression que les jeunes notamment sont plus difficiles à manier, plus difficiles à gérer aujourd’hui. C’est, je pense pour le début, le départ, c’était les belles années. Les parents ne connaissaient pas de problème économique. Il y avait du travail pour tout le monde puisqu’on démarre en 1974, situation qui a considérablement changé aujourd’hui. On pourrait attendre qu’il y ait plus d’appels auprès de « Parents Information », ce qui n’est pas le cas.
Je ne veux pas répéter tout à fait ce que j’ai dit avant, mais s’il n’y a pas plus d’appels, c’est que l’on ne les connaît pas et que pour se faire connaître, il faut de l’argent ou à la limite des médias qui s’intéressent à eux, ce qui visiblement n’a pas été le cas.
Cela n’a pas été le cas. Moi, je n’ai jamais vu une émission concernant cette association. Donc cela veut dire qu’il n’y a pas eu de couverture médiatique. Quand on connaît aujourd’hui l’importance des médias et de la couverture médiatique, on peut quelque peu s’interroger.
En effet, tu disais 1974, c’est vrai, je n’ai pas fait le rapport, mais on était dans les belles années.
Nous étions jeunes et beaux !
C’était juste après mai 1968. C’est vrai qu’à cette époque, il n’y avait probablement pas plus de deux cents chômeurs en Suisse, que la toxicomanie, oui, on commençait un petit peu d’en parler, mais ce n’était pas ce que nous connaissons aujourd’hui. Par contre aujourd’hui, c’est vrai que l’on rencontre rarement des parents qui nous disent ne pas avoir de gros problèmes avec leurs enfants.
D’après moi, il y a des explications. Il est vrai qu’aujourd’hui, on a de plus en plus de familles monoparentales, ce qui n’était pas le cas en 1974-1980. De plus en plus de familles recomposées, ce qui n’était pas le cas en 1974-1980 et de plus en plus de familles dont le père et la mère doivent travailler s’ils entendent avoir une vie décente, ce qui n’était pas le cas non plus dans les années 1974-1980. Je me souviens que ma mère travaillait à domicile, mais à 50%.
Mme Rousson nous a donné des explications. On sent qu’elle a de l’expérience, c’est une mère de famille qui a travaillé et qui travaille encore dans cette institution, mais toi, tu peux déjà avoir un avis. Tu as été instituteur pendant pas mal d’années, donc tu as dû voir une certaine évolution aussi. Si les enfants posent des problèmes aux parents, ils en posent peut-être à leurs instituteurs.
Les instituteurs ont maintenant de gros problèmes pour savoir dans quel registre ils doivent évoluer. Moi, ce que j’ai constaté lors des dernières années où j’ai enseigné, c’est qu’avant d’enseigner on doit éduquer. Ce qui n’était pas forcément le cas avant. Il y a tout un travail pour que les élèves qu’on a en face de nous se rendent compte qu’ils ne sont pas seuls sur terre, qu’il y a de la tolérance à avoir. Il y a de l’écoute à avoir, l’écoute est importante. Il y a de la communication à avoir et il y a une forme de régression maintenant à ce niveau-là, c’est le chacun pour soi ou le chacun sa bande. Il y a un changement quand même assez fort.
Tu nous dis que les enfants maintenant quand ils arrivent à l’école, ils ont été nourris, mais pas encore éduqués.
Exactement. Malheureusement trop souvent. Mais il ne faut pas jeter la pierre aux parents dans le sens où comme je l’ai dit tout à l’heure, ils sont aussi pris dans un stress quotidien. Je ne pense pas qu’il soit évident pour eux de se confier et dire leur constat d’échecs. On n’aime pas vraiment faire un constat d’échecs pour soi-même et là, il y a une évolution aussi dans les appels, puisque les problèmes avec les adolescents sont quand même plus marqués aujourd’hui qu’il y a trente ans.
D’où les difficultés que rencontrent les instituteurs et les difficultés que rencontrent les parents avec leurs enfants.
J’ai quelques collègues qui régulièrement, en avril, mai partaient faire une cure parce qu’ils étaient en dépression. Ils ne supportaient plus le voyage. C’est quelque chose que je n’ai pas vu quand j’ai fait ma scolarité.
Enfin voilà un sujet sur lequel on risque bien de revenir encore et encore.
Bien sûr.
Dans le cadre de nos émissions.
Puisque n’oublions pas que la jeunesse, c’est notre avenir. Nous, on a déjà passé la gare de Bevaix !
Sur ces considérations hautement philosophiques, je ne peux que te remercier pour cet excellent entretien et te dire, à bientôt.
À bientôt Jean-Pierre.
Merci Alain.
Merci.
Après ce sujet bien sérieux que nous avons traité avec Alain Sunier, on vous propose maintenant une petite balade dans un village de la région et pas n’importe quel village, puisque c’est celui où Julien Pisenti, bonjour Julien.
Bonjour Jean-Pierre.
Vous habitez. Dire que vous êtes un pur Saint-Aubinois avec votre nom, je ne sais pas si vraiment on peut le dire.
Non et en fait je ne viens pas vraiment de Saint-Aubin. Je suis né à Saint-Aubin, mais je viens du village à côté, Gorgier. Mais j’ai grandi à Saint-Aubin, j’ai toute ma famille à Saint-Aubin, donc je connais bien le sujet.
Donc on peut dire que vous êtes un Saint-Aubinois.
Presque. On pourrait dire un Putois.
D’accord. Je ne vous demanderai donc pas pourquoi, d’où vient le mot.
Je crois que c’était des histoires au Moyen-Age, des conflits de villageois et tout.
C’est souvent comme cela.
Oui.
Les images que nous allons vous présenter ont été tournées spécialement au port. Très joli port que je ne connaissais pas vraiment non plus avant d’y avoir été faire ces images.
Il a été rénové il y a une vingtaine d’années. Ils l’ont agrandi et ils ont refait la salle de spectacles et les terrains de foot.
Cela a l’air d’être assez dynamique.
C’est super dynamique, ça bouge pas mal l’été. Il y a du monde à la plage. On a du beach volley, un terrain de foot, des pistes de pétanque. Il y a toujours du monde en été.
J’ai vu un club de voile qui me paraît assez…
Il y a le CVB, le club de voile de La Béroche qui eux organisent une fois par année la Coupe du lac qui est au port de Saint-Aubin. C’est une course pour les monocoques et les multicoques qui rejoint de Grandson à Neuchâtel en partant de Saint-Aubin et en rejoignant Saint-Aubin après.
C’est une longue course.
Cela fait à peu près le tour du lac et c’est organisé par le club de voile de La Béroche.
D’accord. On peut peut-être regarder ces images.
Voilà.
Ensuite, on reparlera un petit peu de ce qui se passe en dessus.
En dessus de l’eau.
Au-dessus de la flotte, alors à tout à l’heure.
À plus.
Voilà on se retrouve avec Julien. Donc après avoir vu des canards, des cygnes, on va parler des putois.
On va parler des putois, plus précisément les habitants de Saint-Aubin qui se trouve dans l’agglomération du village de la Béroche qui vient du mot « paroisse », parce que c’était sous le signe d’une abbaye au tout début. C’est pour cela que le temple de Saint-Aubin qui est aussi un monument de Saint-Aubin. Une fois par année, ils font une rencontre, une réunion de tous les Saint-Aubin, autant de France, de Suisse.
D’accord.
C’est une fois par année, cela a lieu l’été dans un Saint-Aubin qui les accueille.
Les gens se déplacent volontiers…
Les gens se déplacent et l’on se retrouve facilement avec 1'500 à 2'000 personnes dans l’une de ses petites manifestations. Cela a l’air de bien marcher.
Qu’est-ce que l’on pourrait dire d’autre sur le village ?
Sur le village en lui-même. Il se situe à l’ouest du canton de Neuchâtel, que son point le plus bas est à 429 mètres et le plus haut culmine juste à côté du Creux-du-Van à 2'400 mètres, non à 1'436 mètres. Je me suis planté !
Sinon, l’on pourrait y faire du ski.
Non il n’y a pas encore de neige.
Une question qui m’intéresse puisque vous habitez le village. Est-ce que c’est un village qui a vraiment encore un esprit village ou c’est une cité dortoir ?
Avec le temps, c’est un peu devenu cité dortoir puisqu’il y a délocalisation. Les gens vont plus facilement travailler en ville, mais il y a quand même deux ou trois petits trucs qui bougent. Il y a une braderie une fois par année. Il y a des ventes, il y a pas mal de trucs qui bougent.
Il y a une jeunesse qui crée des fêtes encore comme cela se fait dans le canton de Fribourg ?
Cela se fait un peu moins que dans le canton de Fribourg. Là, c’est plutôt des associations comme les dames paysannes, des trucs comme cela. Ce n’est pas vraiment super jeune, mais il y a des jeunes qui bougent autant dans le milieu artistique ou comme cela.
Des clubs sportifs aussi.
Il y a des clubs sportifs qui se partagent pas mal avec la commune de Gorgier. Il y a du tennis, il y a une piste de BMX aussi où il y a les kamikazes qui sont pas mal forts au championnat d’Europe. Autrement, il y a des clubs comme le CVB, club de voile, et il y a pas mal de parcours pédestres.
D’accord. Autrement dit, c’est un village dans lequel il fait bon vivre.
Oui. Il fait bon y vivre.
D’accord. À vous voir, on a l’air d’y être heureux aussi.
Moi, je suis super heureux.
Merci pour toutes ces explications.
Pas de problèmes.
Et à tout bientôt pour un autre sujet.
D’accord.
Merci Julien.
À la prochaine.
Voilà. On termine ce « Quoi de 9 ? » avec, j’allais dire comme d’habitude, avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.
Bonjour Jean-Pierre.
Pour parler des expositions d’abord peut-être qui se passe ici au rez-de-chaussée.
Oui au rez-de-chaussée, l’exposition de Joël Perrenoud avec des photos sur la Norvège.
Voilà.
Toujours les mêmes photos.
Et Julien Pisenti toujours…
Julien avec les photos d’insectes.
Toujours des photos d’insectes.
On peut aussi voir les photos de Julien au Bar King.
À Neuchâtel, où il expose également ses photos d’insectes. Et à la galerie Quint-Essences, sous le toit de la gare ici à Bevaix, un peintre australien.
Des peintures à l’huile de M. John Richard Philips. Des grands tableaux, mais pas une obsession mais presque, de l’eau, de l’eau.
Des images de l’eau, de la mer. Une belle exposition qu’il faut venir voir. Voilà pour les expos. Les émissions peut-être de la semaine prochaine qui sont en préparation.
Une interview de M. Denis Stoller, vendeur.
Un de nos vendeurs qui vend notre journal Objectif Réussir.
À Lausanne.
À Lausanne. Il nous racontera son parcours de chômeur.
Assez poignant d’ailleurs sa trajectoire de vie.
Assez poignant et un autre sujet un peu plus relax.
Le carnaval des Bolzes à Fribourg.
Qui se passe dans la vieille ville de Fribourg.
Beaucoup de Guggenmusik.
Des Guggenmusik, des enfants, des associations locales aussi. Cela, c’est un sujet qui a été monté par Myriam Tellenbach et un troisième sujet.
Les éoliennes du Mont-Soleil. Un sujet monté par Cesar Evora.
Voilà donc le menu pour la semaine prochaine. Très bien. Merci Françoise pour toutes ces explications.
Merci à vous, bonne semaine.
À très bientôt. Bonne semaine. Bonne semaine à vous aussi Mesdames et Messieurs, prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod