« Quoi de 9 ? » 113 : du 26 mars au 1er avril 2007

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, soyez les bienvenus sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Nous vous proposons cette semaine de vous amener à Boudry, puis dans la région d’Avenches pour revenir ici à la gare de Bevaix pour parler de la galerie Quint-Essences. Pour m’aider à préparer l’émission, notre fidèle collaborateur, Alain Sunier, salut Alain.

Salut Jean-Pierre.

 

Tu vas nous présenter aujourd’hui, on peut dire, deux personnages de la région, Mme et M. Carla et Raymond Aeby. Je dis des personnages, parce que c’est vrai qu’ils sont bien courageux pour avoir monté ce qu’ils ont monté à Boudry.

Oui, ils ont monté un spectacle qui a fait un tabac qui s’appelle « Coup de soleil ». Il a fait un tel tabac qu’il y aura trois supplémentaires. Pour les intéressés, les 21 et 22 avril et 2 mai à 19h00 qui est une heure qui n’est pas forcément commune, on dira.

 

Je crois que l’on peut dire qu’il est conseillé de réserver les places.

Oui, parce que c’est relativement petit. On met une centaine de personnes à Boudry. Les gens qui seraient intéressés ont meilleur temps de réserver.

 

Il suffit de se rendre sur leur site Internet. C’est très facile de réserver des billets. Ce qu’ils ont donc fait à Boudry, c’est plus qu’un théâtre.

C’est un centre multiculturel, puisqu’il y a aussi du cabaret, il y a une cafeteria ou une cantine. Le lieu est convivial, le lieu est pluriculturel et je trouve que c’est méritoire quand on sait que la culture, aujourd’hui, bat un peu de l’aile.

 

On va se rendre sur notre petit plateau avec tes deux invités et l’on se retrouve pour parler de la culture en général juste après.

 

 

Voilà. On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » toujours avec Alain.

Tu as eu du plaisir à les interroger. C’est allé tout seul.

C’est allé tout seul. C’est des gens de spectacles, c’est des gens qui ont de la facilité à s’exprimer. Il ne faut peut-être pas oublier que ce n’est pas leur première année en tant que réalisateur et actrice, puisqu’ils font partie de la Compagnie des Amis de la scène, troupe qui est née à Saint-Blaise au départ et qui a été maintenant, qui s’est établie à Boudry.

 

Ce que l’on a eu entendu, c’est peut-être la troupe la plus professionnelle. Ce ne sont pas des professionnels, mais la façon de travailler la plus professionnelle du canton.

C’est des gens qui ont une infrastructure qui est quand même assez importante dans le sens où il y a cinquante bénévoles qui se consacrent au son, à la lumière, mise en scène, costumes, à tout ce qu’implique le théâtre. Cela c’est une chose. La seconde chose, c’est que ce sont des gens qui sont amoureux de ce qu’ils font et le fait d’avoir cette passion peut expliquer peut-être beaucoup de choses et surtout tout leur plaisir d’en parler.

 

À les écouter, c’est vrai que ce n’est pas facile de faire venir du monde.

Voilà. On a eu le cas, lorsqu’ils sont venus ici, de Pierre Miserez qui devait se produire le vendredi et le samedi et finalement, ils ont dû annuler le spectacle parce qu’il n’y avait pas assez de réservations. Je pense que les gens hésitent maintenant beaucoup plus à aller au théâtre, à se rendre au théâtre qu’avant. C’est peut-être lié au phénomène économique aussi.

 

Mais c’est bien dommage. J’ai eu le plaisir de pouvoir visiter justement la salle de théâtre l’autre jour. Il y a une proximité entre…

C’est assez intime, je pense.

 

Oui parce qu’il y a une centaine de places, je crois. Pas beaucoup plus. Celui qui est assis le plus loin de la scène se trouve même pas à huit mètres ou dix mètres. Les spectacles doivent être magnifiques pour un one man show comme le fait Miserez.

Et ils sont en train de préparer un événement à mes yeux en tout cas pour avoir vu le film d’Ettore Scola, ils sont en train de préparer le Bal. Cela veut dire que depuis octobre, ils prennent des cours de danse et ils vont retracer cinquante ans de la vie neuchâteloise, Neuchâtel et ses environs à travers cette pièce de théâtre.

 

Enfin, j’espère que cette pièce aura du succès. « Coup de soleil » a déjà un immense succès. Je pense que celle-ci

Pour ceux qui ont vu le film d’Ettore Scola, je pense qu’ils vont se précipiter, parce que c’est vraiment un morceau de cinéma absolument fabuleux. En tout cas, à mes yeux. Je signale quand même qu’ils cherchent du monde, pas forcément des professionnels du son et de la lumière. Les gens qui seraient éventuellement intéressés peuvent les contacter.

 

D’accord. Encore une fois, on trouve les adresses sur leur site Internet. Très bien. Merci Alain pour toutes ces explications.

Pas de quoi.

 

On se retrouve dans quelques minutes pour parles des événements qui se passent ici à la gare de Bevaix.

 

 

On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » avec deux de nos collaborateurs que vous connaissez déjà, César Carrasco, bonjour César.

Bonjour Monsieur.

 

Et Patrice Mojonnet, salut Patrice.

Salut Jean-Pierre.

 

Nous avons réalisé tous les trois un sujet dans la région d’Avenches sur une petite colline qui domine Avenches, qui s’appelle le point de vue ou le Signal de la Reine Berthe. J’ai eu le plaisir de faire les images et César a fait le montage et toi, Patrice, tu as fait la musique. Je peux peut-être situer, pas Avenches, parce que je pense que tout le monde connaît, mais cette petite colline qui est réputée où la Reine Berthe, pour ceux qui ne le sauraient pas, a vécu à peu près 900 ans après J.-C. C’était une femme très très riche. Elle a construit presque toutes les églises, toutes les abbatiales de la région, de Payerne à Avenches mais également dans le canton de Fribourg et même dans le canton de Neuchâtel. Elle s’est mariée à Colombier.

Un montage que César a fait. Assez original, parce que c’est peut-être les seules images où l’on voit de la neige cette année.

César : Oui. Il y a très peu de neige. Mais vous avez sauvé le chapeau là, il y en a un peu.

 

Sinon on n’aurait pas eu une seule image sur Télé Objectif Réussir avec de la neige. Cela a duré juste le temps d’un week-end. C’était…

Ah bon.

 

Il me semble que c’est le seul jour où j’ai vu de la neige en plaine. Vous avez essayé de reproduire finalement la promenade.

Oui mais cette fois, il y a eu des petites prises que vous avez faites. Vous m’avez dit que vous n’avez pas fait exprès, mais ce sont juste des petites prises qui ont donné un schéma plus droit dans l’histoire pour commencer avec le chemin, le début du chemin et quelqu’un qui marchait, mais c’était seulement les pieds qui étaient filmés et ils rentraient dans la forêt. C’est de la magie, la neige et des sculptures de bois. Il y a de la magie… L’histoire de vos images, elles se marient comme je le disais avec des sculptures de bois et les arbres. Mais, il y a aussi des prises où l’on pouvait reprendre les mêmes qui s’éloignaient et qui s’approchaient. Aussi votre idée, je ne sais pas si c’était exprès ou pas, c’est la femme d’un monsieur qui s’assied dans un parc. Alors depuis l’entrée jusque là, cela m’est venu l’idée d’après un clip où la personne dans le clip ne fait que marcher toute la durée. D’un côté, c’est magnifique. Des fois, on laisse de côté les prises les moins importantes, parce qu’on croit, on vire tout à coup tout ce qui bouge un peu mais c’est marrant parce que des fois, ces petits trucs que l’on croit qui servent à rien, cela peut donner vraiment la touche du film.

 

Le travail du monteur, c’est vraiment un travail de metteur en scène comme vous l’expliquez. Vous pouvez presque raconter une histoire autrement, vous racontez l’histoire comme vous le voulez. Vous pouvez modifier l’histoire avec le montage.

Oui.

 

C’est vrai que c’est une forêt un petit peu spéciale. Déjà parce qu’elle porte une histoire, celle de la Reine Berthe, mais c’est aussi une forêt qui a beaucoup souffert lorsqu’il y a eu la tempête qui avait fauché tous ces arbres en Suisse romande il n’y a pas longtemps. On voit encore des traces.

Patrice : C’était Lothar.

 

C’était Lothar. Je cherchais le nom. Voilà le spécialiste de la météo ! Comment tu as fait pour coller la musique qu’il fallait… Est-ce que c’est César qui t’a donné l’idée, est-ce que c’est toi qui as proposé une idée à César, puisque c’est toi qui as réalisé la musique.

On a travaillé ensemble pour la musique. César demandait du piano, alors j’ai tout calqué sur le son piano avec soit des accords, soit des mélodies en fonction de l’image qui s’est déroulée sous mes yeux.

 

La musique a une immense importance.

La musique a une immense importance, parce que s’il n’y a pas de musique, il n’y a rien. C’est cela.

 

Cela peut mettre une bonne ou une mauvaise ambiance, quelque chose de gai, de triste.

Oui. Alors là, on a cherché le gai et César me dictait en fait quelle sorte de tempo il voulait. Alors, tout en jouant, je faisais ce que César me disait.

 

Justement puisque tu parles de César, une question à César : Pourquoi avez-vous souhaité qu’il joue du piano plutôt qu’autre chose ?

Avant tout, l’instrument acoustique et surtout le piano, je trouve qu’il se marie toujours avec les choses, dans un sens, on pourrait appeler, mystérieuses.

 

Un simple morceau de piano pour vous, c’est plus fort, c’est plus riche.

Oui, c’est ce que je crois.

 

Extra. Ecoutez, on va peut-être regarder ce sujet. En tout cas, je vous remercie pour l’excellente collaboration qu’il y a eue entre vous pour réaliser ce sujet. On se retrouve juste après pour parler d’un sujet encore un petit peu plus grave avec Patrice. En attendant, merci César, merci Patrice et à tout à l’heure.

Merci.

 

 

Après cette magnifique balade à Avenches, Patrice, tu as souhaité dire quelques mots sur la problématique de la pauvreté, de l’exclusion en Suisse avec des chiffres et je crois que c’est bien de temps en temps de les rappeler.

Oui. Il faut se rendre à l’évidence que La Suisse est un pays riche, tout le monde le dit, tout le monde le convoite, mais en fait, la Suisse cache, c’est une tradition, la Suisse cache sa pauvreté. Mais il faut savoir que d’après la dernière conférence de Caritas, sur sept millions d’habitants en Suisse, il y a un million de gens qui sont pauvres. Il y a trois cents milles working poor, c’est-à-dire des travailleurs qui travaillent en-dessous du salaire minimum vital. Au chômage, il y a actuellement 121 725 personnes qui sont au chômage et les demandeurs d’emplois, ils sont 197 414 actuellement enregistrés à l’Office du chômage.

 

Tu as raison de rappeler ces chiffres. On nous trompe en effet quand on nous dit que la reprise est au rendez-vous. Le nombre de chômeurs, il baisse. En réalité, ces chômeurs n’ont pas trouvé du travail. Ils se sont tout simplement retrouvés soit à l’aide sociale, soit dans une activité qui les font sortir du chômage, mais qui n’empêche pas qu’ils vivent au-dessous du seuil de la pauvreté.

Voilà. À l’aide sociale, en 2004, on compte 220 000 personnes, mais je pense qu’en 2007, ce chiffre monte à 400 000.

 

C’est bien, je crois, de lancer de temps en temps un caillou dans la mare de cette façon-là, de rappeler ces chiffres et je pense en effet que c’est aussi le rôle de notre télévision de le faire.

Voilà. Et il y a encore 16% de jeunes de 18 à 25 ans qui sont à l’assistance maintenant et à l’AI en 2005, il y a trois cent mille personnes et à l’AVS, il y a 1 914 051 personnes. Voilà, les chiffres que j’ai pu tirer avec peine sur Internet, parce que c’est tellement caché. Mais j’ai trouvé ces chiffres que je trouve important de dire une fois pour toutes, il y a pauvreté en Suisse !

 

Merci en tout cas Patrice pour toutes ces explications et ces chiffres. On aura l’occasion de revenir sur ce sujet sans aucun doute.

Très certainement.

 

Très bien. Merci Patrice, à bientôt.

Merci.

 

 

On termine ce « Quoi de 9 ? » avec Alain qui est de retour.

Oui.

 

Pour parler des événements culturels qui se déroulent ici à la gare de Bevaix.

Absolument. On ne va pas faire dans la variété. C’est toujours notre ami, Joël Perrenoud qui affiche ses photos de Norvège au rez-de-chaussée.

 

Il faut dire que l’on ne s’en lasse pas.

Pas du tout. On les regarde encore maintenant attentivement. Et à l’étage, c’est-à-dire sous les combles, une nouvelle exposition de John Richard Phillips, un Australien qui manie le pinceau de manière particulière. Il fait un dialogue, cela s’appelle, « Dialogue avec l’eau » et le thème est vraiment très bien traité.

 

C’est vraiment une exposition que l’on peut recommander.

Absolument.

 

C’est vrai que c’est des grands tableaux, mais il est vraiment très, très fin, très spécialiste dans ce style de peinture.

Oui. Ce sont des huiles et ce qu’il y a, il traite des nuances de bleus, turquoises qui sont vraiment splendides pour ceux qui aiment ces couleurs-là.

 

Et il y a quand même quelques tableaux un peu différents, notamment le pont de Lucerne.

Juste. En trois exemplaires d’ailleurs, mais traité chaque fois différemment.

 

Tout à fait. Bon, je crois que l’on a fait le tour de nos propres expositions ici à la galerie. Merci Alain et à très bientôt.

À très bientôt Jean-Pierre.

 

Prenez bien soin de vous Mesdames et Messieurs et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod