« Quoi de 9 ? » 120 : du 14 au 20 mai 2007
Madame, Monsieur, bonjour et bienvenue sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Une émission de soixante minutes, très féminine, vous allez le voir avec pour commencer, Myriam Tellenbach, bonjour Myriam.
Bonjour Jean-Pierre.
Alors Myriam, tu as souhaité nous faire visiter un atelier. Un atelier où ils font du tissage qui se trouve au sein de l’hôpital psychiatrique de Perreux. Comment t’est venue cette idée de vouloir parler d’eux ?
J’ai rencontré Mme Regula Vermeulen avec les résidents de Perreux à un vernissage de leurs travaux dans l’atelier de tissage. C’est vrai que cela m’a un petit peu questionnée, parce que le métier de tisserand n’existe plus beaucoup. Maintenant, on est plutôt à l’époque des choses électroniques ou industrielles.
D’accord. Et en effet, on s’est rendu à Perreux dans cet atelier. Il n’y a pas eu, il me semble, j’étais derrière la caméra, trop de problèmes pour filmer. Tous les résidents n’ont pas souhaité être filmés, on peut le comprendre. Mais qu’est-ce qui t’a frappé en écoutant ces gens que tu as interviewés ?
Déjà la première fois que je suis rentrée dans cette salle, j’ai trouvé un côté paisible, calme. C’est vrai que tous ces métiers à tisser en bois, toutes ces couleurs et il n’y a vraiment pas de bruit de fond, puisqu’à ce moment-là, il était vide, j’ai trouvé vraiment une image poétique comme cela de cet atelier. Peut-être que d’autres jugeront que c’est un peu une image vieillotte, mais moi, j’ai beaucoup apprécié cet entourage de bois, de laine, de soie. C’est vrai que les résidents qui travaillent là, ils peuvent travailler à leur rythme, ils peuvent travailler avec les couleurs dont ils ont envie. Ils peuvent fabriquer des objets dont ils ont aussi envie ou qu’ils utilisent eux-mêmes. J’ai vraiment trouvé très intéressant. C’est vrai qu’on peut… un dessin, une peinture, c’est vrai que c’est exactement pareil quand on fait un tissage simplement c’est avec d’autres, ce n’est pas avec de la peinture, c’est avec des fils de couleurs.
Quand nous avons été faire le tournage, il y avait deux personnes, deux résidents qui étaient là. Quand tu étais la première fois toute seule, sans caméra, est-ce qu’il y avait également des femmes qui travaillaient ou c’est vraiment que des hommes ?
Il y a aussi des femmes, mais justement, elles n’ont pas donné leur accord pour être filmées.
D’accord. Oui, parce que ce n’est pas un métier qui est forcément fatigant. Ce n’est pas physique.
Non, ce n’est pas fatigant, mais il faut quand même une bonne dose de concentration, de continuer, d’avoir de la motivation, de faire cela quelques heures quand même.
On a vu, c’est vrai, que les résidents qui travaillent avaient vraiment du plaisir, qu’ils connaissaient les métiers, qui savaient même les détails de l’appareil et ils avaient du plaisir de voir le travail fini.
Oui tout à fait. C’est vrai que Mme Vermeulen met bien en avant les qualités et les valeurs du tissage. Elle fait divers objets, des châles, des gilets, des sacs à main, des porte-clefs, des coussins. Elle a même au fond de l’atelier un grand métier à tisser qui sauf erreur peut faire une largeur de 2,50 m. Donc, elle peut faire des tapis, des tapis de 2,50 m sur 5 m par exemple. Elle a vraiment différents métiers à tisser qui lui permettent de faire plusieurs objets.
Tu disais tout à l’heure que tu avais fait leur connaissance en visitant une exposition. Ils souhaitent vendre aussi leurs objets ou que les exposer, que montrer ce qu’ils font ?
Non je crois que le désir de cet atelier de tissage à Perreux, c’est de s’ouvrir à l’extérieur et après, les gens, le public puissent venir commander des choses qu’ils ont envie. C’est vrai que si dans son salon, on a envie d’un tapis d’une telle couleur, il y a vraiment tout le choix possible et inimaginable.
Donc, il y a possibilité de leur passer des commandes finalement.
Oui. Je crois que c’est le but de se faire connaître, de faire connaître l’atelier de tissage de Perreux.
Très bien. On va se rendre à Perreux pour y rencontrer la responsable plus une stagiaire.
Oui, une stagiaire monitrice socioprofessionnelle qui est là depuis trois mois.
D’accord. Plus les deux résidents qui avaient un immense plaisir de travailler devant nos caméras.
Oui, tout à fait.
Très bien. On se retrouve tout à l’heure pour parler du métier de tisserand en général.
Voilà. De retour sur le plateau de « Quoi de 9 ? » avec Myriam. Cela rappelle de beaux souvenirs, parce que l’on a passé de très beaux moments là-bas. Il y avait également Julien Pisenti et Rita Hosang qui étaient avec nous.
Oui.
On a pu voir aussi la passion de Regula. Qu’est-ce que tu peux nous en dire ?
Oui. C’est vrai qu’elle a une passion constante pour son métier. Elle a commencé tard à faire du tissage, mais elle est même retournée à l’école pour apprendre ce métier et comme elle le dit, dès qu’elle rencontre quelqu’un d’autre qui est tisserand, elle peut en parler des heures et des heures et des heures… C’est vrai qu’elle a des projets aussi pour pouvoir tondre les moutons de Perreux, afin de récolter la laine et de pouvoir l’utiliser sur ces métiers à tisser. C’est vraiment quelqu’un qui s’intéresse à tout l’éventail du tissage. On a aussi vu, moi ce que je remarque, qu’en Afrique, j’ai déjà reçu un porte-clefs où des femmes africaines avaient tissé les cornets en plastic qui s’envolent dans la rue. C’est intéressant. On peut vraiment tisser toutes sortes de matières, toutes sortes de couleurs. On peut vraiment faire des choses en plastic, en coton, en soie, en laine. C’est vraiment magique, je trouve.
Oui, c’est vrai. On a pu tenir entre nos mains, un petit tapis qui avait été réalisé avec des déchets de plastic. Si l’on ne nous avait pas dit ce que c’était, on n’aurait jamais pu deviner. Ce sont des vieux outils, ces métiers à tisser, mais qui sont tout à fait adaptables à notre époque.
Exactement puisque l’on est à l’époque du recyclage. C’est vraiment important de pouvoir travailler avec toutes ces matières. C’est vrai qu’au niveau de la créativité, on peut toujours inventer, inventer. Ce qu’il faut relever aussi, c’est vrai qu’en étant tisserande, il ne faut pas seulement aimer tisser, il faut aussi aimer réparer les métiers à tisser, travailler le bois, parce que c’est vrai que c’est des pièces que l’on ne trouve plus à côté de chez soi. Il faut vraiment avoir un réseau de personnes qui font du tissage pour se donner des conseils, pour pouvoir réparer les choses et pouvoir évoluer dans son métier.
Voilà. Et même sur les objets que l’on peut fabriquer. Il y a des sacs à main. Il n’y a pas que des tapis conventionnels comme on l’imagine.
Non, non. On peut même faire des œuvres d’art en faisant des tapisseries. Cela se faisait beaucoup.
Il y a des peintres célèbres qui font des dessins et qui transmettent ensuite…
À une tisserande.
Pour qu’elle le réalise.
Exactement.
Je reviens, c’est un vrai plaisir de regarder ces deux résidents travailler, notamment M. Freytag qui nous montrait qu’il connaissait parfaitement bien maintenant ce métier à tisser. Il disait qu’il aimait bien travailler la soie.
Oui, parce que cela ne cassait pas !
Parce que c’était plus solide. Et cette passion, c’est vrai. Il a l’air de venir là chaque semaine travailler avec beaucoup de plaisir et cela a l’air de lui faire beaucoup de bien.
Oui. C’est un travail régulier pour lui et c’est comme il le dit, c’est quand même quelque chose de, toujours le même geste qui lui permet de pouvoir penser à autre chose et de se rendre quand même utile. C’est important pour lui.
Tu as… on disait que c’était un vieux métier, le métier de tisserande. Est-ce que l’on connaît un petit peu les origines ?
Oui, on a retrouvé du tissage qui datait de l’époque néolithique. On en a retrouvé en Turquie et en Palestine. C’est très très vieux. Au Moyen Âge, c’est les Chinois qui ont inventé les pédales, ce qui a permis que l’on puisse faire des pièces un peu plus élaborées. En 1733, un tisserand britannique a inventé la navette volante. Cette invention a permis que l’on passe de l’artisanat à des métiers industriels.
La navette, c’est cet objet que l’on passe de gauche à droite…
Entre les fils. On met la cannette à travers la navette et l’on passe la navette une fois à gauche, une fois à droite.
D’accord. Cela, c’est une invention assez récente.
Oui, oui. En 1733 et en 1786, il y a eu le premier métier à tisser à vapeur et après il y a eu les métiers à tisser à moteur, à électricité, etc. jusqu’à nos jours. Mais c’est vrai que là, à Perreux, ils travaillent avec des métiers à tisser simplement mécaniques et manuels.
Oui. C’est ce qui a donné naissance à tout le reste, à toute l’industrie après du tissu.
Exactement.
C’est vrai qu’il faut rendre hommage aux hommes du néolithique, tu as dit ?
Oui.
Aux femmes du néolithique. C’est vrai que c’était une sacrée invention quand même. Avant, on n’avait que les peaux de bêtes que l’on découpait.
Exactement. C’est vrai que la notion du tissu a permis de nous couvrir.
Et différemment qu’en utilisant des peaux de bêtes.
Exactement.
D’accord. Je te remercie Myriam de toutes ces explications. Tu as encore d’autres choses à nous dire sur ce métier ?
Non. Je crois que j’ai dit tout ce que je savais.
Extra. Merci. Et l’on ne peut qu’encourager les gens de la région ou d’ailleurs à, pourquoi pas, contacter…
Regula Vermeulen et prendre rendez-vous pour pouvoir visiter l’atelier et commander des pièces, si ils en ont envie.
Très bien. Merci Myriam et à tout bientôt.
Bonne semaine.
Merci. On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » avec Laetitia Sefini, bonjour Laetitia.
Bonjour.
On a réalisé un petit reportage sur la galerie Quint-Essences.
Oui.
Qui se trouve sous le toit de la gare à Bevaix où nous avons interrogé Anaïs Laurent, puisque c’est elle la responsable de la galerie. C’est un petit sujet sur lequel vous avez beaucoup travaillé.
Oui.
Le montage et quoi d’autre encore ?
Le montage, le son et les images.
Et quelques images oui. En parlant des images, un petit peu spéciales, que l’on a faites ensemble.
Oui. On a pris la gare.
De l’extérieur.
On a fait un petit tour en voiture.
Pour avoir des images mobiles devant la gare.
Voilà. Quelques images en montant les escaliers.
C’est intéressant. C’est plus facile de faire un montage ou c’est plus facile de faire un tournage quand on fait les deux choses, le tournage et le montage ? Quand on filme, est-ce que l’on pense au montage que l’on va faire ?
Oui. Je pense qu’en filmant, on voit déjà le montage que l’on va faire. Cela nous permet d’avoir plusieurs idées.
C’est intéressant pour un monteur de temps en temps, d’utiliser la caméra aussi.
Oui. Très.
Pour pouvoir faire les images qu’il faut pour faire un bon montage.
Voilà.
D’accord. Et au niveau de la prise de son, pas de problème particulier. Vous avez l’habitude.
Oui. Cela fait un petit moment déjà que je prends le son, mais sans soucis.
D’accord. Très bien. On se réjouit de voir ce sujet et l’on se réjouit de vous revoir ici sur le plateau de « Quoi de 9 ? » pour nous parler d’autres choses encore.
D’accord.
Merci Laetitia, à bientôt.
Merci Jean-Pierre.
Je retrouve Françoise Berthod, bonjour Françoise.
Bonjour Jean-Pierre.
On a suivi avec beaucoup d’attention cet entretien que vous avez eu avec Anaïs.
Oui.
Sur cette même magnifique exposition qui se déroule actuellement ici à la galerie Quint-Essences. Est-ce que vous pouvez peut-être rappeler les heures d’ouverture puisqu’elles ont légèrement changé ?
Oui. Elles ont changé parce que c’est les artistes eux-mêmes qui font une rotation de garde. Chaque fois, ils changent.
Maintenant, c’est…
Du mercredi au dimanche de 14 à 18 heures.
L’idée d’Anaïs est intéressante. Chaque jour, c’est un autre artiste qui vient…
Oui, qui garde la galerie.
Et sur le site de Quint-Essences, on a les jours et la liste des artistes…
Présents oui. On peut s’entretenir avec eux. Pour certaines personnes, cela peut être agréable d’avoir le ressenti de l’artiste.
Voilà c’est vrai. Ce n’est pas dans toutes les galeries comme cela. C’est une particularité de la galerie Quint-Essences, que les artistes sont souvent présents ou alors Anaïs, sa façon d’accueillir, de recevoir les gens un petit peu.
Elle essaye de faire chaque fois une nouveauté. Non, non elle a beaucoup d’originalité. Il faut le lui laisser.
Et quand on va chez elle, elle a toujours du thé et des biscuits.
Oui. Très accueillante.
C’est un beau sujet. Cette galerie, elle nous a amené beaucoup de vie, beaucoup d’animations ici à la gare. J’espère qu’elle aura encore d’autres idées. J’espère qu’on aura aussi toujours plus de visiteurs.
D’artistes de la région. Peut-être lancer un appel.
Oui, pourquoi pas. Que des artistes, des jeunes qui habitent Neuchâtel, Bevaix qu’ils viennent ici à la galerie.
Enfin pour terminer, on ne peut qu’encourager nos téléspectatrices et téléspectateurs de venir…
Visiter l’exposition.
De profiter de la présence de ces artistes.
Exact.
En attendant de voir les autres projets que nous prépare Anaïs. Très bien. Merci Françoise Berthod pour toutes ces explications.
Merci à vous.
Pour cet excellent entretien que vous avez réalisé.
Merci.
Et à très bientôt.
À bientôt. Merci.
Au revoir Mesdames, Mesdemoiselles, au revoir Messieurs. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod