« Quoi de 9 ? » 121 : du 21 au 27 mai 2007

 

 

Madame, Monsieur, soyez les bienvenus sur Télé Objectif Réussir et merci pour votre fidélité. Cette semaine, notre collaborateur Alain Sunier…

Bonjour Jean-Pierre.

 

…salut Alain, a décidé de nous présenter un artiste, on peut dire je crois célèbre dans le canton de Neuchâtel.

Oui même plus loin.

 

Mais dans une branche quand même un petit peu spéciale.

C’est un touche-à-tout, mais il a décidé de se spécialiser, donc on parle de Marcel Rutti, dans la mosaïque et force est de reconnaître qu’il fait vraiment des choses qui sont très belles.

 

C’est sa spécialité ou il a fait d’autres choses ?

Il s’est spécialisé mais bon, j’ai eu l’occasion de l’avoir à l’École normale comme prof. Il enseigne, c’est un touche-à-tout, c’est quelqu’un qui connaît de nombreuses techniques qu’il nous a enseignées d’ailleurs. Là, il a trouvé sa voie par rapport à la pierre. Il ne faut peut-être pas oublier que c’est un homme qui est né dans le Jura neuchâtelois.

 

Marcel Rutti, un monsieur que tu connais déjà depuis pas mal d’années.

J’ai une longue histoire avec la famille Rutti, puisque j’ai passé mon bac avec Corinne, sa fille, dont on va parler dans la présentation du film que nous avons fait. Par la suite, ayant fait l’Ecole normale, je l’ai eu comme prof de dessin et autres travaux manuels et je riais encore il n’y a pas si longtemps, j’utilise un couteau qu’il nous avait fourni parce que l’on devait construire une boîte, je l’utilise pour couper mes légumes actuellement en cuisine. Je l’ai encore réalisé hier. Je me suis dit : « Tiens, M. Rutti est parmi nous. » Marcel, je l’ai connu, je ne veux pas dire de bêtises, en 1978. C’est un homme à qui je rends hommage, parce que mon père m’a toujours dit que j’étais une vraie pince manuellement et c’est lui qui m’a mis en confiance totalement au plan artistique. Il faut dire qu’on avait la possibilité de faire des stages, des semaines thématiques et j’ai choisi le dessin et l’art entre guillemets, parce que je trouvais qu’il n’y avait qu’une chose à faire, c’était de m’améliorer. On a passé une semaine à Vaumarcus et c’est dans le cadre de cette semaine que tout à coup il y a eu un déclic par rapport, non pas à l’art avec un grand A majuscule, mais au moins le fait de ne plus se complexer pour ou dessiner, ou évoquer des ambiances par des coloris.

 

Et depuis 1978, tu ne l’as plus jamais vu ?

La dernière fois que je l’ai vu, c’était en 1980 si je ne fais erreur. Cela veut dire que ça fait vingt-sept ans qu’on ne s’était plus rencontré. Je dois reconnaître qu’il y a eu, autant de son côté que de mon côté puisque l’on se l’est dit, je peux l’affirmer, vraiment une forte émotion de se revoir, parce qu’il était en plus de cela lié à mon père étant instructeur de ski, mon père étant instructeur de ski. Vraiment je suis baigné dans le « Ruttiïsme », si je peux me permettre.

 

Et on le rencontre là, c’est un petit peu par hasard ? C’est parce que notre ami, Jean Devost, peintre sculpteur bien connu à Bevaix.

Et pédagogue actuellement.

 

Pédagogue aussi. Il a invité Marcel Rutti à exposer dans son atelier galerie qui se trouve au Moulin de Bevaix juste à côté du port de Bevaix.

Oui. Voilà.

 

Pour revenir à sa spécialité, c’est vrai que c’est assez surprenant. Faire de la mosaïque, on a envie de dire, ce n’est pas tellement à la mode.

Ce n’est pas à la mode. C’est un art qui est pratiqué comme on le verra dans le reportage, surtout par les Byzantins, il a suivi l’école byzantine à Ravenne. Mais il est vrai qu’ici, on voit peu de gens travailler dans le cadre de la mosaïque. Je pense que c’est lié aussi à la technique et à la matière. Lui, il aime bien la pierre. Il aime bien couper. Il aime bien façonner. C’est clair qu’au pinceau, on façonne moins que par exemple avec du silex, marteau et autres. Ce qui l’a conduit je pense aussi à la mosaïque, c’est son côté, je récupère ce que je peux récupérer. Travailler avec les éléments qui sont autour de lui. Cela sera des morceaux de verre, cela sera comme on le verra dans le reportage, des cailloux qui tout d’un coup lui parlent. Il a un côté écolo dans le sens qu’il va utiliser les matériaux qui sont autour de lui et essayer d’en faire quelque chose qui ait de l’allure.

 

On pourrait peut-être écouter cet entretien que tu as eu avec lui et peut-être après, on pourra mieux imaginer le personnage. C’est vrai, il a vraiment de la gueule, comme on dit.

Oui. Il a un look.

 

Il a un look, d’accord. Cela a été réalisé dans le jardin du Moulin et non pas dans notre studio ici. C’est pourquoi vous entendrez des chants d’oiseaux

Mieux vaut ça que la sirène des pompiers !

 

Absolument. D’accord. Alors, on descend au Moulin de

Bevaix.

 

De Bevaix retrouver Marcel Rutti. À tout de suite.

À tout de suite.

 

 

Voilà. On se retrouve avec Alain. C’est un vrai plaisir pour toi, on a pu s’en rendre compte, de rencontrer Marcel Rutti.

Oui, absolument. Je dirais même un côté émotionnel que j’ignorais ressentir encore aujourd’hui.

 

Né en 1924 à La Chaux-de-Fonds.

Il aura 83 ans pendant l’exposition comme il le dit. Je tiens à dire que c’est un homme qui a arrêté de skier il y a cinq ans, parce qu’il y a un problème de genou. À 78 ans, il dévalait encore ou les pentes jurassiennes ou l’Oberland bernois. C’est dire sa force de vie, ça c’est une première chose et puisque le président de la chère République française vient d’être élu, lui, non pas comme Sarkozy, incarne la force tranquille comme un président que nous avons connu et je laisse aux téléspectateurs le soin de chercher de qui je parle.

 

De deviner, d’accord. C’est vrai qu’il symbolise cela.

Oui absolument. Il donne confiance.

 

Oui tout à fait.

Il donne confiance. Moi, je ne l’ai jamais vu s’énerver.

 

Il a la sagesse. Il a

Et avant tout, c’est un pédagogue. C’est quelqu’un qui a travaillé, qui a fait une formation d’enseignant et là, je crois qu’on le traîne toute notre vie, ce genre de formation. D’ailleurs, tu ne te gênes pas trop de me le rappeler de temps à autre… Mais il est vrai que de travailler avec des adolescents ou même des adultes, puisqu’il a donné des cours permet, vous donne une assurance quelque part.

 

Oui, c’est vrai qu’on voit qu’il aime enseigner et qu’il a des connaissances très approfondies, mais comme toi d’ailleurs. Je suis sûr d’ailleurs que je n’arriverai jamais à te coller, même si je te demande par exemple, l’étymologie du mot « mosaïque ».

Oh là là. Je n’ai pas regardé. Tu me prends au piège !

 

Je viens de le regarder aussi.

Ah voilà.

 

Cela viendrait du latin « musivum » peut-être que je prononce mal et du grec « mouseion» qui viendrait eux-mêmes du mot, c’est parce que les mosaïques à l’époque, c’étaient des offrandes qu’ils offraient aux muses.

Aux muses, d’accord.

 

Dans des grottes. Alors, muse

Mosaïque.

 

L’origine remonterait là.

D’accord. Donc à la nuit des temps, une fois de plus.

 

Alors, ça c’est sûr. Lui, il parle de l’époque byzantine.

Mais, il y en a eu avant…

 

Bien, bien, bien

Bien antérieures.

 

Finalement, c’était le moyen qu’il avait à l’époque pour dessiner.

Oui. Il avait aussi du sang d’animal. Il y avait des matériaux quand même comme des végétaux, il pouvait tirer le verre et c’est vrai qu’au plus simple, c’était quand même…

 

Il y avait un double emploi avec la mosaïque, si j’ai compris. Il y a la mosaïque décorative qu’on met contre un mur et il y a les planchers, les fonds.

On pourrait dire que la marqueterie par exemple est le cousin de la mosaïque quelque part. Je ne sais pas qui est le cousin de l’autre, mais peu importe. Il est vrai qu’il y a par exemple des façades notamment, il parle du Tessin, au Tessin, vous avez des mosaïques qui sont splendides au niveau des façades. Là, cela serait plus décoratif et son choix à lui, c’est plutôt produire des œuvres, créer des œuvres qui sont là encadrées, à mettre dans le cadre qui convient.

 

En tout cas, c’était intéressant de le rencontrer. On peut en tout cas que recommander à nos téléspectateurs de se rendre à la galerie de Jean Devost.

Absolument.

 

C’est jusqu’au 3 juin. C’est du mercredi au dimanche, j’avais noté, de 13 heures à 18 heures ou alors, on peut y aller n’importe quand sur rendez-vous. Il suffit de téléphoner au numéro qui s’affiche en bas de votre écran.

Voilà. Toc.

 

Autrement autre chose à dire sur Marcel Rutti, mis à part le plaisir que tu as eu de le rencontrer.

Non, je crois, ce que je peux dire, c’est un homme qui m’a marqué sur bien des plans et je lui souhaite encore une longue vie parce qu’il la mérite, quoi !

 

D’accord. Je crois que l’on peut conclure sur cette image bien sympathique et bien amicale.

Absolument.

 

D’accord. Merci Alain. On se retrouve dans quelques secondes pour parler toujours de cailloux, mais de cailloux beaucoup plus grands.

Oui, légèrement… Qui confinent à la tonne.

 

D’accord à tout de suite.

À tout de suite.

 

 

Voilà. Je disais que l’on allait se retrouver avec Alain pour parler, non plus de petits cailloux qu’on aligne, mais de gros cailloux.

Des gros cailloux qui trônent, c’est vraiment le cas de le dire, à Euseigne, d’où la dénomination, les fameuses pyramides d’Euseigne dans le val d’Hérens.

 

C’est vrai que c’est quand même exceptionnel comme phénomène. Tu l’expliques toi-même dans le film. Je ne veux pas détailler comment cela s’est fait. Mais enfin, on peut quand même dire que c’est des immenses morceaux de granit, je crois.

Oui, c’est granitique.

 

Qui en effet chapeautent des pyramides.

Ce que l’on peut dire en complément, c’est que ce n’est pas spécifique à Euseigne. Euseigne est connu par rapport à la configuration que l’on découvre en montant. Mais dans la région ici, on a aussi le résultat du fameux glacier du Rhône puisqu’il y a aussi des granits ici, que l’on trouve des pierres granitiques énormes, par exemple, le long du Littoral neuchâtelois, sur les hauts de Bevaix entre autres.

 

Voilà tout à fait. Ils ne sont pas posés comme on le verra dans le film.

C’est clair.

 

Mais c’est complètement fou. Et l’on sait en plus que cela ne va pas être éternel. Un grand nombre est déjà tombé et … c’est condamné à disparaître.

L’érosion fait son travail, ça c’est clair et net. Non seulement sur le caillou, mais sur les hommes, sur tout ce qui est autour de nous. Il ne faut pas se leurrer, le temps est plus fort que… l’intemporel est plus fort que le temporel.

 

Peut-être que des personnes seront surprises que nous ayons fait un reportage sur un sujet qui n’est pas neuchâtelois. Mais notre idée et cela s’est vu, cela se verra encore dans d’autre sujets. On se dit que de temps en temps, on sait qu’il y a beaucoup de personnes âgées qui regardent la télévision, qui nous regardent aussi probablement. On s’est dit que cela leur ferait peut-être plaisir de revoir des endroits qu’ils ont connus il y a un certain nombre d’années et qu’ils ne peuvent peut-être plus, malheureusement, se déplacer pour y aller.

Je crois que ce n’est pas inutile dans le sens où j’ai quelques collègues ici à la gare de Bevaix qui m’ont avoué, et j’ai été fort surpris, qu’ils n’avaient jamais vu de leurs propres yeux, les pyramides d’Euseigne.

 

Voilà. Je ne pensais pas seulement à nos collaborateurs, mais… Bon alors, ils les auront vues.

Vues et peut-être l’envie de s’y rendre, parce que ce val est absolument magnifique.

 

Ce n’est vraiment pas très loin.

Pas trop loin, non.

 

Sion, montée du val d’Hérens.

On grimpe à droite et voilà….

 

On grimpe en haut tout droit

Dans les béquets.

 

Voilà, c’est juste. On passe inévitablement entre les pyramides.

Entre deux pyramides.

 

Très bien. On se réjouit de voir ce sujet.

Absolument.

 

Quant à moi, je te dis merci Alain et à bientôt.

À bientôt Jean-Pierre.

 

 

On se retrouve avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Pour parler de la galerie Quint-Essences, à l’intérieur de laquelle, il se déroule l’exposition.

Collective.

 

Collective que notre amie

Anaïs Laurent.

 

…a mise sur pieds avec quasiment presque tous les artistes qui ont déjà exposé ici en deux ans, deux ans et demi.

Oui. Elle a fait une rétrospective.

 

Voilà. C’était sympa. Au vernissage, ces artistes étaient présents avec leurs amis. C’était des retrouvailles qui étaient bien sympas. Il faut que les gens profitent de venir visiter cette exposition qui est jusqu’à la fin…

Le 1er juin.

 

Jusqu’au 1er juin.

Exact.

 

On y retrouvera des artistes qui ont assez marqué ces deux ans. Je pense notamment à Kesh et à Wilo.

Oui, avec leurs tags et des gouaches aussi.

 

Voilà. Qui sont revenus cette année, mais avec des œuvres qui n’étaient pas présentes. Ils ont vraiment créé spécialement pour cette exposition.

Oui. Chaque artiste a fait autre chose.

 

Il y a les collaborateurs qui travaillent au sein d’Objectif Réussir.

Oui.

 

César Carrasco.

Julien Pisenti.

 

César, il faut peut-être rappeler, sa spécialité, c’est les…

Peintures.

 

Julien Pisenti, vous dites.

Photos et nature, photos d’insecte.

 

Il a même réalisé un travail en collaboration avec le peintre australien.

Oui sur l’eau aussi.

 

Sur l’eau. Ils ont mélangé photos et tableaux. Il y a d’autres artistes aussi que vous

Il y a Michel Buhler de Bevaix.

 

Voilà. Il ne faut pas l’oublier.

Ses statuettes et des gouaches oranges.

 

Également Mme Simonet qui fait des petites sculptures très sympas, très parlantes.

Oui. Elle fait partie du groupe des amis de la peinture avec Lyse aussi.

 

Avec notre collaboratrice Lyse qui expose aussi un ou deux tableaux.

Qui a fait aussi la fresque dans les escaliers.

 

Qui a aussi fait la fresque qui se trouve dans les escaliers de la gare. Il y a Joël Perrenoud.

On allait l’oublier…

La Norvège.

 

Avec des photos sur la Norvège. Et puis comme artistes, qui y a-t-il encore ?

Dennis Esteves, style Picasso.

 

Voilà. Style très Picasso. Et qui d’autre encore ?

Denis Basset.

 

Denis Basset du Val-de-Travers, je crois.

Oui, avec des peintures du Doubs, de la région.

 

Des paysages de la région. Voilà. Je pense que l’on a fait le tour.

Patrick Perret.

 

Notre ancien collaborateur, Patrick Perret.

Avec des photos aussi plutôt de la ville.

 

Plutôt citadines. Enfin, la meilleure chose que les téléspectatrices et téléspectateurs ont à faire, c’est de venir la visiter.

Oui, exactement.

 

On rappelle : jusqu’au 1er juin, ça se trouve sous le toit de la gare ici à Bevaix où nous avons nos studios. Bien. Merci Françoise pour toutes ces explications.

Merci à vous.

 

Très bonne semaine.

Bonne semaine aussi.

 

À très bientôt. Prenez bien soin de vous Mesdames et Messieurs et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod