« Quoi de 9 ? » 124 : du 11 au 17 juin 2007
Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour et bienvenue sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Cette semaine, une émission un petit peu particulière que Myriam Tellenbach que je salue…
Bonjour Jean-Pierre.
…va m’aider à présenter. Tu as souhaité nous présenter un sport qui est le tir à l’arc.
Oui.
Puisque les championnats suisses juniors se sont déroulés à Colombier il n’y a pas longtemps, mais tu as surtout voulu faire une approche un petit peu particulière en suivant une jeune fille.
Oui, tout à fait. Sa maman m’a raconté un peu l’histoire de Kelly, comment elle a commencé le tir à l’arc, parce que c’est vrai qu’en fait, on ne fait pas du tir à l’arc comme on se promène dans les bois. J’ai trouvé vraiment cette histoire intéressante et chouette dans une famille. Je me suis intéressée à ce sport.
C’est cela. Parce que l’on verra la petite fille. Elle a quoi, une dizaine d’années ?
Onze ans et demi je crois.
Sa maman passionnée aussi d’arc et sa grand-maman, trois générations.
Oui, trois générations.
Trois générations et l’on attendait beaucoup des résultats de cette jeune fille. Cela ne s’est pas tout à fait passé comme elle le souhaitait. Son rêve était de devenir championne suisse.
Tout à fait. Jusqu’à maintenant, elle a eu peu à faire pour être championne suisse. Là, elle s’attendait peut-être à ce titre et elle a été malheureusement déçue.
Elle a fini deuxième, je crois.
Oui.
C’est vrai qu’elle avait eu peu d’échecs et là, elle a dû subir sa première défaite.
Elle a dû apprendre à perdre comme dit son entraîneur.
Voilà. On va donc à Colombier. C’était dans la grande salle de Planeyse.
Oui. La halle des sports de Colombier, de Planeyse.
On y entendra aussi le président du Club de Neuchâtel, le président de l’association suisse, plein de monde.
Oui. C’est un sport intéressant qu’on a aussi découvert pendant cette journée.
On en reparlera dans les détails, juste après le film.
Volontiers.
Très bien, alors en route pour Colombier.
Voilà. On est de retour sur le plateau de « Quoi de 9 ? » toujours avec Myriam. On a vu que le tir à l’arc pouvait être pratiqué par des enfants très très jeunes.
Oui, dès l’âge de dix ans.
Dès l’âge de dix ans. Que les parents ne doivent pas s’inquiéter. Il y a des moniteurs qui veillent quand même à ce qu’il n’y ait pas d’accidents.
Oui. Je crois que c’est un apprentissage. Il y a des règles très très strictes comme on a pu le voir dans le film avec une espèce de feu rouge, feu vert qui donne la circulation.
Tu as bien aimé ça ?
Oui. J’ai bien aimé. C’est vrai que c’est assez parlant.
Cela fait bip bip…
Un sifflement épouvantable chaque fois que l’on ose aller sur la piste et c’était surtout impressionnant, c’est de voir cet alignement comme quoi cela m’a tout de suite fait penser au film de Robin des Bois. Cela se pratiquait déjà à cette époque, exactement pareil.
Ils s’alignaient aussi comme cela.
Exactement et ils tiraient tous ensemble. C’est étonnant, parce que l’on se dit que le tir à l’arc, on a besoin de concentration. Il faut avoir la concentration mais alignés et en tirant tous ensemble.
C’est vrai. Le président le disait, c’est un sport mais il disait aussi que l’arc était une arme, puisque c’est peut-être le plus vieux sport du monde.
Oui, tout à fait. C’est pour cela que l’on ne va pas faire un historique sur le tir à l’arc, parce que c’est vrai que c’est très très ancien. Il y a déjà trois sortes d’arc. Il y a l’arc tout simple comme nous on le connaît. Il y a un arc recourbé et après il y a l’arc avec des poulies et des câbles. Il y a déjà trois catégories par rapport à ça. Il y a la catégorie d’après l’âge et en plus, il y a le tir en cible et le tir en nature. Cela veut dire qu’il existe aussi des concours où l’on doit tirer sur des animaux, des animaux en panneaux et en bois, pas des vrais animaux en tout cas pas en Suisse. Je sais par exemple que quelqu’un qui vient des États-Unis m’a dit qu’elle faisait de la chasse au tir à l’arc aux États-Unis.
Avec des vrais animaux.
Exactement.
On a vu, ça c’était vraiment intéressant, la concentration que cela exige. Moi, j’étais surpris quand même de voir des enfants. Les plus petits avaient huit, neuf ans.
Dix ans.
Dix ans. De voir qu’ils étaient déjà capables de se concentrer autant. Sans concentration, on ne fait rien du tout.
Non, c’est sûr. Moi, ce qui m’a surprise quand j’ai interviewé l’entraîneur, c’est deux heures et demi par semaine que les enfants font du physique. Il y a aussi des jeux de balles, des choses comme cela. Mais ils font quand même beaucoup d’entraînements physiques pour avoir des muscles dans le dos, dans les bras et des exercices de respiration. Il n’y a pas que la concentration, il faut vraiment avoir des bons muscles pour faire du tir à l’arc. Je pense qu’avec l’arc, où il y a des câbles et des poulies, il y a moins besoin… on passe dans une autre catégorie. Cela doit être moins intéressant.
Quand ils vont regarder les flèches, c’est finalement le tireur qui note ses points.
Oui tout à fait et c’est la personne qui a tiré aussi dans la même cible qui contrôle.
Qui confirme, qui contrôle.
Voilà, ils se contrôlent mutuellement. C’est une manière de se confronter aux autres aussi. Et après, si il y a un litige c’est les arbitres qui interviennent.
Voilà. On donnera peut-être aussi pour ceux que cela intéresse, l’adresse du site Internet de Neuchâtel.
Oui tout à fait.
Le président de l’Association suisse nous disait qu’il était aussi responsable des handicapés.
Oui. Il entraîne des personnes en fauteuil roulant et c’est ce que j’ai trouvé aussi génial avec ce sport, c’est que vraiment toute la population peut jouer. On peut commencer enfant, on peut aller jusqu’à vétéran et il y a toutes les personnes handicapées. Les personnes en fauteuil roulant, les personnes amputées, les personnes sourdes et même les aveugles.
Cela, c’est déjà un peu plus surprenant !
Oui, de viser dans une cible en étant malvoyant ou aveugle, cela doit être impressionnant. Ils ont une espèce de tâteur qui aide à régler où ils doivent tirer dans la cible et après, c’est la même chose que les autres, c’est la concentration.
Oui absolument, cela ne change rien. C’est un sport, on l’a vu pour les jeunes, pour les handicapés comme tu l’as dit et cela va même plus loin d’après toi.
Oui, parce que chacun peut se réaliser, même si il a un handicap ou même si il est jeune ou même si il est âgé. J’apprécie beaucoup ce sport pour cette ouverture-là.
En tout cas, c’est un vrai plaisir de découvrir ce sport que je connaissais très peu aussi et c’est aussi un peu de la faute finalement aux médias. Nous l’avons dit un petit peu hors caméra avec les responsables des différentes sections qui étaient là-bas. Les télévisions, les journaux, les radios s’intéressent peu à ce sport et l’on sait ce que cela signifie si les médias ne s’intéressent pas, les sponsors ne s’intéressent pas et c’est vrai que c’est bien dommage parce que c’est un sport comme tu le dis qui ne peut être que très positif pour toutes les couches, tous les âges de la population.
Oui tout à fait. Cela reste comme on l’a dit, une arme avec tout le respect, l’origine.
Le sérieux.
Exactement.
Je crois que c’était une très bonne idée que tu as eue de nous faire découvrir ce sport, ça rentre bien aussi finalement dans la philosophie de notre télévision.
Oui. Tout à fait.
Très bien. Merci Myriam. On se retrouve dans quelques secondes pour parler musique.
Volontiers, à tout de suite.
On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » avec Myriam pour parler musique et quelle musique, puisqu’il s’agit de musique qu’écoutaient, que dire, nos parents, nos grands-parents si l’on ne veut pas trop se vieillir. Il s’agit d’une dame qui joue de l’orgue de Barbarie et c’est toi aussi qui nous a trouvé ce sujet. Est-ce que tu peux nous en dire deux mots ?
Oui
à
C’est vrai, on l’a vu, cela plaît beaucoup aux personnes âgées parce que Mme Rabot se sent bien parmi eux, elle le dit.
Oui.
Les chansons qu’elle interprète, c’est vraiment le répertoire des résidents.
Oui. C’est quand même quelque chose de très vivant, puisqu’elle, elle fait aller la musique avec un bras et elle chante ou elle parle avec son micro. Cela donne quand même tout un ensemble qui est assez harmonieux, moi je trouve.
Oui, c’est visuel. C’est vrai. En plus, elle a une bonne tête, elle est souriante, elle raconte des gags aussi.
Et elle aime partager sa passion de l’orgue de Barbarie.
Oui pour l’orgue, pour les vieilles chansons qu’elle chante d’ailleurs très très bien et les personnes âgées évidemment les connaissent toutes.
Oui tout à fait. Ils chantent, il y en a quelques-uns qui dansent. C’est vraiment un après-midi agréable que l’on passe en sa compagnie.
On a déjà présenté une fois un sujet sur l’orgue de Mme Rabot. C’est un instrument assez bizarre, assez particulier. Elle nous expliquait qu’il y avait presque plus de fabricants en Suisse et en France.
Oui si vous me le dites. C’est vrai que c’est un vieil instrument que l’on ne voit plus souvent. Rien que l’instrument lui-même vaut le déplacement.
Il s’en vend moins que des guitares électriques !
Oui.
Cela, c’est sûr et il n’y a pas que l’instrument à la limite qu’il faut réparer quand il y a un problème, il faut encore acheter ces bandes sur lesquelles est écrite la musique.
Cela ressemble assez d’ailleurs, ces bandes, aux premiers ordinateurs que j’ai connus lors de mon apprentissage.
Je n’ai pas connu cela, moi.
Il y a aussi les cartes perforées.
C’était cela.
Oui, cela a commencé avec des cartes perforées. Je pense que c’est l’ancêtre de l’ordinateur, l’orgue de Barbarie. Cela fait un peu penser à cela. J’ai déjà vu d’autres animations avec des orgues de Barbarie, je trouve que Mme Rabot, elle le rend vivant. C’est vraiment une grande force chez elle.
Oui
et elle chante bien comme on l’a dit. C’est aussi un vrai plaisir de l’écouter.
On va peut-être remonter à
Oui.
Pour
l’écouter, pour écouter ce concert et écouter aussi les réactions des personnes
âgées de
À tout de suite.
Après ce magnifique concert, retour à la gare ici à Bevaix, avec Myriam. Tu me disais en écoutant ce concert que c’était plus agréable pour les personnes âgées que d’autres musiques.
Oui tout à fait, parce que justement l’orgue de Barbarie a un son assez fort naturellement, il n’y a pas besoin d’une sonorisation pour amplifier ce son, donc les personnes qui ont des appareils auditifs, les personnes mal entendantes, n’ont pas tous ces grésillements que les appareils électroniques donnent. Elle a un micro pour la voix, mais c’est peu de chose par rapport aux notes.
C’était intéressant et c’est bien de penser justement à tout cela en effet quand vous invitez des personnes pour faire de l’animation.
En tout cas, Mme Rabot répond bien à la demande d’un concert dans un home. Tout à fait.
Très
bien. Puisque tu parles du home de
Oui.
Il souhaitait nous revoir, me revoir parce que nous avions eu un très bon contact avec lui et c’est vrai que nous avons eu une discussion à nouveau sur la vie certes, sur l’écologie. Il aimait le faire mais aussi sur la mort, sur la fin de la vie et c’est vrai que sa sagesse était magnifique. En tout cas, je suis sorti de cet entretien, j’en ai l’impression, plus fort et plus grand que je l’étais. C’est à lui que je le dois et je l’ai remercié à ce moment-là du fond du cœur. Jean Waldvogel, tu l’as aussi très bien connu.
Oui
tout à fait. Il faisait partie de l’équipe de rédaction du journal de
C’est un homme très intelligent.
Oui.
On le voyait dans sa chambre, c’était toujours un plaisir d’aller dans sa chambre, parce qu’on y trouvait quelques antiquités comme sa fameuse machine à écrire.
Oui tout à fait.
Mais aussi des livres, notamment un livre sur le bouddhisme, sur le Dalaï Lama.
Oui. Il s’intéressait beaucoup à cette religion, mais il a respecté la parole du Dalaï-lama qui disait qu’à un moment de sa vie, il ne fallait pas changer de religion. Il fallait garder les valeurs que l’on avait apprises dans l’enfance. Il a suivi cette parole du Dalaï Lama.
Cela, il me l’a rappelé aussi quand je l’ai vu. C’est clair que ce n’est pas à 94 ans que l’on va changer de religion. Mais il disait aussi qu’il fallait prendre du bon dans toutes les religions, parce qu’il n’y avait pas qu’une seule religion, il n’y avait pas qu’une seule vérité et que finalement…
Il fallait être soi-même. Je crois que c’était son… Il y a les religions. Il y a la philosophie, il y a la vie et après il ne faut pas oublier d’être soi-même. Je crois que lui ce n’était pas un observateur de la vie, mais c’était un véritable acteur. Jusqu’au bout, il a fait des exercices pour pouvoir, même si il était en chaise roulante, pouvoir être debout sur ses jambes. Il est vraiment resté actif et même dans les derniers moments, dans les derniers temps, il n’allait pas très bien, il était, il mangeait debout sur sa chaise puisqu’il était en chaise roulante. Mais il ne restait pas couché à attendre que le temps passe… Il a vraiment été actif jusqu’au bout. C’est une belle image de lui.
Il m’avait impressionné en effet quand il m’a invité il y a quelques jours dans sa chambre, ce n’était pas pour parler de la mort, alors qu’il savait qu’il était arrivé au bout de son chemin. Il disait, il y a assez d’autres personnes qui m’en causent. Il les comprenait. Il voulait vraiment parler d’autres choses et là il prenait un petit bout de théorie du Dalaï Lama qui disait qu’il faut vivre tant que l’on vit. Finalement, la mort n’est pas un problème ! Ou vous vivez ou vous ne vivez plus, mais tant que l’on vit, il faut être actif et dynamique. C’est pour cela qu’il me faisait ce deal, cette proposition, parce que bien sûr j’étais tenté de parler d’autres choses avec lui puisque j’étais conscient que c’était probablement la dernière fois que je le voyais. Non, il m’a fait ce deal, en riant d’ailleurs, en me disant : « Écoutez, est-ce que vous êtes d’accord que l’on refasse le monde ensemble comme nous l’avons déjà fait plusieurs fois ? » Alors là, on a refait le monde pendant plus d’une heure et c’était pour respecter ainsi sa volonté, sa dernière volonté.
Oui, c’était quelqu’un d’avenir et qui savait que c’est vrai que sur cette terre, on n’est pas grand chose, que la vie continue même si l’on s’en va…
La vie continue même si l’on s’en va. C’est certain que Jean Waldvogel sera toujours parmi nous, déjà dans nos archives et aussi dans nos cœurs.
C’est sûr.
Extra. Merci Myriam, à bientôt.
Bonne journée.
Au revoir Mesdames et Messieurs, prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod