« Quoi de 9 ? » 126 : du 25 juin au 1er juillet 2007
Madame, Monsieur, bienvenue sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Cette semaine, soixante minutes d’émissions très variées. On commence avec Alain Sunier, salut Alain.
Salut Jean-Pierre.
Avec toi, on va parler d’un sujet assez, même très sérieux, presque dramatique dans certains cas, il s’agit des TOC (Troubles obsessionnels compulsifs).
Exactement.
Nous avons rencontré une dame qui en souffre, qui en a souffert. On parlera peut-être d’elle un peu plus en détails tout à l’heure. Mais je crois que cela serait bien que tu nous présentes ce que c’est que cette maladie ?
Les TOC comme on les appelle commencent par des obsessions. C’est des obsessions qui sont tellement fortes que la personne qui en souffre perd le sens des réalités, le sens de l’essentiel. Au niveau des compulsions, on peut parler de rituels, c’est-à-dire que pour essayer d’éliminer l’angoisse que provoquent ces TOC, elle va avoir des comportements compulsifs, c’est-à-dire que la personne en question va instaurer des comportements qui permettraient en principe d’aller mieux, mais en fait, l’on se rendra compte plus tard que cela empire encore la maladie.
Très concrètement, c’est quoi comme obsession, ce n’est pas que psychologique ?
Non, non. Il y a une crainte angoissante des germes, par exemple dans tout ce qui est virus, parasites ou bactéries. Il y a la crainte de la contamination. On retrouve un petit peu le même domaine. Il y a un besoin, mais irrépressible d’ordonner, souvent basé sur la symétrie. Il y a des gestes répétitifs, c’est-à-dire le fait d’aller vérifier une dizaine de fois si tout d’un coup on n’a pas oublié une plaque ou si l’on n’a pas oublié de fermer la porte à clef ou si l’on a laissé la douche couler. Cela inclue vraiment une vie infernale pour ceux qui en souffrent. Il est intéressant de remarquer que pendant très longtemps, c’est une maladie qui a été ignorée, parce que les gens qui en souffrent ont un sentiment de honte et de culpabilité. Cela correspond à 2% de la population mondiale et cela frappe surtout des gens en dessous de dix-huit ans à raison de 50% et en dessous de trente ans à raison de 66,666% voilà. Mais 2% de la population, c’est déjà énorme.
C’est très varié. Les gens qui ont peur des bactéries se lavent les mains sans arrêt.
Voilà. Là, on entre dans le domaine des compulsions. Il y a l’obsession qui angoisse complètement la personne et pour justement diminuer son angoisse, elle va avoir des comportements, des comportements de compulsion, des rituels qui, pour elle ou pour lui, semblent bénéfiques, mais en fait, cela contribue à maintenir la maladie. Alors qu’est-ce que l’on voit ? Tu as parlé effectivement de toilette intempestive comme on appelle, mais il y a également la cleptomanie. Attention, là je me lance dans un domaine terrible. Il y a l’anorexie et la boulimie qui sont assez connues au niveau des jeunes aujourd’hui. On retrouve l’onychophagie qui est le fait de se ronger les ongles. On a l’hypocondrie qui est le fait de s’angoisser en se créant des maladies qui n’existent pas, où l’on se persuad. On a la trichotillomanie, ce dont souffre Françoise Rumley, c’est-à-dire le fait de s’arracher les cheveux et de se couper des mèches de cheveux. C’est vraiment des comportements répétitifs qui péjorent terriblement la vie de ceux qui en souffrent. Quant aux origines, on pense que cela peut-être lié aux neuromédiateurs. Les neuromédiateurs sont des neurones qui délivrent des substances chimiques à d’autres neurones. Ca, c’est l’un des aspects, mais c’est très flou. On ne sait, les médecins sont vraiment là sur un terrain marécageux. On pense que cela peut-être également lié aux gènes ou à la famille, donc cela serait un héritage dont l’on se passerait bien.
Tu as dit que c’était une maladie qui t’excluait socialement. Françoise, d’ailleurs nous l’explique.
C’est clair. Je pense que ce sentiment de honte, de culpabilité qu’ils ressentent font qu’ils se cachent. Ils vont faire… elle, par exemple, cela se passe la nuit. Elle n’arrivait pas à dormir, toute la nuit elle s’arrachait des mèches, elle coupait, elle entortillait. Donc, il y a une espèce de honte. Oui, je crois qu’il n’y a pas d’autres mots, à paraître en public, alors que l’on souffre de telles compulsions.
Ces gens-là ont l’impression d’être anormaux, même de se qualifier de fou ou de folle.
Oui, cela va très loin parce qu’ils en arrivent à s’isoler totalement. On le voit avec Françoise, puisqu’elle nous dit qu’à un moment, elle prêtait sa carte de crédit ou sa carte bancaire pour que cela soit d’autres qui aillent chercher de l’argent, elle n’osant plus sortir de chez elle !
Cela a brisé, puisque tu parles d’elle maintenant, cela a brisé toute sa vie, la concernant ?
Cela est arrivé très tard. Ce qui est assez étonnant chez elle, puisque c’est dans la quarantaine que les symptômes sont apparus, mais c’est clair qu’au niveau de son travail, au niveau de ses relations affectives et familiales, l’irruption de cette maladie a vraiment tout cassé, a bousillé sa vie comme tu le disais.
Et cela a créé des relations difficiles avec sa fille ?
Elle a eu un sacré courage lors de l’interview. Les téléspectateurs pourront le voir, de dire exactement ce qu’elle ressentait par rapport à sa fille. Elle arrive à dire : « J’aurais voulu qu’elle ne soit pas là, qu’elle n’existe pas ! » Venant d’une mère, cela a été un moment très… je trouve, fort dans l’interview.
Oui, surtout que sa fille a assisté à cet entretien que tu as eu avec Françoise Rumley et c’est vrai que l’émotion est perceptible et je pense en effet que l’on va pouvoir s’en rendre compte.
Il y a un moment où j’avais l’impression d’avoir une chape de plomb sur la tête tellement c’était fort. Cela m’est arrivé deux ou trois fois par rapport aux gens que l’on a interviewés ici, mais là, c’est peut-être l’un des moments le plus fort au niveau émotionnel que j’ai pu vivre en interrogeant quelqu’un.
Ce que l’on pourrait dire, car je ne veux pas que l’on nous traite de faire du voyeurisme, il est vrai que nous ne l’avons pas forcée de venir témoigner. Elle y est venue, même bien volontiers, pensant et je crois qu’elle a eu raison, que son témoignage pourrait quand même aider d’autres personnes.
Justement au niveau des thérapies proposées, il y a les antianxiolitiques, ça c’est clair. Les antidépresseurs, ça c’est clair aussi. Mais en France, ils sont en train de tester actuellement bêtement des réunions entre gens souffrant de TOC pour qu’ils puissent en parler et peut-être exorciser finalement un mal qui est très profond et qui les empêche de vivre tout ce qui a de plus normalement.
C’est une thérapie qui est bien connue, les Alcooliques anonymes pratiquent de cette façon-là aussi.
Exactement. Il y a quelques séries télévisées dont une qui m’a marqué. Un des acteurs souffre de TOC, celle qui m’a marqué le plus, c’est « Monk », parce que le gars est vraiment bien marqué et je pense que c’est bien qu’une telle série existe pour que les gens sachent que ce genre de problématique existe.
Je crois qu’il ne nous reste plus maintenant peut-être qu’à écouter ce témoignage de Françoise Rumley, de la remercier d’être venue chez nous, pour son courage, pour sa franchise. C’était très émouvant, mais je crois que cela lui a fait du bien aussi. Je suis convaincu que si des personnes qui nous regardent, qui nous écoutent ont ce genre de maladie, ils ont pu s’apercevoir qu’on peut s’en sortir. C’est difficile, mais c’est possible.
Surtout que l’on n’est pas seul au monde dans ce cas.
Et pour cela, il n’y a rien de mieux que de communiquer.
Absolument.
Très bien. Espérons que l’on a rempli notre mission de ce côté-là. Merci Alain pour ce magnifique sujet et à très bientôt.
Pas de quoi Jean-Pierre. À très bientôt.
Deuxième partie de notre « Quoi de 9 ? » avec Oscar Garcia, bonjour Oscar.
Bonjour Jean-Pierre.
Vous avez fait un petit montage sur un hameau qui se trouve à la sortie de Morat, direction la Suisse allemande et vous nous disiez tout à l’heure, que ce hameau, c’est un trait d’union ?
Oui entre la Suisse alémanique et la Romandie.
Alors, Loewenberg, c’est vraiment très très petit. À ma connaissance, il y a une ou deux fermes, un jardinier, mais par contre il y a une très belle bâtisse, une très belle maison que l’on voit au début du film.
Absolument.
Et qui est un centre de formation CFF.
Tout à fait et qui représente deux bâtiments de forme cubique, qui portent la griffe de l’architecte Fritz Haller et qui s’intègre parfaitement à l’environnement par leur couleur verte.
C’est des bâtiments qui ont été faits, je crois, dans les années 1970. C’est donc, l’on pourrait dire, assez vieux et en même temps, ces bâtiments sont très modernes.
Oui.
On les voit au début du film, c’est donc des cercles comme des silos un peu, mais juste à côté, par contre il y a une maison beaucoup plus belle.
Tout à fait. C’est une très belle maison, c’était un château. Le château de Loewenberg bâti au XVIème siècle, qui a été rénové dans les années 1840 par la famille de Rougemont, qui était propriétaire.
D’accord et qui appartient aux CFF maintenant.
Certainement. Et qui est surmonté d’une coupole de métal et de verre qui offre une splendide vue sur les jardins à l’anglaise.
D’accord. C’est un beau jardin que l’on peut visiter, qui est ouvert au public, je tenais à le dire. Je peux dire aussi que juste à côté, il y a un Parcours Vita pour ceux qui ont besoin de faire de l’exercice. Et alors, un tout petit peu plus loin, au bord de la route principale, c’est là que se déroule chaque année une exposition vente de moutons. Et là, vous avez été aussi intéressé par ce sujet.
Oui, tout à fait, parce qu’on peut y admirer en tout cas cinq variétés de moutons.
C’est assez original. Moi, je ne connaissais qu’une sorte de moutons. C’est assez bizarre de voir toute cette variété.
Tout à fait, toute cette variété de moutons à poils longs, à poils de différentes couleurs et qui s’entendent tous très très bien.
C’est un sujet que vous avez eu du plaisir à monter. Cela n’a pas été trop difficile ?
Non, ça pas été trop difficile, parce qu’en fait, si vous voulez, il y a de très très belles images. On voit bien que c’est un hameau tranquille avec de la végétation, une rivière et les animaux. Comme j’aime beaucoup les animaux…
C’est un sujet qui ne pouvait que vous plaire.
J’ai eu du plaisir, ça c’est sûr.
Très bien. On va peut-être regarder ce sujet.
Volontiers.
Et ensuite, on reparlera une autre fois probablement d’animaux, puisque c’est un sujet que vous aimez tout particulièrement.
Avec plaisir.
Très bien. Merci Oscar, bravo pour ce montage et à très bientôt.
C’est gentil, merci.
Dernière partie de « Quoi de 9 ? ». J’ai le plaisir de recevoir Lyse, bonjour.
Bonjour.
On va parler avec vous d’un sujet assez original, que l’on n’avait jamais traité jusqu’à présent, il s’agit des pierres, des pierres précieuses. Pourquoi avez-vous décidé de faire un sujet là-dessus ?
Je trouve déjà extraordinaire que la nature produise des pierres qui brillent et qui sont de toutes les couleurs. J’ai fait quelques recherches pour savoir le nom des pierres, d’où elles provenaient et j’ai découvert, que non seulement, elles étaient utilisées comme parure, mais qu’elles avaient une valeur ésotérique, c’est-à-dire qu’on leur attribuait des vertus de protection, de force. Tout dépend les pierres.
Depuis la nuit des temps, on n’achète pas seulement, on ne se procure pas seulement des pierres précieuses pour leur beauté ou pour leur valeur ?
Non, effectivement. Les pierres précieuses étaient portées par les notables, par les rois pour que l’on voie sur eux leur rang. Mais, il y avait aussi tout le côté « vertu de la pierre », qui était pris en considération. C’est-à-dire que les guerriers mettaient certaines pierres sous la selle de leurs chevaux pour donner la force de vaincre. Et dans toutes les tombes funéraires, on a retrouvé des pierres qui étaient censées protéger le défunt pendant son voyage dans l’au-delà, de l’accompagner, lui donner la force de faire ce voyage.
Cela remontre très très loin, à l’époque de Toutânkhamon, je crois ?
Le masque de Toutânkhamon est serti de turquoise, de lapis-lazuli et de jaspe rouge.
Pourquoi ces pierres ?
Parce que c’est trois pierres qui sont hautement protectrices et que c’était voulu pour accompagner le souverain dans son voyage dans l’au-delà, pour lui donner toute la force nécessaire et la protection nécessaire.
C’est un masque mortuaire, en plus.
C’est un masque mortuaire, oui. Mais, on a retrouvé énormément de cristaux, de pierres, de bijoux sertis de pierres dans les tombeaux. Et même à l’ère néolithique, vous trouvez des cristaux que les hommes de cette époque portaient comme une amulette. Déjà.
Vous vous êtes intéressée à ces pierres précieuses, mais il y a aussi des pierres fines qui rentrent un peu dans le même registre.
Oui, effectivement. En fait, il existe quatre pierres précieuses, c’est le diamant, le rubis, le saphir et l’émeraude. Les autres pierres sont classées comme pierres fines.
Comme par exemple ?
L’aigue-marine, la topaze, la cornaline sont classées comme pierres fines. Après, il y a les pierres semi-précieuses. Enfin, c’est des classifications assez spécifiques.
Et selon vous, selon vos recherches, ces pierres ont aussi des valeurs particulières ?
Tout à fait. Elles ont toutes des valeurs spécifiques de par leur couleur, de par leur structure. Il faut dire aussi qu’en fait les pierres contiennent des métaux. C’est en principe cela qui donne la couleur de la pierre. Ils apportent la force du métal. Quand on porte une pierre, le métal contenu dans la pierre est communiqué à votre…
Votre organisme.
À votre organisme tout à fait. La couleur aussi joue un rôle.
Donc, si je comprends bien. On n’achète pas une pierre comme cela, au hasard, ou alors si on le fait, ce n’est pas vraiment par hasard ?
Je ne crois pas. On n’achète jamais une pierre par hasard. Si l’on suit ses goûts, ses…
Ses envies.
Ses envies. Je pense qu’on choisit en fonction de ses besoins.
On pourrait presque dire si l’on a la connaissance de ces pierres, on peut presque dire à quelqu’un : « Montre-moi la pierre que tu as achetée, je peux te dire qui tu es », un peu.
Non, pas vraiment quand même, pas jusque-là. Mais je dirais qu’on peut décoder les besoins de la personne si elle porte telle pierre ou telle pierre.
Par rapport au choix qu’elle fait toute seule.
Par rapport au choix.
C’est un sujet bien intéressant et vous l’avez aussi abordé d’une façon un petit peu particulière dans le sujet que nous allons voir, puisque vous avez parlé de « Pierre du mois ». Est-ce que vous pouvez nous en dire un mot ?
Les Chinois en particulier déterminaient la pierre qui était adéquate à la personne en fonction de son horoscope, de son lieu de naissance, enfin de tout un rituel. Les Occidentaux ont attribué au mois de naissance une, voire plusieurs pierres. J’ai pris l’une des pierres les plus connues, qui soit le plus accessible je dirais, parce que certaines pierres ne sont pas forcément faciles à trouver ou dans des magasins très spécifiques.
Puisque vous parlez de magasin, on pourrait peut-être remercier le magasin qui nous a ouvert ses portes pour pouvoir aller faire les images que nous avons faites.
La bijouterie Urech, à Neuchâtel, nous a ouvert ses portes et nous a offert de pouvoir filmer les bijoux pour cette émission.
C’est vrai que c’était bien sympathique de leur part. Très bien. Merci Lyse pour ce magnifique sujet. Bravo aussi à Julien Pisenti, qui a fait un très beau travail de montage.
Merci à vous.
Et à très bientôt pour d’autres sujets probablement sur les pierres encore.
Tout à fait. Merci.
Merci. A bientôt.
Voilà. « Quoi de 9 ? », c’est terminé pour aujourd’hui. Merci Mesdames et Messieurs de nous avoir suivis. Je vous souhaite une très très bonne semaine. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod