« Quoi de 9 ? »128 : du 9 au 15 juillet 2007
Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour. Merci d’être fidèles à Télé Objectif Réussir. Cette semaine, soixante minutes d’émissions, de nombreux sujets très intéressants et très variés, je crois. On commence avec Daniel Zumbrunn, salut Daniel.
Salut Jean-Pierre.
Un sujet, je crois, que tu aimes bien, non pas parce que l’on va parler de déchetterie, mais plutôt l’aspect écologique du sujet. Nous nous sommes rendus à la SAIOD. Tu sais sûrement ce que cela signifie ?
La SAIOD oui. On va décomposer : le SA c’est pour société anonyme, ça c’est courant dans les entreprises, le IOD, c’est pour incinération d’ordures et de déchets.
D’accord. Pour situer, c’est à Colombier et non pas à Bôle comme on a des fois tendance à le croire.
Non en fait, c’est à Cottendart pour être précis, mais cela fait partie de la commune de Colombier.
C’est cette grande tour que l’on voit sur les hauteurs de Colombier, qui fume tout le temps, mais ce n’est pas de l’air nuisible, c’est de la vapeur ?
Oui, tout est traité, même retraité chimiquement d’ailleurs pour qu’il n’y ait aucune impureté qui sorte de la cheminée.
Voilà. On a été faire un petit tour dans cette entreprise. Tu as un petit peu étudié peut-être l’entreprise ou l’aspect écologique de l’entreprise ?
Déjà l’entreprise, il faut savoir qu’elle ne fait pas que brûler des ordures. C’est aussi une centrale à chaleur. Elle chauffe des maisons, des immeubles, des entreprises dans la région, ce qui fait qu’elle est contrainte de tourner 24 h sur 24 h, en tout cas en hiver, parce que l’on ne peut pas tellement dire aux gens : « Tiens, on vous coupe le chauffage pendant trois jours. » C’est pour cela qu’ils font les réparations en été. Une autre raison aussi, c’est qu’en hiver, ils peuvent vendre leur chaleur un peu plus chère. Il y a une petite raison économique, mais c’est surtout une raison pratique. Il y a donc l’aspect bien sûr incinération, brûler les déchets. Mais l’on ne fait pas que brûler les déchets. On commence par les trier, ça aussi c’est important de le dire. D’ailleurs, on le verra bien dans le reportage, il y a des personnes qui trient les déchets, même manuellement encore, pour vraiment brûler le moins possible de choses, vraiment ce que l’on ne peut plus utiliser, sera brûlé.
Il y a encore un autre aspect que l’on ignore peut-être, c’est qu’il y a une deuxième usine qui a été construite sur le même site, cela appartient à la même société. C’est en fait pour éliminer les boues qui viennent des stations d’épuration du canton. Les boues que l’on ne peut pas réutiliser dans l’agriculture, parce qu’il y a des métaux lourds à l’intérieur. Elles sont aussi traitées dans une autre partie de l’usine qui est spécifique à cela et là, c’est vraiment du recyclage à 100% parce qu’on arrive à en brûler, à faire ressortir 90% de la quantité. Le 10% qui reste est envoyé par train dans une cimenterie pour fabriquer du ciment avec les restes. Donc rien n’est perdu, tout est vraiment réutilisé ! Cela fini par être propre à 100%.
C’est absolument incroyable de voir la quantité de déchets qui arrive là-bas. Les camions se suivent. Quand on pense qu’il y a quelques années, tout cela était balancé dans la nature en tout cas.
On l’a vu, déjà rien qu’avec la chimie bâloise, que ce soit les décharges de Bonfol ou celle que l’on a retrouvée dernièrement en Alsace. En fait, le but à l’époque, c’était de cacher les choses. Du moment que c’était caché, le problème était réglé. Il était résolu. On n’a pas pensé à tous les problèmes écologiques qu’il y avait derrière avec le ruissellement des eaux, la pollution des sols, des nappes phréatiques et on a bien constaté que l’on ne pouvait plus faire comme cela. Maintenant, il y a des lois, heureusement, qui empêchent de continuer ces pratiques.
Oui et maintenant cela s’est répandu. Il n’y a quasiment plus de décharges ouvertes, j’imagine, en Suisse ?
Non, c’est interdit.
C’est même interdit.
À cause des eaux de ruissellement, tout pourrait être repris, récupéré dans la nappe. Non, tout est réglementé, tout est fermé, contrôlé.
Voilà pour ce qui est de l’aspect technique ou de la raison d’être des stations d’incinération. Nous, en allant là-bas, on a rencontré Monsieur le directeur, Monsieur.
Tarantino.
Tarantino. Mais on s’est surtout intéressé, je dirais, au personnel, à ceux qui travaillent dans l’ombre. On se demandait si vraiment c’était un boulot absolument fou ou s’il pouvait y avoir du plaisir à le faire.
Cela, c’est toujours notre côté social.
Absolument.
C’est les choses qui nous intéressent le plus. C’est vrai, en parlant social, ils ont aussi une politique où ils emploient des personnes qui sont au chômage, chômage en fin de droits et qui après, par la suite, peuvent éventuellement être engagées. Il y a eu quelques exemples. On ne veut pas dire que c’est une entreprise de réinsertion sociale, mais ils en tiennent compte quand même. Est-ce que c’est parce qu’ils ne trouvent personne d’autre pour aller faire ce travail, je n’irai pas jusque-là ? Apparemment, les employés se disent contents de leur travail, même si le travail est pénible. Ils ont quand même des petites compensations salariales.
Il y a l’argent, c’est vrai. Mais il y a aussi, je crois, une philosophie de M. Tarantino. Il sait leur transmettre un certain nombre de messages. Déjà le premier en rapport avec l’écologie, comme quoi ils font un travail qui est utile et il leur donne des responsabilités aussi.
C’est clair, c’est… Je ne veux pas dire que c’est une bombe à retardement. On ne veut pas faire peur à la population, mais c’est quand même une grosse machine et on utilise pas mal de produits chimiques assez dangereux pour traiter les fumées et les eaux qui ressortent, donc c’est clair que l’on ne peut pas faire n’importe quoi. On ne peut pas commencer de faire exploser un wagon citerne avec un produit chimique. Il faut être très responsable, faire bien attention à ne pas faire de mauvaises manipulations.
Enfin, une belle entreprise utile pour notre société et à l’intérieur, une ambiance qui est bien organisée, qui est bien structurée.
Et on a vu, la plupart des collaborateurs que l’on a interrogés, ils sont là depuis dix, quinze ans. Donc, c’est qu’ils s’y plaisent quand même.
C’est bon signe. Très bien. Quoi de mieux qu’une petite visite. Je te propose que l’on se rende à Cottendart pour découvrir le cœur de l’usine.
Avec plaisir.
Merci à toi Daniel et à tout bientôt.
À bientôt.
On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » pour la deuxième émission de la journée. Qui a dit : « Je suis venu, j’ai vu et j’ai vaincu. » ?
C’est notre bon Jules. Jules César.
Voilà, c’est Alain Sunier que je salue, qui est décidément incollable.
« Ave. »
Jules César, en effet. Je ne sais pas si il est venu à Avenches, parce que c’est là que nous avons été promener nos caméras. Je ne crois pas.
Non.
Enfin Avenches, Avenches la romaine comme on dit, capitale…
Oui, c’était la capitale des Helvètes. On dit Avenches la romaine, mais en fait son nom vient d’une déesse celtique protectrice, Aventica.
D’accord. On a été à Avenches, je le dis juste et après je te laisse causer parce que tu as beaucoup de choses à nous dire. Je n’ai pas été promener la caméra dans les arènes d’Avenches, les plus connues, celles où il y a l’opéra, Rock Oz’Arènes, mais les à-côtés parce qu’il n’y a pas que les romaines qui sont au centre du village, les arènes. Il y a encore plein de secrets, de bijoux cachés un petit peu partout là-bas.
Effectivement, il y a déjà des vestiges du mur d’enceinte. Il faisait 5,5 km et qui a été construit en 71-72 après J.-C. Ce que l’on peut dire, Avenches est née finalement de la déroute des Helvètes à Bibracte et tu parlais de Jules César tout à l’heure, c’est lui qui leur a mis une joyeuse tatouée.
Aux Suisses ?
Aux Suisses, aux Helvètes et ils ont dû revenir à leur point de départ et c’est comme cela qu’Avenches s’est construit.
Une ville qui a compté pas mal d’habitants à l’époque.
Il y a eu jusqu’à vingt mille habitants. Il y avait plus de, en un siècle, il y a soixante quartiers qui se sont construits qu’on appelait des « insulae », des immeubles si l’on veut et c’était typique romain la construction dans le sens où d’abord, les Romains ont amené la maçonnerie, ce qui n’était pas connu ici et ils ont fait un système de rues orthogonales, j’ai dû regarder dans le dictionnaire, c’est des souvenirs d’étude, mais c’est perpendiculaire. C’est une construction typique romaine. Ce que l’on peut dire, parce que l’on ne veut pas trop s’attarder, c’est que la ville a pris un essor très très important dans le sens où il y avait accès au lac de Morat, donc navigation fluviale. Ils en ont profité au niveau de la construction en prenant des pierres du Jura pour construire la ville. Mais avant cela, et c’est assez fou de dire que cela s’est passé à cette époque, ils ont dû planter des pieux en chêne parce que le sol était marécageux, histoire de stabiliser le terrain.
C’était des sacrés bâtisseurs, ces Romains ?
Je ne sais pas si c’est les Romains qui ont fait le tout, mais j’ai le sentiment que c’est les Helvètes qui se sont plus ou moins mis en symbiose avec les Romains. D’ailleurs, il y a une preuve, c’est que les édiles, les hommes politiques, étaient Helvètes et pour qu’il y ait une stabilité politique, je dirais, incessante, on leur a donné la nationalité romaine. Cela veut dire qu’ils restaient Helvètes, mais ils étaient en même temps Romains, ce qui a peut-être pacifié toute la population qui était dans le coin.
Ils avaient la double nationalité.
Ils avaient la double, oui.
C’est intéressant ça. Peut-être que certains partis politiques actuels pourraient…
Entrer en matière.
Extra. C’est vraiment une ville intéressante. Il y a aussi les bains. Enfin, on le verra dans le film. C’était vraiment une ville importante.
Il y avait le forum. Il y avait au moins huit temples, donc pas forcément dédiés aux divinités romaines. En 71, 72 en même temps que le mur d’enceinte, ils ont construit l’amphithéâtre, le théâtre, le site du « Cigognier » que l’on va voir.
Les bains aussi.
Les bains. Vraiment, c’était une grosse ville pour l’époque.
Bon. Je te propose que l’on aille visiter.
Oui.
Avec toutes tes explications, je pense qu’on verra dorénavant Avenches autrement.
Je l’espère aussi.
À tout de suite Alain.
À bientôt.
On va parler maintenant peinture, sculpture. Mais on va aussi parler de l’artiste, un homme assez hors du commun qui t’a impressionné, qui m’a impressionné, c’est M. de Sousa.
Absolument. Il nous a impressionnés. Je crois que l’on est les deux à la même à ce niveau-là. De par sa vitalité alors qu’il souffre d’une maladie dégénérative ou « dégénératrice », je ne saurai jamais, qui s’appelle la sclérose latérale amyotrophique, donc cela conduit à un amoindrissement au niveau musculaire. Il est impressionnant, il vit à fond alors qu’il aurait toutes les raisons de se plaindre.
Une maladie terrible parce qu’il y a une année, il vivait comme monsieur madame tout le monde et en une année, il a tout perdu.
Il a tout perdu dans le sens où il a perdu sa mobilité. Il a perdu, au niveau travail, on n’en parle plus. Là, il est en demande AI. Il a, par bonheur, eu un enfant qui l’aide pas mal à vivre quand même parce que c’est une motivation. C’est vrai que là, il en est au stade où il devra quitter son appartement parce que l’infrastructure dans son immeuble n’est pas adéquate. Il va finir dans une chaise roulante. L’endroit où il habite, avec une chaise roulante, on oublie. Je ne sais même pas si il arrive à entrer dans l’ascenseur.
Oui en plus.
Nous avons vu ça quand on est allé chez lui.
Cela c’est pour l’homme. Il nous a impressionnés, oui. Pourquoi ? Parce qu’il garde le moral, parce qu’il est toujours souriant, parce que c’est presque lui qui nous remonte le moral.
C’est un peu près cela. Je crois que ce qui compte énormément pour lui et cela est aussi dû à sa personnalité, c’est l’entourage. Son frère va le voir régulièrement. Il y a des amis qui vont le voir. Il se fait des balades à Neuchâtel avec des potes. Je pense que le fait d’être soutenu, d’avoir cette amitié permanente joue un rôle important dans son parcours.
On le verra dans ce qu’il t’a raconté comment il gère cela. On rappelle peut-être encore qu’il expose ici à la galerie Quint-Essences à Bevaix, jusqu’à la fin du mois d’août. Une magnifique exposition parce qu’il fait des œuvres, on peut peut-être le rappeler, qui sont vraiment intéressantes, que ce soit les tableaux ou les sculptures.
Oui au niveau des tableaux, c’est vraiment l’art africain à l’état brut puisqu’il est né en Angola. Au niveau des sculptures, c’est hyper original. Certes petit, mais vraiment beau.
Bien. Il ne nous reste plus qu’à proposer à nos téléspectateurs de venir visiter cette exposition. Il expose en compagnie d’une autre artiste, mais ça, c’est Françoise Berthod qui va tout nous raconter !
Elle va tout nous dire.
Très bien, à tout à l’heure.
À bientôt. Bye.
Après ce témoignage très touchant de M. de Sousa qui expose donc ici à la galerie Quint-Essences, on retrouve Françoise Berthod, bonjour Françoise.
Bonjour Jean-Pierre.
Pour parler d’une autre artiste qui expose en même temps que M. de Sousa, ici à la galerie.
Oui qui est aussi angolaise, Mme Carla Peairo.
D’accord. Une dame qui habite, je crois, Neuchâtel.
Depuis quelques années, oui.
Quel genre de peintures fait-elle ?
Peintures genre africain avec beaucoup de couleurs qui reflètent la vie africaine.
Un petit peu comme M. de Sousa finalement.
Presque pareil, oui.
Une exposition en tout cas très colorée, puisque c’est vrai, elle a un peu le même style que M. de Sousa.
Oui, cela respire la joie de vivre.
Absolument et cela, je pense que cela fait du bien de nos jours, une telle exposition. Vous aimeriez nous parler aussi de notre collaborateur, Julien Pisenti.
Oui. Il faut aller voir ses photos au Temple du Bas jusqu’à fin juillet.
Voilà parce qu’après, il sera remplacé…
Justement par M. de Sousa et Mme Peairo.
Très bien. Décidément, il y a beaucoup de vie dans cette galerie avec ces artistes. Merci en tout cas Françoise pour toutes ces explications et à bientôt.
À bientôt et merci beaucoup.
Merci à vous aussi Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs de nous suivre régulièrement. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod