« Quoi de 9 ? » 129 : du 16 au 22 juillet 2007

 

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur, bienvenue sur votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Cette semaine, un sujet très sérieux pour ne pas dire très grave, sur lequel on va discuter avec Alain Sunier, salut Alain.

Salut Jean-Pierre.

 

Et après deux sujets un peu plus légers. On garde la surprise pour tout à l’heure. Un sujet assez grave. On va en parler, on va aussi écouter tout à l’heure M. Marcel Cotting, qu’on a eu le plaisir de recevoir ici, qui est psychologue à Neuchâtel et avec qui l’on s’est entretenu de la problématique des addictions. Peut-être, peux-tu nous expliquer ce que c’est qu’une ou les addictions ?

Les addictions sont nombreuses, c’est simplement le fait qui est… c’est une personne qui va courir après un besoin et qui fera tout pour le satisfaire, si l’on veut. On parle de toxicomanie, ça c’est l’exemple typique. Il y a l’alcoolisme qui est aussi un exemple typique et il va tout faire pour se satisfaire, en fait. Mais addiction, j’aimerais bien le préciser et je te pose la question d’ailleurs, c’est un terme anglais, quel est le terme français ?

 

Très franchement je ne savais pas, mais tu me l’as soufflé : assuétude tu m’as dit.

Tout à fait. C’est un comportement qui date de longtemps. Au Moyen Âge par exemple, on parlait d’assuétude par rapport à un apprenti et son patron. Le fait d’être soumis à… Par la suite, les Américains, évidemment puritains comme ils le sont, c’est tout ce qui est passion sexuelle, c’est une assuétude et le premier en Europe qui a développé le thème, c’est donc notre bon Sigmund Freud qui a dénoncé ces comportements. Comportements que beaucoup d’entre nous ont, je veux dire, sans s’en rendre compte. Le gars qui allume sa cigarette, il est en addiction. La personne qui va prendre son apéro tous les jours est en addiction. On considère que c’est trois semaines de même comportement pour que l’on puisse dire s’il y a addiction ou non.

 

On parle de la toxicomanie, on parle de l’alcool, on parle de la fumée. Marcel Cotting nous disait qu’il y a également le jeu.

Le jeu, alors terrible. Je connais personnellement quelqu’un qui est à l’AI, parce que c’est un fou du jeu. Il y a le jeu, il y a le portable, il y a la musique. On est tous plus ou moins entre guillemets « addictés ».

 

Même le sport quand il est pratiqué d’une façon abusive, c’est-à-dire qu’il nuît finalement à ta santé.

Oui, il y a la dépendance psychologique et il y a la dépendance physique, effectivement quand il y a surentraînement, on peut parler d’addiction. Quelqu’un qui a besoin systématiquement de se dépenser est « addicté ».

 

Voilà pour l’aspect médical, pour le traitement, en fait traitement, très difficile d’après M. Cotting, mais il y a aussi un problème de société, je crois, là-derrière. C’est assez difficile, j’ai fait des petites recherches tout à l’heure de statistiques, mais il semble qu’il y a une augmentation du nombre de personnes victimes d’addictions.

Oui.

 

Même si c’est simplement la simple cigarette qui est fumée actuellement par le 38% des jeunes ou alors même l’alcool, parce que maintenant il semblerait que les médecins disent qu’ils ont des jeunes qui entrent fréquemment à l’hôpital en urgences. Ils ont entre treize et quatorze ans, ils prennent leur première cuite et tombent presque dans des comas.

Oui.

 

Plus le Natel comme tu disais, qui est peut-être moins dangereux, mais qui sont quand même le reflet d’un malaise général de notre société.

Il y a une réalité, c’est-à-dire que l’on a tendance à s’enfermer sur soi. Je crois qu’il y a une attitude typique, c’est l’ordinateur. Le Net, il y a des gens, j’en connais quelques-uns, qui vont passer douze heures devant leur écran, à faire des recherches, à faire ci, à faire ça. Là aussi, on a addiction. Je crois qu’on est dans une société actuellement où le côté social justement est en perdition. On nous pousse plus ou moins à se regarder le nombril aux dépens finalement des liens familiaux, aux dépens des liens d’amitié et ça, cela va en s’accélérant, si l’on regarde un petit peu, si l’on observe autour de soi. Je ne trouve pas que l’on soit dans une ligne qui est positive.

 

Pas besoin d’être psychologue pour s’en rendre compte. Il suffit d’observer en effet, le comportement des gens autour de nous. C’est vrai, ce qui est ennuyeux, ce qui est presque fâcheux, c’est que maintenant on entend de plus en plus dire que la crise économique est derrière nous, les cantons sont en meilleure santé, que les entreprises ne cessent d’embaucher. Mais on voit, néanmoins, toujours plus de gens à l’aide sociale, toujours plus de gens également qui doivent suivre des traitements médicaux et en milieu psychiatrique.

C’est énorme. Le nombre de jeunes qui sont entre guillemets « paumés » augmente d’une façon considérable. Moi, j’ai des anciens élèves, je vois comment cela se passe un peu pour eux, ils courent après quelque chose qu’on ne peut pas atteindre. Alors c’est clair, l’utopie c’est beau, mais il faut quand même garder les pieds sur terre de temps à autre.

 

Je pense que c’est un aspect que nos autorités ignorent volontairement ou pas, préférant se contenter de dire que les chiffres sont bons, que les caisses sont dans les chiffres noirs maintenant. Tout ce problème-là est un vrai problème de société.

Absolument.

 

Et ce n’est pas la reprise économique qui va forcément le régler.

Je crois qu’il y a un problème philosophique derrière dans le sens où les gens qui sortent d’un apprentissage, par exemple, ont de la peine à se situer par rapport à ce que la société propose. Qu’est-ce qu’elle propose finalement ? C’est de la consommation, c’est l’argent et tout l’aspect, je dirais, sensibilité est mis de côté.

 

Oui et on dit que dans quelques semaines ou quelques mois, des centaines si ce n’est pas des milliers de jeunes qui sortent de l’école ou d’apprentissage vont se retrouver sans travail.

Oui. Cela, on ne le prend pas en compte dans les statistiques. C’est là que ce n’est pas tout à fait correct.

 

C’est peut-être eux qui vont faire encore une fois grimper ces chiffres en matière d’addiction, probablement.

Absolument.

 

Voilà un peu tout ce problème. On va écouter M. Marcel Cotting, psychologue à Neuchâtel, mais il est également responsable au Drop-In de Neuchâtel.

Et à La Chaux-de-Fonds.

 

Où il s’occupe en particulier de jeunes toxicomanes, mais d’autres problématiques aussi. On écoute M. Marcel Cotting et on reviendra probablement sur ces sujets-là, parce que

C’est une réalité.

 

Tout à fait. Merci Alain pour ces explications et à très bientôt.

Pas de quoi Jean-Pierre. À bientôt.

 

 

Après ce sujet bien sérieux sur les addictions, on va parler d’un sujet un peu plus léger, un peu plus sympathique avec Oscar Garcia, bonjour Oscar.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va parler des castors. C’est un petit sujet que j’ai eu le plaisir de tourner dans les environs de Cudrefin. On va parler de castors, même si l’on ne verra pas de castor dans le film, parce que c’est vraiment très très difficile de les rencontrer. Je pense qu’ils doivent sûrement travailler la nuit. Enfin que savez-vous sur les castors, vous qui avez un tout petit peu étudié cela ?

Voilà si vous voulez, déjà je pense que si vous n’en avez pas vu, c’est parce que ce sont des animaux qui, en Suisse, sont considérés comme rares et en voie d’extinction. Il y en a environ trois cents dans la Suisse romande et environ huit cents sur tout le territoire national.

 

Cela fait peu d’individus, alors.

Il n’y en a pas beaucoup. Pro Natura a décidé de lancer une campagne de sensibilisation et d’éducation pour les jeunes et aussi pour le grand public en vue justement de sensibiliser et d’éduquer le public au thème du castor, mais également sur l’environnement et la nature. Pro Natura voudrait essayer de revitaliser les cours d’eau, afin de faciliter déjà la circulation du castor entre le Rhône et le Rhin. Il y aurait cinq régions concernées en Suisse, notamment le Valais, Genève, le Jura, Neuchâtel et Fribourg.

 

Qui sont des régions idéales pour les castors grâce aux rivières, aux lacs.

Voilà tout à fait.

 

Quand on parle des castors, on le voit d’ailleurs dans le film, on a l’impression que ces animaux font beaucoup de dégâts, parce qu’ils peuvent ronger de très très gros arbres, ensuite dans la rivière où des jeunes arbustes. Est-ce qu’ils sont dangereux pour l’environnement, quand on voit les dégâts qu’ils font ou ce qu’ils font, on ne peut pas appeler cela des dégâts ?

Il faut savoir que le castor est l’animal qui peut le plus modifier l’environnement avec l’homme. Aucun autre animal…

 

Cela, c’est intéressant.

Par l’abattage des grands arbres et en formant des clairières, il ne fait pas de déprédations à la nature, au contraire, il régénère la forêt et permet à des animaux qui apprécient ces espaces de vivre et également, cela profite aux humains ces barrages, parce que cela empêche des inondations et cela permet également aux herbiers de se recréer et c’est une aubaine pour la reproduction des poissons, ces endroits calmes comme ça.

 

Sans le savoir, finalement les castors jouent un rôle positif.

Un rôle positif pour l’ensemble des humains et également des animaux parce qu’une multitude d’autres espèces en profite également.

 

On dit qu’ils sont en voie de disparition, mais il y a une dizaine d’années, il n’y en avait pas du tout. Ils ont été réintroduits progressivement dans le canton de Neuchâtel notamment.

Il y a quelques individus qu’on a essayé d’introduire et on les a retrouvés, certains morts. Actuellement, il y en a trois cents en Suisse romande mais qui sont un peu isolés. On voudrait leur permettre, en créant des biotopes favorables, qu’ils puissent recoloniser les rives des cours d’eau et créer des familles et qu’également le public puisse en profiter en créant des aires de détente et en facilitant les accès à ces endroits-là. On veut faire, Pro Natura veut des rivières vivantes.

 

Bien sûr, le castor rentre tout à fait dans ce contexte-là.

Tout à fait.

 

Que pouvez-vous nous dire encore sur les castors avant de regarder le petit film ?

Le castor est le plus gros rongeur d’Europe. Il existe deux variétés. Il y a le castor européen qui se différencie. Il devient plus foncé plus on le retrouve vers le haut de l’Europe, et le castor américain.

 

D’accord. Est-ce que l’on sait ce qu’il mange le castor ?

Oui. Il se nourrit de feuilles, de bourgeons, d’écorces et de racines de nénuphar.

 

D’accord.

C’est un animal social qui vit en groupe.

 

Qui font des choses assez spectaculaires. Cela, je crois qu’on va le voir dans ce petit film où l’on verra tout un tas d’arbres très bien taillés. On voit qu’ils ont des bonnes dents. Très bien. Merci Oscar pour toutes ces explications. On regardera le castor d’une façon un peu plus sympathique dorénavant. On regarde ce petit film et l’on se retrouve tout bientôt pour un autre sujet. Merci Oscar.

Merci à vous.

 

 

Après ce petit voyage dans le monde des castors, on se retrouve ici avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va parler de la galerie Quint-Essences.

Exact.

 

Où deux artistes angolais exposent également.

Exactement, M. Jorge de Sousa Monteiro et Mme Carla Peairo.

 

D’accord. Deux artistes qui ont un peu des styles semblables.

Oui. De la peinture africaine, des scènes de la vie africaine.

 

Voilà. Très colorés, très vivants. Des tableaux, des peintures sur la famille, sur les villages.

M. de Sousa fait des sculptures aussi.

 

Des sculptures en plomb, absolument. Assez lourdes, assez spectaculaires qui symbolisent assez la souffrance. Donc, Carla Peairo, Jorge de Sousa ici à la galerie Quint-Essences.

Dès le mois d’août, dès le 4 août au Temple du Bas.

 

Où ils exposeront également leurs œuvres.

Avant au Temple du Bas, il y a toujours Julien Pisenti avec ses photos.

 

D’accord. C’est lui qui cèdera sa place à Carla Peairo et Jorge de Sousa Monteiro.

Oui.

 

Bon si l’on a tout dit et je crois que c’est le cas sur ces deux artistes, on ne peut qu’inviter nos téléspectatrices et téléspectateurs à venir visiter ces expositions. Très bien. Merci Françoise pour ces explications et à très bientôt.

Merci à vous. À bientôt.

 

À très bientôt Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod