« Quoi de 9 ? » 130 : du 23 au 29 juillet 2007

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bienvenue sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. À mes côtés, Alain Sunier, salut Alain.

Salut Jean-Pierre.

 

Une émission avec beaucoup de sujets. On va proposer aux gens quelques balades estivales.

C’est de saison !

 

C’est de saison. D’abord dans le canton du Valais et ensuite du côté de Portalban. Entre deux, on parlera d’un homme vraiment très intéressant, que tu as rencontré il n’y a pas longtemps.

Oui. M. Jorge de Sousa.

 

Jorge de Sousa et l’on terminera avec Françoise Berthod qui nous parlera des manifestations à la galerie Quint-Essences.

Culturelles.

 

Culturelles, voilà. D’accord. Alors, on commence avec ce petit village de Mase qui se trouve donc dans le Val d’Hérens. Qu’est-ce que tu peux nous en dire ?

Disons que Mase a une histoire particulière dans le sens où ils ont préservé le village au maximum. Il y a juste l’église qui a dû être refaite à quelques reprises, parce qu’il y a eu des problèmes de fondations.

 

Tremblement de terre, je crois.

Oui, tremblement de terre. Ils ont gardé le clocher, mais ce qui est caractéristique de Mase, c’est que c’est vraiment le village typique valaisan avec ses raccards, ses greniers, deux restaurants, une église. Qui dit église dit restaurant, quasiment.

 

C’est juste à côté.

C’est un endroit assez typique et assez sauvage qu’on trouve encore en Valais.

 

Mase qui a été rendu célèbre grâce à une journaliste de la Télévision suisse romande, Manuela Maury, qui a donc fait toute une série d’émissions, je ne sais pas si cela va continuer après l’été, qui s’appelait « Têtes en l’air » où elle invitait des gens.

Où elle recevait des gens.

 

Dans le village de Mase. Ils y passaient vingt-quatre heures, justement en face de l’église, dans le restaurant de ses parents où Manuela Maury avait passé son enfance.

Exactement. Le but, c’est quand même de retrouver une espèce de qualité de vie par rapport au lieu où elle se trouve, même si il y a de la circulation. Ce n’est pas Zermatt où l’on a interdit aux voitures de passer. Mais c’est quand même un endroit qui est préservé par rapport à d’autres stations valaisannes.

 

Je pense qu’il est protégé un petit peu des touristes, par le fait qu’il n’y a pas, ce n’est pas une station de ski, il n’y a pas

Il n’y a pas toute l’infrastructure, les hôtels et compagnie. Cela, c’est clair et net.

 

C’est original pour cela. Peut-être juste encore dire que cela montre à quel point, Télé Objectif Réussir, c’est du travail d’équipe. Sur le petit sujet de Mase, les images sont de Rita Hosang, le son de Julien Pisenti, le montage de César Carrasco, la musique de Patrice Mojonnet quant aux commentaires, ils sont de Laetitia Sefini. Cela montre quand même qu’il faut du monde pour un petit sujet.

Il faut du monde pour monter quelque chose.

 

Cinq personnes au total qui ont travaillé sur ce sujet.

Et ce n’est pas fini !

 

Et ce n’est pas fini. Bien. Merci Alain. On se rend peut-être à Mase.

Voilà.

 

Après, l’on revient pour parler de M. de Sousa.

Avec plaisir.

 

Alors, c’est parti pour le Val d’Hérens.

 

 

On redescend du Val d’Hérens. On se retrouve ici à la gare toujours avec Alain pour parler de cet homme absolument merveilleux que nous avons rencontré, M. Jorge de Sousa.

Voilà.

 

Monteiro, angolais-portugais, artiste, peintre et sculpteur, qui d’ailleurs expose, on en reparlera tout à l’heure, ici à la galerie Quint-Essences. On avait fait plusieurs volets avec Jorge. Aujourd’hui, c’est plutôt sur sa vie, mais sur l’Angola, je crois que tu voulais parler.

Oui, il vient d’Angola effectivement et il a vécu la guerre. Il y a eu allégrement une trentaine d’années de guerre avant que le régime se stabilise et, dans son art, il cherche à illustrer, si l’on veut, les souffrances qu’ont vécues des millions de gens. Il y a eu un million et demi de morts en 1994. Par jour, je ne sais plus combien ça fait, mais c’est quelque chose d’assez affreux. Pourtant, c’est une population qui est jeune, mais il y a beaucoup de mutilés, il y a beaucoup de gens qui sont victimes des mines anti-personnelles et lui, dans son art, a cherché à illustrer cette souffrance quotidienne.

 

Cela se voit surtout dans ses sculptures.

Voilà, exactement. Je suis allé un petit peu fouiner. L’Angola a connu, après la décolonisation, a connu des années et des années de guerre. Il y avait trois mouvements qui s’affrontaient et qui tentaient de prendre le pouvoir. Finalement, comme toujours, c’est la population qui a payé le prix fort.

 

Ils étaient colonisés par qui ?

C’était le Portugal. L’Angola est en charnière si l’on veut dans le sens où au nord de l’Angola, cela serait plutôt francophone. Au sud de l’Angola, cela serait plutôt anglophone. Là, c’est le deuxième pays au niveau superficie où l’on parle portugais et c’est le troisième pays au niveau population, où l’on parle portugais. Actuellement, c’est stabilisé. Ils sont en train de se reconstruire, mais on peut supposer qu’il y aura encore beaucoup de victimes des trente ans de guerre qu’il y a eues, parce que les mines anti-personnelles traînent dans tous les coins.

 

L’Angola a retrouvé sa liberté, mais pour se faire envahir plus discrètement mais tout aussi efficacement par d’autres nations.

Absolument. L’Angola a une richesse au niveau de son sous-sol, c’est-à-dire le pétrole et les diamants et évidemment que nos amis américains ont mis leur nez là au milieu, concurrencés par les Chinois. Il y a une présence de plus en plus forte des Chinois en Afrique.

 

Ils arrivent à se débarrasser de ceux qui les ont envahis, mais finalement leurs biens personnels se font malgré tout séquestrer.

C’est toujours la même chose, c’est l’économie qui gouverne et automatiquement il y a une province, en particulier, qui est un petit peu excentrée qui fournit les trois quarts du produit brut angolais, mais exploitée par des puissances étrangères et non pas par les gens du pays.

 

Encore un pays africain qui a de la peine à retrouver sa liberté et sa tranquillité.

Le problème est interne, à la limite, dans le sens où les Portugais s’en sont allés. J’ai eu l’occasion de discuter avec des Portugais qui ont fait la guerre là-bas, ce n’est pas très reluisant, je dois dire. Les Portugais s’en sont allés, mais évidemment il y a d’autres multinationales qui se sont posées là et qui font la loi.

 

Pour revenir peut-être à M. Jorge de Sousa. On sait qu’il souffre d’une grave maladie.

Exact.

 

Sa santé va même en se dégradant rapidement actuellement.

Oui.

 

Peut-être encore quelques mots sur l’homme, parce que c’est lui que l’on va voir là.

Justement. L’homme en question, quand je l’ai interviewé, me racontait qu’ils ont été… qu’un matin ils se sont réveillés avec le bruit des balles sifflant aux oreilles et ils n’ont pas eu d’autre choix que de partir, dans un premier temps dans une autre ville d’Angola et, après, rentrer au Portugal, parce que c’était vraiment trop dur. Mais l’homme en question est très attaché à l’Angola. On le voit dans ses peintures, on le voit dans ses sculptures. C’est une tranche de vie qu’il a, à mes yeux, fort bien décrite et je crois que cela mérite… Il mérite que l’on considère ses œuvres.

 

C’est vrai que c’est un homme attachant qui s’est bien intégré à la Suisse.

Il est tombé totalement amoureux de Neuchâtel. Je crois que son amour vient de l’eau. Il aime l’eau et le lac l’a séduit. Cela fait plus de vingt-cinq ans maintenant qu’il est ici. Il est complètement intégré.

 

On peut souhaiter que sa maladie cesse un peu de le perturber, de l’obséder, parce qu’actuellement, il va de plus en plus mal d’après les derniers renseignements que nous avons eus sur lui.

Il devra passer dans un foyer et il n’est plus du tout autonome. Je pense qu’il souffre de cela, il souffre du fait aussi qu’il ne sait pas combien de temps il lui reste, alors qu’il a un enfant en bas âge et moi ce que je remarque avec lui, c’est que c’est un type qui a une force de vie qui est absolument incroyable. Il aime rire, il aime voir du monde, il n’est pas en train de se plaindre. Il vit vraiment.

 

C’est un peu une caractéristique. On a eu l’occasion souvent, parce que c’est un petit peu le rôle de notre télévision, de rencontrer des gens qui souffrent.

Juste.

 

Et l’on a, à chaque fois, vu ce comportement-là.

C’est à croire que lorsque les personnes arrivent vers une certaine fin, ils s’accrochent deux fois plus à la vie. Ils ont beaucoup plus de ressources qu’on pourrait soupçonner au départ.

 

Leur philosophie, leur vision de la vie changent.

Exactement.

 

Et d’être en leur présence, finalement fait du bien.

Cela nous régénère, c’est clair et net. Ils nous donnent de l’énergie, ils nous donnent envie de vivre, ils nous donnent envie de communiquer et de rencontrer les autres. Cela, c’est clair et net.

 

Quoi de plus beau, peut-être, que d’aller justement rencontrer maintenant M. de Sousa. C’était dans son appartement, il y a quelques semaines.

Exact où il nous a fort bien reçus d’ailleurs. C’était vraiment super agréable.

 

Très bien. Alors on se rend chez M. de Sousa. On se retrouve juste après pour une autre balade.

 

 

Retour sur le plateau de « Quoi de 9 ? ». On vient de voir M. de Sousa. Une petite balade, une de plus après le village de Mase, on va se rendre à Portalban. C’est plus ou moins en face de Bevaix, je suppose, j’imagine.

À vue de nez, oui.

 

Un joli petit village. Toi qui est instituteur, tu dois sûrement savoir, Vaud ou Fribourg ?

Oh… Vaud.

 

Fribourg.

Raté.

 

À l’est de Portalban, il y a en effet le village de Cudrefin qui est

Vaud.

 

J’en suis presque certain.

Presque persuadé.

 

Après, il y a Portalban qui est Fribourg et après il y a Chevroux qui est en effet le plus grand port autour du lac de Neuchâtel.

C’est le plus grand.

 

Qui est de nouveau le canton de Vaud.

Chevroux, c’est normal comme port. Un port de plaisance en fait.

 

Absolument. Portalban est beaucoup plus petit, le plus pittoresque de tous les ports du sud du lac. On le verra d’ailleurs sur les images.

Ces merveilleuses images que vous avez tournées.

 

Ces merveilleuses images selon en tout cas Oscar qui a fait le montage.

Voilà.

 

C’est vrai que ce sujet a plu, parce que la preuve, nous avons reçu une demande de la part de la commune de Portalban. Ils nous demandaient si ils pouvaient mettre ce petit film sur le site officiel de Portalban, ce que nous avons bien sûr accepté, ce qui fait que quand les gens vont sur le site de Portalban, ils peuvent consulter ce petit film qu’on a réalisé, ce qui est sympathique.

C’est sympa.

 

Il vaut mieux cela que de recevoir des lettres d’injures.

C’est peut-être plus préférable.

 

Voilà pour Portalban. C’est quand même un port avec huit cent trente places de bateaux qui est super bien équipé. Des grues pour sortir les bateaux, des coins pour les enfants, un joli camping aussi. Il y a, au cœur du village, l’ancien bateau à roues, on disait

Oui, roues à aubes.

 

Roues à aubes qui s’appelait le « Fribourg » qui se trouve là, qui a été transformé maintenant en restaurant.

Comme ils ont fait à Neuchâtel avec « Au Vieux Vapeur », anciennement le « Neuchâtel ».

 

Exactement. Là, ils l’ont simplement sorti de l’eau. Ils l’ont amené au cœur du village. Ils ont fait une piscine. Ils ont mis des brochets dans la piscine et le bateau est là au milieu.

Il est posé au milieu.

 

C’est sympathique.

Il n’y a rien de trop beau !

 

Absolument. J’ai vu aussi qu’il y avait plus qu’un seul pêcheur professionnel à Portalban. C’est vrai que cela commence de disparaître gentiment. Il n’y en a plus que deux à Cudrefin, un à Portalban.

Deux ou trois à Auvernier.

 

C’est vrai que c’est une profession qui commence à se faire rare. On verra d’ailleurs des images du petit port de pêche de Portalban. Voilà, que dire d’autre sur ce beau village. Proposer aux gens d’aller le visiter.

On embarque. Allons-y.

 

Allons-y, soyons fous ! Merci Alain.

Pas de quoi.

 

On se reverra très bientôt, je pense, pour d’autres balades. Très bien, merci. On embarque pour Portalban.

 

 

On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Pour nous parler de la galerie Quint-Essences dont les deux exposants actuellement sont…

M. de Sousa, Jorge de Sousa Monteiro.

 

Dont nous avons parlé tout à l’heure avec Alain.

Oui qui expose ses sculptures retraçant la vie africaine.

 

Sculptures, peintures. Il est accompagné d’une autre Angolaise.

Avec Mme Carla Peairo qui utilise une technique de peinture à l’acrylique.

 

Peinture à l’acrylique, d’accord. Son genre de sujets, c’est…

La fécondité et la vie de la femme africaine. Des couleurs très vives.

 

Un peu comme M. de Sousa, question couleurs, graphisme.

Oui.

 

D’accord. Cette exposition ne se termine pas ces jours.

Non jusqu’à fin août.

 

Jusqu’à fin août.

On a le temps de venir la visiter.

 

On a le temps de venir, pas besoin de se bousculer. Très bien.

En même temps, ils sont aussi au Temple du Bas au mois d’août.

 

Absolument. On pourra les voir partout. Extra. Merci Françoise pour toutes ces explications. Merci à vous.

 

À bientôt.

À bientôt.

 

Au revoir Mesdames, au revoir Mesdemoiselles. Merci de nous avoir suivis. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod