« Quoi de 9 ? » 132 : du 6 au 12 août 2007
Madame, Monsieur, bienvenue sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Sur le plateau, à mes côtés, Alain Sunier, salut Alain.
Salut Jean-Pierre.
Voilà. On est toujours au mois d’août. En principe au mois d’août, il fait beau, il fait chaud.
Juste.
C’est l’été, beaucoup de gens sont en vacances. Donc, on va avoir une émission peut-être un petit peu plus légère, un petit peu moins grave que d’habitude, puisque nous allons parler d’une magnifique troupe de théâtre.
Oui.
La Compagnie des Baladins. Puis, on ira ensuite faire une petite descente des gorges de l’Areuse. Tu connais bien les gorges de l’Areuse.
Je connais bien les gorges de l’Areuse.
Et nous terminerons avec une rubrique culturelle sur la galerie Quint-Essences avec Françoise Berthod.
Exact. On retrouve notre spécialiste ès art.
Irremplaçable.
Irremplaçable.
Alors, on commence avec la Compagnie des Baladins. C’est donc la troupe de théâtre bevaisanne.
Oui, c’est une troupe de théâtre qui est née à la suite du millième anniversaire de l’Abbaye de Bevaix. Cela se passait en 1998 et les autorités communales ont exprimé le désir de marquer le coup, si l’on veut, et c’est là qu’une équipe d’amateurs s’est groupée pour faire une pièce de théâtre, pour animer le millième anniversaire de l’Abbaye de Bevaix. L’Abbaye de Bevaix en question, elle a été construite par un certain Rodolphe qui était un noble de Bourgogne. À cette époque-là, le lac s’appelait encore le lac d’Yverdon, n’en déplaise aux habitants de Neuchâtel.
Tant qu’ils ne s’appelaient pas le lac de Genève, on s’en fout !
Je crois qu’on est du bon côté quand même et il était sous la responsabilité de l’Abbaye de Cluny. Je crois d’ailleurs que Julien en avait déjà parlé, à l’époque, en présentant Bevaix.
Voilà. Il est mentionné sous l’appelation « Bevaix, site clunisien ».
Exact.
On voulait absolument faire croire qu’on savait ce que c’était. On sait tout maintenant.
En fait, l’Abbaye en question n’a pas eu vraiment le rayonnement escompté et Rodolphe l’a vendue à des moines. Il a passé le pouvoir, si l’on veut, à des moines. On peut aussi dire, on en a déjà parlé, que le Moulin de Bevaix, par exemple, étaient très proche de l’Abbaye de Bevaix, puisque les gens avaient l’obligation d’aller moudre leur grain dans ce moulin. Ils n’avaient pas le choix, ils devaient donner des redevances aux moines qui occupaient l’Abbaye de Bevaix.
Puisque tu parles du Moulin de Bevaix, c’est donc là que se trouve notre ami, le peintre québécois, Jean Devost.
On l’a aussi reçu ici. On aimerait peut-être avoir un peu plus de nouvelles de lui.
Mais oui. Il doit sûrement être en pleine création.
Je pense.
C’est en 1998 qu’a été fêté le millième anniversaire et c’est à ce moment-là que la commune a souhaité monter une pièce, créer une pièce de théâtre.
C’est-à-dire qu’il y a eu des passionnés de théâtre amateurs et on en trouve un peu dans tous les villages encore, l’air de rien. Le théâtre est un art qui connaît pas mal de succès dans le canton, à notre connaissance. Une quinzaine de passionnés qui décident finalement de poursuivre l’expérience, puisqu’ils ont éprouvé du plaisir… Ceci explique la présence d’Anne Vanessa Comtesse et Gil Thomas dans notre studio.
Tout à fait. Deux charmantes personnes.
Deux jeunes qui se lancent.
Passionnées, douées, talentueuses. On le verra dans le petit sujet. Gil Thomas, très bon chanteur, pianiste.
Pianiste avant tout, oui.
Anne Vanessa Comtesse qui a dirigé le chœur de cette troupe. Ce qui est impressionnant avec cette troupe, tu as raison quand tu dis que le théâtre est loin de mourir dans le canton de Neuchâtel, c’est plus de cinquante membres actifs. C’est incroyable !
Sans compter les membres actifs, il y a encore, en plus de cela, tout un staff autour qui s’occupe des décors, qui s’occupe du son. C’est vraiment, si on additionne le nombre de gens qui participe à la création et au spectacle, on n’est pas loin d’une centaine de personnes.
De participants. Ce qui est particulier, je trouve, c’est le nombre de chanteurs et chanteuses.
C’est lié à la formule choisie que je trouve bonne, si je puis exprimer mon opinion. Dans le sens où ils font dans le premier semestre, un spectacle léger avec chants, musique et théâtre et dans le deuxième semestre, ils vont faire plutôt une pièce dramatique, policière, éventuellement un vaudeville, mais avec une intrigue qui est censée tenir en haleine le spectateur qui se rend chez eux au Plan-Jacot d’ailleurs.
Parlons vite du Plan-Jacot. Cette magnifique petite auberge où l’on mange très bien. Le théâtre se trouve juste au-dessus de l’auberge. Cadre magnifique évidemment.
Au début, avant d’être au Plan-Jacot, ils ont dû quand même se battre pas mal, parce qu’ils n’avaient pas de salle pour répéter. Là maintenant, ils sont dans un cadre magnifique qui est aménagé pour le théâtre, c’est parfait pour eux.
C’est vraiment une troupe villageoise comme tu l’as dit avec beaucoup beaucoup d’acteurs, chanteurs et chanteuses. Il n’y a pas longtemps, lorsque nous avons été filmer quelques extraits de la pièce qui s’appelait « DVD…cision », pièce d’ailleurs qui a été écrite par le père de Gil Thomas avec la collaboration de son fils. C’est vraiment du travail bevaisan.
Plus bevaisan que cela, tu meurs.
Absolument. Lorsque nous avons été les rencontrer, c’est vrai, on a pu se rendre compte de ce professionnalisme. Les acteurs étaient là, une heure, une heure et demie avant le spectacle. Ils s’échauffaient, ils préparaient leur voix, le maquillage, les habits, la chorale qui répétait et… C’est vrai qu’avec autant de chanteurs, autant de chanteuses et autant de passion, cela donne, tu as vu des extraits aussi, un spectacle absolument magnifique. Ils n’ont aucun complexe à se faire.
Ce qu’il faut voir, cela sera dit dans le reportage que l’on verra, ils n’ont pas le choix d’être professionnel mais cela ne les empêche pas, finalement, de se marrer, de vivre des moments de convivialité. Quand il s’agit, cela a été très bien dit, je crois, par Gil Thomas, de bosser, on bosse, mais il y a aussi ces moments nécessaires à tout être humain où l’on peut se lâcher un peu et on se détend…
Oui, ça bien entendu. Mais ils sont quand même très sérieux, très pros. Ce que l’on a pu voir à la répétition, ils tenaient absolument à ce que tout soit impeccable, que le public soit content et, je crois qu’ils le disent aussi, le public leur rend bien.
En tout cas dans le « DVD…cision », ils ont eu salle pleine à chaque représentation, ça a vraiment connu un succès, on ne va pas dire phénoménal, mais bien mérité.
J’espère qu’avec ce que nous venons de dire, on découvre un petit peu plus la Compagnie des Baladins. On va peut-être partir maintenant à la rencontre d’Anne Vanessa Comtesse et Gil Thomas pour écouter cet entretien fort sympathique que tu as eu avec eux.
Oui. C’est vrai que c’était très détendu.
Tout à fait. Extra. On va aller regarder cela et on se retrouve juste après pour parler de l’Areuse.
On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? », toujours avec Alain. C’est un vrai plaisir de retrouver ces deux jeunes et leur passion.
Ils ont amené énormément de fraîcheur.
Tout à fait. Peut-être l’occasion de rappeler à nos téléspectateurs que toutes nos émissions sont ensuite mises sur DVD. DVD que vous pouvez commander soit en nous téléphonant, soit en nous écrivant, soit par notre site Internet.
Où en passant.
Où en passant nous dire bonjour ici à la gare. Je parle du site Internet pour vous dire, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, que l’adresse c’est www.objectifreussir.ch. Daniel va se faire un plaisir de le mentionner en bas de l’écran. Site Internet sur lequel toutes nos émissions se trouvent en haut débit, bas débit depuis la création.
Deux ans.
C’est vrai que c’est sympathique. Cela donne beaucoup de travail de faire ce site, mais c’est vrai que cela fait plaisir de voir dans nos statistiques que notre site est vu dans le monde entier, que nos émissions sont vues dans le monde entier peut-être pas par des milliers et des milliers de téléspectateurs, mais enfin dans les quatre coins du monde. Il y a tous les jours des gens qui regardent nos émissions, ça fait plaisir.
Cela fait chaud au cœur.
Voilà. Puisque tu parles de chaleur, venons-en peut-être à l’Areuse. La transition est toute faite. L’Areuse que tu connais bien, puisque tu habites depuis quelques années le Val-de-Travers.
Oui, j’y suis depuis 1992.
Voilà. L’Areuse, cette magnifique petite rivière qui relie le district du Val-de-Travers et le district de Boudry.
Elle parcourt toute la vallée. C’est donc une source de type vauclusienne. L’Areuse prend sa source à Saint-Sulpice, si je peux conseiller éventuellement aux gens s’ils veulent aller voir, il y a un petit lac frais, très frais. Les eaux viennent essentiellement du lac des Taillères et de la haute vallée, comme on dit, c’est-à-dire Les Verrières.
À Saint-Sulpice, elle sort de la montagne.
Elle sort de la roche.
À cet endroit-là, elle n’est pas encore très épaisse. Elle n’en est pas à ses cinquante mille, je ne sais pas combien elle fait quand il y a les crues, cinquante mille litres à la seconde, je crois.
Mètres cubes à la seconde, oui. C’est énorme. C’est une rivière qui est comme beaucoup de rivières jurassiennes, on y revient au Jura. Première chose, elle est alimentée par plusieurs affluents. Il y a notamment le Buttes, qui prend sa source dans les gorges du Noirvaux. Il y a le Fleurier, là, petit conseil pour les amoureux de la nature, allez à la source du Fleurier, il y a un petit lac avec un charmant petit restaurant et une terrasse magnifique qui s’appelle la Raisse. C’est une balade courte, donc tout à fait faisable.
Tu avais dit six affluents. Si je résume, le Buttes, le Fleurier, le Bied.
Le Bied, oui.
Cela fait trois.
Le Sucre, le Merdasson à Noiraigue et la Noiraigue.
La Noiraigue tout court, d’accord. Ce qui fait pour finir une belle rivière.
Elle a de l’allure. Elle est paradoxale, parce qu’elle a des crues incroyables, donc très rapides. Mais elle a des décrues tellement rapides que les truites restent suspendues dans l’air, lorsque l’eau descend.
Cela, c’est ce que disent ceux qui ont bu trop d’absinthe ! D’accord. On peut trouver, on peut ramasser les truites…
J’ai une anecdote.
Elles sont là sur les cailloux, les arêtes en l’air !
Anecdote tout ce qu’il y a de plus véridique. Un de mes élèves, il y avait eu une crue et ses parents avaient une maison à Travers vers le vieux pont qui est connu, il y avait eu une crue. Je le vois le lendemain, je lui dis : « Vous avez eu de l’eau dans votre jardin ? » « Oui, il y avait eu décrue. Il poussait des truites dans le jardin ! » Ils avaient trouvé des truites dans le jardin.
Je comprends qu’on ait voulu interdire l’absinthe il y a bien des années…
Je suis très sérieux.
Cela peut poser de graves problèmes. On peut ramasser les truites dans les jardins comme…
Cueillir la truite.
Comme les petites fraises à la fin du printemps.
À la lisière de la forêt.
Elle est assez calme depuis le départ jusqu’à Noiraigue, c’est une rivière…
Il y a toute une partie qui est aménagée, il n’y a pas le choix justement étant donné les débordements qu’il y a pu avoir, mais après, ça se précipite un peu à Noiraigue.
Elle est canalisée jusque là.
Elle est canalisée jusqu’à Travers.
Pour les mauvais marcheurs ou pour les cyclistes, la première partie est sympathique.
Il y a moyen de faire, effectivement, Saint-Sulpice jusqu’à Noiraigue par la piste cyclable. Cela secoue un peu, parce que les racines des arbres soulèvent le bitume, mais bon, avec les vélos actuels cela ne pose pas de problèmes.
C’est donc pour les petits marcheurs, je dirais. Depuis Noiraigue par contre, cela se complique un peu. Champ-du-Moulin…
Cela se corse. Il faut prendre quelques précautions, notamment quand le sol est humide, parce qu’un vol plané dans la rivière, je sais de quoi je parle, ça peut être douloureux.
Il est vrai que tu as été, pour nous, l’explorer dans ses moindres détails !
Absolument et même mon front l’a heurtée. J’ai quelques stigmates qui traînent encore.
Il y a d’ailleurs des truites qui peuvent encore en témoigner.
Exactement. Et mes lunettes, si jamais… Chers téléspectateurs, si vous trouvez une paire de lunettes dans l’Areuse…
C’est à Alain Sunier.
C’est la mienne.
Vous pouvez les amener ici à la gare, comme ça Alain ne plongera plus dans l’Areuse. On l’a déjà vu dans une autre émission que Jean-Jacques Rousseau est venu passer quelques jours à Champ-du-Moulin.
Il y a une forte présence de Rousseau également au Val-de-Travers, à Môtiers.
Ce qui est magnifique quand on descend l’Areuse, surtout depuis Champ-du-Moulin, c’est de voir finalement comme on n’est pas grand’chose. Quand tu vois ce qu’elle a creusé en plusieurs milliers, plusieurs dizaines de milliers d’années, c’est complètement fou.
Alors l’érosion par l’eau, c’est impressionnant, cela donne, en plus de ça, un spectacle splendide au niveau des roches qui bordent les falaises. C’est vrai que c’est une force. L’eau est une force difficilement domptable.
La descente des gorges de l’Areuse. On peut dire finalement que c’est une balade qu’on peut recommander presque à tout le monde.
Recommander… On constate qu’elle est devenue de plus en plus prisée, notamment par les Suisses allemands qui sont présents.
Pour les Neuchâtelois qui ne connaîtraient pas encore l’astuce. On peut monter en train jusqu’à Champ-du-Moulin, descendre à pied jusqu’à Boudry, reprendre le train et retrouver sa voiture à la gare.
Cela ne pose pas de problèmes.
La vie est belle. On l’a tous fait.
Ouf. Au moins six ou sept fois en ce qui me concerne.
Absolument. C’était la balade traditionnelle des Neuchâtelois pas trop fortunés en tout cas il y a trente ou quarante ans. J’en sais quelque chose et j’en garde un beau souvenir.
D’accord.
Merci Alain pour toutes ces explications et à très bientôt.
Merci à toi. À bientôt.
Voilà. On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.
Bonjour Jean-Pierre.
Peut-être rappeler encore que ces magnifiques images, enfin le montage, bien que les images soient magnifiques, je les ai tournées, je serais mal placé pour dire ça, mais l’excellent montage est d’Oscar Garcia, notre collaborateur et la musique…
De Patrice.
De Patrice Mojonnet. On en vient à la galerie Quint-Essences. On est toujours au mois d’août, donc jusqu’à la fin du mois, deux exposants.
Oui. M. Jorge de Sousa toujours avec des peintures de style art africain. La vie quotidienne en Afrique et ses sculptures.
Tout à fait. Et ses fameuses sculptures assez…
Tristes qui représentent la souffrance de ce pays, de ce qu’ils ont vécu là-bas.
Et Mme Carla
Peairo aussi style africain, plus joyeux, des couleurs très vives et qui représente, elle, la maternité, la fécondité.
Voilà. Oui c’est vrai. Tous les deux ont en effet un style assez semblable.
Oui.
On dirait presque, sans être un spécialiste, un style assez africain.
Oui. Elle, un peu plus féminin, les formes…
C’est vrai. Elle a mis l’accent comme vous le disiez sur la fécondité.
Oui.
Deux magnifiques artistes. Profitez, c’est jusqu’à …
Fin août et ils sont en même temps au Temple du Bas aussi.
Voilà. Très bien. J’espère que vous serez nombreux à venir nous rendre visite.
Oui il faut profiter.
Bonne fin de semaine Françoise.
À vous aussi, bonne fin de journée.
Merci pour votre collaboration. Merci Mesdames de nous avoir suivis. Passez une très bonne journée et prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod