« Quoi de 9 ? » 134 : du 20 au 26 août 2007
Madame, Monsieur, soyez les bienvenus sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. À mes côtés, Alain Sunier, salut Alain.
Salut Jean-Pierre.
Tu vas bien.
Fort bien, fort bien… comme un lundi !
Parfait. Lundi, oui. Tous les jours, ça change…
Il paraît.
On a eu une journée un petit peu particulière, il n’y a pas très très longtemps sur l’idée d’une école de Saint-Aubin. Trois jeunes filles sont venues passer la journée ici, au sein de notre rédaction. Qu’est-ce que tu as retenu de tout cela ?
Premièrement, c’était un vœu pieux du directeur du collège de changer un petit peu les habitudes, puisque normalement, en dernière semaine scolaire, c’est les joutes sportives et la course d’école. Ce que j’en ai retenu. J’ai fait la connaissance de trois jeunes filles qui ont une certaine maturité pour leur âge. Il ne faut pas oublier qu’elles sont en huitième année, donc fin de huitième. Elles vont faire leur dernière année, l’année prochaine. J’ai eu l’impression que leur passage ici les a vraiment bien sensibilisées à un monde différent de celui qu’elles connaissent habituellement. Ce d’autant qu’elles avaient eu des activités auparavant, en début de semaine, où elles ont rencontré des handicapés. Elles ont rencontré des gens différents. Si on veut, le but de cette activité, c’était apprendre la différence. C’était cela. Je crois qu’elles l’ont bien capté comme on dit.
Ce n’est pas si idiot que cela, si j’ose dire, l’idée qu’a eue cette école, parce qu’elles ont quand même découvert des choses, ces filles. Les instituteurs, les institutrices avaient bien vu. Elles ont quand même appris des choses lorsqu’elles ont été voir ces handicapés à Neuchâtel avec qui, elles ont fait du sport et elles ont aussi appris, je crois, beaucoup de choses en venant chez nous ici.
Je crois qu’elles ont été sensibles au côté social de notre télévision dans le sens où elles se rendent compte que, finalement, on vit peut-être dans un monde plus ou moins factice et la réalité est différente de ce que l’on pourrait croire.
On a discuté longuement avec ces trois filles avant de faire cette petite émission que l’on verra tout à l’heure. C’est vrai qu’elles ont écouté attentivement ce que nous leur racontions. Elles ont été un peu surprises de voir, en venant chez nous, que l’exclusion pouvait toucher tout le monde, qu’il n’y avait pas besoin d’être, contrairement à ce que leur dit peut-être leur instituteur parfois, si tu travailles bien à l’école, tu n’auras pas de problèmes plus tard pour trouver du boulot. Ce n’est plus tout à fait vrai. Elles s’en sont rendues compte en venant ici.
C’est révélateur dans le sens où, quand je leur ai demandé si elles pensaient déjà à leur avenir, elles ont un sentiment d’insécurité. Elles savent ce qu’elles veulent faire, mais elles ne savent pas trop comment ça va se dérouler. Là, je pense que ce ne serait pas mal au niveau scolaire de préparer les gens qui sont en dernière année d’école au monde du travail, parce qu’ils ne savent même pas où mettre les pieds.
Et les rendre attentifs que le succès n’est pas garanti à 100%. Tu peux faire un apprentissage et te retrouver ensuite sur le carreau quand même.
Je connais pas mal de cas où les gens ont très très bien réussi leur apprentissage, mais leur contrat n’a pas été prolongé et ils se sont trouvés effectivement à la rue, au chômage et ils ont connu des moments difficiles jusqu’au temps où ils ont réussi de nouveau à trouver quelque chose.
Ce que je te propose, on regarde peut-être cet entretien que tu as eu avec eux. On verra également quelques images puisqu’elles se sont baladées ici dans la rédaction.
Juste.
On regarde à nouveau cet entretien et l’on en discute peut-être quelques minutes juste après.
C’est une affaire qui marche.
Alors, c’est parti.
Voilà. On se retrouve sur le plateau, toujours avec Alain. C’est charmant de voir… l’une était plus timide que d’autres. C’est normal, c’est toujours un peu problématique de parler devant une caméra.
Je dois dire que j’ai un peu souffert avec ces trois jeunes filles, parce qu’il a fallu vraiment leur arracher les phrases et les mots de la bouche. En particulier Mélanie qui, autant elle était bavarde et elle s’engageait quand on a fait la préparation de l’entretien, autant au moment de se trouver devant les caméras, elle a un petit peu perdu de sa verve, on dira.
Mais elles se sont bien débrouillées quand même. C’est vrai qu’on les a prises un petit peu comme des sauvages. Elles ne s’étaient vraiment pas préparées à faire une émission de télévision et à être interrogées comme cela.
C’était mieux. C’est-à-dire qu’il y a eu un changement de programme lié au refus d’un certain gérant, puisqu’elles étaient censées normalement…
D’aller vendre le journal.
Et il a fallu adapter par rapport au niet de la Coop !
Oui. C’était bien. Elles ont pu voir un petit peu ce que c’était de faire une télévision, de s’exprimer devant peut-être quelques milliers de personnes et on a pu ainsi entendre leur… mesurer leur sensibilité à ce monde-là.
Elles sont très sensibles à beaucoup de choses, notamment… C’est Stéphanie qui l’évoque, le phénomène du racisme qui a l’air de les toucher considérablement. Ce fameux refus, ce niet à la différence qui, comme elles le disent, est présent au quotidien et au niveau scolaire et au niveau bêtement de leur vie.
Elle, elle le vit au quotidien puisqu’elle sort avec un garçon qui est Africain. D’accord. Je crois qu’on a fait le tour. Si d’autres instituteurs, institutrices ont envie de nous envoyer leurs élèves, ils n’ont qu’à le faire.
Pas de problème.
On est prêt à les accueillir. D’accord.
Sujet suivant, c’est sur la Pointe du Grain. C’est une petite balade ici au bord du lac. Pointe du Grain qui se trouve sur le territoire de Bevaix.
À savoir.
Des fois, on croit que c’est sur Cortaillod. Un joli petit coin. Je ne sais pas si tu le connais un petit peu ?
J’y suis allé quelques fois. C’est effectivement très très agréable comme endroit. Très, très fréquenté. En même temps, si l’on veut chercher un coin de solitude, ce n’est pas à la Pointe du Grain qu’il faut aller, parce que s’est prisé par nombre de gens que nous connaissons, entre autres Françoise Berthod.
Il y a le lac. Il y a les galets, la verdure est très bien protégée, très bien sauvegardée.
Une petite buvette avec de quoi se restaurer.
Absolument aussi.
C’est parfait. Que demande le peuple !
On va faire cette petite balade à la Pointe du Grain. Ensuite, on se retrouvera ici pour parler de tout autre chose avec Laetitia Sefini.
On se retrouve avec Laetitia Sefini, bonjour Laetitia.
Bonjour.
Il y a quelque temps, on s’est rendu avec vous et avec Rita Hosang à Estavayer pour assister à une soirée de danses, de musiques très sympathiques. Je sais que vous avez eu beaucoup de plaisir.
Oui.
Les organisateurs ont donné à cette soirée le titre d’« Enfants d’Afrique » pour de nombreuses raisons. Déjà, parce que l’organisateur, un garçon très charmant, que vous aimez beaucoup, qui s’appelle Killy.
Semedo.
Lui-même est Cap Verdien. Ce n’est pas tout à fait l’Afrique, mais enfin presque. Ce n’est pas la première fois que ce garçon organise une soirée dont les bénéfices sont pour un pays africain en difficulté.
Oui. Il l’a déjà fait pour le Sénégal.
L’année passée ou il y a deux ans.
Oui. Et il voulait faire quelque chose pour le Cap Vert pour l’association de M. Evora.
Voilà. Cesar Evora, il faut le dire, fait partie de nos collaborateurs.
Oui.
Il fait notamment beaucoup de montages. Cesar Evora a créé une association à Neuchâtel.
Oui. C’est le fondateur de l’Organisation Neuchâtel Humanitaire.
Voilà. Dont les objectifs, c’est…
D’aider
Les enfants du Cap Vert d’une façon assez spéciale, parce qu’il n’envoie pas d’argent. Il recueille de l’argent, non pas pour envoyer de l’argent au Cap Vert, mais du matériel scolaire.
Oui, du matériel scolaire pour aider les jeunes enfants sans livres, sans crayons.
Avant de parler de cette soirée, il a recueilli quand même pas mal d’argent, je crois.
Oui, sept milles francs.
Sept milles francs.
Dont un tiers qui partirait à «Voiles Sans Frontières Suisse ».
Voilà. Cela, c’est l’entreprise qui transporte jusqu’à présent, ils transportaient à leurs frais, gratuitement, bénévolement le matériel jusqu’au Cap Vert. Voilà pour notre collaborateur Evora qui a créé Neuchâtel Humanitaire. C’était sympa de la part de Killy Semedo, d’avoir organisé cette soirée à l’intention de cette organisation. Qu’avez-vous à nous dire sur Killy justement ? Un garçon assez spécial.
Oui, mais très très mature. Il a une école de danse à Estavayer-le-Lac. Une à Yverdon aussi. C’est un chorégraphe, champion suisse de danse, professeur de danse aussi. Beaucoup de maturité, de respect envers ses élèves.
Oui impressionnant. Il est très très jeune et à son âge, monter une école et réussir finalement à en vivre, c’est vrai que c’est remarquable. Et puis, ce qui est aussi intéressant, il y a un instituteur d’ailleurs que l’on voit au début du reportage, M. Volery, qui connaît bien le problème des jeunes, des adolescents, dit qu’il faut absolument soutenir ce jeune Killy, parce qu’il s’occupe finalement de jeunes qui pourraient, si ils étaient sans activité, peut-être faire des bêtises dans la région.
Voilà.
Que dire d’autres sur toutes ces danses. Moi, je n’y connais pas grand’chose. Vous, vous êtes peut-être plus spécialiste que moi. Mais il y avait vraiment tout ce qui se fait en matière de danses actuellement.
Oui, salsa, danses africaines, hip hop, breakdance.
Il y avait même un triple champion du monde de…
Popping.
Je pensais que vous l’aviez oublié. Je propose que l’on regarde peut-être ce petit sujet et l’on y revient juste après.
Oui. D’accord.
On part pour Estavayer et l’on se retrouve dans quelques minutes.
Voilà. On revient ici à la gare toujours avec Laetitia. On a vu ce spectacle magnifique. Tous de très très jeunes artistes, mais déjà très très talentueux.
Oui.
Combien de personnes à peu près, on a vu beaucoup de monde défiler, là comme cela ?
Deux cent cinquante artistes présents à peu près.
Et un grand nombre de bénévoles.
Oui. Beaucoup de responsables techniques, responsables de bar, la lumière.
Absolument. Et des gens pour diriger un petit peu ces enfants, parce que cela n’a l’air de rien. On n’entre pas sur scène comme on entre dans une salle de gymnastique. Il fallait pas mal d’organisation. Cela a eu du succès. Au niveau des spectateurs aussi, la salle était pleine.
Oui.
Il y a même eu deux spectacles, je crois.
Oui. Deux samedis de suite.
Voilà. Pour vous, cela a été aussi une sorte de baptême parce que c’était un tournage assez dynamique. Nous avions deux caméras. Une caméra qui prenait la scène vue depuis le fond de la salle et une deuxième caméra pour aller chercher les interviews et c’est là que vous avez joué un rôle important, puisque c’est vous qui alliez chercher les artistes que vous vouliez interroger.
Oui. Un peu difficile à les trouver, mais…
C’est vrai que ce n’est pas facile. C’était vraiment cette fois-là un apprentissage sur le terrain de journaliste où l’on n’a pas toujours le temps de faire ce que l’on veut, de s’organiser comme on le veut. On doit s’adapter au spectacle, on doit s’adapter au numéro. Et comme cela, vous avez pu aller interroger tous ces jeunes et tous ces moins jeunes.
Oui.
Lesquels, vous ont le plus impressionnée parmi ces artistes ?
Les Titans junior.
Les petits.
Oui, très forts.
Et gonflés aussi. Sans gêne. C’est vrai qu’ils étaient moins intimidés que des jeunes filles qui venaient, je crois, du canton de Vaud ou du Valais où on a eu de la peine à leur arracher des mots de la bouche.
Voilà pour cette soirée. Je crois que Cesar Evora, notre collaborateur, est content d’avoir pu recueillir de l’argent. Nous, on a fait un joli sujet aussi.
Oui.
Je crois que tous ces petits jeunes qui ont dansé seront contents de se voir aussi à la télévision.
Très heureux, je pense.
D’accord. Merci Laetitia pour votre collaboration.
Merci à vous.
À très bientôt. Bonne semaine Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod