« Quoi de 9 ? » 135 : du 27 août au 2 septembre 2007
Mesdames, Messieurs, bienvenue sur Télé Objectif Réussir et merci de nous être fidèles. Cette semaine, soixante minutes d’émissions préparées par nos collaboratrices et nos collaborateurs. Un premier sujet sur une Fête de la Jeunesse qui s’est passée dans la région. Une promenade en bateau entre Cudrefin et Portalban. Pour finir par vous parler de ce magnifique véhicule qu’est le Solex et que l’on ne voit malheureusement bientôt plus.
Pour m’aider à présenter le premier sujet, Myriam Tellenbach, bonjour Myriam.
Bonjour Jean-Pierre.
Tu as souhaité, tu nous as emmenés dans le magnifique village de Bôle que tu aimes bien.
Oui, oui.
On ne dira pas pourquoi. Parce qu’il s’y déroulait la Fête de la Jeunesse. Bien sûr, il y a des Fêtes de Jeunesse dans tous les villages, dans toutes les villes. Mais Bôle se distingue quand même des autres villages et c’est cela, je crois, qui t’a intéressée.
Oui. J’avais été l’année d’avant à la Fête de la Jeunesse à Bôle et j’avais été très surprise et étonnée de la grandeur de cette Fête de Jeunesse. C’est-à-dire que les enfants avaient préparé avec une personne africaine, des chants, des danses de l’Afrique et un peu tout le village de Bôle s’était mobilisé sur les pays et c’est en vous invitant cette année à venir filmer où j’ai trouvé, c’est vrai que les choses étaient un peu plus petites. L’année passée, la Communauté du travail pour les étrangers avait organisé Neuchàtoi. C’était des manifestations dans tout le canton de Neuchâtel et la commission scolaire et les enseignants avaient profité de cette occasion pour essayer d’intégrer toutes les nationalités qu’il y a à l’école. Elles avaient proposé aux parents de venir faire des stands de cuisine sur leur pays. Cela donnait vraiment une image. Moi, j’ai trouvé cela très impressionnant. Il y avait ces chants et ces danses africaines et après il y avait tous ces petits stands, cela allait de l’Italie à la Turquie, à Madagascar. Il y en avait vraiment, cela faisait presque un tour du monde.
Cela, c’était donc l’année passée à la Fête de Jeunesse de Bôle. C’était un tout petit peu plus modeste cette année, c’est vrai. Mais quand même toujours beaucoup, beaucoup d’imagination.
Oui, tout à fait. On peut un peu rigoler du fait du thème Récup’art, c’était...
Je crois.
C’est vrai. On dit assez… on habille les enfants avec des cornets en plastique, des sacs poubelles et moi je trouvais que là derrière, il y avait une magnifique créativité. C’est vrai que les moyens étaient beaucoup plus petits. D’ailleurs la maîtresse, Mme Luthi, l’explique. Mais par contre, il y avait une créativité, c’est vrai. Les capsules de café pressées pour faire des badges. Le bruit que l’on peut entendre avec ces capsules et tout… J’ai trouvé beaucoup de créativité et d’originalité.
Les institutrices et les instituteurs ont été beaucoup plus loin que de faire simplement des théories sur l’écologie avec les enfants, puisqu’en effet, ils les ont faits récupérer des vieux berlingots, des capsules de café avec lesquelles ils ont fait des habits.
Oui, tout à fait. D’ailleurs, les enfants devaient apporter des choses de la maison. On a récupéré un petit peu tout ce qu’il y avait dans les ménages de Bôle.
C’est bien. Les enfants ont eu visiblement beaucoup de plaisir à se déguiser, à s’habiller pour cette manifestation.
Ce que l’on peut aussi remarquer dans les interviews, c’est que les enfants ont déjà une idée bien présente de ce qu’est la récupération.
Je te propose si tu veux que l’on regarde le petit sujet ensemble et l’on revient encore, car il y a certainement d’autres choses à dire là-dessus.
Volontiers.
Très bien, alors on monte à Bôle pour assister au cortège et à des interviews qui vont vous surprendre.
On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? », toujours avec Myriam, après avoir vu ce magnifique petit sujet. Vite peut-être avant que j’oublie, dire que le sujet au niveau du montage est signé par Feisal. Un très joli montage. On a pu voir que c’est toi qui as fait les entretiens. Les enfants en ont également faits. Dire aussi que la musique, une partie, c’est la chorale des enfants du village de Bôle qui ont chanté et l’autre partie ce sont les enfants de la chorale des écoles primaires de Neuchâtel, qui s’appelle le Coup de Joran que nous avons rencontrés aussi il n’y a pas tellement longtemps et on s’est permis d’incorporer leur musique dans le sujet que nous avons vu sur Bôle.
Oui, parce que ce jour-là, il soufflait beaucoup, beaucoup…
C’est vrai. On a eu de la peine à avoir une bonne qualité de son. On joue la transparence. Tu voulais dire encore… tu m’as parlé pendant le sujet qu’il y avait eu un immense engagement non seulement de la part des institutrices et instituteurs, mais aussi des parents.
Oui, tout à fait. Je crois que chaque parent, en tout cas à Bôle, les parents jouent bien le jeu. Je trouve que les fêtes scolaires, c’est une grande fête de village où l’on retrouve les enfants, les enseignants, les parents et cela donne une joyeuse fête.
Daniel nous disait aussi, lui qui est un très grand écologiste devant l’éternel, qu’il avait trouvé intéressant dans ce reportage de faire en effet des jouets. Pas seulement des décorations qu’ils ont sûrement jetées après le cortège, mais il y avait des jeux. Ils ont créé des jeux qui changent bien de l’informatique.
Voilà. Il faut relever aussi que l’investissement des maîtres et des maîtresses de l’école de Bôle, ce n’est pas seulement pendant les heures d’école. Là, à cette fête, ils vont continuer d’animer toute la soirée avec des jeux qu’ils ont inventés, fabriqués et imaginés avec les enfants.
Oui, on a vu des jeux de balles. On a vu des jeux de quilles avec une corde attachée à une branche.
Oui, tout à fait.
Des petits jeux où il fallait déplacer aussi des balles de ping-pong, je crois. Des jeux d’agilité et c’est vrai que les enfants se sont amusés vraiment longtemps. Toi qui es restée toute la nuit, les enfants ont pu rester très longtemps et s’amusaient à ces jeux-là.
Oui. Justement, ils s’amusaient avec des choses qui ne coûtaient rien comme le relevait Mme Luthi.
Ce qui a fait plaisir aussi, c’est de voir l’engagement des enfants dans le reportage que nous avons fait.
Oui. Ils avaient tous l’air… C’était une journée où tout était beau et tout était gentil. Ils avaient passé une année magnifique à l’école. Ils se réjouissaient de recommencer, ils se réjouissaient surtout du début des vacances.
Ce qui m’a surpris, mais c’est comme cela, il faut croire que les institutrices et les instituteurs sont bien à Bôle, mais ils ont tous dit que du bien de leurs profs.
Je crois que c’est une fête. L’esprit est vraiment, cette journée-là, à la fête. Ils préparent ça longtemps à l’avance et c’est le jour où les classes présentent leurs travaux et tout le monde est de bonne humeur. C’est une jolie ambiance.
Le fait que les enfants disent du bien de leurs profs, soit les enfants sont très diplomates ou les profs sont vraiment sympas à Bôle, toi qui les connais ?
Non, je les connais un petit peu. C’est vrai qu’ils sont sympas et il y a un engagement. Je trouve qu’ils font beaucoup de choses. Ils se donnent beaucoup en faisant des choses. Maintenant, on voit que les profs ont de moins en moins l’envie de s’investir en allant dans les camps de ski, en faisant des choses. Là, ils organisent des sorties en raquettes. Tout le collège sort. Par exemple, les cinquièmes sont responsables des groupes et doivent s’occuper aussi des plus petits. Il y a vraiment une espèce de cohésion de collège assez intéressante.
Ce qui est beau et en même temps touchant voire même, on aurait le droit de se poser des questions, l’institutrice plusieurs fois parle d’argent.
Oui.
C’est vraiment un problème récurant. Ramasser du papier pour faire des camps, des camps de ski. On peut quand même se demander, c’est bien de faire bosser les enfants pour qu’ils récupèrent de l’argent, mais ce serait presque à croire que l’État se démobilise de ce côté-là, quand même.
Oui. Tout à fait. C’est vraiment, moi j’ai envie de le dire, un cri d’alarme. Quand on parle de supprimer des camps de ski, je trouve que c’est vraiment dommage parce qu’il faut maintenant investir dans la jeunesse. C’est cela qui est important.
Il y a une véritable tendance à supprimer pas mal de choses.
Oui tout à fait.
Supprimer la gymnastique, supprimer des camps.
On supprime partout. Moi, je suis pour que l’on ne supprime pas trop dans nos enfants.
Il faut investir beaucoup plus dans la jeunesse.
Exactement. Je dis. On voit par exemple qu’il y a des problèmes dans la jeunesse d’obésité, que les enfants restent très longtemps devant leur télé, alors ne supprimons pas les activités sportives en tout cas.
Bon. Je crois que l’on peut peut-être en rester sur cette revendication, en espérant que les conseillers ou les conseillères d’État en charge de ces dossiers t’écoutent et peut-être prennent en compte tout cela. Très bien. Merci en tout cas Myriam de nous avoir emmené à Bôle.
Merci à vous d’être venus.
On se réjouit que tu nous proposes un autre jour, pourquoi pas, un sujet aussi sympathique.
Volontiers.
Très bien. Merci Myriam. En attendant qu’Alain Sunier vienne nous retrouver pour parler du Solex, je vous propose une petite balade sur le lac entre le village de Cudrefin, que je connais comme tu connais Bôle, jusqu’à Portalban. C’est un petit film que nous avons tourné il y a très peu de temps quand il faisait encore beau. Alors, à tout de suite.
Après cette petite promenade sur le lac de Neuchâtel, en bateau, on se retrouve avec Alain Sunier, salut Alain.
Salut Jean-Pierre.
Pour parler d’un moyen de transport que les jeunes d’aujourd’hui n’ont peut-être pas tout à fait tellement connu, parce qu’il me semble que l’on en voit de moins en moins sur les routes, il s’agit donc du Solex.
Effectivement, le Solex qui est une vieille histoire, puisque le premier brevet a été déposé en 1905, par Maurice Goudard et Marcel Mennesson, si je ne fais erreur. En fait, c’était surtout… Ils produisaient des radiateurs et des … cela ne me revient pas. Ils produisaient des radiateurs, c’est ça le brevet. Le premier Solex date de l’après-guerre, donc d’avril 1946. C’est là que cet étrange engin fait son apparition.
Donc l’idée, ils ont pris un vélo d’homme.
Voilà.
Et ils ont mis devant un petit moteur, une petite roulette.
Exact, avec le cylindre un petit peu décentré.
C’est juste.
Il y avait notamment des pare-mouches, parce qu’il ne fallait pas que le moteur ne se remplisse d’insectes. Il y a eu plusieurs versions. Il y a même eu la solexine, donc l’essence qui était fabriquée par BP exprès pour le Solex.
Ils ont été malins.
Oui, c’est-à-dire qu’ils avaient des points de vente où l’on ne vendait que du Solex, que de la solexine. Il y avait des concessions un peu partout en France et en Suisse.
C’est vrai qu’il a eu un succès assez fulgurant, même si les premiers mois, la première année, il ne s’en est peut-être pas vendu beaucoup, mais après, c’est vraiment par dizaine, par centaine de milliers que le Solex s’est vendu en France, en Suisse, beaucoup aux Pays-Bas, parce que c’est un pays plat.
Oui, le plat pays exactement. C’est vrai qu’il y avait un côté, c’est les années soixante, le côté liberté, hippies. Il fallait pédaler à la montée bien sûr, mais c’était tout à fait, tout à fait acceptable.
Il y avait à l’époque des affiches pour vanter le Solex où l’on voyait un curé avec sa grande robe noire, un peu le style Don Camillo.
Oui.
Il y a eu d’autres inventions semblables, mais cela n’a pas eu autant de succès. Il y a eu d’autres vélos qui étaient…
Propulsés par un moteur.
Propulsé par un moteur avec une petite roulette qui…
Mais celui-là, le Solex a connu un succès incroyable, si l’on regarde les chiffres. Les ventes en dix ans ont quintuplé. Il faut croire qu’ils avaient tapé juste, les deux inventeurs. C’est surtout M. Mennesson qui a fait le boulot.
Qui a breveté tout cela. Il y avait une petite fête du Solex, on ne veut peut-être pas en dire trop. On va regarder le sujet. C’était à Lignières, il y a quelque temps sur le circuit automobile de Lignières qui n’est visiblement pas en perdition comme on l’a cru souvent. Il a été repris, je crois, par le TCS.
Exact.
Qui veut en faire maintenant un circuit pour apprendre à rouler, pour la sécurité. Il s’est déroulé sur ce circuit, les huit heures du Solex. On ne vous en dit pas plus. On regarde le sujet et l’on revient juste après.
On redescend de Lignières. On se retrouve avec Alain. Magnifique, ces Solex. Moi, cela m’a fait plaisir, parce que cela faisait quarante ans que je n’avais plus fait de Solex. J’ai pu voir si j’étais encore capable…
Retour aux sources.
On a vu des passionnés, pas forcément jeunes, jeunes. La moyenne d’âge là-haut était quarante-cinq, cinquante-cinq ans, parce qu’il ne s’en fabrique plus des Solex surtout pas en Europe.
Non. La fabrication a cessé en 1988. Il est possible tout d’un coup, si il y a un engouement, qu’ils reprennent la fabrication en question, mais je crois qu’on a passé à un autre cap, puisque l’on voit des petites Vespa, des petites motos, c’est différent.
C’est vrai. M. Matthias Gerber que j’ai rencontré, qui était le président du comité d’organisation de ces 8 heures du Solex, me dit qu’il s’en fabrique toujours en Chine. Je crois qu’il le dit.
Oui. Il y a une licence qui a été…
Ce qui leur permet d’avoir toujours des pièces pour réparer les Solex qui roulent encore aujourd’hui.
Il y a d’ailleurs eu, à l’époque, une tentative en Hongrie mais qui a complètement capoté, puisque l’usine est fermée pour cause de faillite. Ils n’ont pas réussi à vendre.
Ce qui était bien sympathique à Lignières, c’était des vieux passionnés. Ils avaient tous un, deux, voire trois Solex dans les stands. Cela ressemblait aux 24 heures du Mans, sur 8 heures, à quarante, quarante-cinq km/h, ce qui était un petit peu comique.
Ils avaient une cylindrée de 30 à 35 cm3 au départ et maintenant le dernier modèle a passé à 49 cm3, ce qui permet d’avoir effectivement des vitesses de 35 à 40 km/h.
Voilà. Ce jour-là comme il faisait beau, les roues étaient sèches, ça allait assez vite. Je remercie M. Gerber qui m’a prêté un Solex, parce que je voulais absolument faire des images de l’intérieur de la course. J’avais un peu de peine à conduire, parce qu’il fallait tenir d’une main la caméra, de l’autre main, le volant. J’avais le vélomoteur de M. Gerber qui est lui-même réparateur de vélomoteurs. Je le soupçonne de m’avoir donné un vélomoteur qui était peut-être légèrement maquillé.
Normalement pas, selon le principe de la course.
Le problème, c’est que je dépassais pas mal de concurrents, ce qui me gênait énormément, parce que je n’avais pas de casque et je n’étais pas habillé pour faire cela et surtout je tenais mon volant d’une seule main. En tout cas, c’était un bon Solex qu’il m’a prêté !
Un excellent cheval.
Sur les bouts droits, j’allais même plus vite que certains concurrents. Enfin, c’était une manifestation sympathique. On en a de nouveau peu parlé dans les médias, c’est vrai. Dommage, cela aurait mérité que des spectateurs viennent regarder cette course. Bien, je crois que l’on a fait le tour…
Du circuit.
On retournera, pourquoi pas, à Lignières. Il va sûrement se passer d’autres choses dans les semaines, dans les mois qui viennent.
Si je ne me trompe pas, il y a des cours de motards assez régulièrement.
Je pense que le circuit est sauvé et que le TCS va en faire quelque chose de bien.
J’espère.
Très bien. Merci en tout cas Alain pour toutes ces explications.
Pas de quoi.
À très, très bientôt.
Oui.
Merci Mesdames et Messieurs de nous avoir suivis. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod