« Quoi de 9 ? » 138 : du 17 au 23 septembre 2007

 

 

Laetitia Sefini

 

Bonjour Mesdames et Messieurs. Bienvenue sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Dans quelques instants, « Quoi de 9 ? » avec Daniel Zumbrunn, Cesar Evora, Gaétan Berthod et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Merci Laetitia. Mesdames, Messieurs bonjour et merci d’être fidèles à Télé Objectif Réussir. Je me trouve avec Daniel Zumbrunn, salut Daniel.

Salut Jean-Pierre.

 

Avec qui on va parler du premier sujet. Il s’agit du Château de Vaumarcus, magnifique château que tout le monde connaît, je pense quand même, à l’Ouest de Neuchâtel.

Entre Yverdon et Neuchâtel. On ne peut pas vraiment le louper, parce qu’il est un petit peu en hauteur, au bord du lac. Château qui est assez en hauteur, donc on le voit de loin. C’est un château qui date environ du Xème siècle. Ce qui est rigolo à noter, c’est qu’il avait en fait son entrée qui était à sept mètres du sol dans la toute première construction. On suppose qu’il y avait un escalier en bois que l’on pouvait démonter et brûler en cas de problèmes, en cas d’assaillants. Ensuite plus tard, ils ont construit une porte voûtée gothique avec un pont-levis et après au cours des siècles, il y a eu plein d’adaptations. On a renforcé les côtés, on a construit une tour ronde juste à côté de l’entrée, à gauche de l’entrée. Tu sais pourquoi on construisait des tours rondes et plus carrées, à partir de 1250 ?

 

C’est pour que les prisonniers puissent mieux tourner en rond !

Ah non, ce n’est pas ça. C’était plutôt en cas de siège avec le développement des machines de guerre, des lance-pierres, des canons après. Les boulets, en fait, ricochent sur des murs ronds et cassent beaucoup moins les murs. C’est purement des moyens de défense.

 

C’était bien vu. C’était en effet un château pas tellement de villégiature, mais vraiment de protection, de défense presque une porte ?

Oui, c’était vraiment pour garder l’accès et pour que les seigneurs puissent se défendre en cas de problèmes.

 

C’est vrai qu’il est bien placé dans la montagne. Il domine le lac, il dominait le passage ou les passages sur son flan sud.

On pouvait bien surveiller. On les voyait venir de loin. On avait le temps de se préparer. La plupart des châteaux ont toujours été sur des promontoires dans des lieux stratégiques. On voit le château de Neuchâtel, il est aussi sur une colline.

 

Évidemment. Il a souffert ce château quand même. Il a

Oui. Son propriétaire, à l’époque où Charles le Téméraire est venu un petit peu guerroyer avec les Suisses, son propriétaire s’était allié, avait fait acte d’allégeance à Charles le Téméraire et quand l’armée du duc de Bourgogne a été défaite lors de la bataille de Grandson en 1476, les Confédérés, en passant pour se venger du fait qu’il s’était allié avec les Bourguignons, ont brûlé le château.

 

D’accord. Cela dit, ce château a été drôlement bien restauré, parce qu’aujourd’hui, il est presque flambant neuf.

Il y a déjà ce que l’on appelle « le nouveau château ». C’est une grande maison de maître qui a été construite en 1773 où là, on peut vraiment résider, habiter. Maintenant il y a eu des travaux, le propriétaire actuel a fait des travaux entre 1986 et 1996, dix ans de travaux. Ils ont totalement refait plus de quarante salles, tout au goût de l’époque.

 

C’est devenu un centre, mais pas seulement un centre historique. C’est devenu, je ne dirais pas un centre commercial non plus, culturel peut-être ?

Il y a un peu de tout. On trouve principalement un restaurant. Il y a également des boutiques. Il y a aussi une fondation d’art, la fondation Marc Jurt.

 

Qui invite des artistes célèbres.

En ce moment et jusqu’au 30 septembre, il joue les prolongations, c’est le peintre Hans Erni qui expose.

 

D’accord. Il se fait aussi des petites fêtes un peu pour faire revivre le château et son ambiance.

Il y a des fêtes qui sont organisées, des fêtes médiévales. Mais on peut aussi nous-mêmes, sur commande, louer le château et organiser une fête médiévale. On peut même louer des costumes et ils cuisinent traditionnellement comme on cuisinait au Moyen Âge. On mange avec les mains. On peut complètement se replonger dans l’ambiance de l’époque.

 

Cela, c’est une belle façon de faire revivre le lieu.

Oui, au moins comme cela, les murs ne sont pas dépaysés…

 

On peut dire ça comme cela, d’accord. À part cela, quand on s’y est rendu, ce n’était pas pour faire un reportage sur le Château de Vaumarcus, mais le château bien sûr, on ne pouvait pas l’oublier, c’était  pour un événement qui se déroulait dans le jardin du château. Un événement aussi assez exceptionnel et dans l’ambiance, dans la philosophie.

C’est les journées des plantes inhabituelles qui organisent chaque année une exposition, une vente de plantes inhabituelles où des espèces de fleurs qui sont peu connues, peu répandues ou qui ont même tendance à disparaître. C’est vraiment quelque chose de très, très bien pour les amateurs, parce que quand on va dans des Garden Center, on trouve toujours les mêmes fleurs, toujours les mêmes plantes. Les passionnés aiment se différencier de leurs voisins. Ils aiment un peu collectionner les plantes rares et là, ils ont l’occasion d’aller chaque année, ces deux ou trois jours de fête, un peu compléter leur collection, découvrir des plantes dont ils ignoraient même l’existence.

 

Oui. Bien sûr que le château, c’est le lieu idéal pour faire ce genre d’exposition. Tu as raison concernant les plantes. C’est vrai que pour des raisons économiques aussi, on cultive les plantes qui se cultivent le plus facilement, que les gens aiment et, il y a une tendance, on revient à des vieilles variétés de fleurs, même au niveau des épices. Il y avait aussi des plantes aromatiques qui étaient vendues autour du château.

Oui. Toute l’année il y a des boutiques autour du château qui vendent des produits du terroir. Ils ont leur propre jardin aussi qui est là, à l’année. Il n’y a pas que cette manifestation. Si on veut des produits un peu du terroir, on peut toujours se rendre au château.

 

Tout à fait. Nous avons rencontré là-bas plusieurs personnes, dont notamment l’un des messieurs jardiniers de la Radio suisse romande.

Oui. Paul-Alain Magnollay qui est l’instigateur de ces journées.

 

De ces journées. Que l’on entend souvent à la Radio suisse romande donner des conseils aux auditeurs. Il a d’ailleurs fait un livre, un magnifique livre que j’ai eu le plaisir de lire qui est simple à comprendre, qui est vraiment pour Monsieur et Madame tout le monde. C’est de son expérience à la Radio suisse romande où on lui pose un peu toujours les mêmes questions simples mais qui sont le résultat des angoisses des auditeurs quand ils ont

C’est quelque chose qui est assez extraordinaire, parce qu’en fait c’est un service gratuit.

 

Absolument.

Qui est ouvert à toute la population. On peut téléphoner. On donne des conseils sur telles ou telles plantes si on n’a pas trouvé d’informations dans la littérature ou sur Internet, on peut demander le conseil d’un professionnel gratuitement.

 

J’aime bien cette philosophie. Je le disais d’ailleurs à ce Monsieur que c’était presque dangereux d’initier comme cela les amateurs au jardinage. C’est un peu un casse métier. Il disait que tous les paysagistes, les jardiniers, c’est des passionnés qui sont prêts à donner leur information à tout le monde.

Aussi en donnant l’information, ils cultivent la passion des amateurs. Ceux-ci vont toujours davantage rechercher les plantes et, finalement, ils vont s’y retrouver.

 

On a rencontré aussi, parce qu’ils organisent, à l’intérieur de cette exposition, un concours qui réunit des apprentis horticulteurs paysagistes sur toute la Suisse romande.

C’est la troisième année qu’ils font cela.

 

Oui.

Ils essayent de faire un petit « concours » entre guillemets entre différentes écoles dans les différents apprentissages. Cela donne des choses assez intéressantes, mais ce qui est vraiment bien, c’est que ces jeunes peuvent avoir un travail pratique. C’est clair qu’ils font un apprentissage, ils ont déjà du travail pratique, mais là, ils ont vraiment de quoi réaliser un projet de A à Z pendant trois jours.

 

Il y a autant d’équipes qu’il y a de cantons. Ils sont trois ou quatre par équipes. Ils peuvent réaliser ce qu’ils veulent. On leur donne le matériel pour cela.

On leur donne tout le matériel qu’ils veulent. Ils ont juste une grandeur prédéfinie. Ils ont un périmètre et à eux de l’arranger au mieux par rapport à la nature du terrain, par rapport à leurs idées, à leurs envies.

 

Tout à fait. Et là, on a interrogé deux apprentis dont une fille. C’était assez surprenant à voir surtout que le garçon, lui, est horticulteur et la fille est plutôt paysagiste. On aurait pu imaginer le contraire. C’est donc la fille qui est en train d’apprendre un métier qui transporte des dalles, où on porte des brouettes, etc. Cela ne l’a pas empêchée de rester très féminine, d’aimer son métier. J’ai eu bien sûr du plaisir à discuter avec. Cela fait toujours plaisir, parce que ça réhabilite un peu les jeunes comme on a tendance de croire qu’ils ne cherchent que l’informatique ou des boulots….

Mais, il en faut pour tous les goûts ! Il y en a qui deviennent fous d’être enfermés en quatre murs toute la journée. Passer sa vie devant un écran d’ordinateur, ce n’est pas donné à tout le monde non plus.

 

Ce jour-là, c’était beau de les voir bosser, parce qu’il faisait terriblement chaud. Ils étaient en plein soleil. Ils faisaient des travaux de force. Ils étaient vraiment très, très heureux de faire ce boulot. Enfin, on ne va pas dévoiler tout ce que ces jeunes nous ont dit, parce qu’ils s’expriment très, très bien. Voilà. Est-ce que l’on a fait le tour du château, du jardin ?

On a fait tout le tour. Là, c’est bon, on peut fermer.

 

On peut fermer les portes, d’accord. Merci Daniel pour toutes ces explications.

Mais de rien.

 

J’espère que beaucoup de gens se rendront l’année prochaine pour visiter cette exposition de plantes inhabituelles et, bien sûr, le Château de Vaumarcus. Très bien, alors on s’en va au Château pour suivre cette magnifique exposition et voir ces interviews.

 

 

Après Vaumarcus, on va faire un grand bond par-dessus la ville de Neuchâtel pour nous rendre dans le magnifique village de Cressier avec Cesar Evora, bonjour Cesar.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Alors, on va parler de Cressier. Mais on va aussi parler surtout d’une course à pied qui est assez connue dans la région, qui est Cressier - Chaumont. Je présente peut être juste la course, cela sera peut être important pour mieux comprendre le sujet. C’est une course de côte, distance 13 km, dénivellation 744 mètres, quelque chose d’assez physique. Je ne sais pas si vous avez déjà fait cette course, non ?

Non pas une course pareille. Il faut bien se préparer. Il faut être très motivé. Bien que j’aime le sport, mais pas ce genre de sport.

 

C’est vous qui avez fait le montage. On voit d’ailleurs dans le montage que vous avez beaucoup apprécié un vieux monsieur là de quatre vingt ans, je crois.

Oui parfaitement. Vous faites bien de me le signaler, parce que ce Monsieur a apporté vraiment la touche du courage ainsi que l’amour du sport. Il a montré à beaucoup de jeunes que l’effort physique, le courage et l’engouement pour ce genre de sport n’attend pas le nombre des années.

 

C’est vraiment, vraiment une course très difficile. En tout cas le début, ça commence tout de suite par une pente absolument incroyable. Il vaut mieux ne pas trop fumer ou faire la fête le soir avant de faire cette course.

Tout à fait. Je pense qu’ils ont été dans des conditions très, très lights et qu’ils ont dû se préparer bien à l’avance.

 

On a souhaité les deux, il y a quelques jours, parler de cette course mais sous un angle un peu particulier. C’est vrai que l’on voit souvent des Kenyans ou des Éthiopiens gagner ce genre de courses. D’ailleurs cette année, je crois que vous avez son nom, c’est un coureur kényan qui a gagné.

Mike Tanui, originaire du Kenya et qui vit en Suisse.

 

La question que l’on se pose. Vous avez fait quelques petites recherches. Comment s’entraînent ces coureurs pour réussir à faire ce qu’ils font ?

Les Kenyans sont parmi ceux qui s’entraînent avec une telle intensité et une qualité d’entraînement que leur camp se trouve à une altitude de 2000 mètres sur les hauts plateaux kenyans. Là où, vraiment, l’air est appauvri.

 

Très peu d’oxygène.

Très peu d’oxygène, donc le camp s’appelle « Embu ». Les coureurs masculins courent environ 225 km par semaine et les féminines entre 145 et 160 km.

 

On dit aussi, est-ce que c’est vrai, que cela commence très petits. Ils vont à l’école en courant. Ils se déplacent à pieds nus. C’est un mythe ou c’est quand même toujours une réalité ?

Non cela n’a jamais été un mythe non plus. Cela a toujours été, vous savez, là-bas en Afrique, surtout l’exemple kenyan, le sport aide la famille et le sport est une contribution à sortir de la pauvreté. Le côté social et environnemental là-dedans nous rappelle que les enfants kenyans, d’âge scolaire, qui eux ne sont pas nés du bon côté de la pauvreté, ces enfants courent au moins 150 km par semaine.

 

Pour aller à l’école ou pour s’amuser ?

Pour se rendre à l’école.

 

Il y a aussi des risques à s’entraîner de cette façon-là, non ?

Oui. Vu que la pression de l’oxygène est réduite, cela diminue énormément les allures moyennes. À partir de ce moment-là, ce qui pourrait apporter des risques potentiellement aussi à réduire le manque d’oxygène dans le sang et réduire la forme compétitive, malgré qu’en dépit du dopage naturel du sang, les Kényans tentent souvent de combattre l’effet de l’altitude sur la vitesse du pied en réalisant des séances d’intervalles rapides et diverses autres séances avec un rythme exigé pour gagner les championnats du monde.

 

Ce n’est pas vraiment du hasard leur succès.

La preuve a été donnée récemment au championnat du monde à Osaka.

 

Tout à fait. Ok, on ne va pas aller si loin. On va donc se rendre à Cressier pour voir cette course. Merci pour toutes ces explications, Cesar. Merci aussi pour le très joli montage, très émouvant et très humain que vous avez fait.

Merci Jean-Pierre.

 

À bientôt. Bonne continuation. Voilà Mesdames et Messieurs, on s’en va à Cressier pour suivre cette magnifique course. À tout de suite.

 

 

On redescend de Chaumont pour retrouver Gaétan Berthod, bonjour.

Bonjour.

 

On va parler avec vous encore une fois des médiamaticiens, c’est un métier que vous connaissez bien.

Oui.

 

Pour parler d’un petit clip qu’ont réalisé les médiamaticiens neuchâtelois dont vous avez fait le montage.

Oui, cela s’appelle l’hypocrisie. C’est la suite que les médiamaticiens ont faite. Il y a eu sept clips. Il m’en reste donc cinq à faire, avec un peu de peine, dû aux différentes méthodes de montage.

 

Tout à fait.

Ce clip est intéressant. J’ai aussi monté le petit reportage qui va avec…

 

Oui. Parce qu’il traitait de l’hypocrisie. C’est un petit peu particulier par rapport aux autres clips qui traitent du racisme d’une façon un peu différente. On ne va pas le raconter, mais

Il ne vaut mieux pas !

 

C’est l’histoire d’une petite grande maman qui a peur des jeunes dans la rue.

Oui, c’est cela.

 

On va aller le regarder. Merci encore une fois, je vous ai déjà remercié la semaine passée.

Merci à vous.

 

C’était des montages assez difficiles à faire.

Oui, assez difficiles.

 

Merci Gaétan, au plaisir de vous revoir pour parler de votre métier.

Merci à vous.

 

On s’en va donc voir cette petite grand maman, mais juste auparavant, les jeunes vont vous parler eux-mêmes de leur clip. À tout de suite.

 

 

On se retrouve une dernière fois ici sur le plateau de « Quoi de 9 ? ». Merci Mesdames et Messieurs de nous avoir suivis. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod