« Quoi de 9 ? » 143 : du 22 au 28 octobre 2007

 

 

Laetitia Sefini

 

Bonjour Mesdames et Messieurs. Bienvenue sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Dans quelques instants, « Quoi de 9 ? » avec Françoise Berthod, Julien Pisenti, Daniel Zumbrunn et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Merci Laetitia. Mesdames et Messieurs bonjour et merci d’avoir décidé de passer quelques instants en notre compagnie. À mes côtés, Daniel Zumbrunn, salut Daniel.

Salut Jean-Pierre.

 

On va parler, on le voit déjà dans notre décor, de courges, mais on va aussi parler du Château de Valangin et de bien d’autres sujets. Juste quelques mots, Valangin, son château.

Oui, Valangin qui est bien connu par son château. On ne peut pas le louper, il domine vraiment l’entrée du village. Valangin était une Seigneurie qui régnait sur tout le Val-de-Ruz, mais aussi sur les Montagnes neuchâteloises, la région de La Chaux-de-Fonds, du Locle. Tout cela appartenait aux Seigneurs de Valangin. C’était dans la période du XIème au XVIème siècle et, en 1592, il n’y avait plus de Seigneurs. Il n’y avait plus de descendance et c’est Marie de Bourbon qui a racheté la Seigneurie de Valangin, le château et toutes les terres qui allaient avec et qui a rattaché ça à Neuchâtel, au Comté de Neuchâtel. En fait, c’est ce qui a été un peu les bases du canton de Neuchâtel.

 

Neuchâtel, le canton est presque né un peu à Valangin.

Il est presque né, oui, on peut dire que Valangin, c’est vraiment ce qui a soudé Neuchâtel qui était vraiment divisé entre ces deux parties : la Seigneurie de Valangin avec toutes les Montagnes et le Comté de Neuchâtel qui comptait le Littoral et le Val-de-Travers.

 

Une magnifique demeure pour ceux qui y habitaient, on le verra dans les images tout à l’heure. C’était aussi une prison.

Justement, juste après en 1598, je crois, Neuchâtel a décidé d’utiliser, vu qu’il n’y avait plus de Seigneurs, le château comme prison et ça pendant trois cents ans jusqu’en 1894. C’était la prison des Neuchâtelois.

 

Là aussi, on y verra des cellules. Ce n’était pas ce qu’il y a de plus confortable non plus.

Ils n’avaient pas la télé dans leur cellule à l’époque.

 

Non, sinon le temps aurait passé plus vite pour les prisonniers… Ce château a été très bien restauré. Il est très bien conservé et il est aussi très vivant.

Il est très bien conservé, mais juste une petite partie. Il y avait des murailles d’enceinte, des murs d’enceinte à certains endroits de 3 m d’épaisseur et il y avait onze tours rondes qui cheminaient tout au long de ces enceintes. C’était vraiment un gigantesque château. À un moment donné, au XVIème siècle, il y avait vingt-quatre salles. Petit à petit, comme il n’y avait plus d’argent, comme il n’y avait plus de Seigneurs, des parties sont tombées en ruines, se sont effondrées. Il y a aussi un incendie qui a détruit la partie nord et, petit à petit, la partie qui reste est bien restaurée et quand on a arrêté de faire une prison, le château a été donné à la Société d’histoire et d’archéologie de Neuchâtel, qui est toujours propriétaire des lieux et qui s’occupe d’en faire un musée avec plein d’objets à voir, plein de choses à visiter.

 

Il faut dire qu’ils ont la chance d’avoir une conservatrice qui est très dynamique.

Oui. C’est Mme Françoise Bonnet-Borel qui est la conservatrice, que l’on va voir dans le petit reportage que l’on a fait, qu’on va diffuser tout à l’heure et qui organise des manifestations. Le château est ouvert en gros de mars à octobre. On peut le visiter. Il y a toujours des expositions permanentes avec tous les objets de l’époque qui ont été rachetés, qui font partie du musée pour nous expliquer un peu le Moyen-Âge et les siècles passés. Et il y a des expositions temporaires, à la saison. Cette année, c’était sur la dentelle, les dentellières et chaque saison on change d’exposition temporaire.

 

Ce dimanche, c’est « Portes ouvertes » au Château de Valangin, parce que c’est son dernier jour d’ouverture.

C’est pour marquer le coup à la fin de la saison. Chaque année, ils font une journée « Portes ouvertes » qui permet au public qui n’a pas eu l’occasion durant cet été d’aller voir l’exposition, de pouvoir la découvrir gratuitement. Il y a plein d’animations, plein de jeux. Tout pour passer un dimanche agréable.

 

Absolument. Alors pour vous donner envie Mesdames et Messieurs, d’aller ce dimanche à Valangin, l’année passée, cela fait tout juste une année, nous avons fait un reportage sur ce qu’il se passe justement durant cette dernière journée « Portes ouvertes ». Vous y verrez cette année la même chose qui s’est déroulé l’année passée. Je ne crois pas qu’il y ait eu de grandes révolutions. C’est assez génial, l’idée de Mme la conservatrice du musée, parce qu’elle nous disait d’ailleurs : « C’est assez facile de déplacer des enfants surtout si il y a à boire, à manger et si il y a des jeux. C’est beaucoup moins facile de déplacer les adultes, mais là, les adultes sont obligés d’accompagner leurs enfants. » C’est ce qui fait que cela a eu un très beau succès l’année passée et cela aura un beau succès cette année aussi, je pense.

On espère qu’ils auront le beau, cela peut être un plus ! C’est vrai que le concept est bien fait, parce que pendant que l’on occupe les enfants dans des ateliers, les parents peuvent visiter la partie plus historique ou la partie du musée où se trouvent les expositions sans se soucier, sans avoir les enfants qui s’ennuient ou qui courent dans tous les sens. C’est presque un concept de garderie, mais finalement pourquoi pas, cela permet à des gens qui n’ont pas envie avec des enfants petits d’aller visiter des musées, là ils ont l’occasion, parce qu’ils sont pris en charge.

 

Tout à fait. Au niveau des ateliers, ils peuvent apprendre à décorer une courge comme celle-ci.

C’est toi qui l’as décorée, celle-là ?

 

Non pas du tout. Celle-là, elle vient de Witzwil.

D’accord. De la prison…

 

De la maison d’arrêt. Ils peuvent la creuser, mettre une bougie à l’intérieur. On leur apprend à faire du gâteau à la courge aussi et il y a aussi un jeu, une chasse aux trésors à travers le musée. Les enfants sont obligés d’aller chercher des photos dans les différentes salles. C’est une façon aussi intéressante de découvrir le musée pour ces jeunes.

Le fait de mettre des jeux à l’intérieur du musée, cela les oblige à y entrer, à voir aussi des objets, à s’interroger, à se poser des questions sur une armure… des choses qu’ils ne voient pas tous les jours dans la vie courante.

 

Tout à fait. Dans le parc, j’ai dégusté l’année passée, il y a du gâteau, il y a de la soupe. Il y a plein de choses pour les parents aussi.

On peut encore signaler, on le verra à la fin du reportage, qu’il y a aussi le petit train de Valangin qui sera en fonction spécialement ce dimanche.

 

Extra. J’espère qu’on a réussi à donner envie à nos téléspectatrices et à nos téléspectateurs de se rendre à Valangin, ce dimanche.

Voilà. C’est de 10 heures à 17 heures.

 

Parfait. Merci Daniel, à tout bientôt. Bonne journée.

À bientôt.

 

 

On redescend de Valangin ici à Bevaix, pour repartir dans quelques secondes à Saint-Blaise et pour m’aider à présenter ce sujet, Julien Pisenti, bonjour Julien.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va parler du Club des Amis de la Peinture.

Voilà.

 

Peut-être pas très connu à Neuchâtel et pourtant, ce n’est pas un tout nouveau, nouveau club.

Non, ce n’est pas un tout nouveau club. Il va taper dans sa cinquantième année, bientôt.

 

Bientôt votre âge.

Oh j’ai encore un quart de siècle, c’est bon. C’est un club, il y a septante membres à peu près qui prennent des cours le vendredi, des cours de peinture ou de techniques de dessin. Le mercredi, c’est plutôt des soirées libres pour que les personnes puissent laisser parler leur imagination.

 

Intéressant ce club, cela ne fait aucun doute parce qu’il n’est pas réservé uniquement à des professionnels. Il y a des jeunes apprentis qui souhaitent faire une carrière dans la peinture, la sculpture et pourtant comme vous le dites, des cours sont donnés. Ils sont très sérieux.

Cela donne de tous âges, surtout qu’ils sont basés sur une relation amicale. Ils font souvent des sorties, des soupers, des pique-niques en nature pour aller peindre à l’extérieur. Ce qui est aussi flagrant, c’est les différences d’âge qu’il y a là-dedans. On trouve autant des personnes, de jeunes adultes que des adultes un peu plus âgés.

 

C’est ce qui fait la force de ce club, parce que ceux qui sont vieux aujourd’hui étaient jeunes il y a cinquante ans. Ils étaient aussi amateurs, ils étaient aussi débutants. On le verra dans cette interview.

C’est comme… On a fait une interview de M. Colliard. C’est un peintre qui est déjà bien connu dans le canton de Neuchâtel, qui fait de l’aquarelle, alors lui sans aucun doute, il n’a pas peur, il dit que la relève sera prise avec tous les jeunes qui viennent au club. Pour cela, il n’a pas peur.

 

Et ce qui est bien, c’est que justement il y a cinquante ans, il débutait. Il dit que ce qu’il faisait était très mauvais. Aujourd’hui, c’est vrai, comme vous le dites, il est l’un des peintres vedettes dans le canton de Neuchâtel et il enseigne aux plus jeunes.

Oui. Il enseigne aux plus jeunes. Ce n’est pas tout le temps lui qui donne les cours, puisque cela change chaque fois. Chaque semaine, c’est des personnes différentes, mais lui justement, il était là dès le début. Il a reçu des cours des plus grands et maintenant, c’est lui qui donne les cours.

 

Dans le petit reportage que nous avons réalisé à Saint-Blaise, d’ailleurs on le verra, on a interrogé une des professeurs et un des artistes qui est aussi l’un des piliers.

Qui est là aussi depuis pas mal d’années. Je crois qu’il est là depuis une douzaine d’années par là autour…

 

Tout à fait. Pendant de nombreuses années, le Club exposait sur un bateau à Neuchâtel.

Sur le Neuchâtel, le mythique bateau du lac de Neuchâtel qui est encore avec les roues à aube mais qui stagne un peu dans le port de Neuchâtel en ce moment.

 

Tout à fait. Pour des questions de place, ils ont dû déménager et maintenant l’exposition a lieu au Péristyle de l’Hôtel de ville.

Oui. Justement, cette semaine il y a un vernissage de leur exposition, c’est le vendredi soir à 18 heures.

 

Ce vendredi donc.

Ce vendredi à 18 h, il y a le vernissage avec, je ne peux même pas dire combien d’artistes.

 

Un grand nombre d’artistes.

Un grand nombre d’artistes, je pense. Ils en choisissent un maximum possible.

 

Tout à fait. Je crois que l’on va peut-être nous tourner vers notre collaboratrice, Lyse, qui a rencontré dans notre studio, il y a quelques jours, la présidente du club.

Voilà. C’est Rose-Marie Di Giusto qui a repris un peu les rênes du club. C’est une personne très gentille, très ouverte. On n’arriverait pas à lui coller l’étiquette de présidente sur le front…

 

Très bien. On va écouter ces dames nous parler du club. En attendant, merci Julien pour toutes ces explications et à très bientôt.

Merci à vous Jean-Pierre.

 

 

Voilà. On arrive au terme de ce « Quoi de 9 ? ». On reste dans la peinture avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Pour parler d’une exposition qui va se dérouler chez Jean Devost.

Oui.

 

Dans son atelier au Moulin de Bevaix.

Au Moulin de Bevaix, exactement.

 

Jean Devost, vous savez tout sur lui ?

Oui. Jean Devost, artiste peintre qui enseigne son art à des aveugles.

 

Il est très connu dans la région, parce que c’est aussi un grand peintre et un grand sculpteur, Jean Devost. Mais c’est vrai qu’il a décidé, enfin c’est une rencontre un peu par hasard

C’est un défi.

 

Entre Françoise et Jean lors d’une exposition.

Oui qui a débarqué chez lui en lui disant : « Il faut m’apprendre à peindre. » Il a donc maintenant plusieurs élèves. Il a pris contact avec la Fédération suisse des aveugles et chaque année, il a à peu près dix élèves. Il donne des cours.

 

Cela a énormément de succès. C’est très surprenant évidemment de voir une personne qui est non voyante et qui dit : « J’aimerais apprendre la peinture. » Françoise est quand même un peu particulière, parce qu’elle avouait aussi que sa passion était la photographie. C’est tout aussi surprenant de la part d’une non voyante. Mais ce qui est intéressant, Jean Devost nous le répète chaque fois qu’on le voit. Il dit : « Tout le monde peut apprendre la peinture. Il suffit d’avoir envie et d’avoir un tout petit peu de talent et Françoise », me disait-il, « elle a du talent. Le fait qu’elle soit non voyante n’a aucune importance. »

Exactement, et elle a fait d’énormes progrès. Si on voit l’émission que l’on avait faite en son temps et maintenant ce qu’elle peint, c’est incroyable, la différence. C’est pour cela que les gens doivent venir visiter son exposition, parce que c’est incroyable, comme vous le dites, non voyante et faire des progrès pareils.

 

Tout à fait. Ce qui était difficile pour Jean Devost, parce qu’il n’existait pas de méthode pour apprendre à un non voyant.

Non. Il devait chercher des astuces comme il le dit.

 

Absolument, on le verra d’ailleurs. En allant visiter l’exposition, je pense que Jean Devost et Françoise l’expliqueront, mais il a dû créer un cadre avec des repères pour qu’elle sache où elle est sur son tableau.

Pas du tout évident.

 

Elle a dû apprendre par cœur aussi où se trouvait le bleu, le jaune, le vert et le rouge pour qu’elle puisse le chercher. C’est vrai que c’est un travail absolument magnifique.

C’est magnifique ce qu’elle fait.

 

Voilà. Je suis persuadé que tout ceux qui iront visiter cette exposition de Françoise chez Jean Devost à Bevaix auront énormément de plaisir, parce que ce que fait maintenant cette femme est absolument extraordinaire.

Extraordinaire, oui. C’est juste et c’est ce week-end.

 

Et c’est ce week-end.

De 10 heures à 18 heures.

 

Encore une communication que l’on peut faire à tous ceux qui viendront visiter l’exposition de Françoise Witschi, avant de rentrer chez eux, on les invite à passer ici à la gare de Bevaix, toujours dans la galerie Quint-Essences qui se trouve sous le toit pour le finissage de l’exposition.

Des quatre artistes.

 

Les quatre artistes.

Anaïs Laurent, Julien Pisenti, Michel Buhler et Micheline Sidler.

 

Voilà. Et on peut encore signaler qu’à cette occasion, il sera servi aux visiteurs…

Du saucisson…

 

Du saucisson brioché, etc. Très bien. Merci en tout cas Françoise pour toutes ces explications et à très bientôt.

À bientôt. Merci.

 

 

Juste avant de nous quitter, encore un clip comme nous vous en avons déjà présenté plusieurs, réalisé par des médiamaticiens de l’école de Neuchâtel. Un clip qui s’intitule « Ces foutues apparences », ça parle de racisme, de xénophobie. Enfin, je ne vous en dis pas plus, je vous laisse le suspens.

 

 

Merci à vous aussi Mesdames et Messieurs d’avoir suivi notre émission. Bonne fin de journée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod