« Quoi de 9 ? » 148 : du 26 novembre au 2 décembre 2007
Julien Pisenti
Bienvenue sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Dans un instant « Quoi de 9 ? » avec Françoise Berthod, Daniel Zumbrunn, Feisal Yussuf et Jean-Pierre Lambert.
Merci Julien, merci Totor. Mesdames et Messieurs bonjour. C’est pour nous, chaque semaine, un immense plaisir de vous retrouver. On commence avec les scouts et notre collaborateur, Feisal Yussuf, bonjour Feisal.
Bonjour M. Lambert.
On va parler du mouvement scout qui fête cette année son centième anniversaire. Peut-être parler de son fondateur.
Le mouvement scout, qui est un mouvement mondial et bénévole, a été fondé par un Anglais qui s’appelle Mister Robert Baden-Powell, c’était en 1907. Ce monsieur avait une longue carrière militaire. Suite à ses expériences militaires, il a fondé ce mouvement.
Où a-t-il été faire la guerre, ce monsieur ?
En tant que militaire, en tant qu’officier, il a fait un grand parcours d’abord en Inde, puis en Afghanistan, aux Balkans et à Malte et même en Russie et il a été en Afrique du Sud. C’était là qu’il a eu cette idée de fonder ce mouvement de scoutisme.
Est-ce que l’on sait comment lui est venue cette idée ?
Il y avait une ville qui s’appelait Mafeking en Afrique du Sud. Nous étions en pleine guerre des Boers. Ils voulaient établir, fonder un pays indépendant de l’empire britannique. En tant qu’officier et commandant de cette ville, M. Baden avait la responsabilité de défendre les intérêts de l’empire britannique, mais les Boers ont assiégé cette ville pendant deux cent dix-sept jours. Lors de ce siège, le commandant, M. Baden bien sûr, a utilisé les jeunes garçons indigènes de cette région pour maintenir d’abord la liaison entre lui, commandant et ces forces qui étaient aux postes avançés, et aussi pour transporter le courrier. Cela, il l’a appelé « scout » en anglais, c’est comme éclaireur en français. Il a formé cette idée à la fin de sa carrière militaire. Il voulait continuer, mais dans une autre manière : former les jeunes garçons et plus tard les filles aussi au service de la société et pour la paix.
Il dit, je crois : « Après avoir appris aux jeunes à faire la guerre, j’ai décidé de leur apprendre à faire la paix ».
Oui, si je peux citer sa parole, il a dit : « À la fin de ma carrière militaire, je me mis à l’œuvre pour transformer ce qui était un art d’apprendre aux hommes à faire la guerre en un art d’apprendre aux jeunes à faire la paix. Le scoutisme n’a rien de commun avec les principes militaires. »
On le verra dans ce petit film que nous avons fait à Planeyse où les organisateurs avaient eu l’excellente idée de rassembler tous les jeunes scouts neuchâtelois actifs, mais aussi tous les anciens qui sont venus. Des hommes de plus de quatre-vingts ans pour certains, je crois. L’un de ces vieux scouts justement m’a fait une remarque à ce sujet sur le… il était un petit peu surpris, un petit peu choqué par le manque de discipline des jeunes aujourd’hui qui étaient autour de lui.
Oui. Exactement. C’était une manifestation un peu décevante, surtout pour les seniors qui étaient scouts il y a des années.
Oui. Un petit peu déçu. Ils acceptent que le monde ait changé, bien sûr, mais ils se font un petit peu de souci quand même de voir que les jeunes d’aujourd’hui n’ont plus le respect qu’eux avaient à leur époque.
Quand même, ils gardent toujours ces principes de scoutisme qui étaient fondés par ce monsieur avec ses dix articles et avec les classes qu’il a désignées. Il a différencié trois classes d’âge.
C’est vrai. On peut rentrer très jeune chez les scouts.
Exactement. Premièrement, c’est les louveteaux entre l’âge de 8 et 11 ans. Deuxièmement, c’est les éclaireurs entre l’âge de 12 et 17 ans et le troisième, ce sont les routiers, à partir de 17 ans et plus.
On voit que vous avez été un ancien scout ou bien ?
Oui. Dans les années soixante, j’étais moi-même boy-scout.
Cela se voit. Vous connaissez bien ce sujet. En tout cas, merci beaucoup Feisal. C’est vous qui avez fait ce montage à Colombier sur cette très importante manifestation.
Merci infiniment.
À très bientôt, merci.
Merci.
Après ces quelques instants passés en compagnie des scouts neuchâtelois, je vous propose de consulter l’agenda de la semaine, ainsi que quelques pages de publicité avec notre ami Totor. À tout de suite.
Après ces bons moments passés en compagnie de Totor, on se retrouve avec Daniel Zumbrunn, salut Daniel.
Salut Jean-Pierre.
Pour parler d’une course à pied, l’une des plus importantes je crois, en Suisse, qui est Morat-Fribourg. Course magnifique avec des milliers, des milliers de coureurs. Ils ont même des fois des problèmes, parce qu’ils en ont trop.
Cela a quand même diminué depuis quelques années. Dans les années 80, ils sont allés jusqu’à seize milles participants et, maintenant, ils ont un petit peu diminué. Ils échelonnent les départs. Ils font plusieurs courses. Il y a aussi du Nordic Walking. Il y a un mini Morat-Fribourg pour les gamins aussi qui font un tour de ville. La participation, ça va, ils n’ont pas trop de problèmes de ce côté-là. C’est stabilisé.
Pour toi dont l’histoire suisse n’a aucun secret, Morat-Fribourg quelles sont ses origines ?
Là, c’est un soldat qui juste après la bataille de Morat, le 22 juin 1476, a couru de Morat jusqu’à Fribourg pour annoncer la nouvelle de la victoire des Suisses et, selon la légende, il brandissait un rameau de tilleul et selon la légende aussi, quand il est arrivé là, il a annoncé la nouvelle trois fois et il s’est effondré, il est mort. Cela rappelle aussi un peu la légende du marathon finalement.
C’est juste.
Le marathon, c’est le même problème. C’était une bataille. On a couru jusqu’à Athènes pour annoncer la victoire et le soldat est aussi mort d’épuisement. Le parallèle est assez drôle !
C’est vrai que c’est une course qui est très pénible. On ne peut pas y aller comme ça, sans un entraînement très, très sérieux.
Non, non. Ils le disent même sur leur site Internet. Il faut vraiment être préparé pour faire cette course. Dix-sept kilomètres, ça peut encore aller, mais il y a des sévères montées et il faut un bon entraînement. Il y a aussi les risques, quand on dépasse ses limites, de problèmes cardiaques ou autres. Il faut se préparer pour aller faire cette course.
Une course très sérieuse, d’ailleurs il n’y a qu’à voir la liste des vainqueurs, je ne veux pas te la demander, je ne la sais même pas non plus, mais enfin les Éthiopiens, les Africains ne laissent maintenant plus aucune chance aux Européens et aux Suisses.
D’ailleurs, ils disent qu’il y a une baisse de la fréquentation, du nombre de personnes qui font la course due au fait qu’il y a des Éthiopiens, des Africains qui viennent et qui sont intouchables pour les Suisses. Comme il n’y a plus. comme à l’époque de Markus Ryffel ou même encore avec Franziska Rochat-Moser, les Suisses avaient la possibilité de gagner, ils étaient plus motivés, maintenant cette surenchère des Africains qui sont supérieurs fait qu’il y a moins de monde motivé pour la faire.
Pour revenir à ce petit sujet, mon idée au départ était de montrer toute l’organisation, comment se mettait en place le départ à Morat et c’est peut-être notre fibre sociale qui a voulu qu’à un moment donné, mon regard a été attiré par un stand qui était tenu par Amnesty International. Qu’est-ce que tu peux nous dire sur Amnesty ?
Déjà Amnesty International a été créé par un avocat britannique, Peter Brenenson en 1961. C’est parti d’une anecdote assez incongrue, si l’on peut dire. Il a lu dans un journal, en buvant son café à Londres tranquillement, qu’il y avait deux étudiants portugais qui avaient écopé de sept ans de prison juste pour avoir porté un toast à la liberté dans un lieu public. Il faut savoir qu’à l’époque, c’était la dictature de Salazar au Portugal, donc on ne rigolait pas ! Mais quand même, sept ans de prison pour avoir porté un toast pour la liberté, il trouvait cela un petit peu exagéré. Il s’est dit : « Qu’est-ce que je pourrais faire pour faire réagir le monde entier contre cette aberration ? » Sa première idée, c’était d’aller à l’ambassade du Portugal à Londres et en chemin, tout à coup, il s’est arrêté et il s’est dit : « Non, de toute façon l’ambassadeur est à la botte du dictateur, cela ne sert à rien d’aller porter plainte, ils vont laisser tomber ça comme lettre morte et voilà. » Finalement, il a réfléchi et il a eu l’idée de lancer un appel à toute la population, un appel qu’il a pu publier dans l’« Observer » en première page, grand journal britannique et qui est lu dans le monde entier également, lancer un appel pour que tous les citoyens écrivent aux autorités portugaises pour dénoncer ce cas et pour qu’ils libèrent… c’est un appel à l’amnistie de ces deux prisonniers d’où le nom après, Amnesty International. L’organisation est partie de là et a commencé à revendiquer pour des prisonniers du monde entier et des gens ont commencé à écrire des lettres personnalisées à tous les présidents qui avaient des prisonniers politiques ou autres. C’est de là qu’est parti le mouvement.
Comme je le disais tout à l’heure, à Morat au départ de la course Morat-Fribourg, il y avait un stand d’Amnesty International, mais ils étaient là pour dénoncer certaines choses qui se passent en Chine, vu qu’il y a bientôt les Jeux olympiques à Pékin.
Exactement. Déjà, il y a deux choses. La première, c’est que la Chine quand ils ont obtenu les Jeux olympiques, ils ont promis de faire des efforts à ce niveau-là, d’abolir la peine de mort, d’arrêter de censurer Internet, etc., plein de choses de ce style et ça, ce n’est toujours pas appliqué. Une fois que les Jeux olympiques seront passés, on n’aura plus ce moyen de pression ! Le deuxième problème, c’est que pendant la durée des Jeux olympiques, et d’ailleurs ils ont déjà commencé, ils nettoient Pékin. Ils nettoient les mendiants, ils nettoient les vendeurs dans la rue, ils nettoient les drogués. Ils veulent les éradiquer, les mettre dans des camps de travail forcé pour obtenir une belle image propre en ordre pendant les Jeux. Ils prennent aussi des mesures contre les opposants qui vont certainement essayer d’utiliser cette hyper médiatisation qu’il y aura durant les Jeux, le monde entier sera rivé sur Pékin et eux, ils veulent que l’image soit parfaite, qu’il n’y ait pas de protestations, pas de démonstrations, que tout soit beau, soit propre. Là, c’est un peu le contre-pieds des Jeux olympiques qui étaient censés aider la cause humanitaire et qui va peut-être, pour un moment donné, l’enfoncer !
C’est vrai que les Jeux olympiques seraient une super occasion, peut-être de faire plier sérieusement la Chine. On se rappelle qu’à une certaine époque, les Russes n’avaient pas été aux Jeux olympiques aux États-Unis et les Américains n’avaient pas été aux Jeux olympiques de Moscou, sauf erreur.
C’était dans l’autre sens. D’abord, les Américains qui n’étaient pas allés à Moscou parce que l’URSS avait envahi l’Afghanistan et en contrepartie, quatre ans après, les Russes n’étaient pas allés à Los Angeles.
On pourrait faire plier les Chinois si on le voulait vraiment. Bon, c’est une autre question.
Je me demande si ce pouvoir existe encore. La Chine est devenue tellement grande que la pression, finalement, elle va finir par s’en moquer, parce qu’elle est tellement grande qu’elle peut vivre en autarcie, en autonomie pratiquement, à part avec le pétrole. Mais là, elle a assez d’accords, assez de puissance avec son droit de veto à l’ONU pour faire plier tous les pays comme elle le veut.
Il y a cela et vu qu’il y a beaucoup d’affaires, de bonnes affaires à faire en Chine, personne n’a envie de se mettre mal avec eux.
Surtout pas les Américains.
Surtout pas les Américains. Bien. Écoute, on va quand même regarder ce montage qui a été fait aussi par Feisal Yussuf. Il aura décidément beaucoup travaillé dans cette émission.
Écoute, il faut des travailleurs de l’ombre aussi.
Absolument. Merci Daniel, je te laisse retourner dans l’ombre pour nous préparer d’autres émissions. À bientôt.
À bientôt, merci.
On arrive au dernier sujet de ce « Quoi de 9 ? » avec un entretien dont va nous parler Françoise Berthod, bonjour Françoise.
Bonjour Jean-Pierre.
Il s’agit donc de l’artiste, si je puis dire, elle n’aime pas qu’on l’appelle artiste.
Non, elle ne veut pas.
Elle ne veut même pas, Mme Jeanne Dettori Blandenier que notre collaboratrice, Linda Fischer, a reçue ici dans notre studio. Qu’est-ce que l’on peut dire de l’amie Jeanne ?
Elle a une magnifique exposition qui a justement lieu maintenant à la galerie Quint-Essences. Elle peint vraiment en autodidacte comme vous l’avez dit, des tableaux avec de la peinture de carrosserie, différents métaux et des dégradés de couleurs. Elle fait des choses magnifiques.
Elle peint sur toiles, elle peint sur bois, sur carrosserie.
Oui, elle emploie des outils de jardin pour faire des décors, des choses comme cela. C’est vraiment une spécialiste.
Oui. Elle se dit faire de la peinture expérimentale.
Oui, exactement.
Elle utilise même des produits, des acides. Elle n’est pas toujours très, très sûre du résultat. Elle en a fait sa spécialité.
Oui, c’est pour cela qu’elle ne veut pas être traitée d’artiste. Elle dit qu’elle n’a pas fait de cours spéciaux, elle a appris sur le tard.
C’est vrai qu’elle est un peu à la limite entre l’artiste et l’artisan, parce qu’elle dit qu’on peut très bien passer chez elle pour lui commander une œuvre pour mettre à tel ou tel endroit.
Oui.
Cela ressemble plus à un travail d’artisan.
Oui. Un genre de décoration d’intérieur.
Exactement. Vous l’avez dit tout à l’heure, si vous voulez voir ses œuvres, elles sont exposées ici à la gare de Bevaix, sous le toit dans la galerie Quint-Essences.
Jusqu’au 22 décembre.
Jusqu’au 22 décembre. On se réjouit de regarder cela. Merci en tout cas Françoise, à très bientôt et bonne journée.
Merci et bonne journée.
Après ce magnifique sujet plein d’émotions, plein de sensibilité, à noter encore l’excellent montage de Julien Pisenti, il ne me reste plus, Mesdames et Messieurs, qu’à prendre congé de vous, à vous souhaiter une très bonne fin de journée et vous dire à bientôt. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod