« Quoi de 9 ? » 201 : du 31 décembre 2007 au 6 janvier 2008
Totor
Madame, Monsieur, bonjour et bonne année 2008 à tous et à toutes. Dans quelques instants, « Quoi de 9 ? » avec Françoise Berthod, Julien Pisenti et Jean-Pierre Lambert.
Madame, Monsieur, bonjour et merci à Totor. Je vous souhaite également tous les bons vœux de toute l’équipe qui réalise Objectif Réussir, le journal, la télévision pour l’année 2008. Cette semaine, première émission de l’année. Elle sera très culturelle, mais aussi très sociale comme le veut la philosophie de notre télévision. Alors on commence avec la culture et Julien Pisenti, bonjour Julien.
Bonjour Jean-Pierre.
Et tous mes vœux pour 2008.
Mais pareil.
Merci. On va parler d’un acteur, d’un comédien, d’un clown, enfin M. Dimitri que tout le monde connaît, je crois en Suisse, parce que tout à l’heure, nous allons parler d’une troupe de théâtre qui s’est constituée à La Chaux-de-Fonds et qui justement a un rapport avec M. Dimitri. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur ce clown hors du commun ?
Déjà que c’est une grande figure de la comédie suisse. C’est une personne qui est née en 1935 au Tessin. Il a tout de suite baigné dans un monde artistique, parce qu’il a un père architecte qui était peintre et une mère plasticienne qui faisait aussi de la couture et des choses comme ça. Très petit, il a déjà eu le souhait de faire rire les personnes. Il voulait devenir clown. C’est par la suite qu’il a vu, ses parents n’arrivaient pas trop à l’aiguiller, savoir comment commencer cette formation, alors il a entrepris un métier de poterie, de potier au Tessin. Ensuite, après avoir fini tout ça, il est monté sur Paris pour voir un peu comment cela se passait à l’étranger. C’est là qu’il a appris justement à faire, si l’on peut dire, des clowneries. Il a appris à faire du mime, de la musique aussi. Après, il est monté en Suède pour un peu se perfectionner et il est redescendu sur Paris et c’est là qu’il y a le grand mime Marceau, Marcel Marceau, qui l’a pris sous son aile et ils ont commencé à faire du théâtre, des petites scènes, des choses comme ça.
Il a fait de l’acrobatie aussi un peu quand il était jeune ?
Il a fait de l’acrobatie, oui. Il a appris à faire de l’acrobatie, un peu genre corde raide. Cela lui a permis justement d’ouvrir son école de théâtre car il s’est perfectionné dans tout ce qui est le monde du cirque artistique et tout ça. Ce qui lui a permis de fonder en 1978 son école de théâtre à Verscio au Tessin.
Une école qui a tout de suite eu une réputation internationale, parce que c’est vrai, Dimitri aussi n’a pas tourné qu’en Suisse ou en France. Il a été, je crois, au Japon, en Chine. Il a vraiment eu une carrière internationale. C’est drôle quand on parle de clown, on parle de Grock. C’est loin d’être le seul clown.
Non, non ce n’est pas le seul clown de Suisse. Il a fait même, je ne connais pas vraiment Grock, mais je crois qu’il a fait encore beaucoup plus que lui. Il a fondé un musée, des écoles. Il a fait pas mal de choses dans son domaine. Dimitri est le précurseur, c’est le premier qui a eu l’idée de fonder une école de théâtre, parce qu’il a vu, comme je le disais avant, quand il était jeune que ce n’était pas facile de commencer là-dedans. Il mérite toute notoriété, moi je trouve.
Moi je le pense aussi. Il est en train parce qu’il a plus de septante ans aujourd’hui, il est en train de réaliser un vieux rêve, je crois.
En ce moment, il réalise un vieux rêve. Il a fondé une troupe de théâtre avec ses filles et il tourne en ce moment avec.
Voilà. Cela valait la peine de parler de Dimitri, parce que c’est un homme qui aura marqué le cirque, il a aussi fait une tournée avec le cirque Knie.
Oui dans les années 70, début 70 et fin 70, il a tourné avec le grand cirque Knie. Il est aussi parti au début des années 80 dans un cirque à New York.
Justement. Je disais tout à l’heure, on parle de Dimitri parce que beaucoup de jeunes suisses romands, tessinois, suisses allemands et même des étrangers, on le verra, ont passé dans son école.
Il y a beaucoup de gens, oui.
Et ensuite se lancent dans des carrières de théâtre.
Solo ou ce qu’ils ont appris. Il faut aussi dire qu’il y a des petits trucs drôles avec Dimitri, c’est qu’il a aussi sorti en 2000 un CD parce qu’il chante aussi. Il fait… il est très polyvalent.
Et encore une fois, c’est pour cela que son école a beaucoup de succès. Justement, il n’y a pas tellement longtemps, nous avons été assister à une répétition d’une pièce de théâtre qui va être jouée dans quelques jours à La Chaux-de-Fonds. C’est une pièce de théâtre assez spéciale, vous l’avez dit tout à l’heure…
Ce n’est pas vraiment du théâtre comme ils disent dans le film, du théâtre parlé comme on a l’habitude de voir, c’est vraiment de l’expression corporelle. Tout est fait avec les gestes du corps humain avec un texte de Guillaumarc…
C’est Guillaumarc Froidevaux qui est donc le créateur de cette pièce. Il ne l’a pas créée tout seul. Il le dit d’ailleurs, avec son amie, Suzana Kakalikova, ainsi qu’un des metteur en scène qui est aussi un ancien élève de l’école avec qui il s’est associé et encore d’autres amis qui les ont aidés.
Pour la lumière, pour la fabrication du matériel et tout, parce qu’ils tournent autour d’une chaise et ça, c’est aussi un gros morceau.
C’est une pièce intéressante. Nous, on a assisté en effet, vous le verrez dans le petit reportage, c’était quasiment la première répétition. Aujourd’hui le spectacle est bien rôdé. Il est bien au point. Dire encore qu’il se déroulera au Théâtre ABC à La Chaux-de-Fonds entre le 10 et le 13 janvier et entre le 17 et 20 janvier. Je pense que cela vaut la peine d’aller les soutenir.
Oui. C’est leur première représentation. C’est la première fois qu’ils font quelque chose de très important.
De très professionnel. C’est sur le thème de la solitude, le thème de la guerre pour le pouvoir et la liberté.
Oui.
C’est vous qui avez fait ce montage. J’allais oublier de le dire aussi, mais un montage assez particulier avec…
C’est assez particulier, parce qu’il n’y avait aucun fil conducteur. La mise en scène n’était pas encore formée totalement. On a pu partir avec nos images et montrer ce qu’ils faisaient sur leur texte. Le spectacle sera dans le même genre, mais ce ne sera peut-être pas la même histoire.
Vous avez pu mettre votre patte artistique sur cette pièce.
Voilà justement.
Très bien. On va se rendre à cette répétition. En tout cas, merci Julien pour l’excellent montage que vous avez fait et merci pour toutes ces explications sur Dimitri.
Merci.
C’est parti pour La Chaux-de-Fonds pour la pièce « Silence ? ».
Après le théâtre, place à la publicité et à l’agenda, je cède donc la parole à notre ami Totor.
Merci Totor. On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.
Bonjour Jean-Pierre.
Et bonne année 2008 à vous aussi.
Pareil merci.
Vous avez eu l’excellente idée d’inviter ici sur notre plateau une femme qui est, on peut le dire, vraiment hors du commun, qui a passé toute sa vie à aider les autres et qui s’appelle Mme Paulette Devenoges. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire de cette femme vraiment extraordinaire ?
Oui, c’est vraiment une femme extraordinaire. Elle a décidé un jour de partir à Paris pour aider les SDF. Quand elle arrive dans cette salle, elle est quand même surprise de la saleté et tout ça et elle nous dit qu’elle a eu un genre de message qui lui a dit : « Paulette si tu ne rentres pas là-dedans, tu n’aideras jamais les autres. Si tu entres, tu passeras ta vie à aider les autres. »
Elle était consciente que là, elle allait devoir prendre une décision…
Un choix capital dans sa vie.
Qui allait influencer toute sa vie. Là en effet, elle s’est mise à aider ce pasteur ou ce curé qui s’occupait des clochards et après cela a continué.
Oui, elle est partie au Maroc, en Thaïlande, au Burkina-Faso, faire des accouchements. Vraiment, elle a passé son temps à aider les autres.
Et elle ne s’est pas simplifiée la vie. Elle a été dans des endroits où les gens mouraient, où les gens crevaient de faim.
Très dur. Elle a toujours pris des endroits très difficiles. C’est vraiment quelqu’un, on répétera toujours la même chose, qui a beaucoup donné de soi-même. Sans compter, elle a vraiment fait des sacrifices…
Personnels. Elle a vu des enfants mourir. Elle a vu des adultes mourir. C’est quand même des choses qui l’ont marquées. Elle est revenue ensuite un moment en Suisse et là aussi, elle n’est pas restée inactive. Elle a travaillé un moment pour l’Armée du Salut.
De nouveau, elle repart à l’Armée du Salut, les toxicomanes, Prébarreau, des visites en prison.
Des visites en prison d’une façon très indépendante. Nous l’avions déjà rencontrée pour le journal Objectif Réussir il y a pas mal d’années. Il me semble, si ma mémoire est bonne, elle y mettait de sa poche quand elle allait en prison.
Elle le dit bien. Elle était reconnue par l’établissement pénitentiaire. Elle n’avait pas de formation pour entrer là-dedans.
Elle ne recevait pas de subventions ?
Rien du tout. Elle mettait de sa poche.
Quand elle apportait des cigarettes, du chocolat, c’était avec son…
Son salaire.
Avec son petit salaire qu’elle réalisait tout ça. Elle est aussi partie aux États-Unis pour aller s’occuper de gens en grande difficulté. Elle s’occupe notamment d’un enfant, pas adopté mais parrainé.
Elle parraine un petit garçon, oui.
On la verra d’ailleurs en photo avec ce garçon dans ce film. Pour revenir sur ce qu’elle a fait en Suisse pendant très longtemps. Elle allait voir des hommes et des femmes en prison. Elle avait réussi aussi à pouvoir leur offrir des week-ends.
Oui. Il y avait un climat de confiance. Elle pouvait prendre les dames qui n’avaient pas de famille en congé deux ou trois jours par année. Elle n’a jamais eu d’ennuis, ce qui est incroyable quand on pense que de nos jours quelqu’un qui a quinze ou vingt ans de prison pourrait très bien s’enfuir. Elle n’a jamais eu de problèmes avec ces gens-là. On ne lui a jamais pris quelque chose.
Elle leur faisait…
Entièrement confiance.
Le service pénitencier lui faisait confiance et les hommes et les femmes qu’elle prenait chez elle aussi. Ils n’y ont jamais…
Fait de coup tordu
Fait de coup tordu qui lui aurait posé de gros problèmes. Ils sont toujours retournés en prison le dimanche soir. Voilà. On pourrait encore dire beaucoup de choses de Paulette. On va l’écouter dans cet entretien que vous avez eu avec elle. C’était un moment très, très fort et je pense que notre télévision se devait, se doit encore, on continuera de le faire, de mettre des femmes comme ça à la une.
Merci Françoise d’avoir eu l’excellente idée d’inviter Paulette Devenoges et à bientôt.
Merci à vous. À bientôt.
Voilà. Il nous reste plus qu’à écouter ce témoignage qu’a recueilli Françoise.
Après ce poignant témoignage de Paulette Devenoges. Il ne me reste plus qu’à prendre congé de vous, Mesdames et Messieurs et vous remercier de nous avoir suivis. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod