« Quoi de 9 ? » 204 : du 21 au 27 janvier 2008

 

 

Totor

 

Dans quelques instants, « Quoi de 9 ? » avec Alain Sunier, Françoise Berthod, Linda Fischer et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Madame, Monsieur, bonjour et merci à Totor pour cette présentation. J’ai le plaisir de recevoir sur notre plateau, Linda Fischer, bonjour Linda.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va parler avec vous, Linda, d’un pèlerinage qui est assez connu, qui est le pèlerinage de St-Jacques-de-Compostelle. Est-ce que l’on connaît ses origines ou, disons, comment il se pratique ?

On sait que St-Jacques-de-Compostelle a été découvert vers 813, où l’on a découvert le corps de St-Jacques le Majeur, et c’est là que peu à peu ça a commencé le pèlerinage. Les gens allaient là-bas. Il y longtemps, cela date du XIème siècle. Ensuite, il y a eu le mariage entre la couronne espagnole avec les ducs de Bourgogne qui a ouvert un peu les chemins. Ce chemin a été utilisé pour le pèlerinage ainsi qu’aussi pour la repopulation des zones nordiques.

 

D’accord.

C’était un lieu de trafic, c’était un lieu de pèlerinage pendant la conquête espagnole en Amérique du Sud. On a aussi utilisé ces chemins-là pour recruter des soldats pour la conquête. Dans le temps, c’était obligatoire que l’on fasse un pèlerinage dans sa vie au moins une fois.

 

Pourquoi, on le sait ?

Cela avait affaire avec la croyance, avec le pouvoir de l’Église et l’idée que le sacrifice fait partie de la vie. Il y avait des gens qui faisaient un pèlerinage dû à une promesse faite, peut-être à cause d’une maladie, ou ils avaient un vœu ou ils attendaient même un miracle. On faisait le pèlerinage pour ça et aussi des gens qui ont le pouvoir avaient l’obligation envers l’Église de faire un pèlerinage. Alors, il y avait des rois riches qui payaient quelqu’un pour que l’on fasse le pèlerinage pour eux.

 

À leur place.

À leur place, oui.

 

C’était très religieux comme initiative ?

C’était très religieux comme initiative et c’était aussi le chemin pour christianiser au fond le monde romain. C’est aussi par cette route-là que le christianisme est arrivé en Espagne.

 

D’accord. Et aujourd’hui, on pratique toujours le pèlerinage ?

Oui, et il paraît que c’est en train de revenir depuis 1999 et surtout 2004 : il y avait beaucoup de pèlerins qui sont allés à St-Jacques-de-Compostelle et c’est de nouveau en augmentation. On a aussi la possibilité de faire une « crédentiale » et on peut avoir une feuille de tampons, on peut recevoir une confirmation quand on a fait le pèlerinage. Pour ça, on doit vraiment attester que l’on a vraiment fait les derniers cents kilomètres à pied ou à cheval. Les derniers deux cents kilomètres à bicyclette. Après, on reçoit un certificat du pèlerinage et on a la feuille avec tous les tampons comme souvenir que l’on garde. Cela donne le droit d’avoir des réductions dans des monastères, dans des trucs qui sont vraiment adaptés au pèlerinage, parce que toute la route a plus de mille ans de pèlerinage. Toute la région est aussi adaptée à ça. Il y a plein de super constructions à voir, du style romain, un peu gothique comme aussi des pèlerins qui ont laissé des œuvres d’art et on passe par exemple du paysage du Rioja. Il y a des champs de tournesols et après il y a des champs à moitié désertiques, méditerranéens. Au niveau du paysage, c’est certainement très intéressant.

 

C’est intéressant sur le plan religieux, sur le plan culturel aussi et peut-être aussi certains y vont pour faire un peu le point dans leur vie. De plus en plus de gens prennent des mois ou des années sabbatiques pour le faire ?

Oui, parce que si l’on pense que depuis la Suisse, depuis Genève, c’est environ 1500 kilomètres. Si l’on veut tout faire, on doit calculer quand même plusieurs mois.

 

C’est en tout cas une belle expérience à vivre, j’en suis persuadé.

De toute façon, c’est un défi avec soi-même.

 

Tout à fait. Question défi justement, Simona va recevoir dans quelques minutes M. Pascal Haemmerli. Lui, il a fait un pèlerinage assez original, puisqu’il est parti de Neuchâtel pour aller en Italie et traverser toute la Grèce jusqu’à Istanbul. Il y avait aussi des intentions religieuses dans sa démarche et je pense qu’il l’expliquera tout à l’heure à Simona. M. Pascal Haemmerli, qui est aussi animateur de jeunesse dans l’Entre-deux-Lacs. Extra. On laisse notre place à Simona. Merci Linda pour ces explications et à bientôt.

À bientôt.

 

 

Après ce magnifique pèlerinage, on se retrouve juste quelques secondes, le temps de donner la parole à Totor pour quelques pages de publicité et bien sûr notre agenda de la semaine.

 

 

On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On se retrouve pour rendre hommage à un de nos collaborateurs qui est décédé cela fait tout juste dix ans. Il s’agit d’Éric Broye. Vous avez un petit peu étudié sa biographie, même si c’est un homme très mystérieux. On ne sait pas trop de choses sur lui.

Non. On sait qu’il vivait dans la vallée du Trient. Il était gardien d’alpage et à côté de cela, il écrivait beaucoup de poèmes.

 

Des poèmes. Il écrivait aussi des articles.

Oui, il écrivait pour notre journal.

 

Sa spécialité, c’était les vieux métiers. Il aimait aller à la rencontre de personnes ayant exercé ou qui exerçaient encore des métiers en voie de disparition.

Il aimait beaucoup la poésie aussi.

 

Justement. C’était un moment difficile évidemment pour nous quand il est mort, parce que les circonstances de son décès sont assez

Tragiques. Il a voulu secourir l’une de ses brebis qui, parce que son troupeau, c’était toute sa vie, était tombée au bas d’une falaise et voilà…

 

On l’a retrouvé le lendemain matin avec son chien juste à côté, alors que lui s’est tué en bas de cette falaise. Justement pour sa maman, pour son frère, nous avons, notre journal y a participé comme on le pouvait, édité ce petit livre qui est un recueil des poésies qu’il avait écrites et pour lui rendre hommage aujourd’hui, dix ans après son décès, notre télévision a décidé de faire des petits clips avec chacun de ses poèmes, d’une durée de cinq minutes. Il y a des images de la région, de la musique et chaque fois, un de nos collaborateurs qui lit un de ses poèmes. Justement aujourd’hui, c’est le premier de ses poèmes que l’on va diffuser. Il y en aura pour plusieurs mois, parce qu’il a beaucoup, beaucoup écrit.

Il a très bien écrit et c’est un très bel hommage.

 

Je pense. C’est un bel hommage que l’on pouvait lui faire à lui et

À sa famille.

 

À sa famille chez qui il est resté toujours très, très présent. Merci Françoise de nous avoir parlé un petit peu d’Éric Broye.

Merci à vous.

 

On se réjouit d’écouter ces magnifiques poèmes qui seront lus, en tout cas le premier de ces poèmes, par notre collaborateur Oscar Garcia.

 

 

Après cette petite page poétique, passons à une page musicale avec Alain Sunier, salut Alain.

Salut Jean-Pierre.

 

On va parler jazz parce que tout à l’heure, on verra quelques jeunes du Conservatoire de La Chaux-de-Fonds qui ont formé un groupe et qui ont joué l’été passé en pleine ville à Neuchâtel, du jazz. On s’est dit que peut-être, pourquoi pas, expliquer à nos téléspectateurs les origines du jazz.

Les origines sont diverses, ne serait-ce qu’au niveau du mot jazz. Mais déjà une chose ressort, ça signifie énergie. On a cherché chez les Créoles, on a cherché en Afrique. Il y a une influence africaine effectivement, mais il y a également une influence européenne. C’est-à-dire que les Africains ont amené, il faut se souvenir qu’on est en 1885-1890. C’est tout le problème de l’esclavagisme qui va être aboli, mais auparavant les Noirs dans les champs de coton avaient des chants pour se donner du courage. On retrouvait les chants religieux, c’est la deuxième influence avec le gospel et le negro spiritual. La troisième influence qui est énorme, c’est le blues, c’est-à-dire que c’est la musique qui permettait à ces gens d’exprimer leur désespoir. Cela, c’est l’aspect africain et l’aspect européen, ça serait plutôt le côté structuré et structurel de l’Européen et c’est le résultat, le jazz en fait, d’un mélange de ces deux courants qui va donner naissance après à plusieurs tendances différentes.

 

Cela serait aux États-Unis si j’ai bien compris.

C’est la première musique née aux États-Unis, puisque par exemple, le country a été importé par des anglophones qui ont émigré là-bas.

 

Au début, que des gens de couleur qui jouaient ou qui chantaient ?

Au début, cela se passe dans la rue. C’est des musiciens de rue. Les villes sont connues. On a la Nouvelle Orléans, Dixieland, Kansas City, Chicago par la suite. Petit à petit, ces musiciens vont s’installer à l’intérieur. Un homme va fortement influencer le jazz, c’est Louis Armstrong, qui n’est plus à présenter. Au départ, il n’y avait pas vraiment de partitions, c’est-à-dire qu’il y avait improvisation. Mais chaque musicien improvisait… tous improvisaient en même temps. Louis Armstrong, sa virtuosité allait beaucoup plus loin que les autres, a réussi à imposer finalement des temps d’improvisation pour chacun. Le départ du jazz, c’est d’abord le swing, donc le rythme lié à l’improvisation. Avant ça, on a le ragtime avec Scott Joplin. Mais le ragtime, c’est du piano uniquement et c’est une musique beaucoup plus structurée. Elle n’est pas basée sur l’improvisation.

 

De nos jours, l’improvisation fait toujours partie dans les concerts. Il y a toujours des plages réservées…

Il est certain que le jazz a très bien vieilli, puisqu’il a maintenant gentiment cent vingt ans, dans le sens où il a marqué toutes les générations. On a eu l’époque du swing. Il y a eu l’époque du bebop, c’est beaucoup plus technique, c’est au niveau des rythmes et des mélodies, beaucoup plus complexe, avec un Miles Davis, un Charlie Parker par exemple ou Dizzy Gillespie. On pourrait peut-être rajouter une chose : c’est le fait que l’esclavage a été aboli, il y a eu migration des Noirs, donc de leur apport musical vers les grandes villes, ce qui a contribué grandement à diffuser leur type de musique. On peut dire une deuxième chose, c’est qu’il y a quelques orchestres qui ont tout de même marqué les générations, dont les Red Hot Peppers, qui étaient composés des meilleurs musiciens de Chicago, qui veut dire le piment rouge. On peut supposer que la musique en question était assez pimentée effectivement, étant donné que l’orchestre est composé vraiment du top du top. Dernière information que je trouve, moi, assez cocasse. Il n’y avait aucun enregistrement jusqu’en 1917 et en 1917, le premier enregistrement vinyle, ce que l’on appelle vinyle aujourd’hui, c’est l’Original Dixieland Jazz Band, si je ne dis pas de bêtises, qui était paradoxalement uniquement composé de Blancs. On peut supposer que les Noirs n’avaient pas forcément les moyens de se faire graver des galettes, tandis que les Blancs, eux, l’avaient. Et je trouve joli que le premier témoignage du jazz soit fait uniquement… que l’orchestre soit uniquement composé de Blancs alors que finalement, c’est un mélange d’un apport de deux cultures diamétralement différentes.

 

Deux cultures et deux cultures qui ne se perdent pas. La preuve justement, ce petit sujet que nous avons tourné l’été passé à Neuchâtel. Ce sont donc des jeunes élèves du Conservatoire, mais ils arrivent en fin d’études. Ils sont déjà extrêmement doués et c’est vrai que cela faisait plaisir de voir là des garçons entre 20 et 30 ans complètement passionnés par cette musique qui remonte, comme tu l’as dit, très, très loin. Merci Alain pour toutes ces explications. À très bientôt. On aura certainement encore l’occasion de reparler de jazz, pas de problème. Nous, on se rend à Neuchâtel pour écouter ce petit concert qui a été donné en pleine rue avec un public, vous le verrez, qui était vraiment très chaleureux.

 

 

Après cette magnifique page musicale, il ne me reste plus, Mesdames et Messieurs, qu’à vous remercier d’être venus passer quelques instants sur Télé Objectif Réussir, de vous souhaiter une très bonne fin de journée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod