« Quoi de 9 ? » 206 : du 4 au 10 février 2008
Totor
Madame, Monsieur bonjour et bienvenue sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Dans quelques instants, « Quoi de 9 ? » avec Alain Sunier, Daniel Zumbrunn et Jean-Pierre Lambert.
Madame, Monsieur bonjour et bienvenue sur Télé Objectif Réussir. On souhaite un bon rétablissement à Totor, puisqu’il à l’air d’être un peu malade. On va parler pharmacie aussi avec Daniel Zumbrunn, salut Daniel.
Salut Jean-Pierre.
Parce que tout à l’heure, nous allons aller à la rencontre d’un pharmacien assez connu dans le canton de Neuchâtel. Un homme qui a beaucoup d’idées, beaucoup d’imagination. Il sera interrogé par notre collaboratrice, Simona Radulica Montserrat. Tu vas nous parler pharmacie, mais avec un angle un peu particulier, je crois.
Oui effectivement, parce que j’ai été marqué par l’actualité en Suisse allemande, assez récemment, au début du mois de janvier. Il y a eu une histoire avec une pharmacie. Une dame est allée acheter un produit pour embellir ses cils, enfin bref. Les détails techniques, je ne connais pas, je ne suis pas très doué dans la cosmétique. Elle est allée acheter un produit et la pharmacienne ou la laborantine a fait sa préparation et elle s’est trompée dans le dosage. Elle a utilisé de l’eau oxygénée à une concentration beaucoup trop forte. Elle ne s’en est pas rendu compte tout de suite. Elle a vendu son produit à cette dame qui est partie, qui est rentrée chez elle tout à fait anonymement. Tout à coup, elle a eu un doute et est allée vérifier le flacon qu’elle a utilisé. Elle a demandé au pharmacien si c’était vraiment le bon et là, il a dit : « Non, ça c’est beaucoup trop fort. Si jamais cela coule dans les yeux, elle risque de devenir aveugle, cette dame. » Alors, on ne savait pas comment la retrouver cette dame. On voit que les pharmaciens ont quand même une certaine importance. Si cette dame avait commandé son produit sur Internet et qu’il s’était trompé, là personne n’aurait rien pu faire. Mais là, il y a encore un certain contrôle qui se fait avec les pharmacies traditionnelles. Le pharmacien, qu’est-ce qu’il a fait, ne connaissant pas cette dame, n’étant pas une habituée de la pharmacie, il a prévenu la police. Police qui a fait des recherches et des annonces dans les médias. C’est allé même jusqu’à la télévision suisse alémanique. Ils ont interrompu les programmes pour diffuser cet avis de recherche, cet appel pour que cette dame n’utilise pas ce produit et se fasse connaître. Heureusement, le lendemain matin, elle s’est fait connaître et elle est retournée à la pharmacie et l’histoire finit bien, parce qu’elle n’avait pas encore utilisé ce produit ! On voit que des erreurs, on peut toujours en commettre, l’erreur est humaine, on le sait, mais là, ils ont quand même une conscience professionnelle et la laborantine n’a pas hésité à avouer sa faute pour permettre de sauver cette dame, quelque part.
Elle n’avait pas grande chose d’autre à faire. Ton histoire est intéressante. La moralité est aussi intéressante et elle va bien évidemment avec l’histoire, la rencontre que nous allons faire avec ce pharmacien tout à l’heure. C’est un métier, quand on y regarde d’un peu plus près, finalement extrêmement dangereux, extrêmement délicat.
Oui. Il faut faire des études pour faire ça. Ce n’est pas donné à tout le monde. Il faut connaître tous ces produits. Il y a des centaines et des centaines de produits. Tous ces produits chimiques qu’il y a maintenant, ce n’est plus comme si on allait dans une herboristerie où il y a quelques plantes à connaître. Il faut bien sûr connaître toutes ces plantes, mais il faut connaître tous les médicaments qui changent, rien que par la loi du marché, la guerre entre les entreprises pharmaceutiques, les grands groupes bâlois ou les groupes allemands qui, en fait, délivrent le même produit mais avec des petites nuances pour pouvoir les breveter, faire un chiffre d’affaires dessus.
On l’a vu, pharmacien c’est un métier extrêmement délicat. Il ne délivre pas n’importe quel produit, ce n’est pas des salades, ce n’est pas des tomates, ce n’est pas des yoghourts et pourtant les supermarchés eux, se lancent dans la pharmacie. C’est quand même aussi un petit peu délicat !
Les supermarchés eux, tout ce qui les intéresse, c’est faire du bénéfice. Ils savent très bien que les médicaments, c’est quelque chose qui rapporte beaucoup parce que tout le monde tombe malade, et même avec la publicité qui est faite là autour, il y a une surconsommation de médicaments, ça c’est sûr. Tout ce qui n’est pas sur ordonnance, les gens peuvent aller en acheter quand ils veulent, « s’automédicamenter » entre guillemets. Dès qu’ils ont mal à la tête, ils vont prendre une pilule. Dès qu’ils n’arrivent pas à dormir, ils vont prendre quelque chose. C’est un peu dangereux. Quand on n’avait que des pharmacies villageoises artisanales, le pharmacien voyait bien si vous achetiez beaucoup de produits. Il allait nous dire : « Vous n’en avez plus ? Vous en avez acheté deux boîtes la semaine passée. Est-ce que vous avez déjà mangé ces deux boîtes ? Ce n’est pas bon ! » Tandis que là, avec ces supermarchés, on est complètement anonyme. Si on veut en acheter dix boîtes, on achète dix boîtes. C’est vrai qu’il y a là une surconsommation qui est poussée. Ces pharmacies de type supermarché, elles veulent absolument faire un chiffre d’affaires. Elles vont pousser à la consommation. Alors qu’un pharmacien digne de ce nom va plutôt essayer de penser au bien et à la santé de la personne.
Puisque tu parles justement de pharmacien digne de ce nom, on va en rencontrer un, avec M. Jean Altwegg, un pharmacien assez exceptionnel. On ne va pas dévoiler maintenant tout le sujet, mais là où l’on voit que c’est un homme vraiment qui pratique son métier comme il faudrait le pratiquer. Il le pratique aussi, à quelque part, à l’ancienne comme tu le disais tout à l’heure.
Il le pratique à l’ancienne dans l’éthique, mais par contre il le pratique de façon tout à fait moderne, puisqu’il a installé trois laboratoires dans son officine au premier étage. C’est même lui qui contrôle la qualité des médicaments qu’il reçoit de l’industrie pharmaceutique pour d’autres pharmacies du canton qui ne sont pas forcément aussi bien équipées. Il fait ses propres préparations. Il est à la pointe de la technologie, mais il a gardé cet esprit encore de service à la clientèle et de service à la communauté finalement et de ce point de vue, il est très traditionnel.
Il est un exemple à suivre, cela ne fait pas de doute. Très bien. Merci Daniel pour toutes ces explications et à très bientôt.
À bientôt.
On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » juste le temps pour moi de donner la parole à Totor pour voir déjà si il va mieux et pour l’écouter nous présenter l’agenda de la semaine et quelques pages publicitaires.
On continue cette émission avec Alain Sunier que je salue.
Salut Jean-Pierre.
Salut Alain. On va parler d’une galerie, est-ce que c’est une galerie ? Non pas vraiment, mais d’un concept d’exposition assez particulier.
En fait, il s’agit d’ArtPosition qui a vu le jour en 2002, qui a lieu à Payerne avec une trentaine d’artistes à l’époque qui étaient essentiellement centrés autour du lac de Morat. L’exposition en question a connu tellement de succès qu’il y a eu un agrandissement très rapidement, mais elle avait ceci de particulier qu’elle se passait dans deux halles réservées notamment au FA-18. On sortait les avions et on exposait dans ces halles à Payerne. Je dirais que c’est Franz Weber qui doit être content…
Peut-être qu’ils volaient, les avions…
Je ne crois pas, mais bon. Le concept est assez simple dans le sens où ils essayent de promouvoir les jeunes talents ou les galeries de Suisse romande jusqu’à Berne et ça en invitant des artistes connus. L’idée, c’est si il y a des artistes connus et des artistes moins connus, il y aura plus de monde et les inconnus pourront devenir connus, on va peut être s’en sortir avec ces histoires de connaissance. Le fait est que, très rapidement, ça a pris de l’ampleur, à tel point qu’ils ont eu, l’année passée, cent soixante demandes d’exposants. Il y a aussi autre chose qui est assez particulier, c’est que c’est vraiment de tous styles, cela va de la photographie à la céramique, aux sculptures. Les sculptures sont mises à l’extérieur. Là, ils pourraient prendre plus de sculpteurs, parce qu’il y a la place, mais le problème, c’est le déplacement des œuvres parce que certaines œuvres sont tellement lourdes que le prix du déplacement est exorbitant. Ils reçoivent vraiment de tout… des Jurassiens, des Neuchâtelois. Il est possible de les contacter au printemps pour l’exposition, d’ailleurs cette année, elle aura lieu du 8 au 10 août 2008, toujours au même endroit, c’est-à-dire dans ces fameuses halles où se trouvent normalement les FA-18.
Ils ont d’ailleurs un site Internet. On va donner son adresse : www.artposition.ch. En effet ce qui est original… le fait qu’il y ait beaucoup d’artistes engendre beaucoup de spectateurs. C’est vrai que c’est motivant pour un jeune artiste.
Absolument. Lorsque vous avez tourné, il y avait 1500 à 2000 personnes. Ils pensent que l’affluence va aller en grandissant, parce qu’effectivement, ils invitent des artistes étrangers, des galeries étrangères. Leur idée, c’est quand même d’exposer dans un lieu, c’est ce que dit M. von Gunten, qui est l’un des instigateurs de cette manifestation, l’idée c’est de ne pas exposer dans un lieu classique, une galerie classique bien qu’il n’ait rien contre les galeries classiques. Il trouve le fait qu’il y ait une machinerie, qu’il y ait un cadre à la limite inapproprié pour ce genre de manifestations donne un plus aux exposants.
Tu parles donc de M. Urs von Gunten, l’organisateur. On va peut-être lui faire une petite pub. Il est également le créateur du journal bilingue qui s’appelle « Le Lac », journal d’ailleurs qui a été créé en même temps que notre journal Objectif Réussir. Un journal d’ailleurs très intéressant et très important dans la région. M. Von Gunten a eu une idée assez originale, il demande aux visiteurs d’élire leur artiste, de donner le nom de leur artiste préféré, de faire un concours.
Les gens qui viennent regarder l’exposition reçoivent à l’entrée un bulletin de vote. Ils le remplissent pour leur artiste préféré. L’artiste élu reçoit le Valiant Award. Cela date de 2004 le projet, c’est-à-dire un prix de 1000 francs si je ne fais erreur de la banque Valiant, histoire de récompenser le succès populaire d’une personne. Ils reçoivent également 500 francs pour aller manger dans un restaurant coté de la région.
Avec l’artiste ?
Et l’artiste et un membre du public qui est choisi, qui est élu par hasard. C’est du tirage au sort. Je trouve que c’est une bonne idée, au même titre que c’est une bonne idée de faire ça sur trois jours. Donc, il y a vernissage, il y a expo, il y a finissage. Je suis d’autant plus convaincu de la formule que je pense que lorsqu’on va dans une galerie, on a des flashs. On n’a pas besoin de trois jours pour dire : « Oui, peut-être que je vais acheter ou ne pas acheter. » Je pense que l’art, on sent la chose ou on ne la sent pas ! Là, c’est réduit dans le temps, mais en revanche c’est réduit dans le nombre des participants. Ils peuvent en prendre une centaine, mais en revanche, ce n’est pas réduit dans les styles puisqu’on a vraiment de tout comme je l’ai dit tout à l’heure.
On ne va pas faire de pub à l’armée suisse, pas besoin, mais c’est sympa de leur part quand même de mettre à disposition une partie de la piste, un hangar.
Deux hangars.
Deux hangars. C’est quand même assez sacré, ces sacrés hangars. Ils sont camouflés et on peut recommander à nos téléspectateurs d’aller à cette exposition. C’est vraiment original et le décor est vraiment original, puisque l’on est vraiment dans le garage, c’est là qu’on fait le plein, que les pilotes se préparent, tout le matériel militaire reste sur place, il y a juste des avions qui ne sont pas là. Il y a même des bombes, des fausses bombes qui sont accrochées au plafond, les bombes d’entraînement. Vraiment un lieu assez particulier et qui se prête bien à ce genre d’exposition.
Oui, c’est un étrange mariage c’est le moins que l’on puisse dire parce que l’art promeut finalement l’expression de soi-même. L’armée, je dirais, ce n’est pas tout à fait la même chose.
Même si l’armée expose là-bas dans une position assez artistique, un Mirage.
Oui, oui qui pointe le nez vers le ciel comme tout Mirage qui se respecte…
Voilà. On va rester sur cette conclusion. Merci en tout cas Alain pour toutes ces explications et à très bientôt.
À bientôt.
On quitte Payerne pour se retrouver à Bevaix. Merci Mesdames et Messieurs d’avoir suivi notre émission. Permettez-moi au nom de toute notre équipe de vous souhaiter une très bonne fin de journée, de vous dire de bien prendre soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod