« Quoi de 9 ? » 208 : du 18 au 24 février 2008

 

 

Totor

 

Agir pour changer le regard de la société sur les personnes handicapées mentales. Agir pour favoriser leur intégration. Combattre les idées reçues. Agir pour donner à ces personnes ce qu’ils ont d’abord et avant tout besoin, de la justice, de la chaleur humaine et du respect. Si vous partagez ces idées et ces valeurs, alors restez avec nous. « Quoi de 9 ? » c’est dans quelques secondes avec Françoise Berthod, Julien Pisenti, Rita Hosang et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour et merci d’avoir décidé de passer quelques instants sur Télé Objectif  Réussir. Cette semaine, une émission un petit peu spéciale, puisqu’elle sera presque exclusivement réservée à cette magnifique institution qui s’appelle « Les Perce-Neige » et que tout le monde connaît à Neuchâtel. Pour m’aider à en parler, j’ai le plaisir de recevoir sur notre plateau, Rita Hosang, bonjour Rita.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Les Perce-Neige, 40 ans je crois, d’existence cette année ?

Oui tout à fait. C’était en 1967 qu’il a été décidé de la création de cette Fondation et aujourd’hui, elle accueille environ deux cents personnes en situation d’handicap mental, des enfants, des adultes.

 

Des enfants, des adultes, c’est bien de le préciser parce que dans mon esprit en tout cas de Neuchâtelois, pour moi, Les Perce-Neige, c’était uniquement des enfants.

Oui absolument et c’était probablement ce qui a motivé cette Fondation. C’était quand même d’abord les enfants parce que ces parents avant, étaient vraiment laissés à eux-mêmes, alors que c’est quand même très, très lourd à porter.

 

Cela a été créé il y a une quarantaine d’années. À cette époque, il y avait en effet quasiment que des enfants, mais ces enfants sont devenus grands. Nous avons été, il n’y a pas longtemps, leur rendre visite. Il y a des personnes de 50, 60, 65 ans maintenant.

Oui de tous âges, de toutes sortes de niveaux aussi. Il y a des gens qui sont là en permanence. Il y en a qui habite quand même à l’extérieur souvent encore chez les parents. Tout est possible au niveau de la prise en charge aux Perce-Neige.

 

Et comme disait un responsable de chez eux, derrière chaque enfant ou derrière chaque adulte qui se trouve là-haut, il y a des parents avec toute la problématique que cela peut créer quand on a des enfants qui souffrent d’un handicap.

Oui absolument et ils ont besoin d’être accompagnés.

 

Cette année, nous avons d’ailleurs reçu Madame Jéquier, qui sera interrogée tout à l’heure par Alain Sunier, ils ont décidé de faire une année exceptionnelle, extraordinaire pour essayer de tirer des liens, de construire des passerelles entre, je dirais, M. et Mme tout le monde et leur institution.

Oui, c’est ça. Ils mettent beaucoup d’importance à l’intégration aussi à tout âge de ces personnes.

 

Il est vrai que pendant pas mal d’années, on a un petit peu caché ces enfants-là comme si notre société en avait honte, comme si notre société ne savait pas qu’en faire et cette année, Mme Jéquier va nous l’expliquer comme je le disais tout à l’heure, on va créer des liens. Ils vont organiser des manifestations, des rencontres avec le public neuchâtelois.

Oui et c’est une bonne chose. D’ailleurs, de plus en plus maintenant, il y a des expériences qui se font avec l’intégration d’enfants dans des classes normales pour autant que ce soit possible.

 

Je crois que ce que l’on va faire, c’est peut-être écouter cet entretien entre Alain Sunier et Mme Jéquier et juste après, on parlera de hip-hop. Vous vous demandez peut-être quel rapport il y a entre Les Perce-Neige et le hip-hop, c’est Julien Pisenti qui vous expliquera tout cela dans quelques minutes.

 

 

On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » pour vous présenter, c’est Totor qui va le faire, notre agenda de la semaine et quelques pages publicitaires, puis on se retrouvera après avec Julien Pisenti pour continuer de parler des Perce-Neige et de hip-hop.

 

 

Merci à Totor pour toutes ces explications. Je me retrouve sur le plateau avec Julien Pisenti, bonjour Julien.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va continuer de parler des Perce-Neige. On a parlé de hip-hop tout à l’heure, parce qu’en effet l’un des premiers événements, c’était l’année passée, mais qui a marqué je crois Les Perce-Neige, c’est un concert hip-hop qui a été donné justement dans l’institution aux Hauts-Geneveys.

C’est un concert hip-hop qui a été donné par R-Nestinho, DJ Cort-$, Devil-Kiss et une demoiselle dont je ne connais pas le nom, je ne vais donc rien dire pour ne pas dire de bêtises.

 

On va lui demander de vous appeler.

Bien sûr…

 

Ils ont été invités pour faire un concert. Vous avez été, je crois, impressionné en bien par le fait justement que DJ Cort-$ et R-Nestinho soient montés faire un concert là-haut.

Non, non cela efface beaucoup de préjugés qu’on a sur le hip-hop, comme quoi c’est de la musique de gangsta, de la musique méchante et tout. Là, on voit qu’ils ont quand même une bonne fibre humanitaire, si l’on peut le dire, je ne sais pas si on peut le dire ?

 

On peut tout dire.

Ils ont une bonne fibre. Ils sont super sympas avec les gens, le concert, le courant a super bien passé entre les chanteurs et les pensionnaires. Tout ce qu’ils ont donné, c’est que tout le monde s’est bien amusé ensemble.

 

On le verra d’ailleurs, parce que j’ai eu le plaisir de pouvoir interviewer R-Nestinho et DJ Cort-$, mais aussi un garçon et une fille qui étaient là-haut.

C’était Semere et Josiane.

 

Qui ont eu énormément de plaisir. C’était la première fois qu’ils écoutaient un concert de hip-hop. Cela peut paraître surprenant que des passionnés de hip-hop comme DJ Cort-$ et R-Nestinho aillent faire un concert là-haut. Enfin, c’est vrai que l’ambiance était bonne et R-Nestinho était sincère quand il a dit que c’était l’un de ses plus beaux concerts qu’il avait donné.

Oui et qu’il était prêt à le refaire directement après. C’est déjà une bonne preuve comme quoi il a adoré ce qu’il a fait lors de cette soirée. Toute l’équipe aussi.

 

C’est vous qui avez fait le montage du sujet, vous avez donc été condamné presque à regarder x fois ces images.

Cela ne m’a pas dérangé, parce que c’est un montage qui passe comme une lettre à la poste. On a eu un peu plus de quarante minutes de concert qu’on a dû résumer en moins de quinze minutes. On a gardé essentiellement que les bons moments et tout. C’était vraiment… c’était super sympa à monter, même si je ne suis pas forcément une personne qui est dans le milieu du hip-hop, mais je me suis bien amusé.

 

Il y avait le milieu du hip-hop et il y avait ces personnes qui étaient là. J’ai noté ici une petite phrase de Lino Ventura, le grand acteur français, qui avait une fille aussi qui était gravement atteinte par une maladie, qui a aussi créé une institution en France, qui s’appelle également Les Perce-Neige et Lino Ventura avait déclaré sur une radio en France. J’aime bien ce qu’il avait dit. Il avait donc dit lui-même : « Il s’agit ici d’enfants… » il parlait de ces enfants malades, « …ou d’adultes. Des enfants et des adultes pas comme les autres. Si vous rencontrez ces enfants et ces adultes dans la rue, qui ne sont donc pas comme les autres, il ne faut pas les regarder comme des monstres. Il ne faut pas les regarder avec de la pitié. Ce n’est pas de la pitié que ces gens-là veulent, au contraire, c’est de la justice et de la chaleur humaine. » On a ressenti cela je pense pendant ce concert.

Justement, on a totalement ressenti ce que disait M. Ventura à ce concert, comme quoi c’était beaucoup, beaucoup, beaucoup de chaleur au sein des personnes. C’est justement très bien de ne pas les confronter à leurs problèmes, mais de les intégrer dans la société comme n’importe quelle personne pourrait écouter du hip-hop. Eux, en sont capables et ils l’ont prouvé !

 

C’est vrai que l’on peut remercier encore une fois DJ Cort-$ et R-Nestinho. Nous-mêmes qui avons été filmer là-haut, je ne le cacherai pas, honnêtement, on est quand même un peu surpris pendant quelques minutes, parce que des personnes poussent des cris, ont des comportements qui sont un peu surprenants, mais c’est vrai qu’on ne fait très vite plus attention et surtout grâce à ces deux passionnés de hip-hop. Dès que la soirée a commencé, on avait l’impression d’être avec des personnes comme tout le monde.

Je me demande même si avec des personnes normales, ils auraient eu le courage de descendre de scène, d’aller dans le public et tout. Là, ils l’ont fait, c’était magnifique.

 

Un grand coup de chapeau encore une fois à nos passionnés de hip-hop, un grand coup de chapeau aussi à la direction des Perce-Neige d’avoir osé organiser ce concert et merci aux résidents des Perce-Neige de nous avoir accueillis si chaleureusement. On s’en va, on remonte aux Hauts-Geneveys pour écouter ce concert de hip-hop. Merci Julien, à bientôt.

Pas de problèmes. Ok à plus.

 

 

Après ce concert hip-hop, on se retrouve pour quelque chose de beaucoup plus calme, beaucoup plus doux, de beaucoup plus poétique et romantique avec Françoise Berthod, bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va diffuser aujourd’hui le deuxième poème, mais il y en aura encore pas mal qui vont suivre de notre regretté ami, Éric Broye. Vous avez étudié un tout petit peu, je crois, ce poème qui a été mis en images par Oscar Garcia.

Oui c’est très difficile de juger ses poèmes, c’est tout lié… un hymne à l’amour à peu près. Des poèmes par rapport aux femmes, comme vous le dites, très doux ou agressif vis-à-vis de la femme, beaucoup lié aux relations avec les femmes.

 

C’est vrai qu’il faut dire sans vouloir dévoiler des secrets particuliers, mais Éric Broye était quand même un homme particulier. C’était un berger pendant l’été, c’était un paysan pendant l’hiver et un poète toute l’année.

Oui. Il écrivait beaucoup. Il écrivait même des articles pour le journal.

 

C’était il y a dix ans.

Oui.

 

C’est vrai aussi que de par ce métier, ce n’est pas facile de trouver une amie soit pour passer six mois à la montagne, soit pour travailler avec le bétail en plaine et Éric avait, je ne dis pas un problème avec ça, mais il avait en tout cas une relation difficile avec les femmes.

Oui je pense que c’est pour cela qu’il a écrit, qu’il a mis ses pensées sur le papier. On le ressent très bien.

 

On le ressent très fort.

Oui.

 

Enfin c’est toujours un plaisir, je suis persuadé que nos téléspectateurs vont apprécier d’écouter Éric Broye. On le rappelle encore une fois, c’est notre collaborateur, Oscar Garcia, qui a prêté sa voix et c’est lui également qui a fait le montage. Bien, on va faire cette petite balade. Merci Françoise de m’avoir assisté. Je vous souhaite une bonne journée, à bientôt.

À bientôt. Merci.

 

 

Merci à Oscar Garcia pour ce magnifique montage et à notre ami Éric Broye pour ce magnifique poème. Merci à vous aussi, Mesdames et Messieurs de nous avoir suivis. On vous souhaite une très, très bonne fin de journée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod