« Quoi de 9 ? » 209 : du 3 au 9 mars 2008

 

 

Totor

 

Voilà ! Voilà enfin une émission littéraire à la télévision. C’est dans le cadre de « Quoi de 9 ? », avec Martial Ghielmetti, Daniel Zumbrunn et Jean-Pierre Lambert. Ils sont là, ils sont prêts, ils vous attendent…

 

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur, bienvenue sur Télé Objectif Réussir pour cette nouvelle émission de soixante minutes que nous vous avons préparée. Dans quelques instants, nous aurons le plaisir d’inaugurer une toute première émission de littérature qui vous sera présentée par M. François Berger. M. François Berger qui recevra l’écrivain Claude Frochaux. Durant cet entretien, M. Claude Frochaux nous parlera de l’Espagne, de l’époque où celle-ci était dirigée par le Général Franco. On ne va pas maintenant vous dévoiler l’anecdote, mais on va vous en parler avec Daniel Zumbrunn, que je salue.

Salut Jean-Pierre.

 

On va parler de cette époque pas très connue, en tous cas pour les moins de quarante ans, je dirais ; l’époque où l’Espagne était dirigée par un dictateur.

Oui, le Général Franco qui avait pris le pouvoir pendant la Guerre Civile dans les années 1936 - 1939. Ce qui était arrivé, c’est qu’en 1936, c’était la gauche qui était regroupée sous la bannière du Front Populaire qui avait gagné les élections et qui avait la majorité au Parlement. Mais en fait, cette gauche, elle était très divisée. Il y avait des socialistes, des communistes, des anarchistes. Il y avait même des Républicains laïques qui la composaient. Les grands généraux des armées, les grands propriétaires terriens, également, avaient peur que ce Front Populaire se transforme en communisme. Eux, ils ne voyaient derrière ça que du communisme. Et de l’autre côté, ceux de gauche, ils ne voyaient pas la coalition, parce qu’ils ont fini par se regrouper après avoir perdu les élections, ils ne voyaient que la partie fasciste. Mais Franco n’était pas fasciste, si on peut dire ; il ne faisait partie d’aucun mouvement de ce genre. Lui, il était vraiment très conservateur. Il voulait garder les acquis et avait surtout peur du communisme et des indépendantistes.

 

C’est comme cela qu’il a pris le pouvoir, cela ne s’est pas fait tout seul ?

Non cela ne s’est pas fait tout seul. Justement lui, il commandait l’armée coloniale au Maroc, et quand il a vu que c’était la gauche qui avait pris le pouvoir, certains généraux s’étaient mis d’accord et s’étaient regroupés, pour essayer de reprendre le pouvoir à cette gauche. Donc, ils ont débarqué en Espagne. Ils ont aussi fait la guerre au Maroc ; ils se sont soulevés et il y a eu cette guerre qui s’est faite ; ces deux clans qui s’étaient divisés. Et petit à petit, Franco et les autres généraux qui cherchaient à renverser le pouvoir ont reçu de l’aide de l’Italie et de l’Allemagne nazie. Cela a abouti sur une guerre civile de trois ans que Franco a fini par gagner.

 

C’était très surprenant. À cette époque, toute l’Europe de l’Ouest était démocratique, à part le Portugal qui était aussi plus ou moins dans cette situation. C’est vrai que cela a mis du temps avant que l’Espagne puisse se libérer de cette emprise du général Franco. Il a fallu attendre sa mort.

En fait, pour résumer, c’était d’abord à la sortie de la deuxième Guerre mondiale. L’Espagne était totalement isolée car tout le monde l’assimilait à l’Axe.

 

Absolument oui.

Là, ils ont eu de la peine. Ils ont essayé de vivre en autarcie, mais ils vivaient très, très mal. Cela a duré une période de vingt ans, où ils étaient vraiment en dehors. Après, ils ont fini par s’ouvrir. C’est en 1955 qu’ils ont adhéré à l’ONU. Et à partir de là, avec le plan Marshall, ils ont pu commencer à se reconstruire, à s’ouvrir vers l’extérieur et à devenir un peu plus libéral et commencer à avoir du profit. Mais malgré cela, Franco tenait toujours le pays d’une main de fer. Il gardait le pouvoir ; il était général à vie. Même si c’est déjà en 1954 qu’il a nommé son successeur, Juan Carlos. Il a décrété que c’était à lui de reprendre le pouvoir à sa mort. On ne savait pas quand ! En fait, il avait fait plus ou moins de l’Espagne une monarchie sans roi.

 

Cela a été surprenant, si ma mémoire est bonne, quand le général Franco est mort, on pensait presque que Juan Carlos, qui était son protégé, allait continuer. Mais ce ne fut pas le cas, heureusement.

Franco s’est senti malade déjà dès l’été 1974. Il avait déjà nommé Juan Carlos chef de l’État. Il s’est retiré avant sa mort, parce qu’il n’était vraiment plus en état de diriger. Mais Juan Carlos, tant que Franco était vivant, a quand même encore gardé le pays en mains. Mais après, il s’est ouvert ; il a remis une démocratie en route sous la pression des opposants.

 

Les opposants des autres pays aussi.

Les autres nations bien sûr.

 

Extra. Merci Daniel de nous avoir rafraîchi un petit peu la mémoire. Bonne journée à toi.

Voilà, Mesdames et Messieurs. Place à M. Berger qui reçoit donc aujourd’hui M. Claude Frochaux.

 

 

Merci à M. Berger et à son invité pour cet entretien très, très intéressant. Le temps d’une petite page publicitaire et de l’agenda de la semaine, et l’on se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? ».

 

 

On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » avec Martial Ghielmetti. Bonjour Martial.

Bonjour Jean-Pierre.

 

Vous avez déjà fait plusieurs montages, vous vous êtes déjà occupé de la technique. Aujourd’hui, vous venez vers nous pour nous parler d’un programme de réinsertion social et professionnel qui s’appelle La Joliette et qui se trouve dans le Val-de-Ruz. Un programme très intéressant que vous connaissez de l’intérieur, puisque vous y avez travaillé durant un mois. Qu’est-ce que vous avez retenu de votre passage à la Joliette ? Qu’est-ce que cela a représenté pour vous dans votre vie, ce programme ?

Le fait de rester chez soi et de ne pas avoir d’activités, c’est une sorte de cercle vicieux, en fait. On perd un peu confiance, et le fait justement d’aller à la Joliette et de voir du monde, d’avoir une activité et de se lever le matin, ça permet de reprendre confiance en soi, de prendre un bon rythme.

 

Il y a de nombreuses activités qui sont proposées à la Joliette.

Il y a de l’artisanat et de la menuiserie. Il y a aussi la cuisine. Et en été, pas mal d’activités en plein air, justement.

 

Le jardin.

Le jardin.

 

Très bien. On aura compris Martial, que finalement, à la Joliette, on y fait beaucoup de choses. Il s’y passe beaucoup de choses et on ne peut que recommander à des personnes qui sont à l’aide sociale, par exemple, sans activités, de demander à leur assistant social si il y a de la place à la Joliette, et de les retrouver comme nous l’avons fait il n’y a pas longtemps, car la Joliette a fêté son dixième anniversaire. Il s’est passé beaucoup de choses. On a réalisé pas mal d’interviews. On va peut-être regarder ce sujet ensemble et on se retrouvera une autre fois sur ce plateau pour parler d’un autre sujet que vous aurez peut-être monté.

D’accord pas de problèmes.

 

Merci Martial, et à très bientôt.

Merci à vous.

 

 

On se retrouve ici dans nos studios à la gare de Bevaix. Le temps pour moi de vous souhaiter, Madame, Mademoiselle, Messieurs, une très bonne fin de journée, et de vous dire : prenez bien soin de vous et des autres aussi !

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod