« Quoi de 9 ? » 213 : du 24 au 30 mars 2008
Totor
Madame, Mademoiselle, Monsieur, bienvenue sur Télé Objectif Réussir, votre télévision sociale et culturelle neuchâteloise. Dans quelques instants, « Quoi de 9 ? », avec Julien Pisenti, Linda Fischer, Martial Ghielmetti et Jean-Pierre Lambert.
Madame, Monsieur, soyez les bienvenus sur Télé Objectif Réussir. Cette semaine, nous vous proposons une émission très très culturelle. Pour m’aider à vous la présenter, j’ai le plaisir de recevoir, Martial Ghielmetti. Bonjour Martial.
Bonjour Jean-Pierre.
On va parler avec vous de Bevaix. Pourquoi ? Parce ce que dans quelques minutes, Rita Hosang recevra M. Pierre Barraud. Pierre Barraud qui est président du comité d’organisation des Biviades. Qu’est-ce que c’est que les Biviades ? Vous saurez tout d’ici quelques minutes. On commence avec vous Martial. Vous avez étudié un petit peu Bevaix. Est-ce qu’on sait à quand remontent les origines de ce village ?
Bien avant que le nom de Bevaix apparaisse, la région était occupée par des hommes de l’âge du néolithique, il y a environ six mille ans. Ceux-ci s’étaient principalement installés au bord du lac, dans des stations lacustres. On en a dénombré huit au bord du lac, dont cinq datant du néolithique et trois de l’âge du bronze. De cette époque, on a aussi retrouvé une ancienne nécropole de la civilisation des champs d’urnes, qui tenait son nom de nécropoles remplies d’urnes qui contenaient les cendres des morts. On a aussi retrouvé des menhirs qu’on peut voir à travers le village, par exemple. Sur le rond-point de l’autoroute ou au pied de la montagne. Plus tard, la région fut occupée par les Romains et par les Burgondes. Ensuite, un certain Rodolphe, un homme très noble sans doute, parent des derniers Rois de Bourgogne, fonda le Prieuré de Bevaix en 998, à l’emplacement d’un ancien lieu de culte. Il donna presque l’ensemble des territoires bevaisans, ainsi que les villages de Brot et de Saint-Martin, et cinquante personnes avec leur famille à ce prieuré. Le monastère n’a pas connu le développement espéré, et la Réforme de 1531 a pu s’implanter sans problèmes, vu que le dernier prieur s’était retiré à l’époque en Savoie.
Ce sont les origines très lointaines, si je puis dire, de Bevaix. Mais connaît-on, proprement dit, la date de sa création ?
Au début du XVème siècle, les bevaisans cherchaient à augmenter leur autonomie politique, et ils y sont arrivés progressivement. On considère qu’à partir de la Réforme, ils s’administraient eux-même en Commune, et qu’à partir de ce moment-là, la Commune s’est enrichie en faisant l’acquisition de nombreuses forêts et de pratiquement tous les terrains vagues situés sur le territoire communal. Et à partir de là, la Commune s’est un peu renfermée, et il est devenu de plus en plus difficile de s’y intégrer.
Depuis sa création, pas mal d’événements importants se sont aussi déroulés à Bevaix ?
Oui, par exemple à la fin du XVIIIème siècle, le village s’était séparé en deux fractions. Les Communiers, qui jouissaient de nombreux privilèges, et les habitants. Un long conflit les a séparés de 1758 à 1805 à propos de l’utilisation des forêts. Un conflit marqué par de nombreux excès, par exemple. Des menaces de mort, des tabassages ou des vols de bois. Les esprits se sont peu à peu calmés, mais on a retrouvé cette attitude combative plus tard, car les bevaisans qui étaient en majorité Républicains, avaient soutenu avec détermination leur parti, et avaient aussi participé avec un certain enthousiasme à la Réforme de 1531, et surtout à la Révolution Neuchâteloise de 1848. Et plus récemment, à un événement qui mérite d’être cité, d’après moi, quand Nestlé a voulu obtenir la concession de la source de Treytel. L’association « ATTAC » de Neuchâtel, qui avait mobilisé l’opinion des citoyens et citoyennes de Bevaix…
Opposition.
Opposition à ce projet, car il n’était pas du tout dans les normes des lois suisses. Et grâce à ce veto, ils ont réussi. C’était un franc succès, et Nestlé a dû se retirer les bras ballants. C’est quand même une fierté…
Que l’eau de Bevaix reste bevaisanne.
Voilà. Exactement.
En tous cas, merci Martial pour toutes ces explications. On voit que Bevaix a été un village très dynamique, et je crois qu’il continue de l’être, puisque comme je le disais tout à l’heure, nous allons maintenant recevoir M. Pierre Barraud, qui sera interrogé par Rita Hosang pour nous parler des Biviades. Les Biviades qui auront lieu les 13 et 14 septembre prochains. Mais on va l’écouter. Je pense qu’il va se montrer très très complet à ce sujet. Merci Martial et à très bientôt.
À très bientôt.
Merci à M. Barraud pour toutes ces explications. On aura sûrement l’occasion de reparler des Biviades de Bevaix. Place maintenant à l’agenda de la semaine, ainsi qu’à quelques pages publicitaires.
On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » avec Linda Fischer. Bonjour Linda.
Bonjour Jean-Pierre.
On va parler avec vous de cailloux ou de pierres, c’est selon, qu’on trouve au bord des rivières et dans les forêts. On s’en est rendu compte en étudiant ce sujet. Vous-même, vous avez constaté que la relation entre l’homme et les pierres, ça remonte très, très loin, presque aux origines de l’homme ?
Oui, parce que les pierres, les roches ou les cailloux, ça fait partie même de la terre. Elles étaient là avant l’être humain.
Bien sûr.
Et elles ont toujours accompagné les êtres humains. Ils les utilisaient, soit pour construire des points de repère, soit pour indiquer un chemin ou pour marquer des événements spéciaux comme les champs de bataille. On a alors commencé à utiliser les pierres pour les marquer. Il y a différentes coutumes partout sur la terre, au fond. Sur les glaciers, on met des tas de cailloux pour retrouver le chemin en hiver, et là, il y avait l’habitude que celui qui arrivait, prenait un caillou plus petit et le mettait au-dessus, afin de maintenir la hauteur pour que la neige ne puisse pas les cacher. Par exemple, les Inuites en Antarctique, font des épouvantails en pierre pour pouvoir piéger les caribous, et ils marquent ainsi leur réserve de nourriture, là-même où ils l’ont planquée. En Amérique du Sud, chez les Apaches, ce sont aussi des tas de cailloux qu’on fait sur le lieu le plus haut d’un chemin. Et là, on s’arrête un petit moment, et on fait une petite offrande pour la mère Terre, en souhaitant un bon voyage à tout le monde. Cela a évolué dans le temps… On a aussi fait des tombeaux. On a vu les mégalithes qui sont aussi comme des repères astrologiques. Et il y en a même ici à Bevaix, car je viens de l’apprendre grâce à Martial. Entre temps, il y a aussi des gens qui ont commencé à développer un art avec.
C’est de ceci qu’on va causer. Voilà pourquoi on parle de pierres maintenant. En effet, vous avez rencontré David Stricker, qui est en fait un artiste.
C’est un artiste, un sculpteur. Il a réussi à transformer sa passion en art. Il y a deux différentes manières de poser les pierres en équilibre, et voilà la manière que David Stricker utilise. Lui, il a besoin d’une pierre fixe, stable pour la base, et au-dessus, il commence à mettre les pierres en équilibre.
C’est sa spécialité. Cela paraît un petit peu fou que de poser des pierres l’une sur l’autre sans les coller ni faire des trous, uniquement en recherchant l’équilibre.
Oui, mais au fond, c’est une chose très, très simple. Il y a peut-être des gens qui disent : « Pourquoi un théâtre pour ça ? », mais ça exige un état de méditation, parce que ce sont des pierres qui ont quand même un certain poids. Il les met sur la pointe, et on doit quand même être dans un état de méditation pour réussir ça. Quand on est nerveux ou énervé, on peut oublier, on ne peut pas le faire ! Lui, il a réussi à en faire un art et à le transmettre aux gens. Et à côté, il fait même des sculptures fixes. Il a trouvé une possibilité de pouvoir les fixer sans montrer vraiment qu’elles sont fixées. Il sort aussi les couleurs, qui sont naturelles et chaleureuses, et sur ses constructions, on voit des personnages. En allemand, on dit « Steinmenschen », qui signifie hommes de pierres. On voit des personnages et des animaux. C’est une passion…
David Stricker a été révélé par l’Expo.02.
Oui, il avait présenté son projet à l’Expo.02, et on l’a pris la dernière semaine de préparation. C’est là qu’il s’est fait un petit peu un nom avec son art.
Il l’a développé, car c’est devenu maintenant un véritable spectacle. Il y a introduit de la musique aussi.
Oui, il fait des spectacles : des « workshops ». Il peut enseigner à quelqu’un comment mettre une pierre en équilibre. Au fond, il enseigne la méditation, et deux ou trois petits trucs pour savoir comment faire. Après, chacun doit développer lui-même.
Je pense qu’on ose dire qu’il y a un petit peu de psychothérapie dans cette activité ?
Certainement, parce qu’on doit chercher le calme, le calme intérieur ; sinon on n’y arrive pas.
N’importe qui peut essayer de faire comme David.
Oui. N’importe qui pourrait le faire, mais quand même…
Essayer en tous cas.
Essayer de toute façon.
Pour illustrer tout ce qu’on vient de dire, on va regarder le reportage que vous avez réalisé avec David Stricker, où il nous fait une démonstration. Il y aura aussi de la musique, avec un excellent musicien qui l’accompagne.
Oui, c’est son collègue. De temps en temps, ils font quelque chose ensemble. C’est Nathanaël qui a ses propres compositions, et aussi son propre groupe. David et lui font de temps en temps quelque chose ensemble, et ils nous ont offert ce spectacle.
Tout à fait. On va les écouter et les regarder. Quant à moi, je vous remercie Linda pour toutes ces explications et ces recherches.
Merci Jean-Pierre.
À bientôt.
À bientôt.
On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » avec Julien Pisenti. Bonjour Julien.
Bonjour Jean-Pierre.
On va continuer de parler culture avec une artiste que nous avons rencontrée à Boudry, qui s’appelle Manon Lenggenhager et qui peint des boîtes aux lettres. C’est assez original. Vous avez un petit peu étudié son parcours qui est déjà assez riche.
On va commencer par le début. C’est une artiste peintre qui vient de Neuchâtel, entièrement autodidacte et qui n’a jamais pris de cours ou quoi que ce soit.
Mais qui avait une mère qui…
Elle avait sa maman qui, je pense, l’avait déjà bien trempée dans la peinture, quand elle était jeune, car elle faisait des miniatures sur pendules, très professionnelles. Elle a commencé très jeune, à l’âge de vingt-et-un ans, et on connaît bien la galerie où elle a exposé, puisqu’il s’agit de la galerie Trin-na-niole qui se trouve à Bevaix. Lors de sa première exposition, elle présentait des miniatures. Ensuite, elle s’est élargie avec les paysages de nature, et de très belles peintures à l’huile de galaxies.
C’est vrai que c’est assez original. Là où elle expose actuellement, il n’y a pas de tableaux du ciel ; il n’y a que des boîtes aux lettres.
Il faut préciser. On dit boîtes aux lettres, mais ce sont des boîtes aux lettres en trompe-l’œil.
Oui, bien sûr.
On a vraiment l’impression d’avoir une boîte aux lettres en face de soi, et en ce moment, elle expose au Centre Culturel de la Passade à Boudry. Le Centre Culturel de la Passade n’est pas vraiment une galerie. En tous cas, il ne revendique pas le nom de galerie. On y expose de temps en temps pour habiller les murs. Mais c’est un peu méchant pour l’artiste d’exprimer ça comme ça… Ce n’est pas toujours à tour de rôle que quelqu’un va exposer quelque chose. Manon Lenggenhager a accédé à la Passade car elle connaît une personne qui est membre de la Troupe des Amis de la Scène.
La Passade est un lieu très important pour notre région.
C’est un lieu très important, autant pour les membres de la Passade que pour tous ceux qui s’intéressent au théâtre. Il faut dire que la Passade est une vieille maison où on distribuait dans le temps un bol de soupe aux personnes qui étaient à la rue. C’était un lieu de passage, justement, car ils avaient droit à un bol de soupe et à une nuitée. Ils ont donc gardé le nom passage/passade.
Oui. Il faut dire que ça se trouve au cœur de la Vieille Ville.
C’est au cœur de la Vieille Ville ; à la rue Louis-Favre, la rue pavée de Boudry. On pourrait parler de la Passade encore longtemps, et dire beaucoup de choses, mais on va en garder pour la semaine prochaine, car en ce moment, on y passe un spectacle qui s’appelle « Le Bal », et dont on présentera un résumé la semaine prochaine. Je vais alors garder un peu d’historique pour la semaine prochaine !
Merci Julien pour toutes ces explications. On en reparlera en effet la semaine prochaine. En attendant, on va se rendre à la Passade, pour regarder et écouter Mme Manon Lenggenhager qui va nous parler de sa passion. À tout bientôt Julien.
À bientôt Jean-Pierre.
C’est ainsi sur ces images de boîtes aux lettres que s’achève notre émission de la semaine. Merci Mesdames et Messieurs de l’avoir suivie. Passez une très bonne fin de journée et une très bonne soirée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod