« Quoi de 9 ? » 215 : du 7 au 13 avril 2008
Les frères Totor
Pour moi, le port du voile ne signifie rien, si ce n’est un accessoire de mode…
Taisez-vous Micheline. Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour et bienvenue sur Télé Objectif Réussir. Dans quelques instants « Quoi de 9 ? » avec Martial Ghielmetti, Linda Fischer et Jean-Pierre Lambert.
Madame, Monsieur, bienvenue sur Télé Objectif Réussir et merci de votre fidélité. Ca nous fait chaque fois un immense plaisir de vous retrouver. Cette semaine, nous vous proposons de rencontrer deux personnages très intéressants avec Linda Fischer, bonjour Linda.
Bonjour Jean-Pierre.
La première personne que vous nous proposez de découvrir est un écrivain vaudois, mais qui habite à Bâle.
Oui, c’est Jean-Claude Grivel. J’ai eu l’occasion de le rencontrer à Bâle lors d’un entretien. On doit dire que c’est une personne très intéressante. Il a travaillé jusqu’à sa retraite à la douane et il a toujours aimé écrire. Depuis longtemps aussi, il a gagné des prix aussi pour des histoires courtes, à la radio notamment à Bâle, au sud de l’Allemagne et vers Saint-Louis, la région des trois pays là-bas.
Il écrit des romans, il écrit des documentaires, qu’est-ce qu’il fait ?
Il écrit des histoires courtes de même que des romans. Pour le moment, il a déjà écrit un très bon policier et il est encore en train d’en écrire un autre maintenant.
Particularité. L’un de ses livres ou tous, je ne sais pas, est bilingue français allemand ?
Bilingue, c’est « Le combat des animaux ».
« Le combat des animaux ».
Là, son idée était de faire quelque chose contre le « röstigraben », le petit combat qu’il y a toujours entre les Suisses allemands et les Romands. Il a écrit les mêmes histoires. Ce sont des histoires courtes. Il s’agit des problèmes des animaux, la maltraitance des animaux, mais intégrés dans des petites histoires, mais il y a quand même un suivi. Cela, il l’a écrit en français et en allemand.
Des histoires courtes, faciles à lire ?
Oui.
Les photos ont été réalisées par sa femme, je crois ?
Oui parce que sa femme aime bien faire des photos et il lui a demandé pour pouvoir illustrer son livre. Il a fait un choix parmi ses photos.
Il vient de terminer aussi un roman policier qui se passe en Suisse romande ou en Suisse allemande ?
C’est « Le secret de la Sapinière ». C’est un roman d’ailleurs très intéressant. Il a gagné d’ailleurs le prix de l’Académie internationale de Lutèce. Là, il s’intéresse beaucoup à l’histoire, il intègre des lieux de la Suisse romande jusqu’à Bâle, le carnaval de Bâle et autour de ça, il a monté un roman policier. Moi, je l’ai lu, je ne veux pas révéler le secret, mais je dois dire qu’il est vraiment bien fait. Il y a aussi un coup de foudre, un peu bizarre !
Il se lit facilement.
Il se lit facilement. Il y a vraiment un suivi et l’on apprend aussi des choses sur l’histoire ou des lieux suisses.
On reconnaît ces lieux ?
Oui. Exactement.
Merci en tous cas Linda pour ces explications sur M. Grivel. On va maintenant retrouver Daniel Zumbrunn, puisque c’est lui qui a eu le plaisir de pouvoir le rencontrer. À tout de suite.
À tout de suite.
Merci à Daniel Zumbrunn et à son invité. Avant de vous présenter notre prochain personnage, hors du commun, on va ouvrir une petite page publicitaire et consulter aussi notre agenda de la semaine.
On se retrouve sur le plateau de « Quoi de 9 ? » pour parler d’un métier pas tout à fait comme les autres, toujours avec Linda Fischer. Vous avez sûrement déjà rencontré en vous baladant soit dans le Val-de-Travers, soit dans le Val-de-Ruz ou alors dans la région des Trois Lacs, des immenses troupeaux de moutons, souvent deux, trois cents, voire quatre cents bêtes avec quelques chiens pour garder le troupeau, souvent un âne et bien sûr, un berger.
On a souvent peur de s’approcher du berger. On a peur de le déranger, je ne sais pas. Moi, il m’a fallu attendre longtemps avant que j’ose m’approcher du troupeau et du berger.
Berger, c’est naturellement un métier assez solitaire. Ce sont des gens qui ont des ambitions ermites et ça c’est certainement quelque chose qui ne facilite pas la communication. On peut quand même dire que c’est aussi ça qui fait que de plus en plus c’est un problème qui a de moins en moins de berger. Il y en a seulement vingt à vingt-cinq en Suisse. C’est dû justement que le métier n’est plus apte aux études modernes. Cela n’a plus rien à voir avec la modernisation et aussi avec l’industrialisation. Avec les routes par exemple, on ne peut plus tracer les chemins comme on le faisait dans le temps. On utilise des produits chimiques ou des machines pour faire ce que faisaient dans le temps, les moutons. Les moutons, eux, ils arrachent et arrachent même la racine. C’est très bien pour nettoyer un champ, mais pour un champ où l’on veut faire brouter des vaches en été, ce n’est pas bien. On doit quand même se mettre très d’accord avec les paysans, quel champ on peut prendre, lequel non.
Le berger ne peut pas aller dans n’importe quel champ avec ses moutons ? Trois, quatre cents moutons, ça travaille vite.
Cela travaille vite et l’on peut dire que ces troupeaux là sont déjà petits. Dans le temps, on avait jusqu’à mille moutons avec un berger. Aujourd’hui ce ne sont plus que des petits troupeaux.
Le berger, vous disiez, n’est pas un métier qui disparaît. Il disparaît aussi parce que c’est un métier où il faut quand même avoir un caractère un petit peu spécial pour le faire, je pense.
On doit aimer la solitude. On doit être débrouillard et aimer faire des travaux manuels.
C’est-à-dire ?
Par exemple, les armaillis qui sont sur les Alpes font le fromage et c’est du fromage artisanal. Tout ce qui est artisanal, pour le moment, ce n’est pas à la mode. On est plus ordinateur et industriel. Suivant le métier qu’on exerce, on est déjà un petit peu en dehors de la société et on a aussi une autre manière de voir les choses. Peut-être que quelqu’un qui est toute la journée avec l’ordinateur ou en train de courir avec la bourse, un berger, ça lui paraît con. Et peut-être que l’autre pense que le berger est con. Il y a déjà ça. Il y a aussi une valorisation.
Le berger lui n’a même pas besoin de courir après ses moutons, puisqu’il a des chiens qui le font.
Oui.
Il est peut-être moins con que l’informaticien finalement qui travaille sur la bourse… Pour être plus sérieux, c’est un métier qui demande des connaissances, parce qu’il doit quand même surveiller ses moutons. Il doit faire attention aussi si il y a des blessés, si il y a des petits qui vont arriver, ce n’est pas si simple.
Oui. Il doit avoir des connaissances vétérinaires pour les premiers soins. Il doit aussi savoir reconnaître quand un mouton est malade.
Absolument.
Il y a aussi le risque des épidémies. Là, les bergers sont les premières personnes qui donnent un signe, une alerte. Il doit aussi savoir faire une haie, choisir l’endroit où il n’y a peut-être pas trop de vent où il n’y a pas de danger pour les animaux.
Ce qui est intéressant et visiblement cela n’a pas changé, il y a cette longue perche, ce long bâton qu’il tient avec un crochet. Indispensable, cela doit faire des centaines d’années qu’ils ont le même outil pour attraper les moutons. Il ne peut pas l’attraper comme ça autrement.
Non surtout pas. À part d’attraper les moutons, c’est aussi pour donner des signes aux chiens, parce que les chiens sont des fois assez loin. Ils sont très bien éduqués d’ailleurs et ils comprennent très bien les signes du berger. Le berger parfois siffle et justement il donne des signes avec son bâton et comme ça c’est la coopération entre chien et berger qui marche.
En observant d’ailleurs les chiens. On a vraiment l’impression que c’est des chiens utiles, ce n’est pas des chiens comme ça d’agrément. C’est vraiment des travailleurs.
Oui. On pourrait presque dire que c’est une profession, chien de berger, parce qu’il ne va pas aller chasser les moutons par hasard. Il a une fonction très précise.
Oui. Il doit tenir le troupeau. Il doit lui éviter de traverser une route ou d’aller dans un champ où ils n’ont pas l’autorisation d’aller. On va peut-être dire encore quelques mots sur le berger que j’ai eu le plaisir de rencontrer. Mais comme je le disais tout à l’heure, j’ai hésité avant d’aller vers le berger, c’est tout bête, parce que j’avais peur de le déranger, parce que je le voyais aussi un petit peu sauvage, le Monsieur. Il n’avait pas trop forcément envie de parler avec moi. J’ai dû m’approcher un petit peu discrètement, tactiquement de lui. Les chiens aussi qui me surveillaient de près. C’est vous qui avez traduit ce qu’a dit le berger. Ce Monsieur n’est pas Suisse romand.
Oui. C’était rigolo à traduire. Il parlait un mélange de Suisse allemand et hollandais et vous, vous posez les questions en français et allemand et finalement on a dû refaire tout le son. Les réponses sont originales, mais c’est Fabrice qui a fait la voix off et finalement dans le reportage, c’est moi qui pose les questions.
C’est des fois pas facile. Merci de dire que vous avez cru comprendre que je parlais un peu allemand. Ce Monsieur était attachant, c’est vrai. Il est marié. Il disait que c’était un petit problème, il le dit d’ailleurs dans l’interview, d’être marié et de faire ce métier-là.
Oui parce qu’on est en route. Les bergers avec les moutons sont tout l’hiver en route et ils reviennent au mois de mars. Dès qu’ils ne sont pas trop loin de leur domicile, ils peuvent rentrer mais après c’est la roulotte.
Petit détail aussi intéressant quand je l’ai interrogé. Il commençait d’être en fin d’après-midi. Le soir, il met ses moutons dans un parc électrique pour qu’il puisse, le berger, se reposer aussi un petit peu. Il ne voulait pas discuter avec moi avant qu’il ait fini son travail. Pour dire qu’il fait vraiment ça avec une très grande conscience professionnelle.
Oui de toute façon.
Bien. Je crois qu’on va regarder ce sujet où nous avons été de nombreuses personnes ici à travailler comme vous l’avez dit tout à l’heure pour faire, je crois, quelque chose de sympathique. En tout cas, on va rencontrer un homme bien agréable. Merci Linda et à très bientôt.
Merci Jean-Pierre, à bientôt.
On va finir cette émission avec une petite balade dans le Val-de-Travers en compagnie de Martial Ghielmetti, bonjour Martial.
Bonjour Jean-Pierre.
Le Val-de-Travers, on a fait un petit reportage, un petit peu en zigzag. On n’a pas passé dans les onze communes du Vallon, mais enfin c’est une région que vous connaissez bien. Est-ce que vous pouvez nous la situer pour les personnes qui n’y seraient jamais rendues ?
Oui. Le Val-de-Travers se situe entre la frontière française et le lac de Neuchâtel en plein dans le Jura suisse. C’est une région magnifique avec un très riche patrimoine naturel, industriel et culturel.
C’est vrai que depuis le Val-de-Travers, on peut se rendre au Creux-du-Van pour ceux qui n’aiment pas trop marcher par contre, il y a des lieux, des endroits intéressants à visiter ?
Il y en a plein au Val-de-Travers. Il y a par exemple à St-Sulpice, le musée pour les vieilles coccinelles VW, un musée bar. Il y a aussi le musée du sel à Buttes qui raconte toute l’histoire du sel en Europe. Sinon, il y a aussi le séchoir à absinthe à Boveresse qui est un peu le foyer traditionnel de l’absinthe du Val-de-Travers, C’est là qu’il y a eu les premiers champs qui ont été cultivés, ce qui a fait un peu la renommée de Boveresse. Sinon à Môtiers, il y a aussi la possibilité de faire une visite des bâtiments, des monuments. Une visite culturelle du village, car Môtiers est le chef-lieu du Val-de-Travers, tout s’est créé à partir de là. Il y a aussi le musée Jean-Jacques Rousseau dans la demeure où il a vécu pendant trois ans. Cela raconte un peu ce qu’il a fait pendant qu’il était à Môtiers, avant qu’il soit chassé vers l’île Saint-Pierre, qu’il ait été obligé de s’exiler là-bas. Il y a aussi le musée régional et artisanal du Val-de-Travers qui se trouve à Môtiers, qui raconte comment cela se passait entre le XVIIIème et XXème siècle au Val-de-Travers. Il y a les mines d’asphalte à La Presta qui sont vraiment assez intéressantes à visiter au-travers de centaines de kilomètres de galeries. Il y a aussi la possibilité de se restaurer sur place avec une spécialité régionale du Val-de-Travers, le jambon cuit dans l’asphalte. Je n’ai jamais goûté, mais cela doit être assez typique. Il y a aussi le musée industriel où l’on peut voir comment fonctionnaient les machines à tricoter, à l’époque de Dubied. Sinon, il y a aussi pas mal d’activités au Val-de-Travers, c’est quand même assez mouvementé.
Pas mal de manifestations ?
Pas mal de manifestations assez régulières. Toutes les années, il y a l’abbaye de Fleurier qui est connu dans tout le canton et même au-delà. Il y a le Carnavallon. Il y a même une course internationale à pieds qui permet de faire une course dans tout le Val-de-Travers et de découvrir les lieux les plus impressionnants, les plus beaux comme le Creux-du-Van. Il y a aussi des festivals un peu plus jeunes comme le festival Hors Tribu à Môtiers où il y a plein de groupes. Il y a environ une vingtaine, une quinzaine de groupes chaque année, cela va du rock, du rock médiéval. Il y a vraiment plein de styles de musique.
Un festival assez écologiste, d’ailleurs ?
Exactement. Ils font pas mal sur ce point-là. C’est une région à retenir. C’est une région magnifique autant pour ses paysages, sa nature, que culturellement, il y a plein de choses à visiter. C’est une région intéressante.
En tous cas, les 12'000 habitants qui y habitent n’ont pas envie d’aller ailleurs.
Non pas du tout. En connaissance de cause, je peux dire qu’ils sont attachés à leur terre.
Très bien Martial. On va regarder ce sujet. Je vous dis à bientôt et merci pour ces recherches.
Pas de problèmes. À bientôt Jean-Pierre.
Voilà Mesdames et Messieurs. On s’en va au Val-de-Travers pour cette petite balade en zigzag.
Après cette petite balade, on se retrouve dans nos studios ici à Bevaix. Merci Mesdames et Messieurs d’avoir suivis notre émission. J’espère que vous avez eu du plaisir comme nous, nous en avons eu à la préparer. Je vous souhaite une très très bonne fin de journée, une bonne soirée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.
Émission présentée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod