« Quoi de 9 ? » 217 : du 21 au 27 avril 2008

 

 

Les frères Totor

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour et bienvenue sur Télé Objectif Réussir. Dans quelques instants, « Quoi de 9 ? » avec Linda Fischer, Françoise Berthod, Daniel Zumbrunn et Jean-Pierre Lambert.

 

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur, bonjour et bienvenue sur Télé Objectif Réussir, et merci d’être venus nous retrouver sur le plateau de « Quoi de 9 ? ». Aujourd’hui, nous allons vous parler d’un établissement neuchâtelois pas très connu, mais qui mériterait pourtant de l’être. Avec Daniel Zumbrunn, salut Daniel.

Salut Jean-Pierre.

 

Il s’agit de la Bibliothèque…

Publique et universitaire de la Ville de Neuchâtel.

 

Un établissement qui est ouvert à tout le monde ?

Bien sûr, c’est public. On peut aller emprunter des livres. Maintenant, il y a aussi des CD, des DVD de toutes sortes. Ils passent gentiment au numérique. La base, c’est quand même le papier, le livre, les documents, les journaux et des archives. Il y a plein de choses. Certaines sont précieuses et doivent être consultées sur place. On doit réserver à l’avance. Sinon, on peut emprunter la plupart des livres et les garder un mois chez soi avant de les ramener.

 

Ce n’est donc pas réservé aux universitaires comme on pourrait le croire ?

Non, chacun peut s’y rendre. D’ailleurs, il y a pas mal d’étudiants universitaires qui vont dans ces lieux pour préparer leur cours, faire leurs devoirs, etc. Mais on n’a pas besoin d’être universitaire pour y entrer.

 

Quels genres de bouquins est-ce qu’on y trouve ? Des livres récents, aussi, ou que des livres destinés à l’enseignement ?

On trouve vraiment de tout. Il y a bien sûr toute la littérature classique. On la trouve partout et c’est important pour les étudiants, notamment ceux qui vont à l’Uni en Lettres. Mais on trouve également des œuvres beaucoup plus récentes, et comme je l’ai dit tout à l’heure : des DVD. On n’y trouve pas que du papier.

 

Quand a été créée cette bibliothèque ?

La toute première bibliothèque de Neuchâtel a été créée en 1788. Elle était dans ce qu’on appelle la Maison du Trésor, grâce à des dons de David de Pury qui a fait un legs à la ville. Elle a déménagé cinquante ans plus tard, en 1838, et elle a investi le Collège Latin où elle se trouve actuellement.

 

Elle est dirigée par M. Michel Schlup. On va en dire quelques mots, puisque c’est lui que notre collaboratrice Simona Radulica Montserrat aura le plaisir de recevoir ici dans quelques secondes. Un homme qui a été honoré il n’y a pas si longtemps ?

Il a reçu un Prix de Docteur Honoris Causa de l’Université de Neuchâtel. C’est un doctorat ; un prix qui est totalement honorifique comme son nom l’indique. Ce n’est pas du tout à la suite d’études ou d’un cursus universitaire normal qu’on l’obtient. On l’attribue souvent à des personnalités. D’ailleurs, le jour où il a reçu son doctorat, deux autres personnes en ont reçu un. C’était l’ancien Conseiller Fédéral Joseph Deiss et l’architecte tessinois Mario Botta. On voit que ce sont des personnalités assez célèbres qui reçoivent ce genre de titre.

 

Souvent, c’est pour couronner une carrière ?

Oui, c’est clair. C’est rarement des personnes de vingt ans qui reçoivent ce genre de choses. C’est souvent des politiciens ou même des institutions ; pas forcément des personnes. Le WWF, par exemple, est Docteur Honoris Causa de l’Université de Lièges en Belgique.

 

Et qu’est-ce qu’on pourrait encore dire sur M. le Directeur ?

Michel Schlup est né à Boudry. Il a fait toutes ses études à Neuchâtel jusqu’à obtenir une Licence en Lettres à l’Université de Neuchâtel. Après, il a travaillé dans l’enseignement. Il a même enseigné en Colombie pendant trois ans, et il a commencé de collaborer avec la Bibliothèque de la Ville en 1979. Il en est devenu le directeur en 1993.

 

Merci en tous cas Daniel pour toutes ces explications. On va laisser notre place à Simona Radulica Montserrat et à M. le Directeur Schlup. À tout bientôt et merci.

À bientôt. Merci.

 

 

Merci à Michel Schlup et à Simona pour cet intéressant sujet. Place maintenant à notre agenda et à quelques pages publicitaires.

 

 

On se retrouve sur le plateau avec Françoise Berthod. Bonjour Françoise.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va parler avec vous musique, et une musique un petit peu particulière qu’on appelle le jazz manouche. Que pouvez-vous nous dire des manouches ? Ce n’est pas très connu, je crois ?

Non, ces gens sont des hommes du voyage, un peu comme les gitans, les tsiganes.

 

Mais ce que le mot « manouche » signifie est assez intéressant ?

Le mot « manouche » signifie homme du voyage ou moustache. Normalement, les manouches devraient tous porter la moustache. Dans le groupe qui nous concerne, personne ne la porte.

 

C’est vraiment le mauvais exemple qu’on pouvait donner. Les manouches sont des hommes du voyage, qui voyagent un petit peu moins. Les gitans aussi voyagent un peu moins, deviennent sédentaires. Mais le jazz manouche, moi je ne connaissais pas. Je connais le jazz conventionnel, le jazz américain… Mais le jazz manouche est un petit peu particulier. Il se joue depuis longtemps ?

Oui, depuis longtemps. Le premier véritable père du jazz manouche était Django Reinhardt.

 

Oui, et qui est resté pour eux un exemple.

Un exemple, oui. Chaque année, on fête un festival en France, à Samois-sur-Seine, où tout le monde se réunit en sa mémoire.

 

On a eu en effet le plaisir de rencontrer, il n’y a pas si longtemps, un homme célèbre en France. M. Coco Briaval, qui a en effet monté un groupe dans les années 60. Et ils sont venus faire un concert à Saint-Aubin.

Au Château de Vaumarcus.

 

Et ensuite au Château de Vaumarcus pour un mariage. On a eu le plaisir de les rencontrer. On les a tous interviewés. Ils vont nous dire encore plein de choses, et on va surtout les écouter.

Exactement.

 

Très bien. Merci Françoise de nous avoir parlé des manouches et à très bientôt.

À bientôt. Merci.

 

 

Après cette page musicale, on va monter à l’alpage avec Linda Fischer. Bonjour Linda.

Bonjour Jean-Pierre.

 

On va monter à l’alpage avec vous, parce qu’on va parler de notre ami, Éric Broye, malheureusement décédé il y a dix ans. En écoutant tout à l’heure une de ses poésies, que lira Oscar Garcia. Mais juste avant, vous avez fait une petite étude, si j’ose dire, sur le métier de berger et celui d’armailli.

Oui. Il y a une grande différence entre le métier de berger et celui d’armailli. L’armailli est aussi responsable de la production du fromage sur les Alpes.

 

D’accord, alors que le berger, lui…

Lui, il s’occupe des animaux. Sinon, il y a un fromager avec lui. Aujourd’hui, ce n’est plus partagé. Il y a quelqu’un uniquement pour le fromage, et quelqu’un seulement pour les animaux.

 

D’accord.

Là, il existe quelques coutumes qui se sont perpétuées jusqu’à nos jours. Surtout la désalpe, qui se fête. Quand il n’y a pas eu d’accidents ou de morts, ni chez les animaux, ni chez les humains, on décorait les vaches. Cela se fait encore aujourd’hui d’ailleurs… La première vache, la vache reine, c’est la plus joliment décorée. On met plein de fleurs, et même des petits miroirs, des guirlandes, des grandes cloches et tout. On les entend déjà depuis loin. On ne peut pas les rater parce que ça fait : « Doung, doung, doung… ».

 

Vous faites très bien la cloche ! Donc, il y a les vaches qui descendent avec leur cloche, et qu’est-ce qu’on peut dire encore ?

C’est toujours l’événement d’une fête villageoise à leur arrivée. Naturellement, chacun vient récupérer ses animaux. On boit quelques verres, on fait de la musique. C’est vraiment un truc très traditionnel.

 

Un moment important pour le berger, aussi. C’est un moment important de retrouver la civilisation.

Oui, et c’est une récompense d’une certaine manière. Les bergers sont payés souvent avec des produits en nature. Avec des fromages qu’ils ont faits ou d’autres choses, et seulement partiellement avec de l’argent. Il existe encore une autre coutume dans les Alpes bernoises. Je ne sais pas si vous connaissez le « Sennetuntschi » ?

 

Non.

C’est la femme bébête du berger. Aujourd’hui, ce n’est plus comme ça. À l’époque, seulement les hommes montaient à l’alpage, et je suppose qu’ils se sentaient un peu seuls ; surtout la nuit…

 

Sûrement.

Alors, ils ont inventé une poupée en paille ; une femme en paille pour leur distraction. Après cette femme en paille est devenue vivante. Elle les embêtait et leur faisait toutes les méchancetés qu’elle pouvait. Après, ils ont regretté d’avoir inventé cette femme « Sennetuntschi ». C’était surtout dans les Alpes bernoises…

 

Merci Linda pour toutes ces explications. On a appris beaucoup de choses grâce à vous. À très bientôt.

Merci beaucoup Jean-Pierre. Au revoir.

 

C’est sur ces images que se termine notre « Quoi de 9 ? » de la semaine. Merci Mesdames et Messieurs de l’avoir suivi. Passez une très bonne fin de journée. Prenez bien soin de vous et des autres aussi.

 

 

Émission présentée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod